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Le réseau de l’audition : le web, l’avenir de l’audioprothèse…

Written by genyseb2 on . Posted in DISTRIBUTEURS, Législation

Un peu débordé par le web, nos cousins opticiens ? Moult entreprises du web se sont lancés dans la vente en ligne de lunettes ou dans l’intermédiation : la mise en relation du client avec le fournisseur. De grands acteurs iMarchands piaffent d’impatience : sensee.com (racheté par Marc Simonsini, l’ex patron de Meetic...), malentillemoinschere.com et cie….

L’arrivée de ces startup gavées aux tours de tables financiers provoquent un chambardement juridique : Des modifications législatives majeures sont en prévision pour essayer de répondre aux problématiques de la vente en ligne de lunettes, exemple :

Quand j’achète une paire de lunettes, je suis obligé de consulter un opticien. Si j’achète mes lunettes en ligne, suis je sûre que la personne qui me conseille est un opticien (comme l’impose le code de la santé publique) ? Peut on simplement vendre des produits santés sans contrôle à postériori, mais seulement à priori (par exemple, les lentilles…)

Le projet de Loi Lefebvre, qui a pour objectif de moderniser le marché de l’optique, affiche quelques mesures phares pour répondre aux nouvelles problématiques du web ; certaines ont pour but de mettre en conformité le droit Français avec celui produit par l’assemblée Européenne, d’autres essayent d’arbitrer le match opticiens versus e-opticiens… Celui-ci ne fait que commencer…

Voici un florilège des  points clefs de ce projet qui sera voté (ou non) par les nouvelles assemblées à compter de Juin prochain…

Les « non-diplômés » de l’optique pourront gérer ou posséder des magasins d’optique.L’article 5 bis supprime l’obligation actuelle selon laquelle les magasins d’optique « ne peuvent être dirigés ou gérés que par une personne remplissant les conditions requises pour l’exercice de la profession d’opticien-lunetier ».

L’ordonnance devient obligatoire dans tous les cas. Les opticiens devront « vérifier l’existence d’une ordonnance en cours de validité » pour toute délivrance de verres correcteurs, « fixés ou non sur des montures », et de lentilles de contact correctrices. Cette obligation pourrait être interprétée comme un recul de vos prérogatives : aujourd’hui, il est en effet possible de pratiquer la réfraction et de vendre des verres correcteurs sans ordonnance, à condition que le client accepte de ne pas se faire rembourser par la Sécurité sociale (les décrets de 2007 n’imposent pas l’ordonnance, mais permettent le remboursement par le Régime Obligatoire d’un équipement dont la correction a été modifiée par l’opticien, sur la base d’une prescription médicale datant de moins de trois ans). Un décret listera les situations où cette « vérification » de l’ordonnance ne sera pas obligatoire (par exemple : client en vacances, loin de son domicile…).

La durée de validité de l’ordonnance sera allongée : actuellement les opticiens peuvent adapter la correction de leurs clients de plus de 16 ans sur la base d’une ordonnance datant de moins de 3 ans. Ce délai est supprimé par l’article 5 bis du projet de loi, qui dispose qu’un décret fixera « la durée de validité de l’ordonnance », (selon nos informations, il est probable qu’elle passe à 5 ans, mais ce décret pourrait supprimer la possibilité d’adapter la correction des clients de plus de 50 ans).

Les prises de mesures devront être certifiées : cette procédure de certification s’appliquera aux prises de mesures manuelles ou effectuées par un logiciel, et sera établie par la Haute Autorité de santé.

La vente de lunettes et de lentilles sur Internet sera encadrée : toutes les obligations mentionnées plus haut (vérification de l’ordonnance, certification des prises de mesure…) s’imposeront aux e-opticiens. Ils devront en plus mettre à la disposition des internautes « un professionnel de santé qualifié apte à répondre à toute demande d’informations ou de conseil ». Un décret définira plus précisément les conditions de cette « mise à disposition ». Ils devront aussi proposer à leurs clients un droit de rétractation au moins égal à 7 jours. Dans le cas de la vente en ligne de lentilles, ce droit de rétractation ne sera pas obligatoire si la boîte a été « descellée », c’est-à-dire ouverte, par le consommateur après la livraison.

C’est bien gentil tout ça, mais nous ne sommes pas opticiens, me répondrez vous ! Evidemment !

Ainsi, le concept de vente en ligne d’aides auditives me parait difficile, voir impraticable (eu égard au travail d’adaptation des aides auditives et de réhabilitation de l’audition résiduelle). Cependant, celui-ci de mise en relation du client vers l’audioprothésiste, sous prétexte de promo, me parait, hélas, plus facile à mettre en oeuvre (les mutuelles le font déjà tellement bien !).

La soif d’informations et de comparaisons des prix des clients est telle aujourd’hui que l’émergence de tels réseaux est probable… Voici quel était l’état de ma réflexion sur ce sujet il y a encore quelques jours !

C’était sans compter ça :

Je m’attendais pas à ce que le « lafourchette.com » de l’audioprothèse débarque aussi rapidement… C’est dans l’air du temps…

Pas mal de petits trucs me chiffonnent au delà du seul problème de casse des prix…

Je pensais bêtement que l’affichage des prix sans devis était interdit… mon code de la santé publique ne doit pas être à jour. Autres choses qui m’ennuient, c’est de déléguer l’information aux clients/patients… Je ne sais même pas qui répondra, ce qui sera dit et j’ai détecté des erreurs dans les conseils en ligne…

Nous ne sommes pas encore dans la vente en ligne… Mais on s’en approche…

Et vous, qu’en pensez vous ? Prêt à vous faire « intermédiatiser » ?

