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R & D: mesurer les seuils auditifs en dB SPL au tympan

Written by xavdelerce on . Posted in Audiométrie tonale, Chaînes de mesure, Investigations audiologiques, mesure in-vivo, RECD, REDD, SPLoGramme

Vous avez été intéressés par ça.

Mais malgré cette extraordinaire « invention », cette fonction de mesure en dB SPL des seuils au tympan, ce système simple de mesure du SPLoGramme n’a pas été implémenté sur les matériels actuels.

Et vous pensez (et vous avez raison) qu’une partie du succès d’une adaptation passe par une connaissance précise du SPLoGramme.

Il reste donc la solution audiométrique des inserts EAR, rendue encore plus robuste par la mesure du RECD.

Tout ça pour quoi ?

Pour éviter ça:

Régression des MIV réalisées sur 50 patients, base audiométrique casque - X. DELERCE, JB BARON - 2012

Et ça, c’est ce qui se passe en fond de conduits, lorsque vous mesurez vos seuils au casque, et que vous effectuez ensuite le pré-réglage de vos aides auditives. Dans un monde idéal, si nous (les audios), ou eux (les fabricants), connaissions le seuil en dB SPL au tympan de nos patients, tous les petits points jaunes (mesures sur 50 patients/50 oreilles/de 500 à 4000Hz/5 fabricants) devraient être alignés sur la ligne noire en pointillés (la cible) ou jaune. A ce moment là, ce qu’indiquent les logiciels correspondrait à ce qui se passe réellement dans le conduit. Les aides auditives seraient « sur cibles » et le réglage (accompagnement) pourrait commencer sur de bonnes bases. Pour rattraper, cette énorme imprécision, il va falloir passer de nombreux RDV en tâtonnements divers, mesures en champ libre, etc. Je précise quand même que dans ce lot, certains fabricants s’en tirent un (tout petit) peu mieux que d’autres, mais d’un « chouia ».

Vous pensez qu’en mesurant les seuils avec l’aide auditive (audiométrie in-situ), on obtiendra une meilleure « adaptation » à la cible, donc que le fabricant arrivera mieux à estimer le seuil au tympan ?

On reprend les mêmes:

Régression des MIV réalisées sur 50 patients, base audiométrique in-situ. X.DELERCE, JB BARON - 2012

  »Caramba ! Encore raté ! »* (* »L’oreille cassée », pour les connaisseurs…). Les pointillés verts (et jaunes pour le casque) donnent l’intervalle de confiance 95%. En gros, à 30dB SPL, vous ne savez pas où vous êtes… ! On est loin des 2 à 3dB (doublement de sonie) de tolérance.

Pas de mystères, pour savoir précisément se qui se passe en fond de conduit, il faut, soit y mettre une sonde, soit délivrer le signal (audiométrique) au plus près du tympan lors de l’audiométrie.

  • Dans le cas de la sonde, un des deux fabricants proposant une MIV par l’aide auditive ne proposera plus cette fonction sur ses prochains contours d’oreille. Pourquoi, alors que cela s’avère une technique redoutable de précision ? Parce que seulement 10% des audios l’utilisent au niveau mondial… (stats retours SAV). Très très dommage pour tout le monde.
  • Dans le cas de l’audiométrie, les choses semblent bouger si j’en crois un article de recherche récent: Behavioral Hearing Thresholds Between 0.125 and 20 kHz Using Depth-Compensated Ear Simulator Calibration.

Ne fuyez pas ! Sous le nom barbare de « Calibration sur simulateur d’oreille avec compensation de profondeur », semble se cacher le futur de nos audiométries. Les auteurs explorent une piste de calibration « in-vivo » permettant lors de l’utilisation d’inserts classiques (type EAR + mousses), d’estimer la profondeur d’insertion dans le conduit, et donc le volume résiduel entre l’extrémité de la mousse et le tympan, ce qui permettrait de connaître avec précision le RECD du patient lors de l’audiométrie. Tympans « sains » et conduits propres de rigueur !

Cet article ne semble pas financé par un fabricant d’aides auditives ou d’audiomètres, mais on peut penser que si nous, audioprothésistes, ne nous emparons pas de la rigueur et de la précision des mesures au tympan, d’autres le feront à notre place.

XD – JBB.

La fuite

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, Appareillage ouvert, Astuces sur les appareils, Aurical, Chaînes de mesure, Congrès, mesure in-vivo, N'importe quoi !, Réglages des appareils

/Ma life, on/

Je vais au congrès (c’était moi le gars tout seul dans les allées ;-) ) et dans ma « sacoche cadeau », je trouve un AudioInfos n°170 avec l’article de Clément SANCHEZ « La mesure in-vivo et les appareillages ouvert« . C’est bien. Le lendemain de reprends le train. Le train c’est bien.

