Catégorie : Audiologie

L’ida institut (qui pour moi est un modèle en terme de fondation pour notre et les autres professions) débuté un programme de sensibilisation aux risques auditifs à destination des plus jeunes. En effet, 1 enfant sur 5 présente une perte auditive induite, au moins légère, aux états unis… Pour sensibiliser les plus jeunes et aussi l’entourage, l’Ida met à disposition une vidéo rappelant que les professionnels de l’audition doivent être les premiers, et en toutes circonstances, à conseiller les plus jeunes sur les risques auditifs.

Pour illustrer cette campagne, des scénettes humoristiques seront proposées.

On pourrait croire la thématique de la presbyacousie et de l’acouphène éculée… Nous avons essayé, le Docteur Moradkhani et moi même, d’étudier sur un panel de 1500 patients les étiologies associées à l’acouphène et à la surdité.

Est-ce que toute hypoacousie est synonyme d’acouphènes ? Quel est le pourcentage de patients acouphéniques sans hypoacousie ? Et l’inverse ? Quelle est l’étiologie la plus fréquemment rencontrée pour une hypoacousie et/ou des acouphènes ?  Résultats de cette étude menée auprès de 1 500 patients.

Les doléances cochléaires (hypoacousie et/ou acouphènes) constituent une part non négligeable de la consultation ORL en ville et en milieu hospitalier. Les bilans cliniques et paracliniques tentent d’abord de dresser un inventaire quantitatif du ou des symptômes et ensuite de résoudre l’énigme étiologique. Mais il est souvent difficile de répondre aux questions suivantes : « Docteur, est-ce que je vais développer des acouphènes ? » ou encore « Docteur, j’entends bien mais pourquoi ai-je des acouphènes ? ».

Est-ce que toute hypoacousie est synonyme d’acouphènes ? Quel est le pourcentage de patients acouphéniques sans hypoacousie ? Et vice versa ? Quelle est l’étiologie la plus fréquemment rencontrée pour une hypoacousie et/ou des acouphènes ?

Il nous a donc semblé utile de nous intéresser à cette problématique et de tenter, par une étude analytique d’un échantillon de patients qui consultent en cabinet de ville pour une surdité et/ou des acouphènes, d’apporter quelques données statistiques.

Nous présentons une population de 1 500 patients consultant pour une hypoacousie et/ou des acouphènes. Sont exclus de cette population les patients présentant des vertiges (notamment la maladie de Ménière) ou une pathologie tumorale (neurinome de l’acoustique). A ce titre, tous les patients ont passé, en plus du bilan audiométrique, une imagerie cérébrale et des oreilles internes pour écarter les pathologies organiques des voix supérieures.

Ainsi notre population est très proche du quotidien d’un ORL de ville, voire d’un médecin généraliste.

Dans notre population, plus d’un tiers des patients présentent des acouphènes (associés ou non à une hypoacousie). L’étiologie la plus représentée est la presbyacousie (qu’elle soit accompagnée ou non d’acouphènes).

Rappel sur la presbyacousie

« La presbyacousie doit être considéré comme une atteinte globale de l’oreille interne ».

H. Schuknecht (1) détaille dans les années 1960/1970, avec précision, les différentes atteintes liées à la presbyacousie. En voici un bref récapitulatif :

  • La presbyacousie striale ou métabolique, de loin la plus fréquente, secondaire à une micro angiopathie et/ou à une dégénérescence localisée ou diffuse de la strie vasculaire, c’est-à-dire de la « batterie » cochléaire qui fournit à l’organe de Corti son potentiel électrique et sa charge de potassium. Volontiers familiale, plus fréquente chez la femme, évoluant lentement, elle affecte à la fois les hautes et basses fréquences. L’aspect audiométrique est plat ou légèrement descendante avec bonne compréhension vocale.
  • La presbyacousie neurale vient en seconde position. Elle traduit une atteinte du ganglion spiral, du tissu glial environnant et des synapses entre cellules ciliées et neurones d’abord afférents puis efférents. Il en résulte un trouble de la conduction nerveuse et une surdité d’évolution plutôt rapide, en pente douce sur les fréquences aiguës, s’accompagnant de distorsion et d’une atteinte marquée des scores vocaux, avec désynchronisation des PEA mais les otoémissions sont normales.
  • La presbyacousie sensorielle, paradoxalement, n’est pas la plus fréquente. L’atteinte des cellules ciliées qui la caractérise paraît refléter la sommation des traumatismes avant tout sonores, auxquels le patient a été soumis au cours des ans. Plus fréquente chez l’homme, elle se traduit par une courbe audiométrique en pente de ski ou avec scotome centré sur le 4 kHz, avec une bonne discrimination. Elle semble moins liée aux effets de l’âge qu’à ceux de l’environnement.

