Auteur : Jean-Yves MICHEL

Parler de test phonétique laisse entendre que le test se base sur le phonème.
Mais pourquoi utiliser le phonème ?Le Professeur LAFON nous en donne la réponse en page 108 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition », dans le paragraphe 1. et la dernière phrase (je me suis permis de les surligner et de les souligner) de :
« Les critères de l’exploration auditive
…Pour les tests faisant entrer en jeu le langage on peut considérer trois niveaux : le symbolisme phonétique (acougramme, tests de logatome, test phonétique), le sens des mots (test de nom, tests d’intelligibilité), les suppléances linguistiques (tests de phrase).
Quand on veut connaître la valeur du système acoustique cochléaire, on est obligé de tester l’ensemble de la fonction, comme dans toute mesure indirecte. Nous mesurons la connaissance du sujet dépendant du fonctionnement de l’organe périphérique.
Pour être précise une méthode de mesure doit :
1. Etre basée sur l’aspect unitaire le plus simple de la connaissance auditive. Les qualités de cette unité servent de paramètres.
2. Il est indispensable que tout sujet susceptible d’être soumis au test possède un excellent apprentissage de l’identification de ce paramètre. Pour pouvoir comparer à une moyenne, il faut que l’apprentissage soit équivalent pour tous les sujets et ne s’améliore pas durant l’examen.
3. Il doit être possible d’atteindre les limites physiologiques de la reconnaissance et de pouvoir les chiffrer.
4. Cette limite chiffrée ne doit pas varier chez l’individu normal ou tout au moins les écarts doivent être connus et assimilés à une marge d’erreur.
C’est ainsi que l’audiométrie tonale liminaire est excellente, elle répond aux quatre critères ; alors que le test de Lüscher ne répond pas aux critères 2 et 4. Le test d’intelligibilité utilisant le mot comme unité et sa signification ne répond pas au critère 1, le phonème étant l’unité de langage la plus simple etc. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 110-111 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji
« General criteria for judging hearing tests
…Where language tests are involved, one may distinguish three levels : phonetic symbolism (acougram, nonsense syllabe tests, the phonetic test), the meaning of words (name test, intelligibility tests) and linguistic flexibility (sentence lists).
If one wishes to investigate the functioning of the cochlear system, one is obliged to test the whole auditory system, as in any indirect measurement. What we are in fact measuring is the subject’s knowledge, which depends on the functioning of the peripheral organ.
In order to be precise, a method must :
1. be based on the simplest unitary aspect of auditory knowledge. The properties of this unit serve as parameters.
2. Any subject capable of being tested must have been given a thorough training in the identification of this parameter. In order to be able to compare the results, one must ensure that all subjects receive an equivalent training, and that their skill in identification does not increase during the test.
3. It must be possible to reach the normal levels of the knowledge and to give a numerical measure of these levels.
4. This numerical measure of the limit must be constant in a given individual, or at least the variations must be known, and included in the margin of error.
For example, liminal tonal audiometry is an excellent method, satisfying all four requirements; while the Lüscher (section 4.2.2) does not satisfy requirement 2 and 4. The intelligibility test using the word as unit does not satisfy requirement 1, as the phoneme is the simplest unit of language; and son on. »Le phonème est donc à utiliser car aussi :
« Le phonème, unité de langue, est le plus simple des éléments de référence du langage. »(1)
« L’élément utile pour la mesure des qualités d’identification d’un sujet n’est ni la phrase, ni le mot, mais incontestablement le phonème, élément le moins prévisible. »(2)

Et, si on veut aller plus en avant, qu’est-ce qu’un phonème ?
« Le phonème désigne l’image mentale d’un phénomène acoustique, c’est un concept de langue, unité de mesure du langage. L’idée que nous nous en faisons est proche de celle que s’en font ceux qui ont la même langue que nous. C’est un symbole-étalon d’ordre social, que nous avons toujours à notre disposition mais dont nous ne nous servons pas. »(3)

En effet, lorsqu’on prononce /mât/, on ne prononce pas le /m/, puis le /a/ seulement après la fin du /m/. C’est pour cela que le Professeur LAFON dit que nous ne nous servons pas du phonème /m/ en tant que tel [fondamental laryngé 140 Hz, de F1 300 Hz, de F2 2700 Hz, de F3 3800 Hz] (4) puis du phonème /a/ en tant que tel [fondamental laryngé 170 Hz, de F1 800 Hz, de F2 1100 Hz, de F3 3000 Hz pour une voix féminine] (5).
Il y a, en fait, une transition phonétique entre /m/ et /a/ qui modifie chacune des structures acoustiques des deux phonèmes.