Oui, le train c’est bien.

Bref, surtout ça permet de rentrer chez soi…

… (si, si, ce post a un sujet !)… et surtout c’est le seul moyen de rentrer dans ma contrée éloignée, surtout qu’après 4h30 de train, j’ai une heure de voiture, 20min de mulet et deux kilomètres à pieds, vu que le mulet est syndiqué et qu’il veut pas faire plus que le trajet syndical, le c…

Bref, dans le train, vu que c’est long, je me dis que je vais lire AudioInfos, et là je tombe sur l’article de Clément, « bercé par le ron-ron de l’air conditionné » (ah, non, ça c’est de « Téléphone » !). Et là, révélation !! Je pense avoir la réponse à « Mais pourquoi quand je fais certaines mesures in-vivo, et souvent avec des AA open ou sur des embouts à gros évents, mon ISTS est « pourri » ?

Le train, c’est long, et on a vraiment le temps de s’en poser des questions existentielles…

/Ma life, off/

Et bien, lisez l’article de Clément, et vous saurez. Vous saurez que votre meilleur allié, le micro de référence, est votre pire ennemi potentiel.

Parce que lors de l’utilisation de signaux fluctuants en intensité (L’ISTS par exemple), le micro de référence est étalonné une seule fois avant chaque (ou les) mesure(s), puis coupé ensuite pour ne pas interférer sur le niveau d’émission fluctuant. Le problème, c’est que lors d’un appareillage « ouvert » et même dès 2mm de diamètre d’évent, lors de cette précalibration (le grésillement avant l’émission du signal), si l’aide auditive n’est pas arrêtée, le signal amplifié ressortant du conduit risque de perturber la calibration du micro de référence, et donc le niveau ou l’équalisation en fréquence de l’ISTS. D’où un son distordu, ou une intensité d’émission peu réaliste.

Regardez ces deux mesures (j’ai viré l’analyse percentile de dynamique pour ne garder que le niveau de spectre à long terme):

 

La courbe rouge a été obtenue avec ISTS 65dB SPL d’émission, sans utiliser la fonction « calibrate for open-fit », la verte en activant cette fonction.

De quoi s’agit-il: dans ce cas précis, il ne s’agit pas d’un appareillage ouvert, mais d’un embout vieillot avec évent 1mm mais certainement effet d’évent plus important. Il y a fuite de l’amplification HF vers l’extérieur, donc vers le micro de référence.

  • Dans la première mesure, lors de la précalibration (le chirp noise avant émission du signal), l’aide auditive était en marche, et le micro de réf. a capté la fuite, d’où une mesure faussée (rouge), et un son avec distorsions: le micro de référence a été influencé par la fuite des HF, et a baissé en conséquence le niveau d’émission, avec détérioration du signal en prime.
  • Dans la seconde mesure, la fonction « calibrate for open fit » a été utilisée. L’aide auditive était à l’arrêt, et la précalibration a eu lieu avec émission d’une seconde de l’ISTS. L’aide auditive a ensuite été rallumée, le micro de réf. est resté éteint mais n’avait pas été perturbé par la fuite lors de la précalibration. D’où un son vraiment meilleur (croyez-moi) et un niveau de sortie (REAR) très différent (je jure que je n’ai pas triché !).

Merci, s’il passe par là (il rôde le soir…), à Clément SANCHEZ de nous expliquer ça mieux que moi, et de donner également aux possesseurs du « Nouvel AURICAL » la recette chez eux.

Donc: évent de 2mm et plus = Open REM ! Ces fonctions ne sont pas des gadgets (ce que j’ai cru avant ma « révélation Clément »). L’amélioration exceptionnelle des anti-larsen ces dernières années ne doit pas nous faire oublier que ce n’est pas parce que ça ne siffle pas, que ça ne fuit pas…

Alléluia !!! Noël ! Joie ! SNCF !

And the winner is…

Written by xavdelerce on . Posted in TEN-Test

La revue Ear and Hearing vient de décerner son prix annuel du meilleur article scientifique. Pour l’année 2011, il s’agit d’un article pouvant nous intéresser en pratique quotidienne (c’est loin d’être toujours le cas pour les articles de cette revue…):

Cochlear Dead Regions in Typical Hearing Aid Candidates: Prevalence and Implications for Use of High-Frequency Speech Cues

Cox, Robyn M.1; Alexander, Genevieve C.1,2; Johnson, Jani1; Rivera, Izel3

Vous pouvez le télécharger directement .

Le panel testé est large (170 personnes), ce qui en fait, quand on connait la difficulté à recruter des sujets potentiels, une étude solide sur ce plan là.

