Auteur : Jean-Yves MICHEL

Continuons par la distance.

………. 2) ÉCHO / DISTANCE :

Quand on est en montagne et que l’on crie, on entend un écho qui nous revient. Si le temps entre le moment de l’émission vocale et le retour à nos oreilles est supérieur à 60 millisecondes, on perçoit un écho.

« Nous entendons le temps qui sépare deux signaux acoustiques. S’il est supérieur à 60 millisecondes on entend un écho : il y a séparation auditive, intervalle, entre un son et son renvoi. Cette distance dans l’air est de vingt quatre mètres, elle correspond donc à une paroi réverbérante située à 12 mètres et plus »(1).

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L’audition PRIMAIRE c’est ce qui nous permet d’être alerté, d’avoir la notion de direction, la notion de distance, la notion de volume. Ouaouhhhh, tout ça ? 😉 La fonction primaire de l’oreille « … est celle de la perception de l’environnement »(1).

Commençons par la direction.

………. 1) ALERTE / DIRECTION :

Dès que nous avons dans notre environnement une variation brusque du volume sonore, nous allons nous tourner automatiquement vers le lieu de cette variation brusque.

Cette alerte induit l’attention, automatiquement.

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On peut faire varier la voix, c’est ce qui donne la mélodie.

Cette mélodie se déroule dans le temps.

Il faut donc être capable de penser à ce que l’on va dire avant de le dire.

Parce que c’est un déroulement dans le temps de quelque chose.

Ce quelque chose, il faut être capable de le concevoir.

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Je vais, sans doute, être amené à utiliser souvent les termes : voix, parole. Ces termes sont-ils équivalents, autrement dit : est-ce que voix = parole ?

La voix, ce sont les impulsions produites par le larynx, on les appelle les impulsions laryngées. La voix c’est « le son émis par le larynx »(1). La voix « … possède des qualités d’intensité, de hauteur tonale et de timbre, le timbre correspondant à l’abondance et à la proportion relative des harmoniques »(2).

La parole « est constituée de sons émis par des rétrécissements placés sur le trajet du souffle et modulés par le jeu de l’articulation »(1). Cette modulation de la voix « en fait le support d’un message en provoquant des variations de timbres évocatrices des phonèmes »(1). Ce « timbre représente plus précisément la parole »(1).

« Le son est nécessaire pour donner une structure acoustique à la parole, la voix est le support des informations de la parole »(3).

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Vous connaissez les quatre listes du test phonétique créé par le Professeur J.C. LAFON. Si ce n’est pas le cas, vous avez accès à une session de rattrapage en allant consulter les LAFON 4 à LAFON 18 dans ce même blog.

J’en suis venu à penser, depuis, que cela serait intéressant de vous informer de tout ce qu’est capable d’apporter le Professeur LAFON dans la pratique quotidienne de l’audioprothèse.

Pour commencer, le titre in extenso du livre du Professeur J.C. LAFON traitant du test phonétique est « LE TEST PHONETIQUE ET LA MESURE DE L’AUDITION ». J’insiste donc sur le fait que ce n’est pas seulement du test phonétique dont le Professeur J.C. LAFON veut nous entretenir, mais aussi (et surtout ?) de la mesure de l’audition.

Quand on pratique le test phonétique, on mesure l’audition. Je me suis ainsi intéressé à l’audition après m’être, un long temps, focalisé sur le test phonétique.

Entre 1983 et 1990 j’ai eu la chance de suivre trois enseignements du Professeur J.C. LAFON qu’il dispensait à Besançon : « déficience auditive de l’enfant » puis « bio-acoustique » et enfin « audioprothèse et phonétique appliquée ». A chaque regroupement, le Professeur J.C. LAFON donnait, entre autres, des BULLETINS D’AUDIOPHONOLOGIE d’année, de volume, de numéros différents. Dans chacun de ces bulletins d’audiophonologie il est noté qu’un conseil scientifique « propose les sujets des monographies, les auteurs et les textes se rapportant aux sujets retenus pour la publication » et qu’un comité de rédaction a pour « rôle de répartir les sujets dans l’année, suivants les différents aspects de l’audiophonologie… ». La définition de l’audiophonologie « adoptée par le Bureau International d’Audiophonologie (BIAP) » est aussi donnée dans chaque bulletin d’audiophonologie : « L’audiophonologie a pour but objet l’étude de l’audition et de la phonation, de la parole et du langage de l’homme. Elle comprend les aspects anatomique, physiologique, psychologique, acoustique, phonétique et linguistique de la communication. Elle relève donc de différentes branches : médecine, lettres et sciences humaines, sciences exactes et naturelles. En ce qui concerne les troubles de la communication : leur réadaptation présente une part médicale, une part pédagogique, une part orthophonique (ou logopédique) et une part prothétique ; leur thérapeutique est une spécialité médicale ».

Je n’ai gardé de tous ces bulletins d’audiophonologie et autres publications données par le Professeur J.C. LAFON que les écrits du Professeur J.C. LAFON.

J’ai pu, grâce à cette précieuse source d’enseignement, avoir une idée assez précise de ce qu’est l’audition. Je me suis également aperçu qu’à partir du moment où le Professeur J.C. LAFON évoquait l’audition, cela amenait immanquablement au langage. D’où l’idée de vous informer sur l’audition et sur le langage, audition et langage qui sont liés l’un à l’autre.

Je vous préviens de suite, cela va prendre de nombreuses publications.😉

Si vous le voulez bien, suivez-moi !