Pour bien montrer l’importance de ces transitions phonétiques :
« …l’on identifie non des phonèmes mais des transitions phonétiques qui sont partiellement perçues même si leur aboutissement au point d’articulation est inaudible : les critères d’identification ne sont pas les mêmes que pour l’entendant…La surdité de sénescence est pour cela bien caractéristique. Elle est apparue très progressivement, le sujet a modifié sans s’en rendre compte son système de référence et l’identification de la parole est peu perturbée par rapport à la courbe tonale. »(6)

Le Professeur ayant parlé de point d’articulation, en voici sa définition :
« La position des organes phonateurs détermine une série de cavités dont les résonances évoquent chez l’auditeur une image phonétique. Sur un enregistrement le point d’articulation se situe aux points d’inflexions des zones acoustiques fréquentielles, il correspond à un changement de direction des mouvements musculaires. C’est le seul repère précis que l’on puisse déceler dans la continuité de l’expression phonétique.
Le passage d’un point d’articulation à un autre, entraîne la formation de transitions acoustiques phonétiques qui constituent les éléments de la syllabe. En considérant des points d’articulation virtuels, le passage d’un point à l’autre contient la totalité de l’expression. Nous appellerons ces passages des transitions phonétiques. L’identification du phonème dépend d’elles: même si le point d’articulation n’est pas parfaitement atteint, ou si les sons émis deviennent imperceptibles, le mouvement vers le point d’articulation permet souvent à l’auditeur d’identifier néanmoins le phonème en extrapolant. »(7)

La dernière phrase :
« … le mouvement vers le point d’articulation permet souvent à l’auditeur d’identifier néanmoins le phonème en extrapolant ».
Voici l’explication de ce que nous rencontrons assez souvent dans notre pratique quotidienne d’audioprothésiste : l’audiométrie tonale est mauvaise et pourtant la personne comprend encore bien lors de l’audiométrie vocale.

Vous allez sûrement relire plusieurs fois toutes ces phrases écrites par le Professeur LAFON.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.

Dans le test phonétique, il y a quatre listes :
– la liste de balayage.
– la liste cochléaire.
– la liste de recrutement.
– la liste d’intégration.

Dans le prochain article, je commencerai par la liste que je trouve facile pour débuter avec le test phonétique.
Je veux parler de la liste cochléaire que j’ai utilisée seule pendant des années, sans penser utiliser un jour les autres.

JYM

(1) page 55 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(2) page 69 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(3) page 54 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(4) page 120 du livre « message et phonétique »
(5) page 116 du livre « message et phonétique »
(6) page 178 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(7) page 52 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition« 

« Le test phonétique et la mesure de l’audition » est le titre du livre phare, édité en 1964, du Professeur LAFON.

Quand on évoque le Professeur LAFON, on pense tout de suite à son test phonétique.
Mais sachez que lorsque vous utilisez ce test phonétique, vous pouvez aussi accédez à la mesure de l’audition.
Fantastique, non ?
Grâce aux articles précédents « LAFON 1 Qu’est-ce que l’audition ? », puis « LAFON 2 Le mécanisme d’intégration » et enfin  « LAFON 3 Les altérations de l’identification », vous savez ce qu’est l’audition et ce qu’elle englobe : recevoir l’information, l’adapter en un message nerveux et intégrer le message en l’identifiant à une structure déjà mémorisée. L’audition commence à la fenêtre ovale et s’arrête à l’identification.
Précision :
Le mécanisme d’intégration qui mène à l’identification nous est commun, à nous êtres humains.
Les animaux possèdent aussi ce mécanisme d’intégration.

