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EIN ? saison 2

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, anti larsen, Astuces sur les appareils, Audioprothese, Chaînes de mesure, Expansion, Le gain, Marques, Méthodologie, Réglages des appareils, Tests au coupleur, Tests au coupleur, WIDEX

… suite de la première partie.

En reprenant l’exemple suivant :

Capture

 

Environ 30dB SPL de bruit de fond (EINLevel) à 3KHz peuvent-ils être considérés comme gênants pour ce patient ?

On peut penser (mais je n’en ai pas la confirmation) que lorsqu’un fabricant met un modèle sur le marché, de surcroît s’il est censé pouvoir s’adapter sur des surdités légères à moyennes, il connait les limites de BDF acceptables issues de la littérature. Enfin, on espère…

Une solution radicale pour se garantir de toute perception de BDF serait de placer le 1er TK en entrée assez haut, mais pas trop quand même car il y aurait un risque de sous-amplifier les zones failles de la parole; disons 30/35dB SPL. C’est étrange, en explorant les courbes entrée/sortie (si par chance vous les avez), c’est justement la limite très commune d’expansion !

Un seul fabricant, depuis fort longtemps s’est quand même aventuré à passer sous cette barre : Widex, depuis le premier Senso. Mais quand vous voulez amplifier des niveaux très bas (5 à 30dB SPL) pour éventuellement les faire émerger au-dessus du seuil, il va falloir énormément de gain (si le larsen vous le permet). Et donc vous pouvez amener par la même occasion le bruit de fond en même temps que l’information dans la zone audible. Je crois me souvenir que tout avait été pensé chez ce fabricant pour maintenir le niveau du BDF toujours sous le meilleur seuil, notamment par la mesure du « sensogramme » qui était (est toujours) quasi obligatoire, comme celle du larsen. Très rapidement, l’effet d’évent (et pas uniquement son seul diamètre) a été également mesuré afin d’estimer la limite basse de TK sans larsen et/ou sans risque de BDF perceptible dans les BF.

Bref, pour passer sous la barre des 30dB SPL en entrée sans craindre une perception de BDF avec une méthodologie d’amplification non-linéaire, il vaut mieux avoir confiance en sa technologie…

Macrae et Dillon ont établi des niveaux de BDF acceptables en fonction du gain apporté (donc en fonction du seuil d’audition) à diverses fréquences, et mesuré dans un coupleur HA1 (intra). Pour donner quelques exemples (mais vous pouvez les retrouver sur l’article téléchargeable de la première partie) :

@1KHz, de 0 à 50dB de gain : env. 17,5dB SPL

@250Hz, de 0 à 45dB de gain : env. 37dB SPL

@2KHz, de 0 à 60dB de gain : env. 13dB SPL

Attention : il s’agit de bruit de fond à l’entrée, comme vu dans la première partie. On constate une gêne survenant plus rapidement après 1KHz. Etrangement, la « tolérance » au BDF semblerait importante dans les BF, mais ces zones fréquentielles sont souvent masquées (et le BDF avec) par le bruit ambiant, la « rumeur ». Et d’autant plus  l’appareillage présente un évent : le bruit ambiant entrant par l’évent minimise la perception du BDF de l’appareil.

Je vous passe les calculs éprouvants des auteurs, mais je reprendrais le résumé de leur méthode de calcul du EIN acceptable en fonction de la surdité : considérant un seuil à une fréquence donnée, ce seuil doit être corrigé avec NAL (et oui, c’est Dillon quand même !). Attention, ici, c’est NAL « old school » = formule linéaire d’avant NAL-NL1, c’est à dire NAL-R.

On a :

 EINL = Max( HTL + MAP – CG – Corr – 15,EINL0 )   (1)

Et là, oui, c’est beaucoup plus clair n’est-ce pas ?