Les causes sont donc multifactorielles (facteurs liés à la génétique de l’individu et/ou environnementaux), mais semblent toutes résulter de l’accumulation intracellulaire de radicaux libres oxygénés déclenchant l’apoptose, et ainsi le vieillissement de la cochlée.

Rappel sur les acouphènes

Les acouphènes sont des bruits continus ou intermittents, souvent de tonalité aiguë perçue par le patient. Ils sont de deux types (Frachet, 1994) (2):

  • L’Acouphène Subjectif : est perçu uniquement par le patient et sa réalité ne peut être formellement mise en évidence par l’examinateur : il ne peut pas être enregistré.
  • L’Acouphène Objectif : provient quant à lui d’un bruit normal mais, cependant, anormalement perçu (bruit artériel ou veineux, respiratoire ou musculaire). Ces acouphènes trouvent leur origine souvent dans des troubles musculaires ou cardiovasculaires.

Les étiologies des acouphènes sont diverses. Dans l’étude qui suit, nous ne parlons que des acouphènes subjectifs, le type le plus fréquemment retrouvé et souvent associé à une hypoacousie.

Nous n’avons pas pris en compte les acouphènes intermittents et sporadiques (non gênants et souvent bien supportés).

Etude statistique

Dans la population source de 1 500 patients, 915 (soit 61 %) présentent une hypoacousie non accompagnée d’acouphènes, 501 (soit 33 %) présentent une hypoacousie accompagnée d’acouphènes et 94 (soit 6%) présentent des acouphènes non accompagnés d’hypoacousie (Graphique 1).

La majorité des patients hypoacousiques ne présente pas d’acouphène (soit 65 %) (Graphique 2). Par contre les patients acouphéniques sont majoritairement hypoacousiques (soit 84 %) (Graphique 3).

Ainsi, seulement 16 % des acouphéniques ne présentent pas d’hypoacousie (Graphique 3).

Selon l’étiologie retrouvée, nous dressons deux tableaux permettant de comparer l’ordre d’importance des étiologies  chez nos deux sous-populations.

Dans la sous-population des patients présentant une hypoacousie sans acouphènes (915 individus), l’étiologie a été identifiée chez  835 patients (soit 92 %).

Le tableau 1 représente les principales étiologies retenues dans cette sous-population.

Etiologies nombre pourcentage
Presbyacousie 553 66 %
Otite chronique/aiguë ou séquelle d’otite chronique 109 13 %
Otospongiose/anomalie ossiculaire 45 5 %
surdité congénitale/génétique 43 5 %
Traumatisme sonore professionnel ou non professionnel 41 5 %
Origine vasculaire 38 4 %
Surdité brusque 10 1 %
Traumatique/barotraumatique 6 1 %

Tableau 1 : sous-population présentant une hypoacousie sans acouphènes (835 individus)

Dans la sous-population des patients présentant une hypoacousie avec acouphènes (501 individus),  l’étiologie a été identifiée chez 414  patients (soit 83 %).

Le tableau 2 représente les principales étiologies retenues dans la sous-population des hypoacousiques avec acouphènes.

