You have activated a Bronze+ WP Symposium feature, but you have not entered your Activation Code. Get one on the Membership page on the WP Symposium website.

EIN ? saison 2

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, anti larsen, Astuces sur les appareils, Audioprothese, Chaînes de mesure, Expansion, Le gain, Marques, Méthodologie, Réglages des appareils, Tests au coupleur, Tests au coupleur, WIDEX

… suite de la première partie.

En reprenant l’exemple suivant :

Capture

 

Environ 30dB SPL de bruit de fond (EINLevel) à 3KHz peuvent-ils être considérés comme gênants pour ce patient ?

On peut penser (mais je n’en ai pas la confirmation) que lorsqu’un fabricant met un modèle sur le marché, de surcroît s’il est censé pouvoir s’adapter sur des surdités légères à moyennes, il connait les limites de BDF acceptables issues de la littérature. Enfin, on espère…

Une solution radicale pour se garantir de toute perception de BDF serait de placer le 1er TK en entrée assez haut, mais pas trop quand même car il y aurait un risque de sous-amplifier les zones failles de la parole; disons 30/35dB SPL. C’est étrange, en explorant les courbes entrée/sortie (si par chance vous les avez), c’est justement la limite très commune d’expansion !

Un seul fabricant, depuis fort longtemps s’est quand même aventuré à passer sous cette barre : Widex, depuis le premier Senso. Mais quand vous voulez amplifier des niveaux très bas (5 à 30dB SPL) pour éventuellement les faire émerger au-dessus du seuil, il va falloir énormément de gain (si le larsen vous le permet). Et donc vous pouvez amener par la même occasion le bruit de fond en même temps que l’information dans la zone audible. Je crois me souvenir que tout avait été pensé chez ce fabricant pour maintenir le niveau du BDF toujours sous le meilleur seuil, notamment par la mesure du « sensogramme » qui était (est toujours) quasi obligatoire, comme celle du larsen. Très rapidement, l’effet d’évent (et pas uniquement son seul diamètre) a été également mesuré afin d’estimer la limite basse de TK sans larsen et/ou sans risque de BDF perceptible dans les BF.

Bref, pour passer sous la barre des 30dB SPL en entrée sans craindre une perception de BDF avec une méthodologie d’amplification non-linéaire, il vaut mieux avoir confiance en sa technologie…

Macrae et Dillon ont établi des niveaux de BDF acceptables en fonction du gain apporté (donc en fonction du seuil d’audition) à diverses fréquences, et mesuré dans un coupleur HA1 (intra). Pour donner quelques exemples (mais vous pouvez les retrouver sur l’article téléchargeable de la première partie) :

@1KHz, de 0 à 50dB de gain : env. 17,5dB SPL

@250Hz, de 0 à 45dB de gain : env. 37dB SPL

@2KHz, de 0 à 60dB de gain : env. 13dB SPL

Attention : il s’agit de bruit de fond à l’entrée, comme vu dans la première partie. On constate une gêne survenant plus rapidement après 1KHz. Etrangement, la « tolérance » au BDF semblerait importante dans les BF, mais ces zones fréquentielles sont souvent masquées (et le BDF avec) par le bruit ambiant, la « rumeur ». Et d’autant plus  l’appareillage présente un évent : le bruit ambiant entrant par l’évent minimise la perception du BDF de l’appareil.

Je vous passe les calculs éprouvants des auteurs, mais je reprendrais le résumé de leur méthode de calcul du EIN acceptable en fonction de la surdité : considérant un seuil à une fréquence donnée, ce seuil doit être corrigé avec NAL (et oui, c’est Dillon quand même !). Attention, ici, c’est NAL « old school » = formule linéaire d’avant NAL-NL1, c’est à dire NAL-R.

On a :

 EINL = Max( HTL + MAP – CG – Corr – 15,EINL0 )   (1)

Et là, oui, c’est beaucoup plus clair n’est-ce pas ?

En fait, NAL ne fournissant pas de cibles de niveaux de sortie en dB SPL au tympan (REAR), contrairement à DSL, Macrae et Dillon on converti la perte auditive (HTL), en niveau au tympan. Ils ont donc pour ceci ajouté au seuil HTL, le MAP (qui est le niveau d’audition minimal mesuré en dB SPL au niveau du tympan), ce qui a converti en quelque sorte le seuil HTL en seuil SPL au tympan. Mais comme la valeur du gain (CG) est donnée dans le coupleur d’intra (le HA1), ils ont ajouté une correction (Corr) pour passer du coupleur au tympan. Pour les puristes, cette valeur de correction provient de diverses tables de conversion toujours utilisées et très souvent citées dans la littérature : les valeurs de conversions (ou fonction de transfert) de Bentler & Pavlovic, et leur pendant en champ diffus. Aride… mais sachez quand même que ces valeurs se cachent encore dans tous nos logiciels de réglages et jusque dans nos chaînes de mesure (tables 1 & 2). Et enfin, la soustraction de l’EIN tolérable (EINL0) donnant 0dB SL (Sensation Level).