En fait, NAL ne fournissant pas de cibles de niveaux de sortie en dB SPL au tympan (REAR), contrairement à DSL, Macrae et Dillon on converti la perte auditive (HTL), en niveau au tympan. Ils ont donc pour ceci ajouté au seuil HTL, le MAP (qui est le niveau d’audition minimal mesuré en dB SPL au niveau du tympan), ce qui a converti en quelque sorte le seuil HTL en seuil SPL au tympan. Mais comme la valeur du gain (CG) est donnée dans le coupleur d’intra (le HA1), ils ont ajouté une correction (Corr) pour passer du coupleur au tympan. Pour les puristes, cette valeur de correction provient de diverses tables de conversion toujours utilisées et très souvent citées dans la littérature : les valeurs de conversions (ou fonction de transfert) de Bentler & Pavlovic, et leur pendant en champ diffus. Aride… mais sachez quand même que ces valeurs se cachent encore dans tous nos logiciels de réglages et jusque dans nos chaînes de mesure (tables 1 & 2). Et enfin, la soustraction de l’EIN tolérable (EINL0) donnant 0dB SL (Sensation Level).

Vous retrouverez dans l’article (Table 6.) les valeurs de l’EIN max. acceptable, en fonction du seuil d’audition pour chaque bande de 1/3 d’octave.

Ce qui est intéressant, c’est de pouvoir saisir ces valeurs dans votre chaîne de mesure, comme ici pour un seuil de 0dB HL (ligne pleine) et un seuil, par exemple, de 50dB HL (carrés) :

Limites EIN

Par contre, il faut relativiser cette mesure, par l’apport de bruit de fond extérieur : performance du caisson de mesures (isolation) et BDF des transducteurs de mesure (microphones de mesure et de référence). Par exemple dans un caisson très performant, Bruël&Kjaer/Interacoustics TBS25 avec la config suivante:

20150306_173214

On obtient, au plus bas, cet EIN:

EIN TBS25 micros

Pour conclure, j’ouvrirais le débat sur les valeurs de Macrae et Dillon qui ont été obtenues à l’époque sur la base d’une formule linéaire (NAL-R). Il serait très intéressant d’avoir des valeurs aujourd’hui avec des formules de correction non-linéaires (NAL-NL et DSL) puisque les sons faibles sont nettement plus amplifiés qu’avec NAL-R, et que l’EIN risque donc potentiellement d’augmenter car le facteur CG de l’équation (1) augmente.

Avis aux étudiants de D.E. ou M1/2 en recherche de mémoire…

LAFON 5 POURQUOI UTILISER LE PHONÈME ?