Etiologies nombre pourcentage
Presbyacousie 177 43 %
Otite chronique/aiguë ou séquelle d’otite chronique 36 9 %
Otospongiose/anomalie ossiculaire 39 9 %
Surdité congénitale/génétique 8 2 %
Traumatisme sonore professionnel ou non professionnel 42 10 %
Origine vasculaire 96 23 %
Surdité brusque 12 3 %
Traumatique/barotraumatique 4 1 %

Tableau 2 : sous-population présentant une hypoacousie avec acouphènes (414 individus)

La comparaison des deux tableaux nous permet de formuler quelques remarques :

–        La presbyacousie domine les diagnostics. Cette étiologie est au premier rang des consultations dans les deux tableaux. Si l’on fusionne l’ensemble du panel : 58 % des patients présentent une presbyacousie (soit 730 individus). Mais, seulement 24 %  (soit 177 individus) d’entre eux présentent des acouphènes.

–        Dans les deux sous-populations étudiées, la répartition des étiologies diffère. Les atteintes vasculaires sont plus fréquemment associées à une hypoacousie avec acouphènes qu’avec une hypoacousie seule.

–        A l’inverse, les surdités congénitales n’apparaissent quasiment pas dans le tableau des surdités associées à un acouphène.

–        Les hypoacousies d’origine otitique ne s’accompagnent pas en général d’acouphènes. On dénombre 145 individus présentant une hypoacousie en rapport avec une otite chronique ou aiguë (soit 12 % des étiologies). Les acouphènes ne sont présents que chez 36 patients (soit 25 %).

–        L’hypoacousie provoquée par un traumatisme sonore ou une otospongiose s’accompagne le plus souvent d’acouphènes. Dans la première sous-population, ils constituent 5 % des patients, tandis qu’ils sont respectivement 10 % et 9 % dans la deuxième sous-population.

–        La proportion des autres étiologies est relativement homogène dans les deux tableaux, sans différence statistique significative.

–        L’âge moyen des personnes souffrant d’une perte auditive seule est de 62 ans. Tandis que l’âge moyen des hypoacousies associées aux acouphènes est de 53 ans. Cette différence s’explique probablement par rapport au nombre élevé de presbyacousiques dans la première sous-population.

Conclusion

Nous n’avions pas l’attention d’effectuer une analyse exhaustive des différentes étiologies des surdités et des acouphènes. Bien que notre population source soit riche en nombre et en étiologies.

Le pourcentage de cas de presbyacousies sans acouphènes a attiré notre attention et il nous a semblé utile de dire que dans notre population seulement 24 % des individus présentant une presbyacousie, souffrent d’acouphènes. Ce qui peut, étant donné la fréquence de la presbyacousie, constituer une information intéressante à donner aux patients : « Toute surdité n’est pas synonyme d’acouphènes, surtout s’il s’agit d’une presbyacousie ».

Le pourcentage d’acouphéniques dans la population source de 1 500 individus n’était que de 39 %. C’est-à-dire que 61 % des patients consultant pour une doléance cochléaire n’avaient pas d’acouphènes.

Une autre information peut sortir de notre analyse. C’est le pourcentage faible d’acouphéniques sans surdité. On peut penser qu’en effet « la présence d’acouphènes est quasiment synonyme de la présence d’une hypoacousie », et ceci au moins dans 84 % des cas.

Donc cela laisse supposer que « les acouphènes s’associent, de façon relativement systématique, à une hypoacousie ».

Nous terminons par rappeler que les 1 500 individus de la population source ne présentaient ni de trouble vestibulaire ni de pathologie tumorale.

Mahmoud Moradkhani et Sébastien Gény

((encadré))

Références

(1) Schuknecht H.F. (1989) Pathology of presbycusis. In J.C. Goldstein, H.K., Kashima, and C.F. Koopmann (Eds), Geriatric Otolaryngology, B.C. Decker, inc, Toronto, pp 40-44

(2) B. FRACHET, R. DAUMAN Que peut-on faire face au patient souffrant d’acouphènes ? Les cahiers d’ORL, 36(2), 71-78

Je viens de découvrir (on apprend tous les jours !) des enregistrements réalisés avec microphone binaural. J’ai écouté ces fichiers sons sans d’abord trop m’attarder sur le côté technique de la chose, presque de façon dubitative, mais j’ai été « bluffé » par la restitution sonore, et j’ai décidé de gratter un peu la chose…

Tout d’abord il faut savoir que le but premier d’une telle technique d’enregistrement n’est pas d’en améliorer la qualité pure, mais plutôt la restitution; de rendre la perception sonore « naturelle », dans le sens physiologique ou morphologique du terme. Ouh là ! le Xavier a fumé…

