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Faire du bruit pendant le test ou un test dans le bruit ? That is the question…

Written by xavdelerce on . Posted in ANL, Audiométrie vocale, bruit, Framatrix, HINT, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de FOURNIER, Tests phonétiques de LAFON

Dans un souci légitime de réaliser en cabine des tests en conditions « comme pour de vrai », les audioprothésistes se dotent depuis quelques années de systèmes de reproduction sonore 5.1, 7.1, etc., immergeant le patient sur le quai d’une gare, au restaurant ou autre, tout en lui demandant de répéter un message.

C’est louable, et c’est ce pourquoi il vient nous voir le plus souvent (intelligibilité en milieux bruyants). Mais après ? Qu’en conclure ?

Faire un « sans/avec » ou un « avant/après » (RB, mic. dir.,) est à la rigueur possible, puisqu’il s’agit de comparer deux conditions de test différentes…

Mais en aucun cas nous ne pourrons dire à un patient « Vous êtes dans la norme », ou « Plutôt mieux que la moyenne », car nous ne pourrons pas nous référer aux valeurs absolues de référence établies pour un test dans le bruit particulier.

Pourquoi ?

Parce qu’à l’heure actuelle, il n’existe en France aucun test dans le bruit « clinique », c’est à dire appliqué tel qu’il a été conçu !

Certes, nous pouvons faire du/des bruit(s) pendant un test d’audiométrie vocale, par exemple lors de l’ANL et du HINT qui ont été conçus pour être administrés en milieu bruyant, mais c’est oublier que ces tests, dans leurs versions d’origine, n’utilisent pas n’importe quels bruits. Et c’est là que réside tout leur intérêt et leur robustesse : le bruit utilisé en parallèle au message a été spécifiquement créé en fonction du matériel vocal utilisé.

Un audioprothésiste français souhaitant aujourd’hui faire un test dans le bruit va, par exemple, émettre les phrases du HINT (Hearing In Noise Test) dans leur version française à un niveau fixe de 65dB SPL, et envoyer en même temps l’OVG (Onde Vocale Globale) dont le niveau variera au cours du test par paliers de 5dB autour du niveau des phrases à répéter. Si cet audioprothésiste possède un système plus élaboré de reproduction sonore avec un logiciel lui permettant de choisir son bruit dans une banque de données, il décidera peut être d’utiliser un bruit qu’il jugera plus réaliste : par exemple une simulation de restaurant sur le même principe de variation du rapport signal/bruit.

Rapport signal/bruit (RSB) ?

  • Ls est l’énergie du signal à comprendre (ANL) ou répéter (HINT),
  • Lb l’énergie du bruit qui va être émis à divers niveaux en parallèle,
  • l’usage courant se base sur les niveaux à long terme (RMS) de chaque signal pour déterminer le RSB:

RSBglobal

 

Donc, si on suit bien cette équation, les phrases du HINT, le texte de l’ANL ou les listes dissyllabiques de Fournier émises à 65dB SPL, plus l’OVG (Bruit de « cocktail »), un bruit de restaurant ou un bruit blanc à 65dB SPL donneraient pour chaque condition un RSB = 0dB ?

Vous pressentez bien à la lecture de cette phrase que quelque chose cloche… Comment des signaux de bruit aussi différents qu’un bruit blanc (WN), l’OVG ou une ambiance de restaurant pourraient-ils donner un RSB identique parce qu’ils sont « juste » émis au même niveau que la parole ?

C’est de la simplification de ce calcul de RSB que vient l’erreur des « tests dans le bruit faits maison », car ils ne sont alors plus utilisés dans leurs versions d’origine. Dans l’équation ci dessus, il manque « juste » un petit quelque chose :

RSBfreq

 

C’est le !

Pour faire un « vrai » test d’audiométrie vocale dans le bruit, le RSB doit être identique à chaque fréquence entre le signal et le bruit ! Ce qui veut dire en clair que si vous administrez un test à un RSB de +5dB (le bruit est 5dB plus faible que le signal), vous devrez retrouver cette différence entre les deux signaux à 251Hz, 1356Hz, 4800Hz, etc. et non pas uniquement entre le niveau global du signal et du bruit car dans ce cas, il est possible que le RSB réel soit de +13dB à 6000Hz et -1dB à 800Hz, etc.

Un signal de bruit doit donc être spécifiquement créé pour les listes vocales avec lesquelles il est émis.

Exemple: sur le graphique ci-dessous ont été représentées les densités spectrales de niveau (le niveau en dB pour chaque fréquence, en Hz) des listes dissyllabiques de Fournier (en bleu, voix d’homme) concaténées (élimination des silences) face à l’OVG (en rouge):

ComparaisonSignaux

Comparaison de signaux de test et de l’OVG – Cliquez sur le graphe pour l’agrandir.