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Astuces sur les appareils

Parler de test phonétique laisse entendre que le test se base sur le phonème.
Mais pourquoi utiliser le phonème ?Le Professeur LAFON nous en donne la réponse en page 108 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition », dans le paragraphe 1. et la dernière phrase (je me suis permis de les surligner et de les souligner) de :
« Les critères de l’exploration auditive
…Pour les tests faisant entrer en jeu le langage on peut considérer trois niveaux : le symbolisme phonétique (acougramme, tests de logatome, test phonétique), le sens des mots (test de nom, tests d’intelligibilité), les suppléances linguistiques (tests de phrase).
Quand on veut connaître la valeur du système acoustique cochléaire, on est obligé de tester l’ensemble de la fonction, comme dans toute mesure indirecte. Nous mesurons la connaissance du sujet dépendant du fonctionnement de l’organe périphérique.
Pour être précise une méthode de mesure doit :
1. Etre basée sur l’aspect unitaire le plus simple de la connaissance auditive. Les qualités de cette unité servent de paramètres.
2. Il est indispensable que tout sujet susceptible d’être soumis au test possède un excellent apprentissage de l’identification de ce paramètre. Pour pouvoir comparer à une moyenne, il faut que l’apprentissage soit équivalent pour tous les sujets et ne s’améliore pas durant l’examen.
3. Il doit être possible d’atteindre les limites physiologiques de la reconnaissance et de pouvoir les chiffrer.
4. Cette limite chiffrée ne doit pas varier chez l’individu normal ou tout au moins les écarts doivent être connus et assimilés à une marge d’erreur.
C’est ainsi que l’audiométrie tonale liminaire est excellente, elle répond aux quatre critères ; alors que le test de Lüscher ne répond pas aux critères 2 et 4. Le test d’intelligibilité utilisant le mot comme unité et sa signification ne répond pas au critère 1, le phonème étant l’unité de langage la plus simple etc. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 110-111 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji
« General criteria for judging hearing tests
…Where language tests are involved, one may distinguish three levels : phonetic symbolism (acougram, nonsense syllabe tests, the phonetic test), the meaning of words (name test, intelligibility tests) and linguistic flexibility (sentence lists).
If one wishes to investigate the functioning of the cochlear system, one is obliged to test the whole auditory system, as in any indirect measurement. What we are in fact measuring is the subject’s knowledge, which depends on the functioning of the peripheral organ.
In order to be precise, a method must :
1. be based on the simplest unitary aspect of auditory knowledge. The properties of this unit serve as parameters.
2. Any subject capable of being tested must have been given a thorough training in the identification of this parameter. In order to be able to compare the results, one must ensure that all subjects receive an equivalent training, and that their skill in identification does not increase during the test.
3. It must be possible to reach the normal levels of the knowledge and to give a numerical measure of these levels.
4. This numerical measure of the limit must be constant in a given individual, or at least the variations must be known, and included in the margin of error.
For example, liminal tonal audiometry is an excellent method, satisfying all four requirements; while the Lüscher (section 4.2.2) does not satisfy requirement 2 and 4. The intelligibility test using the word as unit does not satisfy requirement 1, as the phoneme is the simplest unit of language; and son on. »Le phonème est donc à utiliser car aussi :
« Le phonème, unité de langue, est le plus simple des éléments de référence du langage. »(1)
« L’élément utile pour la mesure des qualités d’identification d’un sujet n’est ni la phrase, ni le mot, mais incontestablement le phonème, élément le moins prévisible. »(2)

Et, si on veut aller plus en avant, qu’est-ce qu’un phonème ?
« Le phonème désigne l’image mentale d’un phénomène acoustique, c’est un concept de langue, unité de mesure du langage. L’idée que nous nous en faisons est proche de celle que s’en font ceux qui ont la même langue que nous. C’est un symbole-étalon d’ordre social, que nous avons toujours à notre disposition mais dont nous ne nous servons pas. »(3)

En effet, lorsqu’on prononce /mât/, on ne prononce pas le /m/, puis le /a/ seulement après la fin du /m/. C’est pour cela que le Professeur LAFON dit que nous ne nous servons pas du phonème /m/ en tant que tel [fondamental laryngé 140 Hz, de F1 300 Hz, de F2 2700 Hz, de F3 3800 Hz] (4) puis du phonème /a/ en tant que tel [fondamental laryngé 170 Hz, de F1 800 Hz, de F2 1100 Hz, de F3 3000 Hz pour une voix féminine] (5).
Il y a, en fait, une transition phonétique entre /m/ et /a/ qui modifie chacune des structures acoustiques des deux phonèmes.

Pour bien montrer l’importance de ces transitions phonétiques :
« …l’on identifie non des phonèmes mais des transitions phonétiques qui sont partiellement perçues même si leur aboutissement au point d’articulation est inaudible : les critères d’identification ne sont pas les mêmes que pour l’entendant…La surdité de sénescence est pour cela bien caractéristique. Elle est apparue très progressivement, le sujet a modifié sans s’en rendre compte son système de référence et l’identification de la parole est peu perturbée par rapport à la courbe tonale. »(6)