Le mode d’administration du test est différent de celui accessible par les audios, car il a été réalisé aux inserts, ce qui a ainsi évité les transferts transcrâniens lors de l’utilisation de fortes intensités. Et d’ailleurs, Moore a récemment développé une version du TEN-Test pour inserts.

Autre chose, le critère de « positivité » retenu pour le TEN-Test est très strict: TEN systématiquement supérieur aux seuils non-masqués et décalage masqué/non-masqué strictement supérieur à 10dB pour déclarer le TEN-Test positif.

Avec ces critères, la prévalence de ZMC était de 31% des sujets testés, pour des pertes mesurées de 60 à 90dB HL.

Les chercheurs ont ensuite posé une question: « Faut-il maintenir une amplification dans la (supposée) zone morte ? »

En clair, les individus présentant un TEN-Test positif peuvent-ils utiliser des indices « hautes fréquences » alors que la cochlée n’est pas capable de les analyser ? Faut-il arrêter l’amplification au début le la zone morte ? Qu’y a t-il à perdre en faisant une restriction de bande passante ou en démarrant un décalage fréquentiel (trop) tôt ?

Et bien contre toute attente, les individus présentant un TEN-Test positif ont mieux répondu aux tests d’intelligibilité dans le bruit AVEC une amplification des HF que sans amplification des HF.

Les auteurs conseillent donc une certaine prudence dans la restriction stricte de bande passante, même en cas de ZMC présumée. Une information délivrée dans les aigus, si elle n’altère pas le confort, apporte des informations analysées probablement dans d’autres zones cochléaires que celles altérés, avec amélioration potentielle des scores de reconnaissance verbale. Et même en cas de suspicion forte de ZMC, il n’est pas inutile de poursuivre une amplification jusqu’à 1.7 fois plus loin que la fréquence de départ de la supposée ZMC.

Je vous l’ai faite courte, mais c’est effectivement une très (longue et) belle étude. Avec implications dans notre quotidien…

 

Les commentaires récents

xavdelerce

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Quand j’ai écrit ceci (une AA programmable par un réseau donné), j’étais en pleine « audiofiction » (même moi je n’y croyais pas).
Là, cette histoire belge ne fait pas rire. Du tout…
Que peut on attendre comme garanties d’un fond de pensions ?

Martin Arantxa

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Pour Clément :
J’ai reçu recemment un patient belge appareillé il y a 6 mois avant de venir vivre en France avec un appareil de marque LAPERRE !
Esthétique identique à un phonak, même coque , je vais me renseigner lui dis-je !
J’appelle mon commercial qui me dit qu’il s’agit en effet d’un appareil phonak vendu en belgique dans leur propre réseau de distribution.
Comment puis-je le programmer alors ? Et b’en on ne peut pas ! Le logiciel de programmation est uniquement fourni aux magasin LAPERRE ; Le patient n’a plus qu’a changer d’appareil ou à repartir se le faire régler en Belgique .
Pourqui celà n’arriverait-il pas en France ?Ne soyons pas crédules !

Pour ceux que ça interesse, nous avons avec quelques audios furieux de cette annonce ouvert un topic sur facebook ou le débat fait rage !
Si ça vous intéresse de nous rejoindre , je sollicite l’autorisation de Sébastien Geny pour mettre le lien ici .
Nous sommes déjà 622 audioprothesistes inscrits sur ce topic facebook et ça augmente tous les jours;
Merci

xavdelerce

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Ouahhh ! Comment tu fais pour rayer des phrases sur le blog ?
Trop fort…

Clément

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De mon point de vue Sonova ne fait qu´officialiser ce qu´il est coutume de retrouver dans de nombreux cas et de nombreaux pays, et la France n´y échappe pas. Je doute que Sonova propose un modèle du type « aides auditives spécifiques Audition Santé ». Ils ont une vision très « patient orientée » et ne se couperont pas l´ensemble du marché par des mesures jugées trop « clientélistes ». Phonak et Sonova sont appréciés non pas pour les prix qu´ils pratiquent vis à vis de leur clients audioprothésistes mais principalement pour 1. la qualité des produits 2. la qualité du service offert. Leur histoire avec Audition Santé fut la même que celle qu´entretiennent nombres de fabricants avec des réseaux ou des clients importants. C´est à dire une certaine forme de reconnaissance vis à vis d´une grande fidélité. La situation aujourd´hui fait montre d´officialisation, ce qui n´est pas toujours innérant à la profession, et représente également un investissement qui suit la stratégie de diversification de Sonova. Je ne pense également pas que les prix pratiqués sur les produits du groupe dans les centres Audition Santé seront très inférieurs aux autres centres proposant les mêmes produits. J´ai pu personnellement apprécier leur philosophie mais cela n´engage que moi :-)

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