Catégorie : acoustique

Le Rock’R, c’est le nom de ce dispositif permettant de transmettre un message sonore par vibration:

 

 

Et ses concepteurs cherchent de généreux donateurs pour la version 2.

Au-delà de l’objet, ce qui ne manquera pas d’étonner les audioprothésistes, c’est le retour de la conduction « vibratoire », voire « osseuse ». Alors que cette technique est tombée en désuétude dans notre spécialité (malgré un retour très intéressant de Bruckhoff), ce procédé de transmission semble bénéficier d’un avenir radieux.

Radieux ? Oui, et vous risquez bien porter un jour un dispositif à conduction osseuse…

Pour vous en convaincre. Il s’agit de ça.

Merci à Cécile GOBLET pour ses infos sur le Rock’R, ça tombait à pic avec les Google Glasses.

S’il est un fait avéré en audioprothèse, c’est bien la difficulté que nous rencontrons à obtenir des informations sur les sensations auditives des patients appareillés.

A la question « Que ressentez-vous exactement ? », nous obtenons 9 fois sur 10 une réponse du type « Ca résonne ». Point !

Les notions de grave, d’aigu, d’écho (délai), de timbre, de compression ou de temps de retour (difficile, bien sûr), ne sont pas décrites. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne sont pas ressenties.

Mais comment décrire une sensation sans en avoir le vocabulaire ? Car dans notre société de l’image, les mots ne nous manquent pas pour décrire teinte, résolution, définition, profondeur d’image, piqué, moiré, distorsions, etc. Mais dans notre société du bruit, combien de personnes sont capables à l’écoute de différencier l’enregistrement sonore compressé de celui « lossless » ?

Le canal de stimulation auditif, pourtant sur-stimulé par un environnement sans répit, ne fait pas l’objet aujourd’hui d’une « éducation » au même niveau que son voisin visuel. Question de culture. Lorsque les papilles et les yeux sont à l’honneur lors d’émissions TV du type « MégaChef » ou « J’invite mes voisins à manger avec mon chemin de table que j’ai fait moi même avec mes petits doigts boudinés », il n’y a pas encore de concept « Les oreilles d’Or » où le vainqueur sera celui qui détectera la drastique réduction du nombre d’harmoniques de la clarinette dans un concerto de Weber comprimé en mp3 à 320kps ! Là, je lance un concept !!!

Le cerveau, naturellement, a tendance à privilégier l’information visuelle à l’auditive lorsque les deux sont présentes simultanément.

Un article très intéressant vient d’ailleurs d’être publié dans Science et Avenir de septembre 2012 sur la « tunnelisation » de l’attention: lorsque de multiples stimulations ou alarmes (dans le cas présent) l’assaillent, l’être humain a tendance à se focaliser sur une seule source, et plus précisément sur un unique type de stimulus. Et lorsque un stimulus visuel est en compétition avec un stimulus auditif, ce dernier sera ignoré la plupart du temps au profit du premier.

L’article décrit ainsi deux cas de crashes aériens où les pilotes ont entendu plusieurs secondes, voire minutes, l’alarme sonore de chute de l’avion ou de rapprochement du sol, mais leur attention, « tunnelisée » au profit du canal visuel (les informations et alarmes s’affichant sur leurs écrans), ont ignoré cette information auditive. En clair, « l’alarme sonore n’a pas pu faire « sortir » l’équipage de ses préoccupations et priorités » (mots du BEA) visuelles. On imagine le déluge d’informations dans ces moments là…

Voici un extrait du rapport du BEA au sujet de l’accident du vol Rio-Paris (p113):

« 1.16.8.3 Réponse aux alarmes sonores
De nombreux travaux ont été menés sur l’insensibilité aux alarmes sonores et révèlent
que le caractère agressif, la rareté et le manque de fiabilité de ces alertes peuvent
amener les opérateurs à ignorer ces signaux [1, 2]. En particulier, en cas de forte charge
de travail, l’insensibilité aux alarmes sonores peut avoir pour origine un conflit entre
ces alarmes et les tâches cognitives en cours de réalisation. La capacité à porter son
attention sur cette information est très coûteuse puisque cela nécessite l’utilisation
de ressources cognitives déjà engagées sur la tâche courante. La performance de
l’une des tâches (résoudre le problème ou prendre en compte l’alarme) ou des deux
serait altérée [3].
Par ailleurs, des études sur le conflit visuo-auditif montrent une tendance naturelle
à privilégier la perception visuelle à la perception auditive lorsque des informations
contradictoires et conflictuelles, ou perçues comme telles, de ces deux sens sont
présentées [4, 5, 6]. Le pilotage, sollicitant fortement l’activité visuelle, pourrait
amener les pilotes à une certaine insensibilité auditive à l’apparition d’alarmes
sonores rares et contradictoires avec les informations du cockpit. Une étude récente
en électrophysiologie sur une tâche de pilotage semble confirmer que l’apparition
de tels conflits visuo-auditifs en situation de forte charge de travail se traduit par
un mécanisme de sélectivité attentionnelle qui favorise les informations visuelles et
conduit à négliger des alarmes sonores critiques [7]. »

 

Y aurait-il des sens privilégiés ? Une éducation auditive permettait-elle de rééquilibrer cette hiérarchie ?

