Catégorie : Audiologie

Je remercie les commentaires déposés suite à l’article sur les stratégies d’adaptation, je vous livre la version 1.1.


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Stratégie d’adaptation en audioprothèse – version 1.1 by GENY Sébastien is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 3.0 License.
version 1.0

Voici une représentation matricielle des différentes stratégies d’adaptation des aides auditives. Globalement, les logiciels d’aide à l’adaptation des apppareils auditifs permettent de régler d’obtenir 70 % de satisfait. Les 30 % restant nécessitent des tests complémentaires, une étude de la résonnance du conduit auditif, une connaissance fine du seuil subjectif d’inconfort, l’ébauche d’une explication du résultat potentiel et surtout le respect d’un timing d’adaptation : en effet, à perte auditive égale, les patients (ou clients) auront une dynamique d’adaptation différentes. Certains auront besoin d’un gain immédiat pour leur donner confiance dans l’appareillage… d’autres, hyperstésiques, nécessiteront une approche plus lissée, plus soft, avec un accompagnement sur plusieurs semaines pour les rassurer et leur facilité une transition d’écoute entre un monde sonore feutré (virtuel) et un monde réel sonore, bruyant et stressant.

J’ai essayé de représenter les injonctions permettant de sélectionner tels ou tels stratégies. Mais ne nous y trompons pas chaque client nécessite une approche différente : c’est le dialogue et l’écoute qui permettra au professionnel d’apporter une réponse (quelquefois touter relative, mais nécessaire) adaptée au besoin sonore du client.


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Stratégies d’adaptation en audioprothèse by Sébastien GENY is licensed under a Creative Commons Attribution-NonCommercial-NoDerivs 2.0 France License. Permissions beyond the scope of this license may be available at auditiongeny.com.

J’ai lu dans L’Ouïe Magazine de Juillet-Août 2009 (n°27) un article très intéressant de Christophe Micheyl: « Atteintes cochléaires et difficultés d’écoute sélective ».

Ce chercheur évoque la perte de sélectivité fréquentielle qui entraîne la disparition ou l’atténuation nette des pics d’activations cochléaires; dégénérescence cochléaire responsable en grande partie des difficultés des malentendants à percevoir la parole dans le bruit, voire dans le calme.

Tout ça pour faire un petit retour en arrière: lors de la sortie du Senso Diva il y a quelques années, WIDEX avait insisté sur l’usage d’un « anti-lissage spectral » dans cette aide auditive. Ceci dans le but de favoriser les contrastes spectraux, atténués chez les malentendants, et donc de favoriser l’émergence ou la détection du signal vocal.

Extrait fiche technique Senso Diva

Effectivement, celà donnait des courbes de réponses très inhabituelles:

Extrait fiche technique Senso Diva
Courbes au coupleur du Senso Diva[/caption]

A l’usage, je n’ai pas ‘impression que Widex aura fait trop de mécontents avec cet aide auditive dont les caractéristiques spectrales inédites (quoique on retrouvait aussi ce phénomène sur le Resound BZ5, mais ce n’était peut-être pas voulu…) semblaient aller dans le sens de l’audiologie.

J’avais oublié cette caractéristique du Diva, jusqu’à ce que cet article me la remette en mémoire.

Sans communication sur le sujet, il semble que le « lissage » soit revenu sur les gammes suivantes (Intéo et Mind). Pourquoi ? Les audiologistes Widex ont-ils jugé que l’apport était faible ? Les audioprothésistes trouvaient les courbes de réponses « moches » ?

Je veux bien des explications complémentaires sur le sujet…

XD.

Si dans la majorité des cas, un drain transtympanique ou une petite perforation tympanique n’ont aucun effet sur le comportement acoustique du conduit auditif ouvert (gain étymotique) ou fermé (RECD), il arrive cependant que des perforations plus larges ou la présence de drains type « T-tubes » génèrent des déviations nettes par rapport aux résonances « standards » qui sont fonction de la longueur du conduit.

On retrouve ce phénomène pour les perforations souvent supérieures à celles provoquées par un drain, bien qu’il n’y ait rien de systématique en la matière, comme semblent confirmer les diverses études faites sur le sujet.

A la mesure in-vivo, on retrouve généralement une anti-résonance vers 1 à 2KHz:

GNO conduit tympan perforé 1800Hz
REUG tympan perforé: anti-résonance 1900Hz

Mais ce n’est pas systématique, car des perforations plus larges peuvent induire la disparition du pic primaire:

REUR et REUG tympan perforé: anti-résonance 3,5KHz
GNO et REUR CAE tympan percé: anti-résonance 3,5KHz

La plupart des études sur le sujet expliquent ce phénomène par une modification d’admittance du tympan (inverse de la résistance et qui s’exprime en … Siemens) pour certaines fréquences; ceci en relation avec la grandeur de la perforation et son emplacement sur la membrane tympanique.

Sur le plan prothétique, si l’on fait des mesures in-vivo, on s’apercevra d’une difficulté à donner de l’amplification dans la zone fréquentielle concernée, donc à effectuer une sur-correction pour être efficace. Sans MIV, le champ libre tonal appareillé donnera une sous-correction de la zone qu’il faudra mettre en rapport avec l’examen otoscopique. A noter: le RECD présente les mêmes anomalies.

Une étude sur le sujet.

XD.

