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Nous sommes un collectif d'audioprothésistes, depuis 2006, qui cherchent à améliorer l'image et la diffusion de connaissances techniques à destination des audioprothésistes ! L'exercice nous permet de commenter et également d'améliorer nos connaissances. Il faut bien le dire ce blog bouillonne de bonnes idées !!!! Si toi aussi tu as envie de partager ton expérience ! Alors rejoins nous !

LAFON 18 MA PRATIQUE QUOTIDIENNE DU TEST PHONÉTIQUE

Je n’utilise pas la liste d’intégration pour la raison donnée dans « LAFON 14 LA LISTE D’INTÉGRATION ». Mais peut-être ai-je tort ! Je viens de relire ce LAFON 14 et il me semble, à la réflexion, que la figure 10 page 154 pourrait apporter un approfondissement dans ma pratique. A suivre donc. Il y a sûrement maintes manières d’envisager la passation des trois autres épreuves que sont la liste cochléaire, la liste de recrutement et la liste de balayage. Pour ma part il me semble important de savoir, en premier lieu, si la personne que l’on veut appareiller a un trouble d’intégration ou en est exempt. Pour cela je pratique, de suite, la liste de balayage.
  • Si la personne est exempt d’un trouble d’intégration, donc si seule la cochlée est en cause, cela devient un « simple » problème d’audibilité que je peux penser nettement améliorer avec l’appareillage auditif. Dans un tel cas, je continue donc par la liste cochléaire puis la liste de recrutement si besoin (en cas de vertiges associés, en cas de distorsion spatiale ou en cas de distorsion spatiale aggravée). Au niveau de l’appareil choisi, le haut de gamme est à privilégier si financièrement cela est possible car la personne pourra tirer avantage des réducteurs de bruit, des nombreux canaux, des divers algorithmes embarqués…
  • Si, par contre, la personne a un trouble d’intégration, il sera difficile de redonner une bonne compréhension avec l’appareillage auditif spécialement dans un milieu bruyant. Au niveau de l’appareil choisi, un entrée de gamme voire un moyen de gamme peut alors suffire car le problème n’est plus purement physiologique, il est devenu neuro-physiologique et physio-psychologique. Je continue tout de même ici aussi par la liste cochléaire et la liste de recrutement si besoin (en cas de vertiges associés, en cas de distorsion spatiale ou en cas de distorsion spatiale aggravée). L’appareillage doit, dans les deux cas, diminuer au maximum le nombre d’erreurs phonétiques commises.
Mais, je sais que les résultats seront meilleurs lorsque la personne n’a pas de souci d’intégration. Pour quantifier l’apport de l’appareillage, je recherche le gain prothétique vocal. J’utilise pour cela, en champ libre, les éléments de la liste cochléaire à des niveaux décroissants allant de 90 dB SPL à 40 dB SPL par pas de 10 dB SPL. Je pratique ainsi oreille par oreille sans appareil, puis après avec appareil, en utilisant les mêmes mots pour un même niveau. Je pense à utiliser le tableau mis en avant par Xavier BASCLE (voir « LAFON 7 LA LISTE COCHLÉAIRE (2)« ) pour vérifier que l’apport de l’appareillage est réellement significatif.   J’espère vous avoir convaincu, tout au long de ces 18 parutions, de l’intérêt à utiliser le Test Phonétique du Professeur J.C. LAFON. Mais le Professeur J.C. LAFON a beaucoup écrit ou dit après ce livre de 1964 « Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition ». Je vais essayer de porter à votre connaissance, dans les prochaines parutions, les sujets qui ont attiré mon attention. Merci. JYM

3 – Le Saint Graal de l’audioprothèse : mesurer le RSB en sortie d’aide auditive – Test 2

Suite du premier et second billet. Second test après celui ci.

