Voici venu le temps du dernier Rendez-vous pour « En direct de 1994 ». Mais comme on le dit parfois : le dernier, mais pas le moindre !

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« L’oreille devient « fragilisable » à 55 ans de manière générale. Chez la personne âgée, ce que vous perdez vous ne le récupérez pas.

Dans la surdité de sénescence, il y a une première atteinte des aigus (aux alentours de 50 ans) plus vers 16 000 Hz que vers 8 000, probablement due à une mauvaise vascularisation basale de la cochlée. Elle va progresser, mais à partir de 70 ans elle ne progresse plus beaucoup. Plutôt, elle ne progresse pas beaucoup plus que l’ensemble. A partir de 70 ans, il y a une baisse générale de l’ensemble de la courbe qui va donc toucher autant les graves que les aigus. Il y a très peu de surdité de transmission ; la rigidité des ligaments, la rigidité du tympan ou même des membranes de la cochlée ne jouent pas dans la surdité. On ne sait pas exactement ce qui joue dans la sénescence, ce qu’on sait c’est que la discrimination est relativement bonne.

Le vrai problème de la sénescence et de son appareillage, ce n’est pas l’oreille. L’oreille, il n’y a pas de problème. Vous avez avantage à mettre des bandes larges, des contours d’oreille et non des Intras. La personne âgée a des problèmes d’audition et non d’oreille. Les problèmes d’audition ne sont même pas au niveau de la discrimination. Ce sont des problèmes qui tiennent à la mémoire, à la détérioration du langage, à l’attention, au temps de réaction (motricité et compréhension). Une personne âgée ne peut pas suivre une parole rapide. On doit avoir un appareillage précoce chez la personne âgée comme on l’a chez le petit enfant pour des problèmes de langage et de socialisation. 500, 1 000, 2 000 à 35 dB de perte demande un appareillage (2 000 est le point le plus important, c’est la charnière), c’est les 3/4 des personnes de plus de 85 ans

L’utilisation des transistors en prothèse date de 1953. Les prothèses commercialisées datent de 1954-1955″

JYM

Il s’agit ici de montrer ce qu’il est possible d’obtenir comme informations sur le fonctionnement d’appareils auditifs actuels, et de mettre en évidence qu’à performances égales, le choix prothétique a toute sa place, pourvu que nous puissions appréhender toutes les subtilités des technologies qui nous sont offertes.

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To quote Prof. J.C. LAFON:


« The level of hearing impairment opens various prospects.


Naturally, the hearing threshold is only one of the characteristics that allow sounds to be perceived by human beings based on their spectral composition. In other words, that information only tells us there may be a signal, but by no means whether that signal is perceived properly, if it is identified properly, and all the less so if it is useful in understanding the global message. Actually, those levels, calculated and expressed in decibels, provide information on what cannot be perceived: they provide adverse data.


It is generally acknowledged that hearing devices only become necessary for patients to perceive their surroundings when the general impairment reaches a level of 35 dB of hearing loss, and a level of over 30 dB of hearing loss in the 2000 Hz octave band. And vice versa: hearing aids are considered to be properly fitted and to provide a reliable improvement when maximal acoustic capacities display a hearing loss of about 30dB, as opposed to normal hearing. Basically, an average level of hearing loss inferior to 40 dB is enough to maintain a perception of the surrounding environement: of course, some useful information will be altered, but to a degree that is sufficient to maintain the capacity to create a coherent mental representation, compatible with a normal social life.


And this is all the more so because the ambient backgroung noise often reaches those levels in daily life: it has a similar effect to an increase in hearing threshold. The onset of acoustics events during the hearing process does not display major variations compared to a normal hearing function. Indeed, the main relevant characteristics of speaking out loud – the average level of which is 60-70 dB HL at proximity to the speaker lips – can be perceived… and a bit of lip reading provides the complementary information. This explains why, nowadays, we still come accross teenagers suffering from a light sensoneurinal hearing loss that is only diagnosed when they get to university, and that remained undetected till then (such cases occur less often than in the past, though, due to a systematic control of hearing function at earlier stages). However, the impairment does exist and results in an incapacity to hear whispering voices, remote sounds or rustles: all of this does cause some inconvenience in social life and restrain the environment. The combination of an additional impairment in the child will have major consequences: the amblyopic patient will lack the complementary information for a proper hearing, a patient with mental disease will suffer from a stronger sensoneurinal impairment, disabled people will have more trouble to structure their environmemnt, etc. It is thus crucial to check the hearing function in all patients suffering from sensory, intellectual or physical disabilities, and to treat any hearing impairment no matter how light it is.