Vous retrouverez dans l’article (Table 6.) les valeurs de l’EIN max. acceptable, en fonction du seuil d’audition pour chaque bande de 1/3 d’octave.

Ce qui est intéressant, c’est de pouvoir saisir ces valeurs dans votre chaîne de mesure, comme ici pour un seuil de 0dB HL (ligne pleine) et un seuil, par exemple, de 50dB HL (carrés) :

Limites EIN

Pour conclure, j’ouvrirais le débat sur les valeurs de Macrae et Dillon qui ont été obtenues à l’époque sur la base d’une formule linéaire (NAL-R). Il serait très intéressant d’avoir des valeurs aujourd’hui avec des formules de correction non-linéaires (NAL-NL et DSL) puisque les sons faibles sont nettement plus amplifiés qu’avec NAL-R, et que l’EIN risque donc potentiellement d’augmenter car le facteur CG de l’équation (1) augmente.

Avis aux étudiants de D.E. ou M1/2 en recherche de mémoire…

LAFON 6 LA LISTE COCHLÉAIRE (1)

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

Le Professeur LAFON a nommé une de ses quatre listes :  la liste cochléaire.
Est-ce donc à dire qu’avec cette liste cochléaire, l’on teste la cochlée ?
Eh bien, oui !
« La mesure cochléaire renseigne sur les déformations acoustiques provoquées par la cochlée. »(1)

mais encore :
« La liste contient une série d’éléments de 17 mots, elle est destinée à mesurer les déformations apportées par les surdités. Elle doit donc représenter un large éventail phonétique, chaque élément de liste contient presque tous les phonèmes de la langue. »(2)
Lorsque le Professeur parle d’élément, c’est une des 20 colonnes de la liste cochléaire, chaque colonne/élément comportant 17 mots.

et aussi :
« … 17 mots de trois phonèmes dont la structure et la difficulté sont semblables d’un élément à l’autre. »(3)
On passe d’une liste à l’autre : le nombre d’erreurs phonétiques, à niveau d’émission égal, reste constant.
Formidable, non !

Vous trouverez les mots composants cette liste cochléaire sur http://www.college-nat-audio.fr/fichiers/img85a.pdf Un grand remerciement au Collège National des Audioprothésistes (CNA) pour avoir réalisé 5 CD d’audiométrie vocale: http://www.college-nat-audio.fr/listes-cd-audiometrie-vocale.html
Tout audioprothésiste devrait les posséder.
Sans le CNA, les plus anciens se le rappelleront, nous en serions peut-être encore aux 3 CD diffusés par DAHLBERG dont un, celui de couleur violette, était consacré au test phonétique(4).Comme vous le voyez grâce à ce lien, la liste cochléaire qui se trouve sur le CD 1, comporte 20 éléments de 17 mots chacun.
Chaque mot étant composé de 3 phonèmes, vous avez 17(mots) x 3(phonèmes) = 51 erreurs phonétiques de possibles.
C’est pour cela que si vous savez compter jusqu’à 50…ce dont je ne doute pasEmoji… vous pouvez faire vôtre la liste cochléaire.
On arrondit à 50 au lieu de 51, ce qui permet de facilement passer à un pourcentage en multipliant par 2 le nombre d’erreurs phonétiques commises.Pour bien expliciter le comptage des erreurs phonétiques, prenons le deuxième mot de l’élément 1 de la liste cochléaire : « ride » soit /rid/ en transcription phonétique internationale(5).
Admettons que la personne ajoute quelque chose au mot mais que les 3 phonèmes soient toujours bien présents, il n’y aura aucune erreur phonétique de comptée. Exemple : « bride », « hagrid (Emojipour les amateurs d’Harry Potter) »…
Admettons qu’au lieu de « ride », la personne réponde « ribe ». Seul le /d/ est transformé. Il n’y a donc qu’une seule erreur phonétique à comptabiliser.
Admettons qu’au lieu de « ride », la personne réponde « vive ». Le /r/ et le /d/ sont transformés. Il y a donc deux erreurs phonétiques à comptabiliser.
Admettons qu’au lieu de « ride », la personne dise « vube » ou ne réponde pas. Le /r/, le /i/ et le /d/ sont transformés ou ne sont pas répétés. Il y a donc trois erreurs phonétiques à comptabiliser.
On agit de même pour les 16 autres mots du premier élément.
On additionne, à la fin de l’élément, chaque nombre d’erreurs phonétiques commises sur chacun des 17 mots, admettons X. Ce total est donc du type X/50 soit 2X % d’erreurs phonétiques.

Pour ceux qui aiment parler d’intelligibilité, celle-ci sera égale à (100% – 2X%).
Le Professeur LAFON n’aimait pas trop parler d’intelligibilité, préférant parler de nombre d’erreurs phonétiques car « l’intelligibilité fait intervenir le sens donc un concept. »(6)

Le prochain article donnera des indications sur la manière d’utiliser cette liste cochléaire.