Au-delà de l’acoustique et de l’intégration auditive, c’est le domaine du langage.
Le langage est individuel, chacun d’entre nous possède son propre langage. Le langage est une activité psycho-linguistique qui n’appartient qu’à l’être humain.
Le Professeur, en page 48 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition », précise ce qu’est le langage :
« …langage qui permet la communication et l’élaboration d’une pensée verbale grâce à l’existence d’un système symbolique, la langue ».
Cette même phrase, en langue anglaise, page 49 du livre « the phonetic test and the measuring of hearing » pour une diffusion internationale Emoji
« language, which allows communication and the elaboration of verbal thoughts thanks to the existence of a conventional system of symbols, the (accepted) language ».
Si vous savez compter jusqu’à 50…ce dont je ne doute pas Emoji…vous pouvez, vous ne devez pas hésiter à utiliser le test phonétique du Professeur LAFON.
Suivez-moi !…
JYM

L’article « LAFON 2 Le mécanisme d’intégration » permet de saisir qu’à chaque instant, en comparant le message auditif qui nous arrive avec tout ce que nous avons mémorisé depuis notre enfance, nous l’identifions s’il correspond à quelque chose de déjà mémorisé et nous l’interprétons comme du bruit s’il ne correspond à rien de mémorisé.

Exemple : si vous ne connaissez pas une langue étrangère et que vous entendez des personnes parler cette langue, vous identifiez ce qu’ils disent à du bruit (c’est du « chinois » Emoji) car cela ne correspond à rien de ce que vous avez mémorisé depuis que vous êtes tout petit.
Mais, commencez à apprendre cette langue, vous verrez que petit à petit vous identifierez de plus en plus de formes auditives puisque vous les aurez mémorisées avec le temps, l’habitude, par apprentissage, par conditionnement. En fait, cela va un peu se dérouler de la même façon que lorsque vous avez appris votre langue maternelle.Vous mesurez ainsi l’importance d’acquérir et de conserver une bonne intégration/identification.
Celle-ci est, en général, à son optimum vers l’âge de 9 ans : « Le chiffre identique entre 9 et 10 ans montre que dès l’âge de 9 ans la qualité de l’identification est arrivée à son optimum.. »(1)

Mais on peut se poser la question : où se réalise l’identification ?
Le Professeur LAFON nous en donne indirectement la réponse en page 9 de son livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition en nous disant où, pour lui, débutent les altérations de l’identification :
« Les altérations de l’identification
Elles correspondent à ce qu’on appelle les « atteintes centrales de l’audition »
a. Définition d’une atteinte centrale de l’audition
…Aussi, on entend habituellement sous ces termes les atteintes du système nerveux central influant sur l’audition, en somme ce qui est individualisable par l’exploration chirurgicale : l’atteinte centrale est définie par les données anatomiques, elle commence aux noyaux cochléaires.
Par contre, si l’on ne se réfère pas à l’anatomie, cette distinction ne parait pas totalement valable. Pourquoi exclure les lésions de la voie afférente aux noyaux cochléaires, alors qu’on ne distingue pas les voies des autres centres ? Et, puisqu’il s’agit d’une fonction, puisque l’on parle d’audition et non d’un système anatomique, avec quels critères physiologiques peut-on justifier cette distinction ?
Physiologie acoustique pour la cochlée, physiologie nerveuse pour les voies et les centres, sont deux aspects complémentaires de la physiologie de l’audition. Le son ne progresse pas dans les fibres nerveuses, au changement d’organe correspond une modification totale des qualités physiques du signal. Les deux structures anatomiques, oreille et nerf, ne présentent entre elles aucune analogie fonctionnelle.
La distinction anatomique, nerf auditif-centre bulbaire, par contre, ne correspond pas à une frontière physiologique. Il est impossible de distinguer par les méthodes d’exploration auditive ce qui relève d’une atteinte du nerf de ce qui répond à une lésion d’un noyau cochléaire.
L’élément périphérique de la fonction est cochléaire, l’élément central commence aux voies afférentes des premiers noyaux, sans qu’il puisse y avoir de concordance parfaite avec la terminologie anatomique. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 9 du livre The Phonetic Test and the Measurement of Hearing (1966), pour une diffusion internationale Emoji
« Alterations in the identification
These correspond to what are called « central auditory defects »
a. Definition of a central
auditory defect
… Also,
one usually includes in this term any defects of the central nervous system which have an effect on the hearing and which can be located by surgical exploration : the central defect is defined by anatomical data, and starts at the cochlear nuclei.
On the other hand, without reference to anatomy, this distinction does not appear to be completely valid. Why exclude lesions in the pathways leading from the cochlear nuclei when one does not make this distinction with pathways from the other centers? And since we are talking about a function, hearing, and not an anatomical system, what physiological criteria can one use to justify this distinction?
Acoustic physiology for the cochlea and nerve physiology for the various pathways and centers, are two complementary aspects of the physiology of hearing. The sound is not carried along the nervous fibers : the change of organ corresponds to a total modification change of the physical properties of the signal. There is absolutely no functional analogy betwen the two anatomical structures, ear and nerve.
The anatomical distinction between the auditory nerve and the bulbular center, on the other hand, does not correspond to a physiological frontier. It is impossible to distinguish by auditory investigation between damage to the nerve and a lesion of a cochlear nucleus.
The peripheral aspect of the function is cochlear, while the central aspect starts at the afferent pathways of the first nuclei ; this distinction however does not agree perfectly with anatomical terminology. « 