Le Professeur ayant parlé de point d’articulation, en voici sa définition :
« La position des organes phonateurs détermine une série de cavités dont les résonances évoquent chez l’auditeur une image phonétique. Sur un enregistrement le point d’articulation se situe aux points d’inflexions des zones acoustiques fréquentielles, il correspond à un changement de direction des mouvements musculaires. C’est le seul repère précis que l’on puisse déceler dans la continuité de l’expression phonétique.
Le passage d’un point d’articulation à un autre, entraîne la formation de transitions acoustiques phonétiques qui constituent les éléments de la syllabe. En considérant des points d’articulation virtuels, le passage d’un point à l’autre contient la totalité de l’expression. Nous appellerons ces passages des transitions phonétiques. L’identification du phonème dépend d’elles: même si le point d’articulation n’est pas parfaitement atteint, ou si les sons émis deviennent imperceptibles, le mouvement vers le point d’articulation permet souvent à l’auditeur d’identifier néanmoins le phonème en extrapolant. »(7)

La dernière phrase :
« … le mouvement vers le point d’articulation permet souvent à l’auditeur d’identifier néanmoins le phonème en extrapolant ».
Voici l’explication de ce que nous rencontrons assez souvent dans notre pratique quotidienne d’audioprothésiste : l’audiométrie tonale est mauvaise et pourtant la personne comprend encore bien lors de l’audiométrie vocale.

Vous allez sûrement relire plusieurs fois toutes ces phrases écrites par le Professeur LAFON.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.

Dans le test phonétique, il y a quatre listes :
– la liste de balayage.
– la liste cochléaire.
– la liste de recrutement.
– la liste d’intégration.

Dans le prochain article, je commencerai par la liste que je trouve facile pour débuter avec le test phonétique.
Je veux parler de la liste cochléaire que j’ai utilisée seule pendant des années, sans penser utiliser un jour les autres.

JYM

(1) page 55 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(2) page 69 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(3) page 54 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(4) page 120 du livre « message et phonétique »
(5) page 116 du livre « message et phonétique »
(6) page 178 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »
(7) page 52 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition« 

EIN ? Saison 1

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, Astuces sur les appareils, Aurical, Chaînes de mesure, Fonix, Réglages des appareils, Tests au coupleur, Tests au coupleur

Les appareillages de surdités légères se multiplient ces dernières années (enfin, je trouve). Dans le même temps, je pense que nous ne sommes pas loin d’adapter quasiment 100% des aides auditives BTE/RIC/RITE avec deux micros, qu’ils soient utilisés dans leurs modes directionnels ou non.

La conjonction de ces deux faits augmente potentiellement le risque de perception de bruit de fond, notamment par un risque accru d’encrassement ou de panne du micro arrière, souvent plus exposé que le micro avant. Le circuit lui-même également génère un bruit de fond lors de son fonctionnement.

S’il est un sujet qui n’est pratiquement plus abordé par les fabricants, c’est bien celui du bruit de fond. On trouve en effet rarement ces données dans les fiches techniques aujourd’hui, alors qu’elles y figuraient encore systématiquement il y a… finalement longtemps ! (longtemps = + de 10ans en audiologie prothétique…). Et pourtant, l’importante amplification des circuits WDRC, voire FDRC actuels est susceptible d’amener ce bruit « brownien » électronique à un niveau perceptible, voire gênant.

Peut-on avoir une base quantitative fiable pour savoir si un bruit de fond se situe dans une limite tolérable ? Encore mieux : en fonction du seuil à chaque fréquence, comment déterminer si un bruit de fond risque d’être perceptible ?

Il est en effet difficile de savoir si 35dB SPL de bruit de fond est un niveau tolérable par un patient. Et même pour un audioprothésiste qui écoute (« L’Art perdu de l’écoute des aides auditives », repris de A. Rosette 😉 ), ou qui mesure ce BDF, où fixer la limite acceptable de qualité des composants électroniques à partir de cette mesure (ou de cette écoute) ?