 

  • Déjà une chose : les audios ayant encore de bonnes oreilles ont certainement dû ressentir ce vague bruit de couverts renversés au loin (excusez l’image !) lors de l’émission de l’OVG… c’est le méchant pic à 18KHz !
  • Ensuite : le niveau des listes de Fournier a été aligné sur celui de l’OVG (donc RSB = 0dB pour leur niveau global), mais on voit bien que leur niveau n’est pas égal à toutes les fréquences. Deux marqueurs (violet, en pointillés et ligne continue) ont été placés à environ 7000Hz et la différence de niveau entre les deux signaux est d’environ 7dB (donc RSB = -7dB à cette fréquence…). Jusqu’à 5000Hz les deux signaux sont tout de même assez proches, mais « assez » n’est pas suffisant…

Pour les phrases du HINT (Hearing In Noise Test), concaténées elles aussi, mais qui n’ont pas été mises au même niveau que l’OVG, on constate quand même que leur DSN (Densité Spectrale de Niveau) n’est pas identique à celle de l’OVG, ce qui, là aussi, entraînera un RSB non homogène en fréquence entre ces deux signaux.

Comment ne plus « bidouiller » ? Comment passer du « bruit pendant le test » au « test clinique dans le bruit » ?

Les auteurs de la version française du HINT nous livrent les secrets de l’élaboration du signal de bruit utilisé dans ce test (p361, traduction maison) :

  • toutes les phrases du test ont été mises au même niveau RMS après suppression des silences
  • ces phrases ont ensuite été regroupées en un seul fichier
  • le spectre à long terme de ce fichier a été calculé
  • un filtre (FIR) correspondant à ce spectre à long terme sur 256 fréquences a été créé
  • un bruit blanc a été filtré sur la base de ce filtre, dont la différence d’amplitude avec le LTASS des phrases n’excédait pas 0,6dB

Ceci permet donc d’être certain que le RSB est le même à toutes les fréquences, et à partir de là, d’établir des moyennes cliniquement robustes pour ce test.

Voici le résultat d’un bruit blanc (WN) filtré sur le spectre à long terme des phrases du HINT :

WNfiltréHINT

Et à l’écoute, un extrait de ce bruit blanc filtré sur le spectre à long terme (LTASS) des phrases (la courbe rouge – 2,2sec) :

Donc pour chaque test dans le bruit (HINT, QuickSIN, ANL), existe un bruit masquant spécifique au matériel vocal se trouvant en face. Les différences de résultats entre différents tests dans le bruit s’expliquant alors par le niveau d’abstraction du matériel vocal employé et non pas par la « difficulté du bruit ».

Dans leurs versions d’origine, le HINT doit être administré avec un bruit blanc filtré et l’ANL avec un « babble ». Ils n’ont pas été prévus pour être utilisés avec d’autres bruits, ou alors il ne s’agit plus des mêmes tests…

Un exemple du « babble » pour l’ANL (3sec.) :

Je ne sais pas si l’ANL a été développé pour être utilisé en français (mais c’est probable, car issu de recherches canadiennes), mais utilisé avec un texte enregistré quelconque et l’OVG ou un autre bruit non spécifiquement filtrés en face, ce test ne peut vous donner aucun résultat cohérent, car vous ne pourrez pas le rapprocher des grilles de notation de Nabelek, déterminées avec un texte bien spécifique ET un bruit bien spécifiquement filtré.

Le HINT existe pour sa partie phrases sur le CD n°3 du CNA. Le bruit sur la piste stéréo B de ce CD est l’OVG, et n’a pas été filtré spécifiquement pour ce test. Sachez pour la petite histoire que l’achat du HINT dans sa version d’origine, avec semble t-il un matériel spécifique d’administration du test, coûte plusieurs milliers de dollars !

Une solution (script) identique à celle présentée plus haut pour le HINT peut être utilisée afin de filtrer n’importe quel signal de bruit. Elle consiste tout d’abord à filtrer le matériel vocal selon le spectre vocal international (masculin, féminin, enfant) de Byrne & Al.

Exemple ci dessous, les listes de Fournier (voix d’homme) sont d’abord filtrées sur le ILTASS (International Long Term Average Speech Spectrum) « mâle » de Byrne :

Fournier filtre ILTASS

 

Puis ensuite, l’OVG est filtré sur le résultat précédent (courbe noire avant filtrage/courbe rouge après filtrage) :

OVGfiltreFournier

 

Ce qui donne d’assez bons résultats jusqu’à 10000Hz, malgré ce … de pic présent dans l’OVG.

On pourrait également faire la même manip. avec les phrases du HINT et l’OVG, selon le principe vu plus haut pour le bruit blanc. Bref, avec une telle méthode mathématique, on peut créer tous les bruits que l’on veut, qui seront de même DSN/même RSB à toutes les fréquences que les listes. Attention cependant : on s’éloigne de la version d’origine du test…

Ce design de bruit n’est pas réservé qu’aux tests d’intelligibilité dans le bruit. On le retrouve également le même souci d’un RSB constant sur 1024 points fréquentiels dans l’élaboration de l’IFNoise (International Female Noise) par l’EHIMA (téléchargeable dans la section « Technical documents » de cette page) qui est en tous points identique en DSN avec l’ISTS (testez, vous verrez !). Donc ce qui vaut au casque ou en champ libre, vaut également pour les tests au caisson lors de recherches de performances des aides auditives avec variations du RSB.