The next level of hearing loss is set at 50 dB, the average level of hearing disabilities. As a result, we distinguish an up-to-50 dB group and a beyond-50 dB group of average hearing impairment. This is the point where most of the acoustic information contained in speech is not accessible to the hearing impaired. Below that average threshold, and in particular if the test shows a better hearing of deep or high-pitched sounds, the relevant sounds that are perceived allow an autoadjustment of the patient’s voice. Indeed, those patients can control their voice, tune, pace, vocal timbre and phonatory production. Above the 50 dB level of hearing loss, some timbres are missed. An absence of high-pitched tones alters the quality of the voice, as if it was timbre-depleted, the movements of the soft palate cannot be controlled properly and the articulation of consonants – those with a high-pitched tone in particular – is not as sharp as normal, it is diminished by as much as what the patient can hear. This 50 dB threshold of average hearing loss will be addressed at a later stage, when the disabling aspects of hearing impairment will be discussed. This is when we get to the world of deafness as the society conceptualises it: the verbal and social impairment, the impact on schooling, the attitude of the hearing impaired…»(1).


JYM


(1) Prof. J.C. LAFON « les enfants déficients auditifs »(« hearing-impaired children ») page 107.
 
 

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Quand on a une impulsion très courte, à la sortie de la prothèse elle est dégradée (elle n’est plus très courte) pas toujours de la même façon dans le spectre. Je pense que cela sera un moyen ultérieurement d’avoir une certaine connaissance des prothèses de façon très rapide (le contenu de l’impulsion d’entrée doit être pratiquement un bruit blanc : tout le spectre y est ainsi représenté). On peut très bien, avec les logiciels, calculer « l’équation » de la prothèse. C’est du futur.

Etude sur le test phonétique du spectre moyen. Dominante à 500Hz / 60dBHL, 2000 / 40, 4000 / 30. Ce qui donne la puissance c’est le premier formant entre 250 et 800 Hz. Il y a 20 dB d’écart entre la zone du premier formant des voyelles et la zone du deuxième formant mais qui est occupé en grande partie par des consonnes. L’information est relativement peu dans la zone 500 Hz alors qu’on en a énormément dans la zone 2000 qui est moins puissante, d’où la tentation dans les prothèses de donner une courbe de réponse qui privilégie le 2000 par rapport au 500 de façon à réduire l’intensité des sons moins significatifs et de privilégier les sons significatifs. Cela a deux inconvénients : d’abord on déforme le rapport d’intelligibilité du spectre et on réduit les informations qui ne sont pas de la parole (qui se situent vers 250-500) mais qui peuvent être importantes pour la perception de l’environnement. Il est vrai que l’on réduit les bruits(ils sont souvent graves) donc cela permet de mieux faire émerger les traits pertinents de la parole. L’intelligibilité est meilleure mais c’est moins confortable. La « loi » des Belges doit être pondérée en fonction des niveaux du 500, 1000, 2000, 4000 de la courbe de réponse de la prothèse. Ca c’est le spectre moyen, il est faux dans la réalité car un « ch » à 2500 Hz est aussi puissant qu’une voyelle mais il se présente suffisamment rarement pour que quand on fait le spectre moyen il n’ait plus beaucoup d’importance. Le spectre moyen est un graphique faux sur le plan de l’intelligibilité ou de la représentation phonétique dans la mesure où il donne une valeur moyenne qui va dépendre essentiellement de la voix et très peu de la structure phonétique. Le « s » et le « ch » qui sont importants sont tout à fait négligés là-dedans puisque c’est statistique »

JYM

Como lo escribe el Profesor J.C. LAFON:

« La fecha de aparición de la surdida es fundamental para el futuro del niño

Lo que es adquirido en el momento de la surdida deja como huella la organización neurosensorial inducida por la excitación acústica, así como algunos mecanismos psicofisiológicos en la medida donde otras vías sensoriales permiten la continuidad de su actividad. Así la noción de profundidad del espacio donde el rasgo acústico es importante en la edad de un año, es soportado por la visión de la perspectiva en un condicionamiento remanente: la vista recuerda los signos auditivos y los reemplaza. A lo contrario lo que es a dominante auditivo de manera fundamental como el habla articulado apoyado por el lenguaje verbal es mucho más frágil.