Une autre façon de le dire :
« Les troubles de l’audition sans surdité relèvent donc des processus d’intégration du message nerveux provoqué au niveau des cellules ciliées de l’organe de Corti jusqu’à sa diffusion au niveau des aires corticales »(2).

Vous allez sûrement relire ces phrases plusieurs fois.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.Jusqu’aux cellules ciliées de l’organe de Corti non comprises, nous sommes dans l’acoustique, activité physiologique. Le son s’arrête là. De suite après, la fonction auditive devient celle de l’intégration auditive, activité neuro-physiologique (voies et centres auditifs) puis physio-psychologique (circuits mémoriels) au fur et à mesure que l’on monte dans les structures. (3)

Qu’entraîne une altération de l’identification ?
Si l’on se retrouve en retrait de toute vie sociale (cas de certaines personne âgées qui ne sortent plus guère de chez elles, reçoivent peu de visite et lisent peu), il se produit un déconditionnement par manque d’attention : « …le sujet perçoit les sons mais identifie mal la parole »(4).
Le trouble d’identification est alors dit fonctionnel.

Une lésion sur les voies auditives aboutit aux mêmes effets : « Ces perturbations peuvent être d’ordre lésionnel sur les voies auditives brouillant la forme neurologique à tel point que le signal n’est souvent plus reconnaissable »(5).
Le trouble d’identification est alors dit lésionnel.

Et c’est pour cela que, comme l’écrit encore le Professeur LAFON :
« Les prothésistes remarquent empiriquement la difficulté qu’ont certains sourds à identifier la parole lorsque les « bruits » sont importants. Cette difficulté provient d’un trouble d’intégration dont le test phonétique peut donner une mesure chiffrée »(6).

Le Test Phonétique évoqué, nous allons l’aborder dans de prochains blogs.

JYM

(1) page 220 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(2) page 199 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.

(3) d’après la figure 33 « De l’audition au langage », figure intercalée entre la page 68 et la page 69 du livre Message et Phonétique.
(4) page 161 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(5) page 124 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(6) page 185-186 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.

L’article « LAFON 1 Qu’est-ce que l’audition ? » permet de s’interroger sur la signification du verbe intégrer.
Le Professeur LAFON définit le mécanisme d’intégration en page 7 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition (1964) :

« Le mécanisme d’intégration
…Nous appellerons intégration le fait de la superposition dans un même système et au même moment de deux phénomènes éloignées dans le temps ou l’espace. Reconnaître dans un ensemble de sons un message significatif, c’est comparer cette structure acoustique à une autre dont on a eu connaissance antérieurement. C’est la comparaison au temps présent de deux signaux, l’un mémoriel, l’autre actuel ou passé récemment…L’intégration permet de comparer, donc de connaître : c’est le mécanisme de la fonction gnosique…on superpose la forme reçue à une forme mémorisée à laquelle on l’identifie par opposition à d’autres formes mémorisées. Si elle correspond à quelque chose de connu si elle est significative, elle peut être identifiée comme une forme abstraite, donc correspondre à un déchiffrage du message. Si elle est non significative, elle est refusée, s’identifiant à un bruit… »