Je m’explique: l’écoute musicale stéréophonique sur support numérique ou analogique est le fruit d’un enregistrement par microphones légèrement décalés en phase, ou plus subtil, légèrement décalés en intensité, ceci afin de simuler l’existence d’un « espace sonore » dans le premier cas et dans le second, de simuler une différence inter-aurale de niveau avec le même effet recherché. On s’est satisfait de cette écoute pendant longtemps (et encore pour longtemps !), mais l’écoute stéréophonique n’est pas l’écoute binaurale, cette dernière étant la seule naturelle.

L’écoute binaurale, amie proche de l’audioprothésiste, est beaucoup plus complexe dans le sens où elle intègre (entre autres) des facteurs morphologiques et donc acoustiques (longueur et forme des conduits auditifs et du pavillon, incidence du son sur la tête et le torse, …), des facteurs temporels (un son arrivant à une oreille avant l’autre), d’intensité (la tête fait « écran » à l’oreille opposée à une source sonore), et j’en passe…

On le voit donc, le passage de la stéréophonie à la binauralité, en reproduction sonore, est un saut très qualitatif, rapprochant l’auditeur d’une situation d’écoute « live », comme si sa tête avait servi de microphone.

D’ailleurs, l’enregistrement binaural n’est pas une affaire qui semble simple: deux micros (spécifiques) doivent se placer sur une tête, humaine (!!!) ou artificielle type KEMAR, le plus proche possible des conques, voire dans les conques:

Mister KEMAR fait un enregistrement binaural

Ces micros sont omnidirectionnels (la tête produisant son ombre d’atténuation), doivent être écartés strictement, le tout placé judicieusement dans l’espace sonore à enregistrer, et certainement d’autres choses plus pointues que pourrait mieux décrire que moi un ingénieur du son (Y a t-il un ingénieur du son dans la salle ?).

Pour tout ceci, je vous recommande la lecture de l’excellent article de Wikipédia (une fois n’est pas coutume) sur le sujet.

Et parce qu’un exemple vaut souvent mieux qu’un long discours, vous trouverez ci-après différents exemples d’enregistrements binauraux. Mais avant tout, veuillez noter que l’écoute de ce genre de fichiers n’est pas franchement convaincante sur de médiocres HP d’ordinateur, et même sur des HP tout court ! Vous aurez vraiment l’impression « d’y être » avec un casque ou de bons écouteurs intra-auriculaires, donc à vos branchements, l’écoute d’un enregistrement binaural est un truc d’égoïste ! Autre point aussi, la plupart des fichiers suivants sont « lossless » (sans perte de données à la compression), à savoir Flac, WavPack, ou au pire Ogg (pour Wikipédia) qui est « lossy » mais meilleur qu’un mp3 (je milite !).

Voici donc:

Par curiosité, regardez la forme d’onde de chaque piste sur un logiciel type Audacity : elles sont souvent très différentes l’une de l’autre, alors que pour un enregistrement stéréo elles présentent moins d’écart entre elles.

Et tout ceci, me direz-vous, pour quoi faire ?

Fermer les conduits auditifs, même partiellement, utiliser des aides auditives présentant un décalage temporel (temps de traitement du signal), ne pas restituer exactement d’équilibre (au moins en intensité) inter-aural, etc… tout ceci pourrait expliquer certaines difficultés rencontrées lors d’appareillages: un patient, même malentendant, conserve peut-être toute ou  une partie de son audition binaurale, et la perd(rait) avec l’interposition d’un système « correcteur »…

Imaginez deux aides auditives (ça, c’est OK), imaginez qu’elle communiquent entre elles (ça existe déjà), elles ont des microphones omnidirectionnels (basique), les caractéristiques acoustiques individuelles (gain étymotique) du patient sont mesurées (ça existe, reste à l’adapter à l’oreille nue), une rapide calibration aides auditives en place mesure atténuation inter-aurale et décalage temporel inter-aural (faisable), les aides auditives s’échangent en temps réel les informations sur les signaux incidents et au besoin recréent une directivité naturelle (il va falloir que les processeurs se musclent !!). Bref, voilà des patients qui récupèreraient non seulement l’audition mais aussi une binauralité (et pas une stéréophonie) les rapprochant d’une perception naturelle.