C’est la fameuse remarque que nous entendons régulièrement: « Je préfère être totalement sourd qu’aveugle ! ». Pas si sûr…

 

* …

A l’heure du désengagement de l’Etat dans les contrôles de conformité acoustique (et technique) des centres d’audioprothèse (fin du contrôle par les DDASS), nous sommes donc aujourd’hui dans une situation un peu floue.

Certes, il est toujours nécessaire de fournir un certificat de conformité acoustique aux autorités compétentes, mais ce contrôle peut être réalisé par le vendeur même du matériel… Vous refusera-t-on un certificat de conformité quand vous aurez signé un chèque de plus de 15000€ de matériel (et oui, mesdames et messieurs les non-audioprothésistes lecteurs de ce blog: ça coûte cher de travailler correctement !) ? Et je ne parle même pas ici du coût des travaux d’isolation/correction acoustique…

Si, justement, j’en parle !

Que penser aujourd’hui de l’installation « à la sauvage », alias « en Corners », terme pudique désignant « le-local-du-fond-du-buraliste-ou-du-vendeur-d’après-shampoing-ou-du-boucher-charcutier-et-qui-pourrait-servir-à-vendre-deux-ou-trois-bécanes-par-mois ». Si le local en question a été pensé de A à Z en termes acoustiques, OK (encore que le service rendu aux malentendants d’avoir un audio une demie-journée par semaine…), mais si on se contente de « la porte est bien jointée, là ! », on frise l’arnaque. Pas vu, pas pris…

Si, justement, ça pourrait ne plus passer inaperçu !

Regardez (document qui m’a été transmis par Christian MEYER-BISCH):

Je reprends les termes « manquements à la conformité des locaux », « manquements au contrôle de qualité interne », « manquements à l’hygiène ». Termes tout à fait applicables à n’importe quelle profession médicale et para-médicale.

Qui pourrait donc engager une telle procédure vis à vis d’un centre « défaillant » ? Le syndicat ? Peut-être, mais sur demande d’un confrère. Un patient ? Plus sûrement, après plainte auprès des autorités compétentes.

Donc attention, contrairement aux apparences ces dernières années, les contraintes en termes de matériel, d’isolation phonique, d’hygiène, de diplôme (!!), etc., n’ont pas changé. L’abandon par les DDASS des contrôles, la quasi-inexistence d’actions menées par la sécurité sociale ou autres organismes pourraient faire croire à une réduction des exigences, ce qui n’est pas le cas.

Espérons que le volontariat d’audios acceptant de s’engager dans la normalisation AFNOR permettra, aux yeux des consommateurs, de faire un tri qualitatif.

Et justement, chers « consommateurs », posez-vous les bonnes questions: à l’heure où fleurissent des « plates formes mutualistes » du type de celles que veulent monter MALAKOFF-MEDERIC/KALIVIA, GROUPAMA, la MGEN, SANTECLAIR, etc., uniquement basées sur les prix (jamais je n’ai entendu parler de qualité,ça a l’air secondaire…), demandez-vous jusqu’où peut « descendre » un prix sans toucher à la qualité de service, c’est à dire à l’équipement du centre et la formation de son personnel.

Connaissiez vous le Phonon ?

Emporté par le doodle google symbolisant le 155ème aniversaire de Monsieur HERTZ, je continuais mes tribulations sur le portail « sciences physiques » de wikipedia. Et la paf, je découvre le PHONON*. Attiré par la racine grecque de ce mot qui résonne comme quelque chose de connu et l’étrange ressemblance avec le célèbre photon, je subodore rapidement que ce terme à un lien évident avec l’acoustique !

Voila la définition du phonom :

Un phonon (du grec ancienφονη, la voix) désigne, en physique de la matière condensée, un quantum de vibration dans un solide cristallin, c’est-à-dire un « paquet élémentaire de vibration » ou « paquet élémentaire de son » : lorsqu’un mode de vibration du cristal, de fréquence définie ν, cède ou gagne de l’énergie, il ne peut le faire que par paquets d’énergie ,h étant la constante de Planck.

Ce paquet est considéré comme une quasi-particule, à savoir une particule fictive associée au son. Le cristal est alors réputé échanger des phonons lorsqu’il perd ou gagne de l’énergie. Le concept permet une analogie avec la lumière qui possède des propriétés similaires : elle se manifeste tantôt comme une onde, tantôt comme un paquet d’énergie , qui correspond à une particule élémentaire — non fictive cette fois — appelée photon.

Ca y est, on l’a aussi notre quantum ; notre équivalent photon ! Quand on s’est que c’est Albert Einstein qui a conceptualisé le photon pour expliquer sa théorie de la relativité… L’acoustique gagne désormais ses lettres de noblesse !

* le premier qui arrive à le placer** dans une soirée gagne un lot de 10 tubes tygons (chauffés par mes soins ;-))

**Evidemment, je croirais sur parole le commentaire qui narrera la phrase savamment placée lors d’une joute verbale à bâtons rompus !

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Plus d’infos ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Phonon

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