Utiliser du bruit blanc filtré ou un babillage filtré ne vous semble pas très « réaliste » ? Certes, mais c’est à ce prix que nous pourrons harmoniser toutes nos mesures, avoir des courbes de références solides, les comparer, et comparer de façon correcte des résultats obtenus dans divers endroits, par différentes équipes. Le début des « vrais » tests cliniques dans le bruit.

Je terminerai par un test dans le bruit qui semble intéressant, distribué par l’université d’Oldenburg, le « Framatrix » ou « French Matrix Test » permettant de réaliser des tests dans le bruit de façon scientifiquement robuste. Si quelqu’un a un retour sur ce test, je pense que cela pourrait vivement intéresser la communauté.. et moi en premier, avant d’investir  😉 .

 

Un (TRES) grand merci à deux activateurs de mes neurones : Franck LECLERE (Audioprothésiste D.E.) et François-Xavier NSABIMANA (chercheur à l’institut Fraunhofer).

LAFON 13 LA LISTE DE BALAYAGE (2)

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

« Deux renseignements nous sont donnés par la liste de balayage : les déformations à forte amplification en biauriculaire et les possibilités de discrimination dans le bruit, respectivement avec A et IA-BI. »(1)

La liste A ne dépend que des déformations générées par la seule cochlée.
La différence IA-BI, résultat de la modification de netteté due à l’adjonction de bruit, montre le niveau de perturbation de l’intégration.

Le Professeur LAFON nous écrit en page 116 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » quel événement lui a permis de conclure qu’une variation de netteté par adjonction de bruit permettait de connaître la valeur de l’intégration :
« De même, examinant de jeunes enfants, je me suis trouvé en présence d’une distorsion spatiale aggravée qui ne pouvait venir que d’une difficulté d’identification, l’audition tonale étant normale et l’oreille indemne de toute atteinte pathologique. Incidemment j’ai remarqué que la présence du bruit faisait apparaître beaucoup plus facilement ces distorsions à forte intensité. Ce fait m’a paru intéressant; il permettait en effet de faire la part de ce qui revenait à la cochlée et de ce qu’il fallait attribuer à des difficultés de discrimination. Il suffisait pour cela de faire une mesure comparative de deux éléments de liste sans bruit et deux autres avec bruit. Les intensités étaient choisies de telle sorte que le bruit soit presque aussi fort que la parole, les deux mesures étant effectuées à la même intensité: les intensités acoustiques semblables supprimaient l’incidence des altérations cochléaires puisque la mesure était comparative. J’avais choisi un niveau élevé, 90 dB, pour situer le message au-dessus du seuil d’audition en cas de perte tonale. Cette mesure était donc applicable aussi bien au sujet sourd qu’à l’entendant. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page  118 du livre du Professeur LAFON « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji :
« Moreover, when examining young children I had come across a form of aggravated scope distortion which could only be due to an identification difficulty, since the pure-tone treshold was normal and the era showed no signs of trouble. I remarked incidentally that the presence of noise greatly facilited this type of distortion at high intensity. This fact seemed interesting to me, since it offered the possibility of separating the part due to the cochlear from the part due to discrimination difficulties; all one had to do was to make a comparative measurement, using one list with noise and one without. Since the same sound intensity was used in both measurement the cochlear distortion may be assumed to be the same; and any further errors caused by the noise (which was nearly at the same level as the sound) can be attributed to identification difficulties. This measurement could also be carried out with children with a tonal loss; for this purpose I chose a new intensity, 90 dB above the threshold. »

Je ne peux m’empêcher, peut-être à tort, de tenter un parallèle entre un défaut d’intégration parfaitement mis en évidence et mesuré par la liste de balayage et la constatation d’Auditory Processing Disorders (TTA en français pour Trouble du Traitement Auditif) décrit par PhD Teri James BELLIS :
version française ;
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.asha.org/public/hearing/Understanding-Auditory-Processing-Disorders-in-Children/&prev=search
version anglaise ;
http://www.asha.org/public/hearing/Understanding-Auditory-Processing-Disorders-in-Children

Je ne peux m’empêcher également, peut-être à tort, de tenter un parallèle entre un défaut d’intégration parfaitement mis en évidence et mesuré par la liste de balayage avec ce que met en évidence le test ANL (Acceptable Noise Level) des Docteurs NABELEK, TUCKER et LETOWSKI:
version française ;
http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.audiologyonline.com/articles/acceptable-noise-level-anl-research-956&prev=search
version anglaise ;
http://www.audiologyonline.com/articles/acceptable-noise-level-anl-research-956

Il me semble ainsi pouvoir dire qu’APD et ANL mettent en jeu l’intégration puisqu’il s’agit d’une modification de la netteté du message par adjonction de bruit. Mais j’ai l’impression, peut-être à tort, qu’APD et ANL n’ont pas véritablement conscience que c’est le mécanisme d’intégration qui sous-tend les résultats qu’ils obtiennent.