 

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Comments (1)

  • Hugo

    |

    Effectivement plus aucun domaine (comme les opticiens ou les audioprothésistes) ne peuvent compter sans internet.
    Mais par contre même si le e-commerce présente beaucoup d’avantages, pour les appareils auditifs rien ne vos les conseils en directe de votre audioprothésiste.
    Un article très intéressant néanmoins.

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Les commentaires récents

xavdelerce

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Bonjour madame,

Je farfouillais dans les entrailles du blog pour les MAJ et je vois votre commentaire… dans les indésirables ! Juré, ce n’est pas moi ou Sébastien GENY, c’est le moteur Askimet (trie les indésirables).
Donc votre commentaire n’est pas indésirable, bien que le blog ne soit pas un espace pour ce genre de commentaires de malentendants, mais plutôt tourné vers les professionnels. Vous l’aurez compris, notre démarche à travers ce blog est d’élever, dans la mesure de nos petits moyens intellectuels, l’intérêt de nos confrères pour des sujets que nous jugeons importants pour l’audioprothésiste et donc en retour, pour son patient.
Son PATIENT, oui, ce nom n’est pas choisi au hasard. Vous êtes certes un consommateur (puisque nous sommes des commerçants..), mais nous sommes également des paramédicaux avec nos obligations. Autant je ne supporte pas en tant que professionnel d’avoir à fournir un devis sur un coin de bureau quand un malentendant me tend l’audiométrie de l’ORL en me demandant « Combien ? », autant, comme vous le décrivez, un devis ne doit pas se faire à la légère.
Pour faire simple, l’audioprothésiste se doit de faire des tests COMPLEMENTAIRES à ceux de l’ORL (ne s’y substituent pas, mais les enrichissent): tests vocaux différents des FOURNIER disyllabiques, recherche d’inconfort vocal et tonal, mesure audiométrique largement préférable aux inserts (et pas au casque), REUR, RECD, empreintes (ne serait-ce que pour avoir l’orientation des CAE et la faisabilité de tel ou tel couplage auriculaire). Et avant tout, une anamnèse sérieuse: qui êtes-vous ? que recherchez-vous ? que pouvez-vous/voulez-vous financièrement (n’oubliez pas que ce choix vous appartient) ? Quels sont vos possibilités de prise en charge (vous êtes en activité, vous avez peut être droit à l’AGEFIPH) ? L’état/la taille de vos CAE permet-il toutes les formes d’appareillage ? etc. etc.
Vous n’avez manifestement pas eu ces services que vous étiez en droit d’attendre, je le déplore. Faites jouer la concurrence.
Mais ne pensez pas non plus l’appareillage en tant que « consommateur »: ce n’est pas un produit « à emporter ». Les termes de « refaire à l’identique », « refaire une empreinte sur un scan existant », « faire un devis d’après l’audiométrie de l’ORL », non, ces demandes ne sont et ne seront pas acceptables par un audioprothésiste qui se respecte ! Le tout au bas mot pour un bilan pré-prothétique de 1 heure minimum…

sab

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bonjour,
j’ai 43 ans, suis appareillée depuis l’âge de 3 ans…
je suis professionnel de santé et je travaille dans mon cabinet médical +domicile.
je suis actuellement appareillée du côté droit pour convenance personnelle. Ayant besoin d’un deuxième appareil identique au premier pour m’en servir « d’appareil de secours » si le premier tombe en panne, je suis allée voir plusieurs audiopr afin de leur demander des devis. je suis rentrée chez moi bredouille. Aucun devis ne m’a été proposé. ce que l’on m’a proposé :
-une autre marque
-un café
-une empreinte dont je n’ai pas besoin car avec le numéro de série de mon appareil elle est reproduite en 3D par le fabriquant
-un audiogramme car soi-disant le prix varie en fonction de la surdité (ah bon????) que j’ai refusé aussi car je demande le « duplicata de mon premier appareil acquis en sept 2012. Pas besoin d’audiogramme pour en savoir le prix.
Au vu de ces sympathiques rdv qui m’ont fait perdre du temps, je me suis dépêchée de téléphoner au fabriquant, lui expliquant que je ne parvenais pas à obtenir un devis .
L’audio de la marque m’explique ce que je sais : les audiop ont une obligation légale de fournir des devis avant de vendre un appareil. Et qu’il peut me refaire le mien à l’identique, avec le numéro de série et le lieu d’achat du premier exemplaire.
je considère que les malentendants sont pris rééllement pour des imbéciles par ces vendeurs. Car à mon avis ils ne sont plus audioprothésistes mais vendeurs. Les deux que j’ai vus étaient littéralement nuls. Je retourne chez le premier qui m’a vendu le premier appareil . Il était tellement vexé que j’aie pu tel au fabriquant qui lui a demandé pourquoi il ne faisait pas de devis que j’ai obtenu un appareil à 1000 euros, deux fois et demi moins cher que mon premier achat où j’avais considéré être volée.
J’espère que ce commentaire ne sera pas effacé car manifestement lorsqu’un sourd est un peu habile, il est effacé car « gênant ».
je reçois des sourds dans mon cabinet et je vois leur fragilité et leur dépendance face à ces prothèses. Il est vite fait de leur faire avaler n’importe quoi quant à l’achat. Pour les personnes âgées, c’est le même problème, la plupart ont des prothèses très mal adaptées qui finissent dans des tiroirs… avec des audioprothésistes impossibles à joindre dès que l’achat est fait , barrière de secrétariat intéressante dans ce cas….

Hugo

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Effectivement plus aucun domaine (comme les opticiens ou les audioprothésistes) ne peuvent compter sans internet.
Mais par contre même si le e-commerce présente beaucoup d’avantages, pour les appareils auditifs rien ne vos les conseils en directe de votre audioprothésiste.
Un article très intéressant néanmoins.

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