Donc finalement, l’appareillage des surdités légères en conservant le conduit totalement ouvert ne dégrade pas (trop) l’écoute binaurale, mais ce n’est pas le cas lorsque le seuil diminue, que les conduits sont fermés, etc… voilà qui, une fois de plus, milite pour une prise en charge précoce de la déficience auditive !

Cette technique de compensation binaurale dans les aides auditives dans 5 à 10 ans ? ou avant, qui sait…

Je rajoute un lien très intéressant sur les conseils de Brice Jantzem, le site de l’IRCAM proposant une 50aine de modélisations « tête/cou/torse », à vous de trouver celle qui correspond à la votre, lorsque le son sera au centre ! (allez m’sieurs dames, faites entrer la bille dans le trou !).

Fan de la in vivo, j’ai essayé les systèmes type visual speech. Et j’avoue avoir un regard dubitatif sur ce type de matériel qui reste lourd à utiliser ! Le protocole n’est pas évident et les résultats difficiles à reproduire. L’élaboration d’un protocole n’est pas évident. La base de fichiers sonores ICRA livrée avec le matériel est exhaustive, mais j’avoue n’avoir jamais été vraiment à l’aise. Ceci dit, je n’ai pas essayé le freefit qui semble prometteur ! 😉

L’année dernière l’équipe technique UNITY de Siemens m’envoit la mise à jour : de nouvelles icônes, une interface élargie, des options à gogo. J’élaborai le programme du DU management de la santé, parcours audio et j’avoue avoir été dépassé par les événements. Ainsi la découverte approfondie de la nouvelle version était repoussée aux calendres grecques ! Au gré des réglages, je découvrais les arcanes du logiciels une à une. Cependant, mon oeil restait rivé au bouton « SM » (sic !) fiérement accroché à la barre des tests !

Et la découverte du LTASS quotidien a modifié mon approche de la dynamique résiduelle du malentendant ! Fan de l’in vivo et possesseur de unity, tu succomberas au plaisir du speech mapping. L’usage est simple, rapide (une mesure est réalisée en 1m 30) et permet donc d’anticiper le résultat à moyen terme. La représentation par percentile me semble la plus lisible (par rapport à la visualisation des pics du LTASS). Elle permet de déterminer la bande d’oscillation du spectre de la voix dans le temps. On n’est plus dans la mesure « statique » à un moment donné du niveau de sortie de l’aide auditive, mais dans une mesure dynamique de ce même niveau de sortie dans le temps. J’ai l’impression de mieux maîtrisé le comportement de l’appareil.

L’usage systématique est facilité par une superposition des courbes qui permet de séances en séances de valider l’amplification.

Je rejoins Xavier qui préconise un signal reproductible le plus proche de la voix (pour éviter l’enclenchement de certains débruiteurs), le choix se porte évidemment sur l’ISTS.

L’avantage du système (même si unity sur d’autres tests ou fonctionnalités est inférieur à ses confrères AURICAL FREE FIT et AFFINITY) est de proposer avec la même sonde un module in vivo et un mapping de la voix corrigé !

Personnellement, j’utilise donc l’in vivo classique (en suivant le protocole suivant) pour la période initiale de réglage. Et en validation, à la dernière séance de réglage et une fois par an, le LTASS avec une stimulation vocale type ISTS pour visualiser la présence à long terme de la voix dans la dynamique cochléaire résiduelle.

C’était un sondage récent de ce blog.

C’est (j’espère) un encouragement donné par le blog.

Je voulais juste vous faire découvrir une tout récente (c’est encore chaud !!) présentation de Gabrielle Filips au AAA 2010 de San Diego. Il s’agit d’une revue de détail de tous les freins à la mesure in-vivo, préjugés, peur de l’inconnu, etc… mais aussi ce que l’on risque (ou rate) à ne pas en faire.