JYM

Je viens donc de redécouvrir un texte qui devrait plaire à beaucoup d’entre nous. Ce texte s’intitule « le temps et l’oreille : dix sept vérités ». Il fait partie d’un recueil de 34 textes compilés par le Professeur J.C. LAFON, écrits par lui ou parfois en collaboration, édité par la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie de Besançon, service d’Audiophonologie. Ce recueil se nomme « Échantillonnage de textes ». Il n’a pas de date d’édition, mais d’après les années données pour chacun des textes, j’en déduis qu’il n’a pas pu être édité avant 1992.

Ce thème « Le temps et l’oreille : dix sept vérités », page 71 à 87 du recueil, a été exposé par le Professeur J.C. LAFON à MADRID en novembre 1982. A noter qu’on peut le trouver, grâce au travail de synthèse de Monsieur Paul VEIT, dans les CAHIERS DE L’AUDITION Volume 11 de novembre/décembre 1998 N°6 pages 25 à 31. Monsieur Paul VEIT était un de nos remarquables aînés et ami du Professeur J.C LAFON.

Voici ce texte, vérité par vérité. Les parties soulignées le sont également dans le texte du Professeur J.C. LAFON :

« 17. L’enfant sourd doit être appareillé pour capter les informations temporelles. L’oreille est un capteur et calculateur de temps.

Une conception temporelle de l’audition donne une nouvelle dimension aux problèmes de l’enfant sourd. L’enfant a des difficultés de parole et de langage verbal, mais aussi de statique dans ses déplacements, d’imagination dans ses gestes, ainsi que dans la conception des images du monde extérieur d’où le temps est absent. L’appareillage concerne aussi ces aspects psycho-physiologiques. Redonner une perception acoustique, si pauvre soit-elle, c’est aussi apporter du temps intégrable.

En physiologie auditive :

 – La sensation de hauteur est donnée par la périodicité car l’oreille calcule la fréquence.

– La fréquence est une donnée arithmétique calculée par l’oreille.

– L’oreille est un capteur de temps

          elle transmet les temps qu’elle ne peut intégrer,

          elle intègre les temps que le système nerveux ne peut recevoir,

         elle est sensible à la vitesse de variation du signal, dérivée du temps.»

Page 80, le Professeur J.C. LAFON a écrit en espagnol l’intitulé de cette VÉRITÉ N°17 : « Al nino sordo debe equiparsele con el aparato adecuado para captar las informaciones temporales. El oido es un captador y calculador de tiempo.» ainsi que le titre générique de son texte « El tiempo y el oído : 17 verdades ».

A bientôt pour une autre balade ! Celle qui va nous emmener, petit à petit, de l’audition au langage. Toujours à partir de ce que le Professeur Jean-Claude LAFON a pu en dire. Restez avec moi, s’il vous plaît, cela en vaut la peine. Accrochez-vous car c’est réellement une autre dimension qui va s’ouvrir devant vous !

 

JYM

 

Je viens donc de redécouvrir un texte qui devrait plaire à beaucoup d’entre nous. Ce texte s’intitule « le temps et l’oreille : dix sept vérités ». Il fait partie d’un recueil de 34 textes compilés par le Professeur J.C. LAFON, écrits par lui ou parfois en collaboration, édité par la Faculté Mixte de Médecine et de Pharmacie de Besançon, service d’Audiophonologie. Ce recueil se nomme « Échantillonnage de textes ». Il n’a pas de date d’édition, mais d’après les années données pour chacun des textes, j’en déduis qu’il n’a pas pu être édité avant 1992.

Ce thème « Le temps et l’oreille : dix sept vérités », page 71 à 87 du recueil, a été exposé par le Professeur J.C. LAFON à MADRID en novembre 1982. A noter qu’on peut le trouver, grâce au travail de synthèse de Monsieur Paul VEIT, dans les CAHIERS DE L’AUDITION Volume 11 de novembre/décembre 1998 N°6 pages 25 à 31. Monsieur Paul VEIT était un de nos remarquables aînés et ami du Professeur J.C LAFON.

Voici ce texte, vérité par vérité. Les parties soulignées le sont également dans le texte du Professeur J.C. LAFON :

« 16. Le geste se construit à l’oreille dans une dynamique séquentielle.

Il apparait de plus en plus que la motricité, dans l’élaboration des gestes est fortement marquée par l’oreille. On le constate chez l’enfant sourd. Il a de grandes difficultés à imaginer le geste, à éxécuter une tâche précise. L’apprentissage est laborieux, c’est la succession des échecs qui progressivement l’amène à réaliser ce que l’entendant découvre sans effort. Il en est de même de l’équilibre et du déplacement. L’appareillage stéréophonique précoce fait disparaitre ces difficultés.

La perception du temps dans la construction d’une pensée séquentielle peut être réalisée dans la surdité profonde par l’utilisation des restes auditifs. Dans la surdité totale, lorsque rien n’est perçu à moins de 100 dB dans le champ grave de l’audiogramme, elle peut être réalisée par l’utilisation d’une traduction tactile des espaces temporels possible jusqu’à des intervalles de deux millisecondes. La discrimination tactile est très pauvre dans la captation de la quantité d’énergie et il existe aucune possibilité d’intégration. L’oreille même lorsque le champ auditif résiduel est minime conserve des possibilités discriminatives de l’intensité meilleure que celles de la perception tactile, et un reliquat de capacité intégrative.»

Page 80, le Professeur J.C. LAFON a écrit en espagnol l’intitulé de cette VÉRITÉ N°16 : « El gesto se construye en el oido, dentro de una dinamica secuencial.» ainsi que le titre générique de son texte « El tiempo y el oído : 17 verdades ».

A bientôt pour la VÉRITÉ N°17, la dernière !

JYM

 

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