Une mesure de BDF la plus utilisée en audioprothèse est la mesure du Bruit Equivalent en Entrée, ou en bon anglais « Equivalent Input Noise » ou EIN. La définition de ce terme m’a toujours parue « perchée », mais à la réflexion, elle est robuste (donc c’est moi qui ne suis pas assez perché) :

EIN = Bruit Equivalent  à l’Entrée :

  1. On suppose (c’est fictif) une aide auditive qui ne présenterait aucun BDF, avec un réglage équivalent (gain/fréquence) à celle (réelle) que l’on veut tester
  2. EIN = quantité de bruit qu’il faudrait envoyer à l’entrée de l’aide auditive fictive sans bruit pour avoir le même niveau de sortie (qui comprend l’amplification ET le bruit de fond mélangés) que l’aide auditive testée

Bref, trêve de bavardages, une bonne formule « et pi c’est tout ! » :

BDF dans le silence – Gain max. = EIN

Pourquoi faire intervenir une « aide fictive silencieuse » et donc exprimer le bruit « à l’entrée » plutôt qu’à « la sortie » ? Macrae & Dillon (2001) voient plusieurs intérêts à cela :

  • dans la plupart des aides auditives de bonne qualité de conception (pas les trucs faits en Chine et vendus en pharmacies), le BDF vient en majorité des micros, et le reste, du circuit
  • le BDF s’il était exprimé à la sortie, varierait en fonction de la position du potentiomètre (s’il y en a un); ce n’est pas la cas quand le BDF est exprimé en entrée
  • si le bruit était exprimé en sortie, les aides auditives à faible gain auraient toujours moins de BDF que les aides auditives à gain important

Ce qui veut dire :

  • que tester le BDF en entrée pour des appareils avec un potentiomètre (ou un réglage de gain) permet de s’affranchir du problème de l’augmentation de BDF avec l’augmentation du gain : en effet, si le BDF était testé en sortie, plus le gain serait élevé, plus le BDF le serait aussi. Le fait de retrancher le gain du BDF dans le silence permet de décorréler le BDF du niveau de l’amplification.
  • de même pour les appareils très puissants : s’ils étaient testés en sortie, leur amplification très importante (y compris dans un caisson de mesure très silencieux, mais jamais totalement silencieux) ferait croire à un bruit de fond très important. Le fait de le mesurer en entrée (donc de déduire le gain max.) permet de pouvoir comparer le BDF en entrée d’un « petit » appareil open et d’un surpuissant.

Donc en quelque sorte, la mesure de l’EIN « relativise » le bruit de fond par la soustraction du gain…

Pour calculer l’EIN, la chaîne de mesure va faire deux mesures successives dans chaque bande de tiers d’octave :

  1.  première passe : mesure du gain, en général à bas niveau d’entrée (40/50dB SPL par exemple) pour chaque bande de 1/3 d’octave
  2. deuxième passe : mesure du BDF dans chaque bande de 1/3 d’octave. Donc là, c’est le silence (relatif) dans le caisson, d’où l’intérêt d’avoir un bon caisson de mesures

Et donc ensuite, 2 – 1 = EIN. C’est la courbe bleue que vous voyez sur cette mesure :

Capture

Bon, maintenant que l’on a cette mesure d’un bruit de fond équivalent en entrée, qui est ici comprise entre 20 et 35dB, qu’en faire ? Bien ou pas bien dans ce cas ? Audible par le patient ou inaudible ? Mieux : potentiellement gênant ou non ?

La suite au prochain épisode….

~Entracte~

~Chocolats glacés, Eskimos, cacahuètes, Treets, …~

La parole, G65 ?

Written by xavdelerce on . Posted in Astuces sur les appareils, Aurical, Expansion, Le gain, Le niveau de sortie Max., Logiciels de réglage, mesure in vivo, N'importe quoi !, Réglages des appareils, SPLoGramme

Once upon a time : des aides auditives qui se réglaient avec des sons Wobulés, au caisson de mesure.