Sur tous ces points, les américains ont les mêmes réticences que les européens, alors même que l’on pourrait penser que chez eux, tout est fait pour être performant sur ce point. Cette communication met également en parallèle les pratiques des audiologistes et des HIS (équivalent des audioprothésistes), et aborde point par point les différents aspects de la MIV.

Quelques chiffres glanés dans ce document:

  • une étude de consommateurs de 2009 a conclu que 2/3 des AA sont mal adaptées et pourraient mieux l’être après mesure in-vivo (très puissantes associations aux USA)
  • 40% des audiologistes (oui, des audiologistes !!) font de la mesure in-vivo « toujours » ou « souvent » (seulement…)
  • de 1995 à 2010, le nombre de « pratiquants » n’a pas augmenté
  • les cibles sont atteintes à 35% sans mesure (réglage logiciel direct), à 85% avec mesure in-vivo
  • les audiologistes ne pratiquent quasiment pas plus l’in-vivo que les audios (HIS)
  • etc…

Tout y passe… pour démythifier cette procédure, et même, soyons fous, donner envie !!!

Un lien sur l’article du Hearing Journal de mai 2010 abordant ce sujet (Cl. SANCHEZ)

Progressivement, cet article va évoluer, par mise en ligne de divers documents sur la mesure in-vivo. Revenez faire un tour régulièrement…

L’atelier (fr) « La mesure in-vivo d’efficacité de l’appareillage auditif » du congrès UNSAF 2010.

Le (fr) document fil directeur de l’atelier.

Une (fr) synthèse (toute personnelle) du processus réglages et mesures.

A la demande de certain(e)s, (fr) un fichier .iax de configuration de test REM pour Affinity (version logicielle 2.0.4 minimum): à télécharger et importer comme test dans votre Affinity.

Concernant les diverses sources de renseignements au sujet de la mesure in-vivo:

Terminologie:

  • On commence en Français (!) par (fr) un document établi par Marco TORREANI (Widex), avec humour parfois, sur les principaux termes de la mesure in-vivo (juste un point de détail: RETSPL ne signifie pas « real ear threshold… » mais « reference equivalent threshold… », voilà, c’est dit !)
  • toujours du même auteur, (fr) un descriptif des bruits ICRA, mais ces derniers vont être supplantés par l’utilisation de l’ISTS (voir plus bas)

Les sites internet:

Concernant les bases de la MIV, c’est à dire acoustique et psychoacoustique (intégration des sons complexes type parole):

  • un chouette site (fr) sur les ondes stationnaires et résonateurs 1/2 onde (le conduit auditif ouvert)… des révisions !
  • … et un conduit fermé par un embout avec évent, ça devient un (fr) résonateur de Helmoltz, ce que l’on mesure en in-vivo appareil arrêté et en place sur l’oreille (le REOR/REOG)
  • Un cours très intéressant sur (fr) la sonie des sons complexes, en français (!), abordable et qui donne une bonne compréhension de la perception par l’oreille humaine de la parole, de la largeur des bandes critiques ou des ERB (B.C.J. Moore) et du pourquoi de l’analyse en 1/3 d’octave de la parole par les chaînes de mesure in-vivo et des cibles de REAR pour un signal de parole
  • Concernant la résonance du CAE chez l’enfant, ainsi que le phénomène de « noeud à 6000Hz »: « MAGERA P., LURQUIN P. Evolution de la résonance du conduit auditif externe chez le nouveau-né et le jeune enfant ». Cahiers de l’audition n°88.
  • Les (fr) effets produits par un mauvais placement de la sonde

La transposition des données de l’audiométrie (dB HL) en dB SPL au tympan (SPLoGramme):

Le SPLoGramme est un terme initialement utilisé par le groupe DSL.