Deuxième candidat : BERNAFON JUNA 9 CP. Couleur beige… mais ça, bon…

Il s’agit d’un contour d’oreille pile 13, successeur de l’ACRIVA 9, appareil que je trouvait assez difficile à mesurer en in-vivo car ultra-réactif au « chirp » de pré-calibration. Les appareils de la marque peuvent paraître entourés d’un certain mystère quant à leur fonctionnement « sans canaux » (en Schwyzerdütsch on dit « Channel Free »). Si vous avez la patience d’attaquer un bouquin pareil, leur anatomie est un peu dévoilée par leur créateur, Arthur Schaub, dans Digital Hearing Aids. L’Acriva était réputé pour un réducteur de bruit très très efficace, mais une pointe d’agressivité aux bruits impulsionnels. Son successeur le JUNA propose désormais deux modes de détection de la parole dans le bruit, basés soit sur la structure fine, soit sur l’enveloppe (mode testé ici) qui est, selon le fabricant, moins générateur d’inconfort pour les personnes les plus sensibles à des transitoires « explosifs ». Appareil testé sur un pré-réglage avec méthodologie propriétaire (Bernafit NL), base audiogramme KS100, réducteur de bruit au max (mais pas « ultra confort ») et microphone directionnel fixe, et priorité « parole dans le bruit » + « enveloppe ». Ouf !

Les résultats « visuels » à RSB -10dB :

JUNA9_RBmax_MicDir_env_Beyer Il ne faut que 3 à 4 secondes au RB pour intervenir (zone entourée noire). Rappelons que dans cette configuration, la parole (ISTS) est envoyée à 65dBA (Leq sur 30sec.) et le bruit (IFNoise) est à 75dBA (idem). Ce qui frappe, c’est la conservation, voire même le réhaussement, des crêtes du signal : les 8.5 premières secondes (ISTS seul) n’atteignent pas 0.5 d’amplitude relative puis l’apparition du bruit « efface » totalement les crêtes jusqu’à ce que le RB s’enclenche totalement; les crêtes ré-apparaissent, nettement plus amplifiées qu’au début de la mesure.

On écoute ?

Contrairement à l’appareil testé précédemment (le STARKEY), on sent moins le réducteur de bruit, mais le signal vocal semble (c’est une sensation) plus audible. Quand même pour comparaison, voici ce qui se passe en cabine en même temps, capté par le micro de référence : Qui a dit qu’en 2015 un appareil auditif ne fonctionne pas dans le bruit ? Il faudra penser un jour à arrêter le « Hearing Aid Bashing« , accepter un minimum de payer une recherche qui aboutit à ces résultats…

Des chiffres :

JUNA9_env_beyer Cela confirme l’écoute : quand le Starkey diminuait le signal vocal de plus de 7dB avec l’augmentation du bruit, le JUNA 9 le diminue très peu (env. 3dB de G3 à G7), et ce, quel que soit le niveau du RSB. On est donc en présence plus d’un « extracteur » de parole que d’un « réducteur de bruit ». Lorsque l’on regarde les enregistrements, on constate assez nettement ce renforcement du contraste temporel (réhaussement des pics de la parole). Bernafon communique depuis des années sur cette technologie, qui semble donc effective. Voici, pour s’en convaincre, l’enregistrement fait en parallèle par le micro de référence, celui en écoute plus haut (à RSB -10dB) : 5_DPA_ref_JUNA9_env_beyer_SNRm10_Aligned_Signals … difficile de distinguer la parole dans ce « magma » de bruit…   Et au même RSB, l’enregistrement du JUNA : 5_JUNA9_env_beyer_SNRm10_Aligned_Signals … les crêtes ré-apparaissent. Merci le micro directionnel (mais on a vu que ce n’était pas suffisant avec des modèles d’il y a plusieurs années) et surtout merci les algorithmes ! AN : Les deux enregistrements plus haut sont les signaux « SpN » des graphiques ci-dessus.

Voici sa progression :

JUNA9 L’amélioration du RSB est constante dans cette configuration de réglages, d’environ +6.7dB en moyenne, quel que soit le RSB en entrée.

Emergence du message

Voici l’émergence du signal par rapport au bruit, calculé sur 30sec. (merci Franck) sans passer par l’appareil (capté par le micro de référence), à RSB 0dB : SII_DPA_ref_JUNA9_RSB0dB Et avec l’appareil : SII_JUNA9_RSB0dB On obtient bien une émergence améliorée de 15% du signal par rapport au bruit.  