Revenons à la liste de balayage et aux résultats que nous pouvons en retirer pour une surdité de sénescence, cas que nous rencontrons quotidiennement. Ils nous sont donnés par le Professeur LAFON en pages 157 à 160 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »:

« a) Lorsque A est correctement reproduit et que IA-BI est également inférieur à 3, … il s’agit soit … soit encore d’une surdité de sénescence (audiogramme tonal et contexte clinique) sans distorsion, …
Par contre devant une surdité unilatérale on doit préciser la nature de l’atteinte tonale en utilisant la liste cochléaire. Il est intéressant dans ce cas de mesurer plusieurs niveaux d’intensité.
Quelle que soit la forme de l’audiogramme tonal nous pourrons nous trouver en face de plusieurs possibilités :
… Lorsque la distorsion s’améliore rapidement avec l’intensité et que seules quelques spirantes sont encore perturbées à forte intensité, il s’agit d’une surdité de perception sans distorsion…
b) Lorsque la distorsion en A est supérieure ou égale à 3, la différence IA-BI étant inférieure à 3 ou au chiffre correspondant donné précédemment lorsque la distorsion en A est supérieure à 5…
En présence d’une surdité de perception tout dépend du résultat de la liste cochléaire. Il ne peut s’agir en effet d’une atteinte rétro-cochléaire. L’intelligibilité phonétique s’améliore nettement avec l’intensité, même s’il persiste une légère distorsion, il s’agit d’une surdité banale sans particularité audiométrique. Si à forte intensité la distorsion comporte des éléments vocaliques, le test de recrutement permet de savoir quelle en est la nature: distorsions spécifiques du recrutement ou non.
c) Lorsque la distorsion en A est inférieure à 3, la différence IA-BI étant égale ou supérieure à 3, nous nous trouvons devant la même situation cochléaire que dans le premier paragraphe, mais une difficulté d’intégration s’est ajoutée…
d) Lorsque le distorsion A est supérieure à 3 et que la différence IA-BI est également supérieure à 3 ou au chiffre correspondant à la distorsion en A lorsqu’elle est supérieure à 5, l’audiogramme tonal permet d’orienter l’examen…
En cas de surdité de perception, la mesure cochléaire peut montrer une distorsion nettement améliorée avec l’augmentation de l’intensité, avec une différentielle d’intégration peu élevée, il s’agit d’une surdité de perception avec trouble d’intégration fonctionnel.
Lorsque la distorsion persiste avec l’intensité et que la mesure du recrutement est positive, il y a atteinte cochléaire spécifique et trouble d’intégration fonctionnel. Si la mesure du recrutement est négative et que la différentielle d’intégration est peu importante l’atteinte est encore mixte: lésionnelle cochléaire, fonctionnelle pour l’intégration.
Par contre lorsque la distorsion d’intégration est importante, il s’agit d’une atteinte lésionnelle des voies auditives, le plus souvent située entre le bulbe et les tubercules quadrijumeaux. »
Dans le prochain article j’aborderai la liste d’intégration qui, dans l’esprit du Professeur LAFON, est la suite logique de la liste de balayage dans le cas où la liste de balayage aurait détecté un trouble d’intégration.JYM(1) Page 157 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 12 LA LISTE DE BALAYAGE (1)

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

La liste cochléaire et la liste de recrutement du Professeur LAFON permettent de tester la partie perception de l’audition.

Pour mettre en évidence une altération cochléaire, on modifie la netteté du message auditif en faisant varier le niveau de son émission.

Mais il faut se rappeler qu’il existe également la partie intégration de l’audition, passage obligatoire vers l’identification, réalisée tout au long des voies auditives.
Pour mettre en évidence une altération d’intégration, on va modifier la netteté du message auditif en y ajoutant du bruit.Grâce à la liste de balayage, le Professeur LAFON, propose de « … permettre de savoir en très peu de temps… si l’on doit s’orienter vers une atteinte cochléaire ou une perturbation de l’intégration auditive. »(1)

Une atteinte cochléaire, donc une difficulté d’audibilité, sera assez facile à améliorer par appareil auditif.
Une atteinte d’intégration sera par contre une ombre sérieuse à une bonne réhabilitation, même avec le plus performant des appareils auditifs, car tout message reçu sera mal identifié, spécialement celui qui sera mélangé à du bruit.

Vous trouverez les mots composant cette liste de balayage sur http://www.college-nat-audio.fr/fichiers/img86a.pdf
Un grand remerciement au Collège National des Audioprothésistes (CNA) pour avoir réalisé 5 CD d’audiométrie vocale : http://www.college-nat-audio.fr/listes-cd-audiometrie-vocale.html
Tout audioprothésiste devrait les posséder.

Plus de 82% des mots utilisés dans la liste de balayage le sont également dans la liste cochléaire.