La difficuté en appareillage auditif est de connaître la quantité d’énergie au tympan, en dBSPL, nécessaire à déclencher la sensation auditive, alors que l’on travaille en dB HL sur des bases coupleurs (6cc pour le casque, 2cc pour les inserts). Des moyens existent pour « approcher » ces valeurs du SPLoGramme, soit par estimation à partir des normes ISO, extrapolation du MAP (voir plus loin), Inserts et RECD, …

  • Quelques exemples de dérivation des données HL vers le SPLoGramme récapitulées (fr) dans ce pdf
  • L’usage du SPLoGramme pour DSL (fr), tirée du (en) site DSL
  • Le passage HL–>SPL est régit par (en) différentes normes ISO selon les transducteurs de mesure utilisés…
  • … mais formules de calcul et fabricants utilisent fréquemment le MAP (Minimum Audible Pressure) pour leurs estimations des niveaux sonores au tympan: un article de (en) Killion (1978) et (en) plus récent, du même
  • Vous trouverez dans ce document Interacoustics les (en) dérivations utilisées pour passer du champ libre aux dB SPL au tympan, tableaux de conversions tirés de BENTLER et PAVLOVIC
  • Des dérivations HL–>SPL individualisées sont possibles (souhaitables ?), comme l’usage (en) du REDD, du (en) RECD, voire la (fr) mesure directe en dB SPL dans le conduit
  • En général, l’usage des (en) inserts (EAR 5A) en audiométrie et l’utilisation des RECD,(fr) mesurés ou (fr) statistiques, outre les avantages inhérents à ce type de matériel, permettent une bonne approche de la réalité acoustique en fond de conduit, en restant facilement utilisables en usage quotidien
  • Vous trouverez dans (fr) cet article une approche de la problématique des transformations (dérivations) HL->SPL(tympan) et les solutions pour approcher au mieux le SPLoGramme.

Bref, la MIV, réputée comme « juge de paix » de l’appareillage se base (cibles et SPLoGramme) sur des approximations parfois importantes. Il faudra accepter cette erreur ou chercher à la réduire par les moyens cités plus haut.

Mesure in-vivo de signaux de parole:

La mesure in-vivo de la parole, surtout en niveaux de sortie est appelée à (en) devenir une mesure incontournable (attention: document CONFIDENTIEL, c’est marqué dessus!!!!), notamment avec les évolutions logicielles des chaînes de mesure actuelles permettant le calcul de la dynamique du signal (crêtes et autres niveaux d’énergie). De plus la mise au point de nouveaux signaux vocaux, standardisés, permet une utilisation universelle et réaliste des performances des AA, toujours dans le but de ne pas désactiver les réducteurs de bruit.

  • l’article incontournable de ce genre de mesure est en français (chouette!!): « Spectre à long terme de la parole en valeurs crêtes » de Hilaire, Renard, De Bock, Vervoort, Lurquin, et Lefevre, paru dans les cahiers de l’audition Vol. 4, N°3, mai-juin 2002. Ne boudons pas notre plaisir pour une fois qu’un tel article est disponible en français. Il permet de bien appréhender la difficulté de travailler en REAR à la voix et de bien cerner l’apport des informations de crêtes.
  • concernant les nouveaux signaux vocaux, on citera l’ISTS (fr) décrit dans ce blog, et téléchargeable sur le (fr) site de l’EHIMA
  • La visualisation de signaux vocaux dans le champ dynamique du malentendant porte le nom de Speech Mapping, Visible Speech, etc., vous trouverez dans (en) ce document Audioscan la description de cette mesure et le pourquoi de l’analyse par 1/3 d’octave. La dynamique du signal par analyse percentile est également très intéressante.
  • l’analyse percentile du signal permet d’en visualiser l’énergie dans la dynamique souhaitée. En général, on représentera la zone d’énergie +12/-18dB par rapport au niveau moyen, ce qui correspond aux percentiles 99 (niveau dépassé 1% du temps= les crêtes) et 30 (dépassé 70% du temps= -18dB). Vous trouverez dans ce document quelques grandes lignes sur la lecture des zones d’énergies de la parole mesurée in-vivo.
  • La norme IEC 60118-15 (en) (http://shop.bsigroup.com/en/ProductDetail/?pid=000000000030206924), détaille la façon dont l’analyse percentile doit être conduite: soit par analyse FFT sur 1024 points , soit la prise en compte de 50 mesures conduites sur une fenêtre de temps de temps de 100ms (sources et détails: A. GAULT, Widex)
  • De l’émergence du niveau moyen (analyse FFT par 1/3 d’octave) par rapport au seuil (SPLoGramme point par point en 1/2 octave), on définira l’intelligibilité de la parole: le (en) SII (Speech Intelligibility Index). Ce SII noté en %, représente les « chances » d’intelligibilité. Par exemple, le niveau moyen de la parole juste sur le seuil donne un SII de 33%,on attendrait donc un SRT (50% d’intelligibilité) à ce niveau. Pourcentages obtenu par tests sur des normoentendants… mais ce SII est certainement utilisé par les AA récentes afin de maximiser l’intelligibilité en situations bruyantes (le petit programme téléchargeable sur le site SII).
  • Lors d’une mesure in-vivo d’un signal de parole en niveau de sortie (REAR), ce dernier, analysé en FFT par 1/3 d’octave (par exemple), est affiché sur le SPLoGramme qui lui, représente le seuil au tympan mesuré point par point… Cette superposition  est rendu possible par l’utilisation de pondérations spécifiques.
  • Pour une revue technique des différents signaux utilisés en MIV depuis les débuts jusqu’à l’ISTS, voir l’article d’ A. GAULT et X. DELERCE.