Conclusion(s)

On le voit, deux marques, deux stratégies totalement différentes. La première (STARKEY) est axée sur le confort (avec tout de même 5dB d’amélioration constante du RSB), quand BERNAFON avec le JUNA recherche une extraction constante de la parole, que que soit le RSB en apportant quasiment 7dB d’amélioration du RSB. Deux fonctionnements très différents, deux typologies de clientèles ? On finira par entendre mieux dans le bruit avec un appareil auditif que sans ! Quels progrès depuis 5 à 10ans, ne boudons pas notre plaisir.   Formule d’usage : l’auteur ne signale aucun lien d’intérêt avec le fabricant testé. N’y voyez aucune malice, ne déduisez rien d’absolu au vu des seuls résultats. L’appareillage auditif est une alchimie entre l’audioprothésiste, son patient et la technologie la plus appropriée qu’ils choisissent en commun.   Où s’arrêteront les fabricants ? jusqu’où vont les performances actuelles ? Vous le saurez (peut-être) dans une troisième et dernier épisode fin septembre…   Allez, zou ! en vacances !! Vous lisez trop le blog 😉

LAFON 17 DIE LISTEN DER PHONETISCHEN TESTS AUF DEUTSCH‏

Au cours du dernier Congrès des Audioprothésistes qui s’est déroulé en Avril 2015, j’ai eu l’occasion de rencontrer un confrère intéressé à avoir les listes du test phonétique en langue espagnole car lui-même parle l’espagnol et certains de ses patients le parle en tant que langue maternelle.   Cela m’a donné l’idée de communiquer les listes du test phonétique dans toutes les langues dont je possédais une trace écrite.   Je termine donc aujourd’hui avec l’allemand, parlé dans au moins 33 pays, ce qui représente environ 100 millions d’habitants.(1)   On trouve ces listes en pages 43 à 45 du Bulletin d’Audiophonologie Volume 2 – Numéro 1 – Année 1972 intitulé « LE TEST PHONETIQUE THEORIE et PRATIQUE », elles ont été réalisées par Heidrun VINCENT-SORRIES : img664 img665   Il ne semble donc pas y avoir de liste de recrutement en allemand.   JYM   (1) d’après le paragraphe intitulé « Nombre de locuteurs par pays » trouvé sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9partition_g%C3%A9ographique_de_l%27allemand

LAFON 16 LAS LISTAS DE PRUEBA FONETICA EN ESPANOL‏

Au cours du Congrès des Audioprothésistes qui s’est déroulé en avril 2015, j’ai eu l’occasion de rencontrer un confrère intéressé à avoir les listes du test phonétique en langue espagnole car lui-même parle l’espagnol et certains de ses patients le parlent en tant que langue maternelle. Cela m’a donné l’idée de communiquer les listes du test phonétique dans toutes les langues étrangères trouvées dans les écrits du Professeur LAFON. Je continue donc aujourd’hui avec l’espagnol d’Amérique du Sud, parlé dans au moins 17 pays ce qui représente environ 330 millions d’habitants.(1) J’écris espagnol d’Amérique du Sud car le Professeur LAFON spécifie en page 245 de son livre « the test phonetic and the measurement of hearing » : « Based on the Spanish spoken in South Amerika; not suitable for the testing of person who speak Castilian. » On trouve ces listes en page 246 et 247 de ce même livre : img663 Cochlear lists pour liste cochléaire. Integration lists pour liste d’intégration. Il n’y a donc pas de liste de balayage ni de liste de recrutement en espagnol. La liste cochléaire, quant à elle, ne possède que 12 éléments au lieu des 20 habituels. JYM (1) d’après le tableau trouvé sur : http://www.axl.cefan.ulaval.ca/Langues/2vital_inter_espagnolTABLO.htm

LAFON 15 – THE LISTS OF PHONETIC TEST IN ENGLISH

Au cours du Congrès des Audioprothésistes qui s’est déroulé en avril 2015, j’ai eu l’occasion de rencontrer un confrère intéressé par les listes du test phonétique en langue espagnole car lui-même parle l’espagnol et certains de ses patients le parle en tant que langue maternelle. Cela m’a donné l’idée de communiquer les listes du test phonétique dans toutes les langues étrangères trouvées dans les écrits du Professeur LAFON. Je commence donc aujourd’hui avec l’anglais, « …langue officielle ou langue spéciale dans au moins 75 pays du monde, pour une population mondiale de plus de 2 milliards de personnes ». (1)
On trouve ces listes en page 234 à 237 du livre du Professeur LAFON « The phonetic test and the measurement of hearing » :
img683 Sweep word lists pour liste de balayage. Cochlear lists pour liste cochléaire.
img684 Integration lists pour liste d’intégration.
On s’aperçoit donc qu’il n’existe pas de liste de recrutement en anglais.
JYM