Depuis le temps que je pensais créer une chronologie de l’évolution des aides auditives, des technologies, des connaissances et du marché de l’audioprothèse ! Mais j’ai besoin de vous, alors n’hésitez pas à ajouter des informations à cette carte ! Comment faire me direz vous et bien tout simplement en proposant dans la zone commentaire des infos ! J’attends vos propositions d’ajouts ! A très bientôt ! Sébastien GENY

historique de l'audioprothèse 2.1
Carte chronologique de l'évolution des aides auditives

Nous parlons souvent dans ce blog de formules de calcul de gains, de mesures in-vivo, de fonctions extraordinaires d’appareils sophistiqués, etc… et je crois qu’il le faut, car nous avons tous une forte demande de savoir ; il suffit de voir le monde présent aux EPU…

Mais pour une fois, je vais vous parler de « pifomètre », d’ à-peu-près et d’expérience de l’audioprothésiste (les uns n’entraînant pas l’autre !).

Lors de recherches en 2004 sur les Zones Mortes Cochléaires (ZMC), j’étais tombé sur un article d’un audiologiste Nord-américain connu, Van Summers, posant la question de l’utilité du test de ZMC (mais ne contestant pas l’existence de ces dernières).

Il faut se souvenir du contexte à l’époque : en 2000, B.C.J. Moore présentait le TEN-Test, test tonal de passation simple et rapide, supposé alors dépister les ZMC avec une fiabilité de 86% (par rapport aux courbes psychoacoustiques d’accord de fiabilité admise à 100%). Le congrès annuel américain de 2004 avait alors vu se déchaîner les passions avec de nombreuses communications remettant en cause le pourcentage de fiabilité (T. Trinne) ou le décalage de seuil nécessaire au test pour déterminer une ZMC (Van Summers). Finalement, Moore au congrès français avait été mieux acceuilli et moins attaqué !

Dans une publication en 2004, Van Summers en se demandait (malicieusement!) s’il était utile de pratiquer le test de dépistage des ZMC ou bien si l’expérience suffisait. Pour cela un audiogramme test (type pente de ski avec le 4000Hz à 90dB HL) avait été présenté à des audiologistes classés par années d’expérience (de pratique). On leur avait posé deux questions : Combien ? (de gain maximum) et Où ? (allez vous arrêter votre amplification) ; sous-entendu à « vue de nez », présumez-vous une ZMC, et si oui (ou non), quel gain allez-vous appliquer dans la zone concernée. Mais à aucun moment il n’était fait explicitement état d’une possible ZMC.

Il est intéressant de constater que les audiologistes les plus expérimentés ont spontanément limité leur bande passante (frequency cut-off) avant 4000Hz, et n’ont donc pas donné de gain dans la zone alors qu’ils en avaient les moyens. Les audiologistes les plus jeunes ont presque systématiquement fait le contraire, de manière inversement proportionnelle à leur nombre d’années de pratique… (« Yes, we can! »).

On aime les mesures in-vivo, on utilise ces formules de calcul de plus en plus précises, ces bandes passantes à 20000Hz (!), ces anti-larsen « du feu de Dieu » et autres réglages « diaboliques »… mais j’ai adoré cette petite touche de « Je le sens pas trop ce 4000! », bref, un peu de théorie du bordel ambiant dans ce monde cartésien (théorie de Roland Moreno, inventeur de la carte à puce, et qui veut qu’un peu d’incertitude soit nécessaire en toute chose)!

XD

L’article en question (extrait): « Do tests for cochlear dead regions provide important information for fitting hearing aids?« 

Une présentation intéressante sur les zones mortes et la transposition qui rejoint ce billet sur les « fausses routes » phonétiques.

Dans son livre « La machine à écouter » (Masson, 1977), l’acousticien E. LEIPP décrivait un cas (p. 166) rapporté par un certain RADAU en… 1867:
(je cite) « Une dame, assez sourde pour ne pas comprendre la parole normale, se faisait accompagner par sa bonne qui jouait du tambourin pendant qu’on lui parlait: elle percevait alors chaque mot ! ». A l’époque, cette dame passait au mieux, pour une « originale », au pire, pour une folle !
Le cas avait cependant intrigué ce monsieur RADAU, au point qu’il le cite dans son ouvrage « Acoustique », en 1867 donc.
A partir des années 60, quand l’usage des sonagrammes s’est répandu, il est devenu possible de « voir » la parole et du même coup, l’effet du bruit sur la perception de la parole. LEIPP à cette époque décrit la perception dans le bruit qui dégrade le message vocal, mais se demande si dans certains cas, notamment pour les sujets présentant une baisse du seuil d’audition, le bruit de fond, à faible niveau, ne « comblerait pas les vides entre les syllabes », évitant à ces personnes une perception hachée quasi-inintelligible.
Je m’explique: l’enchainement des syllabes, très variable en intensité se situe tantôt au-dessus du seuil, tantôt au-dessous, créant ainsi des « micro-interruptions » du signal; très pénalisantes pour le malentendant. LEIP se demandait alors si le tambourin de la vieille dame, avec son spectre large, ne comblait pas ces vides, le cerveau se chargeant de faire le reste…
Sans aller jusqu’à rajouter du bruit, on pourrait obtenir le même phénomène d’interruptions (temporelles) avec des compressions agissant dans la gamme énergétique du signal vocal. On ferait alors plus de mal que de bien !
Bien entendu, on ne connaissait pas encore à l’époque l’importance des transitions de formants, permettant de percevoir certains phonèmes même sans les entendre, mais l’hypothèse audacieuse s’est révélée juste: la vieille dame n’était pas folle !
Pourquoi je vous dis tout ça: car je viens de recevoir « Essentiel D6 » n° 22 – juin 2009 de SIEMENS (bientôt téléchargeable sur France Audiologie), et oh, surprise ! en page 2 on y parle des effets néfastes de l’interruption syllabique par des réducteurs de bruit inappropriés.
Merci, vieille dame inconnue !

Xavier DELERCE.

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