Mesure in-vivo et appareillages « ouverts »:

L’appareillage ouvert, sans occlusion ou occlusion partielle du conduit auditif, le plus souvent sur des surdités légères à moyennes, n’est pas anodin sur le plan de la correction. D’une part, chez ces sujets peu gênés, la moindre erreur est vite fatale (rejet de l’appareillage), d’autre part, tous les facteurs acoustiques propres au conduit ouvert sont réunis pour rendre compliquée la mesure. En effet, si le conduit est totalement ouvert, la MIV risque se faire dans un noeud de longueur d’onde à proximité du tympan (voir premiers docs de cet article); également, qui dit conduit ouvert dit fuite acoustique du signal amplifié vers le micro de référence (voir idem); enfin, pour des patients peu malentendant, la perte de résonance du conduit auditif par occlusion partielle ou totale peut s’avérer être une perte d’identité acoustique. Vous trouverez ci-dessous quelques articles sur ces aspects:

  • Tout d’abord, il est incontournable de lire l’article de Clément SANCHEZ sur la mesure in-vivo d’appareillage ouvert, tout en considérant bien que cette méthode de mesure concerne (et concernera de plus en plus) TOUS les appareillages dont l’anti-larsen est performant, et l’appareil, puissant.
  • un article très intéressant sur  l’appareillage ouvert et les méthodes de mesure (GI ou REAR ?), l’occlusion, la fuite acoustique… bref, en (en) « 10 conseils à emporter », Mueller et Ricketts dressent un tableau de la MIV de l’appareillage ouvert très clair (merci Clément).
  • concernant la notion de « perte d’insertion » liée à l’introduction d’un appareillage auditif dans le conduit, totalement ou peu occlusif, cet (en) article intéressant de Wang, qui rejoint le précédent.
  • « Mythes et réalités » (en) concernant la mesure électroacoustique des AA open
  • Un « technical topic » de Bernafon qui se demande (en) « Où est allé mon gain ? » et pose le problème des fuites acoustiques propres aux appareillages ouverts et des phénomènes acoustiques en résultant (opposition de phase entre signal « sortant » et « entrant » par l’aération, impossibilité de correction des graves dès 2mm d’aération, etc…)
  • Où va le gain sur un GROS évent ? (fr) là !!, ou ailleurs (fr), voir les effets moyens d’évents courts (RIC et autres) et longs (embouts « classiques »)

Mesure in-vivo et appareillage de l’enfant:

Voilà pour un premier tour d’horizon des possibilités actuelles de la mesure in-vivo. Si vous avez des documents intéressants, c’est avec grand plaisir qu’il seront ajoutés à la bibliothèque en ligne. Je l’enrichirai progressivement de mon côté au fil de mes « découvertes ».

Merci à Alexandre GAULT et Jean-Baptiste DELANDE (Widex), Nadège DURAND, Clément GEORGET, Matthieu FOURNIER (pour son oreille !), Catherine CATELIN (idem !), Ph. MICHEL-POISSON (pour ses remarques), Philippe GADAUD, Sébastien GENY.

XD.

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