Le Professeur explique comment pratiquer en pages 139-140 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »:
« Liste de balayage…
Cette liste comporte deux éléments de 17 mots que nous appellerons A et B. Eléments identiques pour la difficulté d’identification, la structure phonétique et les distorsions acoustiques. Les mots sont particulièrement difficiles à identifier, s’il y a un trouble de l’identification, il apparaît, une variation physiologique de l’intégration y laisse une trace…
Elle est émise en biauriculaire quelle que soit la forme de la surdité tonale. Si la surdité est unilatérale en effet il est néanmoins important de savoir si par ailleurs le niveau d’intégration est normal.
L’élément A est émis au niveau Nm, l’élément B au niveau Nm + Bm…
On note chaque déformation phonétique en marquant le phonème mal perçu et en inscrivant dans la marge le phonème de remplacement. Si le sujet ajoute un phonème au mot (« montre » pour « monte ») on considère que les trois phonèmes testés /m/, /on/, /t/ sont correctement perçus, il n’y a donc aucune erreur à noter.
Le compte des erreurs pour l’élément A et pour l’élément B séparément donne deux chiffres.
Le premier peut correspondre à une surdité (courbe tonale), à une méconnaissance de la langue, à un défaut d’articulation dont on ne tient pas compte lorsqu’on note les déformations.
Le deuxième peut correspondre aux mêmes perturbations que l’élément A et en plus à un défaut d’intégration. La différence entre les deux montre la qualité de l’intégration phonétique…Les variations non pathologiques de ces chiffres correspondent pour A comme pour B à 3, la différence I A – B I en chiffre absolu devant être égale ou inférieure à 3. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, pages 141-142 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing » pour une diffusion internationale Emoji :
« The « sweep » word lists…
There are two « sweep » word lists containing 17 words each, which we shall call A and B. They are balanced as regards difficulty of identification, phonetic structure and acoustics distortions. The words are particulary difficult to identify, and any pathological variation of the integration or cochlear function will be sure to give rise to a number of errors despite the short length of the test…
List A is presented at an intensity Nm, and list B at Nm (words) + Bm (noise)…
One notes each phonetic distortion produced, marking the phoneme which was incorrectly perceived and writing the phoneme which replaced it in the margin. If the subject adds a phoneme to the word (e.g. « mild » instead of « mile »), one considers that the three phonemes tested ( /m/, /ai/, /l/) were correctly perceived; one does not therefore mark any error in this case.
A count of the errors in lists A and B separately gives two figures.
The first figure may be due to deafness (tonal threshold), to a poor knowledge of the language, or to poor articulation on the part of the tester not taken into account when marking the distortions.
The second figure may be due to the same causes as the first one, plus integration trouble.The difference between the two thus gives indication of the quality of the phonetic integration…Both in list A and list B, one may have 3 errors without suspecting any pathological change; the absolute value of the difference A-B should also be less than or equal to 3.

Précisions supplémentaires apportées par le Professeur :
« Chez le vieillard on rencontre assez souvent un écart de -5.(2)… La valeur que nous avons donnée comme limite de l’écart entre l’indice et la mesure Nm + Bm est valable pour un entendant. S’il s’agit d’un sourd qui présente un indice assez élevé, le chiffre d’écart adopté est compris dans la marge d’erreur. Il est donc nécessaire d’appliquer un coefficient de correction suivant le niveau de l’indice chez le sourd.
Nous l’avons déterminé expérimentalement : il faut ajouter 1 à l’écart pour toute fraction de 5 de l’indice…Dans le cas pris comme exemple… il s’agissait d’un retraité âgé de 70 ans. Nous avons vu que l’écart normal à cet âge est de -5. »(3)
« On choisira comme niveau maximum que nous appellerons Nm, l’intensité la plus élevée sans distorsion statistiquement apparente. Si l’appareil est de bonne qualité on prend pour Nm la valeur de 90 dB, sinon 85 dB ou même 80 dB. » (4)
Pour ma part, utilisant l’Affinity version 2.4.2, l’ampli ATOLL ELECTRONIQUE AM50 couplé au lecteur CD PIONEER PD-M603 et au haut parleur KLIPSCH G-12, donc tous d’excellente qualité, le niveau Nm est de 90 dB SPL.

( Comment choisir le niveau Bm pour un bruit blanc ):
« Pour cette mesure on utilise la liste d’intégration que l’on émet à Nm chez des sujets dont l’identification phonétique peut-être considérée comme normale. L’épreuve est faite en biauriculaire en notant pour chaque phonème test la présence éventuelle d’une déformation, donc pour toute la liste la mesure donne un nombre de phonèmes déformés sur un total de cinquante phonème testés.
On choisit ainsi plusieurs niveaux de bruit de façon à pouvoir tracer une courbe d’intelligibilité phonétique du rapport signal/bruit. Une fois le seuil déterminé pour quelques sujets l’étude est poursuivie au niveau du seuil, à 5 dB en-dessous et 5 dB au-dessus.
Il faut déterminer quel niveau de bruit donne statistiquement environ une erreur. A ce niveau 95% des sujets ne doivent pas dépasser le chiffre de 3 erreurs sur cinquante phonèmes. Cette intensité de bruit correspond au niveau Bm. »(5)