Cela se passait dans des temps forts lointains, où les Elfes, les Ents et les hommes vivaient en bonne harmonie; un temps où Saroumane ne commençait pas à faire n’importe quoi. En ce temps là, les assureurs assuraient, les banquiers banquaient, la sécu remboursait, les Zaudios appareillaient, les opticiens lunettaient, les professions réglementaient (jeu de mots…), etc. « Toute chose à sa place, toute place a sa chose », comme disait ma grand-mère.

Tout allait bien, quoi !

Et chez nous, les Zaudios (ça me fait penser à Claude PONTI et l’île des Zertes), un son « moyen » était à 65dB SPL, un son « faible » à 50dB SPL (allez, je vous le fais à 40dB SPL !) et un son « fort » à 80dB SPL.

C’était le bon temps : de bonnes vieilles valeurs simples, robustes et fiables ! Et qui nous parlaient bien !

Mais tout changea. Quand ? je ne saurais trop le dire… Des tours sont tombées, des bulles ont éclaté, des 4×4 sillonnent des déserts que photographient des drones, le vin français titre désormais à 14,5°, des regroupements/fusions/acquisitions ont eu lieu, etc, etc, etc.

Et désormais « On doit pouvoir s’épanouir en voyant « Fin » en l’air », comme dit la chanson…

Bref, tout a changé dans ce monde, mais un bastion résiste, en dehors des modes et du temps : le logiciel de réglage des Zaudios !!

G_BEG_Wid2G_WidG_STKG_SIG_RSDG_PKG_OT

Mais oui ! Vous l’avez remarqué : dans notre monde terrible de complexité, le logiciel de réglage se compose toujours (en autres, quand même) du bon (= le G65/moyen/modéré), de la brute (G80/fort) et du truand (expansion, G40/G50/faible, carrément fourbe celui-là !). J’oubliai aussi Dieu : le MPO !

C’est simple et de bon aloi, mais un peu tiédasse quand même pour « fort, moyen et faible », pas bien précis en tous cas. Et surtout, ces niveaux d’entrée vaguement flous contrastent furieusement avec la précision diabolique (au dB près) des pas de réglage.

Pour couronner le tout, on ne sait même pas s’il s’agit en entrée de dB SPL, de dB HL, de Sones. Et surtout, je le redis : ça n’a pas bougé depuis… que ces logiciels de réglages existent ! Nuance quand même : depuis que les circuits WDRC à trois points d’enclenchements existent, c’est à dire depuis peu pour certains 😉 .

  • A quoi correspondent aujourd’hui ces réglages hérités des temps anciens, lorsque par exemple, un patient va nous dire : « Les voix fortes sont un peu trop fortes » ? Les fabricants veulent-ils que nous touchions le « G80″ ? le « Fort » ?
  • Pour augmenter la perception de la voix « moyenne », faut-il toucher « Modéré » ou « G65″  ?
  • Où commence et finit la zone couverte par « Modéré » ? de 50 à 70dB SPL ?
  • Et les autres zones ?

Avant éventuellement d’apporter un peu de précisions, on présumera (mais ce n’est pas explicite…) que ce qu’affiche un logiciel de réglage sous la forme « Expansion », G40/50/65 et 80 ou autres « Faible, Modéré, Fort » concerne les niveaux d’entrée. Puisque on part du principe qu’aujourd’hui, toutes les aides auditives ont des compressions en entrée (AGCi) et en sortie (AGCo/MPO); donc tout ce qui est inférieur à 80dB (SPL ? Oui !) en entrée est régit par les AGCi.

C’est de là que vient la grande ambiguïté : une discordance entre l’affichage logiciel et/ou in-vivo qui est un niveau de sortie, et le niveau d’entrée, souvent invisible. Lorsque l’audioprothésiste règle une aide auditive, il voit çà sur son logiciel de réglage :

SPL_PK_TARGET

Et/ou éventuellement il voit ça en mesure in vivo :

REAR_65

Dans les deux cas ci dessus, le logiciel ou la mesure donnent le niveau de sortie prévu ou mesuré dans le conduit auditif pour la voix « moyenne » (65dB SPL) en entrée, qui est ici (zone entourée) de 90dB SPL entre 2 et 4KHz.