Antes del nacimiento es muy difícil conocer la incidencia de la fecha de la sordera por lo difícil que es determinarla fuera de la rubeola o de una enfermedad evidente. Habitualmente las que intervienen durante enfermedades del feto son tal vez menos profundas que las de los primeros meses. La inducción sobre la estructura de sistema nervioso es probablemente menos importante. En cuanto a un logro memorial, es una imprecisión poética atractiva de la relación madre-feto donde cada uno proyecta su afectividad. No creo que tenga gran importancia en su especificad, tan la memoria que soportaría esta relación es lábil. Se trata mucho más de una elaboración del sistema auditivo que de una psicología relacional específica

En el nacimiento la sordera se produce en un sistema del cual los reflejos innatos han sido ampliamente funcionales aunque sus efectos específicos no tuvieron lugar, como es el caso de reflejos elementares. Es así para los reflejos auditivos construidos pero sin su finalidad. Fuera de diferencias autonómicas conocidas estadísticamente, la disminución del perímetro craniano, no se encuentran muchas disparidades en el nivel educativo tanto otros factores influyen sobre el desarrollo de la personalidad, permitiendo a niños con menos posibilidades de ocuparlas mejor.

En la primera edad, antes de un año, nos encontramos frente a los logros psicofisiológicos: relación afectiva lactante más completa, mejor conocimiento del entorno, control de la voz y de las melodías… Todo esto con la condición que los padres sepan hacer perdurar estos logros, lábiles, lo más tiempo posible utilizando las otras vías sensoriales.

A partir de un año, aunque todas las adquisiciones de habla y de lenguaje verbal se borran, tantas informaciones y funciones están memorizados que siempre queda algo, no siempre en el inmediato de las realizaciones más bien en un pronóstico a largo plazo. La puesta de aparato auditivo es eficiente sobre un sistema construido, las posibilidades de simbolización son mejores. Se constata además que los sordos profundos 2do y 3er grupo que van más allá de la escolaridad del bachillerato son con frecuencia sorderas adquiridas de la primera edad, al igual que sorderas profundas del 1er grupo o sorderas severas congeniales.

A la edad de 3 años, una sordera y sus consecuencias educativas son de otra importancia. Si hay logros perfectamente construidos que se vuelven ciertamente menos utilizados, que se borran por parte en sus aspectos los más finos, en cambio la repercusión afectiva y social, la sensación de una pérdida de la personalidad, el aislamiento relacional y afectivo son esenciales en las dificultades encontradas por el niño. Seguramente la puesta de aparato auditivo muchas veces casi inmediata (debería serlo imperativamente) compensa un poco estas dificultades. Pero el sentimiento de frustración injusto sigue muy vivo y pide una asistencia afectiva bien desarrollada, sin sobreprotección ni ruptura, hasta en los detalles de la vida cotidiana. Hemos visto en una sordera urliana bilateral profunda, el niño volverse insomne tanto el hecho de cerrar los ojos le cortaba totalmente del mundo, especialmente de sus padres. Este sentimiento de abandono total se demoró meses a superar. Algunos años más tarde el habla se deterioró considerablemente, el lenguaje ha retrocedido, mucho más si la sordera ha sido más precoz y que la asistencia ortofónica no fue inmediata.

A partir de 5 años, el problema específico es el aprendizaje de la lectura. Hay que establecer los más pronto posible sobre signos escritos lo que hasta ahora es solo oral para conservarle rasgos pertinentes complementares a la fijación memorial. A esta edad el lenguaje es suficientemente desarrollado para que el efecto de la sordera no cuestione el nivel de simbolismo y de abstracción alcanzado por el niño. El habla pide a lo contrario una vigilancia ortofónico precisa, los automatismos, aunque bien establecidos, solo tienen la audición para ser controlados.

Después de 8 años, estamos casi delante de una sordera adquirida del adulto siempre que la asistencia educativa permite sin demasiados problemas el mantenimiento en un curso escolar normal en su desarrollo y naturalmente el mantenimiento en el ambiente social y afectivo anterior. » (1).

JYM

(1) Pr. J.C. LAFON « los niños deficientes auditivos » páginas 106 – 107.

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