Précision de ma part :
Lorsque le Professeur LAFON écrit « Nm + Bm », il faut comprendre que les mots de la liste B qui sont émis au niveau Nm dans les deux oreilles à la fois sont mélangés au bruit blanc émis, lui, au niveau Bm également dans les deux oreilles à la fois.
Avec un bruit blanc, j’émets au casque en biauriculaire les mots de la liste A à 90 dB SPL, les mots de la liste B à 90 dB SPL mélangés à un bruit blanc de 75 dB SPL .
M. Léon DODELE, notre renommé collègue audioprothésiste, a mis en avant l’Onde Vocale Globale (OVG). On trouve cette OVG sur la piste 2 de la liste de balayage du CD du CNA. J’ai ainsi pu rechercher, en utilisant l’OVG, le niveau Bm avec le même procédé que celui qui permet de chercher le niveau Bm en bruit blanc.
J’émets donc maintenant au casque (ou aux inserts) en biauriculaire les mots de la liste A à 85 dB SPL (l’insert étant plus près du tympan, j’ai diminué le niveau Nm de 5 dB SPL par rapport à celui utilisé au casque), les mots de la liste B sont émis à 85 dB SPL mélangés à l’OVG émise à 70 dB SPL.

Merci d’avoir pu maintenir votre attention jusqu’ici ! Emoji

Dans le prochain article j’entrerai dans le détail des valeurs que l’on peut trouver, dans le cas d’une surdité de sénescence, pour A, B et IA-BI.

JYM(1) Page 132 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(2) Page 152 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(3) Page 153 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(4) Page 153 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(5) Page 136-137 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 11 LE CANAL PROTHÈSE-COCHLÉE

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

Dans le droit fil de la liste cochléaire et de la liste de recrutement, il me semble utile de diffuser ces phrases issues des pages 187 – 188 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« Le raisonnement qui fait intervenir la compensation d’une perte tonale est entièrement erroné pour la plupart des surdités…
Ce qui compte dans une surdité de perception c’est plus la valeur du champ auditif que celle du seuil d’audition.
Nous venons de voir que l’indication de la courbe de réponse à utiliser ne dépend pas de la forme du seuil tonal suivant les fréquences, mais des distorsions présentes dans le champ auditif.
Une prothèse n’est pas là pour compenser un déficit auditif mais pour augmenter la qualité de l’identification de la parole. Il est nécessaire de faire passer le maximum d’information dans le canal prothèse-cochlée.
Il faut donc diminuer non seulement les « bruits » provoqués par la distorsion acoustique des prothèses, mais également ceux qui sont engendrés dans la cochlée.
Le sourd ayant une perte tonale importante pour les sons aigus, n’a plus les mêmes critères de référence pour les traits pertinents de la parole que l’entendant. Il utilise beaucoup plus les zones graves, en particulier celles qui sont à la limite inférieure de l’amplification prothétique habituelle. Donc au lieu de pousser l’amplification des aigus, il serait préférable d’augmenter celle des graves, en ce qui concerne les surdités de perception. Ce principe devrait être particulièrement appliqué dans les appareils surpuissants où l’intensité des aigus est proche du seuil douloureux dans une zone de fréquence dont l’audition n’est plus utilisée par le sourd.
Pour les surdités de transmission par contre, la courbe légale est parfaite : il n’y a que l’intensité de la perception des sons à compenser, la résonance cochléaire étant normale, et les critères d’identification sont, par conséquent, semblables à ceux de l’entendant.
Les listes du test phonétique se prêtent à l’étude des distorsions cochléaires… elles fournissent des indications précises concernant les possibilités d’appareillage »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 190 – 191 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji :
« The idea that in order to help a deaf person we simply have to compensate his tonal loss is entirely wrong in the majority of cases…
What really matters in a perception deafness is more the state of the auditory field than the position of the auditory curve. We have seen that an indication as to what response characteristic to use is given not by the form of the tonal curve but by the distortions found in the auditory field.
It is thus necessary that the maximum amount of information should pass through the channel formed by the hearing aid and the cochlea. This means that we must not only take into account the « noise » due to the acoustic distortion in the hearing aid, but also that produced in the cochlea.
A deaf person with a large hearing loss at high frequencies will no longer use the same pertinent features of the speech he hears as a normal person. He uses the low frequencies much more, in particular those at the lower end of the normal amplification range of a hearing aid. Instead therefore of increasing the amplification at high frequencies, it is actually preferable to increase it at low frequencies as far as perception deafness is concerned. This is particularly important in super-power models, where the intensity at high frequencies is near the pain threshold, even though these frequencies are not used by the deaf person.
In transmission deafness, on the other hand, the legal curve is perfect: the only thing that needs to be done is to compensate the subjective intensity of the sound, the cochlear resonance being normal; the identification criteria are therefore the same here as for a normal person.
The phonetic test lends itself to the study of cochlear distorsions… and giving precise indications about whether or not to use a hearing aid »

Vous allez sûrement relire plusieurs fois toutes ces phrases écrites par le Professeur LAFON.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.
JYM

LAFON TEN LA LISTE DE RECRUTEMENT (2)

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

Quelques informations complémentaires à propos de la liste de recrutement.