Donc si on voulait, par exemple, augmenter cette fameuse zone 2/4KHz, il faudrait :

  • augmenter le G80, puisqu’on est à 90dB SPL in vivo ?
  • augmenter le G65, puisqu’on est à voix moyenne en entrée ?
  • autre chose ?

Réponse : augmenter le gain entre 40 et 50dB d’entrée…

… parce que la voix moyenne (pour le niveau à long terme, c’est à dire le niveau de la cible donnée par telle ou telle méthodologie) est à environ +/- 50dB SPL en entrée.

Toute la difficulté est là :

  1. Raisonner en entrée alors que nous visualisons en sortie
  2. Se dépatouiller avec des niveaux « logiciels » qui n’ont rien à voir avec les niveaux réels de la parole en entrée

J’ai voulu essayer de donner une correspondance entre le signal d’entrée (ce signal étant une voix), et l’action à entreprendre dans les logiciels pour avoir un impact sur ses différents niveaux d’énergie (classés en percentiles) et dans quatre zones fréquentielles différentes.

Vous trouverez donc ci dessous les niveaux logiciels intervenants dans les réglages spécifiques de la parole, pour les zones 250/500Hz, 500/1000Hz, 1000/2000Hz et 2000/4000Hz; trois percentiles de parole (crêtes=  percentile 99 , long terme= LTASS = env. percentile 65 et vallées = percentiles 30), le tout à trois niveaux d’entrée (faible, moyenne et forte):

Voix faible (55dB SPL)

V55

Télécharger ce fichier « 55dB SPL »

Voix moyenne (65dB SPL)

V65

Télécharger ce fichier « 65dB SPL »

 

Voix forte (75dB SPL)

V80

Télécharger ce fichier « 75dB SPL »

Et là, oui, ça va mieux : on commence à comprendre que le « G80″ ne va pas servir à grand chose, et que même le « G65″ est finalement peu utilisé. Il va donc falloir faire attention à sélectionner des aides auditives dont le premier TK sera réglable, ou réputées avoir une expansion de très bas niveau, car même la voix « moyenne » est constituée d’indices de très faibles niveaux…

Mais attention : ces différentes zones dynamiques sont très approximatives, et surtout, différentes d’un fabricant à l’autre. Il faudrait connaître les TK exacts et donc pour cela avoir les courbes de transfert (entrée/sortie) qui sont bien souvent absentes… Et même quand ces courbes I/O sont présentes, la plupart commencent leur affichage à 40dB SPL (rien à voir et à savoir en dessous ?). Dommage…

Et Dieu dans tout ça ? (le MPO !)

Et bien lui, il ne fait jamais rien comme les autres, c’est connu ! Si vous reprenez la mesure in-vivo ci-dessus, vous constaterez qu’un MPO peut agir, disons dès 90dB SPL et que les crêtes de la voix moyenne dans la zone 2/4KHz, qui sont régies en entrée par le gain à 50/65dB SPL peuvent être atteintes (et détruites) par un MPO trop bas ou trop actif (ou volontairement réglé comme cela). Donc on aurait finalement deux informations à surveiller : le niveau en entrée, souvent inférieur à 65dB SPL dans une bande de fréquence, et le niveau en sortie, affiché par le logiciel ou la mesure in vivo.

La balle est maintenant dans le camp des fabricants. Il est temps de nous donner un choix d’affichage plus « réaliste » pour les niveaux vocaux en entrée :

  • Pourquoi ne pas proposer (en option dans les logiciels) des réglages adaptés aux niveaux d’énergie de la parole ? Je suggère « G35″, « G50″ et « G65″ par exemple qui couvriraient la voix faible à forte.
  • Pourquoi ne pas permettre d’afficher (à la demande) les spectres en entrée de la voix faible, ou moyenne ou forte, dans la fenêtre de niveau de sortie ? Certains, comme OTICON le proposent (voix moyenne).
  • Enfin, en mesure in vivo, pourquoi ne pas afficher lors d’une mesure vocale, le spectre en entrée correspondant ? FreeFit le propose à chaque niveau, Interacoustics, pour un seul niveau (voix moyenne).