Ces mêmes passages, en langue anglaise, page 7 du livre The Phonetic Test and the Measurement of Hearing (1966) pour une diffusion internationale 🙂
« The mecanism of integration
…We will call integration the fact of the superposition in the same system and at the same moment of time of two phenomena which are separated in time or in space. Recognizing a significant message in a combination of sounds involves comparing this acoustical structure with another which one has known previously, i.e. comparing at the present time two signals, one from the memory and the other from the present or the recent past…Integration allows us to compare, that is to know ; it is the mecanism on which all our knowledge is based…the form received is surimposed on a memorized form, with which it is identified in opposition to other memorized forms. If it corresponds to something known, and if it is signifiant, it can be identified as an abstract form, which thus corresponds to deciphering the message. If it is not signifiant, it is rejected, and is identified with noise… ».

J’y ajoute la traduction en espagnol faite par mon fils aîné :

« El mecanismo de integración

…Llamaremos integración el hecho de la superposición en un mismo sistema y al mismo momento dos fenómenos alejados en el tiempo o espacio. Reconocer dentro de un conjunto de sonidos un mensaje significativo, es comparar esta estructura acústica a otro cuya hemos tenido conocimiento anteriormente. Es la comparación presente de dos señales, uno memorial, el otro actual o recién ocurrido…La integración permite comparar pues bien conocer : es el mecanismo sobre aquello está basado nuestro conocimiento…Superponemos la forma recibida a una forma memorizada aquella identificamos por oposición a otras formas memorizadas. Si corresponde a algo conocido, si es significativa, puede estar identificada como una forma abstracta así pues corresponder a un descifrado del mensaje. Si no es significativa, esta rechazada, identificándose a un ruido… »

Vous allez sûrement relire ces phrases plusieurs fois.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.

Information complémentaire 1 :
Le Professeur Georges STRAKA évoque, dans sa préface au livre du Professeur LAFON Message et Phonétique (1961), l’intégration auditive en ces termes : « … »l’intégration auditive », c’est-à-dire…la prise de conscience des images neurologiques représentatives des faits linguistiques… »
Georges STRAKA était, à ce moment là, Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, Directeur de l’Institut de Phonétique de l’Université de Strasbourg.

Information complémentaire 2 :
Le Professeur LAFON, a collaboré avec le Professeur Georges STRAKA et le Professeur Pierre MOUNIER-KHUN sur Strasbourg avant de rejoindre le Professeur MOUNIER-KHUN à Lyon.
Les Professeurs MOUNIER-KHUN et LAFON ont créé ensemble l’Institut d’Audiophonologie à Lyon en 1958.
Le Professeur LAFON a dédié « A mon Maître Pierre MOUNIER-KHUN » le Bulletin d’Audiophonologie 1996 volume XII N°3&4, qui a comme titre : « transposition & modulation, pour que les sourds entendent ». Je pense évoquer plus tard les recherches du Professeur qui ont abouti à la commercialisation dans les années 1990 de sa prothèse Alpha-Bêta spécialement étudiée pour que « les sourds entendent ».

Dans la suite logique de cet article, j’évoquerai dans le prochain blog ce que le Professeur LAFON appelle « les altérations de l’identification ».

JYM

Je me rends compte combien il est difficile de présenter une information parmi toutes celles transmises par le Professeur LAFON.