Le Professeur LAFON nous explique comment il a eu l’idée de créer cette liste :
« Après quelques mois d’utilisation, il est devenu évident que certaines surdités présentaient des distorsions phonétiques particulières difficilement explicables. Lorsque les mesures tonales supraliminaires étaient possibles, on constatait dans ces formes de surdité la présence d’un recrutement. Alors que les voyelles sont très résistantes habituellement, l’amputation du champ auditif au-delà de 3000 Hz gênant peu leur identification, lorsqu’il y avait recrutement, à courbe tonale équivalente, le distorsion des /i/ passait de 5 à 20%. Lorsque le recrutement touchait également des fréquences un peu plus graves /ü/ et /e/ se trouvaient singulièrement perturbés et sur les fréquences graves /a/ et /o/. J’ai choisi dans ces listes, par une étude comparative des surdités avec et sans recrutement, une série de mots préférentiellement déformés que j’ai appelée liste de recrutement. »(1)
J’ai constaté que 37 des 40 mots utilisés dans la liste de recrutement, soit 92.5%, le sont déjà dans la liste cochléaire.

« L’identification des mots dépend plus des transitions phonétiques que des phonèmes eux-mêmes. Certaines expressions phonétiques vocaliques déformées dans la cochlée évoque une image phonétique différente lorsque les transitions ne permettent pas de compenser la distorsion. Nous avons remarqué un parallélisme entre la présence d’un recrutement mesuré en audiométrie supraliminaire et l’augmentation des erreurs portant sur les voyelles. »(2)
« Nous avons vu pour les surdités avec recrutement que la distorsion vocalique permet leur diagnostic. »(3)

Le Professeur LAFON nous décrit l’intérêt d’utiliser la liste de recrutement :
« L’intérêt de cette mesure réside dans sa simplicité. L’apprentissage du message test est toujours excellent (exception faite des étrangers et des surdités congénitales), il n’y a donc pas d’interférence des variations individuelles ni de difficulté d’examen. La mesure est plus précise que celle des autres tests tonaux supraliminaires. Elle a, d’autre part, l’avantage d’être rapide et de permettre l’exploration de tout le champ auditif en une seule mesure faite avec quarante mots. »(4)

Précision apportée par le Professeur LAFON :
« le mot « recrutement » pour définir cette liste est impropre. Nous ne mesurons pas le rattrapage d’intensité subjective d’une oreille sourde. Nous l’employons à défaut d’un autre terme mieux adapté à ces distorsions. La liste donne un aperçu analytique de distorsions pathologiques de la cochlée, celle où le phénomène de recrutement apparaît également. Son intérêt est donc semblable: diagnostic positif d’une altération cochléaire… »(5)

Encore une précision :
Dans l’élément noté 1, la zone fréquentielle testée est 500-1200 Hz, elle correspond au formant F2 du /a/ uni à celui du /o/.
Dans l’élément noté 2, la zone fréquentielle testée est 2000-3000 Hz, elle correspond au formant F2 du /e/ uni à celui du /ü/.
Dans l’élément noté 3, la zone fréquentielle testée est 3000-4000 Hz, elle correspond au formant F2 du /i/.
Dans l’élément noté 4, la zone fréquentielle testée est au delà de 4000 Hz, elle correspond à la zone formantique du /f/ unie à celle du /s/.

J’ai gardé le meilleur pour la fin, le voici !