Voilà, voilà. J’en ai fini avec mes récriminations qui, je l’espère, feront avancer le shmilblick (vous aurez remarqué deux très jolis mots placés dans une même phrase !).

Merci d’être parvenus jusqu’à la fin de ce loooooonnnng post, et bonne année 2015 !

 

Crédit image pour les spectres à long terme de la parole : Aurical FreeFit.

Les commentaires récents

xavdelerce

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MAJ

Anonyme

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Bonjour Xavier,
Merci pour ta question très pertinente.

Je ne pense pas que cela ait été fait car il faut savoir utiliser, à la fois, la liste de recrutement et le TEN TEST.

Pour ma part, je ne pratique (malheureusement) pas, pour l’instant, le TEN TEST et ceux qui pratiquent le TEN TEST ne connaissent peut-être pas l’existence de la liste de recrutement.

Sans aucun doute un très bon sujet de mémoire pour un étudiant de troisième année.
J’espère que ta question va susciter une (ou plusieurs) recherche en ce sens

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves, et merci pour toutes tes remises à niveau.

Une éventuelle corrélation a t-elle déjà été recherchée entre un mauvais résultat au test de recrutement et un TEN Test positif ?

Jean-Yves MICHEL

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Bonjour Xavier,
Merci pour tes questions.

1/ Le Professeur LAFON écrit, pour la liste cochléaire émise en exploration du champ auditif, en page 141 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« La mesure est effectuée pour chaque oreille séparément, si la surdité est asymétrique, elle peut-être faite en biauriculaire pour deux courbes tonales identiques ».
Donc on peut comprendre que l’émission puisse être faite au casque.
J’ai choisi le champ libre car cela me permet de visualiser le gain prothétique vocal (différence entre le nombre d’erreur phonétique sans appareil versus avec appareil) alors que je ne le pourrai pas si la liste avait été émise au casque.
A l’appui de mon option champ libre je peux citer l’exemple en page 201-202 du Bulletin d’Audiophonologie année 1972 Volume 2 « Le Test Phonétique Théorie et Pratique » :
« …Atteinte auditive bilatérale d’étiologie inconnue. La perte moyenne est de 60 dB à droite comme à gauche. Appareillage biauriculaire par deux contours d’oreille. Le test phonétique montre une nette distorsion liminaire avec cependant une atteinte du champ auditif puisque l’on trouve à droite et à gauche une distorsion de 6 à 10% à 100 dB. L’usage des prothèses est bon, il ne reste que 4% d’erreurs avec les deux contours d’oreille 18% et 16% respectivement à droite et à gauche avec chaque contour utilisé isolément. Ce résultat montre que lorsque la distorsion n’est pas trop importante l’appareillage des deux oreilles séparément par contour améliore très nettement la perception de la parole (erreurs réduites des trois quart)… »

2/ Je balaye systématiquement, sans appareil, de 90 dB SPL jusqu’à 40 dB SPL sauf si avant 40 dB SPL j’atteins les 100% d’erreurs phonétiques, auquel cas je m’arrête là évidemment. Avec appareil, j’émets à nouveau les mêmes éléments aux mêmes niveaux. Je n’ai donc pas d’intensité de « départ » calculée à « seuil 2K + 10dB » ou autre.

3/ J’accorde une importance aux hauts niveaux (80 – 90 dB SPL) car il me semble important que mon appareillage ne génère pas plus d’erreurs phonétiques que ce que la personne en fait sans appareil. Je le vérifie donc.

J’espère avoir répondu à tes questions.

JYM

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