Prenons celle-ci qui devrait susciter votre intérêt : en page 4 du livre le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition (1964), le Professeur LAFON pose la question suivante (et y répond de suite après) :
« Qu’est-ce que l’audition?
Faculté d’entendre, réception des phénomènes sonores, ouïr est à la fois recevoir une information du plan physique à partir de variations d’intensité acoustique, l’adapter en un message qu’on appelle nerveux et intégrer ce message en l’identifiant à une structure dont on a eu conscience par conditionnement. »

Ce même passage, en langue anglaise, page 4 du livre The Phonetic Test and the Measurement of Hearing (1966) pour une diffusion internationale 🙂
« What is hearing?
The faculty of hearing, the reception of sonic phenomena, is at one and the same time the reception of information conveyed on the physical plane by variations in the acoustic intensity, the conversion of this into what one calls a nervous message and the integration of this message by identifying it with a structure of which one has knowledge via conditioning ».

J’y ajoute la traduction en espagnol faite par mon fils aîné 🙂
« Que es la audición?
Facultad de escuchar, recepción de los fenómenos sonoros, oír es a la vez recibir una información traducida del plan físico a partir de variaciones de la intensidad acústica, adaptarla en un mensaje llamado nervioso e integrar este mensaje identificándole a una estructura cuya tenemos conciencia por condicionamiento. »

Vous allez sûrement relire cette phrase plusieurs fois.
Peut-être pour la trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour la trouver géniale car elle répond à une question que vous vous posez depuis longtemps.

La partie la plus délicate me semble en être celle-ci : « …intégrer ce message en l’identifiant à une structure dont on a eu conscience par conditionnement ».
Et plus spécialement le verbe : « …intégrer… »
Intégrer : qu’èsaquo ?
Je mettrai dans le prochain blog ce que le Professeur LAFON appelle « le mécanisme d’intégration ».

JYM

Avant tout, je désire remercier Xavier DELERCE et Sébastien GENY qui m’ouvrent leur talentueux Blog-Audioprothésiste. Ils y font honneur à la profession.

Si je me suis permis de les contacter, c’est dans la seule idée de faire mieux connaître les écrits et dires du Professeur Jean-Claude LAFON, né en 1922 et décédé fin 1998. A un rythme périodique j’envisage donc de diffuser, dans un article dénommé LAFON, ce que j’ai retenu de son enseignement.

Les travaux du Professeur LAFON, Docteur en Médecine, Docteur en Phonétique, Docteur es Sciences, Professeur d’ORL et de Phoniatrie (*), méritent d’être transmis aux jeunes audioprothésistes qui n’ont pas eu la chance, comme moi, de le rencontrer. J’ai en effet, suivi par correspondance et obtenu, trois des cinq Attestations d’Etudes Complémentaires (équivalents de nos D.U. actuels) qu’il proposait à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon. Lors de nos regroupements à Besançon, il nous distribuait des numéros du Bulletin d’Audiophonologie, revue trimestrielle dont il était le créateur et le rédacteur en chef. En 1972, on trouvait dans le conseil scientifique de cette revue 22 éminentes personnalités dont certaines font encore écho dans nos mémoires : Pr. ORL Gabriel DECROIX, Pr. ORL Yves GUERRIER, Pr. ORL Michel PORTMANN, M. Paul VEIT Audioprothésiste.

Il est aussi l’auteur de trois livres, dont le plus connu a été publié en 1964 : Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition. Mais les deux autres sont aussi d’un vif intérêt : Message et Phonétique (1961), Les Enfants Déficients Auditifs (1985). J’ai la chance de tous les avoir sur mon bureau. Sur Internet, on trouve encore assez facilement celui de 1985 (réédité en 1997), plus rarement celui de 1961 et encore plus rarement celui de 1964.

Alors, bien sûr, cela fait 50 ans. Mais, j’ai la faiblesse de penser que l’oreille n’a pas changé depuis et que ce que le Professeur LAFON a pu écrire ou dire est toujours digne d’attention.

(*) C’est ainsi que le Professeur LAFON commençait son Curriculum Vitae en 1991.On trouvera ce C.V., avec d’autres excellents documents rassemblés pour la plupart par Monsieur Paul VEIT Audioprothésiste, dans le Vol.11 Nov/Déc.98 N°6 que les Cahiers de l’Audition consacraient au Professeur Jean-Claude LAFON suite a son décès. Ce Cahier de l’Audition mériterait d’ailleurs d’être réédité.

Jean-Yves MICHEL (JYM) Audioprothésiste Nîmes

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