Le Professeur LAFON page 185 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » nous dit en quoi la liste de recrutement peut aider l’audioprothésiste dans son travail :
« Nous avons vu que les zones fréquentielles perturbées entraînent une gêne dans l’identification de la parole. Les structures acoustiques sont difficilement reconnaissables et le message correspondant à ces zones se comporte comme du bruit. Il est donc utile de ne pas les amplifier sous peine de voir l’intelligibilité considérablement réduite. D’autre part à ce niveau le seuil douloureux est le plus abaissé, les bruits inopinés risquent d’atteindre une intensité traumatisante si les fréquences correspondantes sont amplifiées.
La courbe donnée par la liste de recrutement indique les modifications à apporter à la courbe de réponse de l’appareil. Le recrutement est le plus souvent présent entre 3000 et 4000 Hz, la courbe de réponse doit être fortement atténuée à partir de 2500 Hz dans ces cas. Nous avons vu que l’identification de la parole pouvait être encore suffisante si l’on ne transmet pas les zones fréquentielles au-delà de 2500 – 3000 Hz.
Un recrutement touchant à la fois les graves et les aigus rend plus difficile une indication d’appareillage. Si le seuil tonal n’est pas élevé au-delà de 50 dB et que l’intensité de recrutement ne dépasse pas 5 à 6 phonèmes sur 10, une prothèse peut rendre de bons services. Ces malades ont une oreille fragilisable et l’on est obligé d’amplifier des fréquences perturbées, la compression doit être suffisamment importante, l’amplification des aigus peu poussée.
En cas, assez rare, de recrutement localisé aux sons graves, on peut envisager d’utiliser une courbe de réponse classique comprimée, le seuil douloureux étant toujours plus élevé pour les graves que pour les aigus. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 188 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji :
« We have seen that in recruitment the frequency zones affected cause trouble in the identification of speech. The acoustics structure are difficult to recognize and the message corresponding to these zones behave like noise. These zones should therefore not be amplified, or the intelligibility will be even further reduced. Moreover, the pain threshold is low, so that unexpected noises may cause permanent damage if the frequency zones in question are amplified.
The curve given by the recruitment test indicates what modifications should be made to the response characteristic of the hearing aid. Recruitment is most often found between 3000 and 4000 c/s, in which case the amplification should be strongly reduced above 2500 c/s. We have seen that speech can be quite satisfatorily identified though the frequencies above 2500-3000 c/s are not transmitted.
Recruitment affecting both high and low frequencies makes the choice of a hearing aid more difficult. If the tonal threshold does not exceed 50 dB and the recruitment score does not exceed 5 or 6 phonemes out of 10, a hearing aid may give good service. These patients have a very sensitive ear, and even though one is obliged to amplify the offending frequencies one should use sufficient compression; high frequencies in particular should be little amplified.
If the recruitment should be limited to low frequencies (which does not ofteh happen), one may use a model with a normal compressed response characteristic, as the pain threshold is always higher for low frequencies than for high ones. »

Vous allez sûrement relire plusieurs fois ces phrases écrites par le Professeur LAFON.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.

JYM

(1) Page 116 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(2) Page 129 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(3) Page 175 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(4) Page 147 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(5) Page 145 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

Les commentaires récents

xavdelerce

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MAJ

Anonyme

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Bonjour Xavier,
Merci pour ta question très pertinente.

Je ne pense pas que cela ait été fait car il faut savoir utiliser, à la fois, la liste de recrutement et le TEN TEST.

Pour ma part, je ne pratique (malheureusement) pas, pour l’instant, le TEN TEST et ceux qui pratiquent le TEN TEST ne connaissent peut-être pas l’existence de la liste de recrutement.

Sans aucun doute un très bon sujet de mémoire pour un étudiant de troisième année.
J’espère que ta question va susciter une (ou plusieurs) recherche en ce sens

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves, et merci pour toutes tes remises à niveau.

Une éventuelle corrélation a t-elle déjà été recherchée entre un mauvais résultat au test de recrutement et un TEN Test positif ?

Jean-Yves MICHEL

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Bonjour Xavier,
Merci pour tes questions.

1/ Le Professeur LAFON écrit, pour la liste cochléaire émise en exploration du champ auditif, en page 141 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« La mesure est effectuée pour chaque oreille séparément, si la surdité est asymétrique, elle peut-être faite en biauriculaire pour deux courbes tonales identiques ».
Donc on peut comprendre que l’émission puisse être faite au casque.
J’ai choisi le champ libre car cela me permet de visualiser le gain prothétique vocal (différence entre le nombre d’erreur phonétique sans appareil versus avec appareil) alors que je ne le pourrai pas si la liste avait été émise au casque.
A l’appui de mon option champ libre je peux citer l’exemple en page 201-202 du Bulletin d’Audiophonologie année 1972 Volume 2 « Le Test Phonétique Théorie et Pratique » :
« …Atteinte auditive bilatérale d’étiologie inconnue. La perte moyenne est de 60 dB à droite comme à gauche. Appareillage biauriculaire par deux contours d’oreille. Le test phonétique montre une nette distorsion liminaire avec cependant une atteinte du champ auditif puisque l’on trouve à droite et à gauche une distorsion de 6 à 10% à 100 dB. L’usage des prothèses est bon, il ne reste que 4% d’erreurs avec les deux contours d’oreille 18% et 16% respectivement à droite et à gauche avec chaque contour utilisé isolément. Ce résultat montre que lorsque la distorsion n’est pas trop importante l’appareillage des deux oreilles séparément par contour améliore très nettement la perception de la parole (erreurs réduites des trois quart)… »

2/ Je balaye systématiquement, sans appareil, de 90 dB SPL jusqu’à 40 dB SPL sauf si avant 40 dB SPL j’atteins les 100% d’erreurs phonétiques, auquel cas je m’arrête là évidemment. Avec appareil, j’émets à nouveau les mêmes éléments aux mêmes niveaux. Je n’ai donc pas d’intensité de « départ » calculée à « seuil 2K + 10dB » ou autre.

3/ J’accorde une importance aux hauts niveaux (80 – 90 dB SPL) car il me semble important que mon appareillage ne génère pas plus d’erreurs phonétiques que ce que la personne en fait sans appareil. Je le vérifie donc.

J’espère avoir répondu à tes questions.

JYM

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