JYM

(1) Page 160 du livre du Professeur LAFON « Le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(2) Page 127 du livre du Professeur LAFON « Le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(3) Page 140 du livre du Professeur LAFON « Le test phonétique et la mesure de l’audition ».
(4) DAHLBERG « Le test phonétique » DAI 911 (1991).
Anecdote au sujet de la liste cochléaire contenue sur ce CD : le premier mot du premier élément n’est pas buée mais ride. Le mot buée se trouvant relégué entre le mot col et le mot fort. Interrogé à ce sujet, le Professeur LAFON m’avait répondu que c’était volontaire car beaucoup de personnes achoppaient sur le mot buée quand il était en tête de liste, ce qui pouvait fausser le résultat de cet élément. Ce qui n’était pas le cas si le mot ride était placé en tête de liste.
(5) Annexe V page 303 du Précis d’Audioprothèse Tome 1 « L’appareillage de l’adulte » édité par le Collège National d’Audioprothèse.
(6) Page 63 du livre du Professeur LAFON « Le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 4 Le test phonétique et la mesure de l’audition

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

« Le test phonétique et la mesure de l’audition » est le titre du livre phare, édité en 1964, du Professeur LAFON.

Quand on évoque le Professeur LAFON, on pense tout de suite à son test phonétique.
Mais sachez que lorsque vous utilisez ce test phonétique, vous pouvez aussi accédez à la mesure de l’audition.
Fantastique, non ?
Grâce aux articles précédents « LAFON 1 Qu’est-ce que l’audition ? », puis « LAFON 2 Le mécanisme d’intégration » et enfin  « LAFON 3 Les altérations de l’identification », vous savez ce qu’est l’audition et ce qu’elle englobe : recevoir l’information, l’adapter en un message nerveux et intégrer le message en l’identifiant à une structure déjà mémorisée. L’audition commence à la fenêtre ovale et s’arrête à l’identification.
Précision :
Le mécanisme d’intégration qui mène à l’identification nous est commun, à nous êtres humains.
Les animaux possèdent aussi ce mécanisme d’intégration.

Au-delà de l’acoustique et de l’intégration auditive, c’est le domaine du langage.
Le langage est individuel, chacun d’entre nous possède son propre langage. Le langage est une activité psycho-linguistique qui n’appartient qu’à l’être humain.
Le Professeur, en page 48 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition », précise ce qu’est le langage :
« …langage qui permet la communication et l’élaboration d’une pensée verbale grâce à l’existence d’un système symbolique, la langue ».
Cette même phrase, en langue anglaise, page 49 du livre « the phonetic test and the measuring of hearing » pour une diffusion internationale Emoji
« language, which allows communication and the elaboration of verbal thoughts thanks to the existence of a conventional system of symbols, the (accepted) language ».
Si vous savez compter jusqu’à 50…ce dont je ne doute pas Emoji…vous pouvez, vous ne devez pas hésiter à utiliser le test phonétique du Professeur LAFON.
Suivez-moi !…
JYM

LAFON 3 Les altérations de l’identification

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

L’article « LAFON 2 Le mécanisme d’intégration » permet de saisir qu’à chaque instant, en comparant le message auditif qui nous arrive avec tout ce que nous avons mémorisé depuis notre enfance, nous l’identifions s’il correspond à quelque chose de déjà mémorisé et nous l’interprétons comme du bruit s’il ne correspond à rien de mémorisé.

Exemple : si vous ne connaissez pas une langue étrangère et que vous entendez des personnes parler cette langue, vous identifiez ce qu’ils disent à du bruit (c’est du « chinois » Emoji) car cela ne correspond à rien de ce que vous avez mémorisé depuis que vous êtes tout petit.
Mais, commencez à apprendre cette langue, vous verrez que petit à petit vous identifierez de plus en plus de formes auditives puisque vous les aurez mémorisées avec le temps, l’habitude, par apprentissage, par conditionnement. En fait, cela va un peu se dérouler de la même façon que lorsque vous avez appris votre langue maternelle.Vous mesurez ainsi l’importance d’acquérir et de conserver une bonne intégration/identification.
Celle-ci est, en général, à son optimum vers l’âge de 9 ans : « Le chiffre identique entre 9 et 10 ans montre que dès l’âge de 9 ans la qualité de l’identification est arrivée à son optimum.. »(1)

Mais on peut se poser la question : où se réalise l’identification ?
Le Professeur LAFON nous en donne indirectement la réponse en page 9 de son livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition en nous disant où, pour lui, débutent les altérations de l’identification :
« Les altérations de l’identification
Elles correspondent à ce qu’on appelle les « atteintes centrales de l’audition »
a. Définition d’une atteinte centrale de l’audition
…Aussi, on entend habituellement sous ces termes les atteintes du système nerveux central influant sur l’audition, en somme ce qui est individualisable par l’exploration chirurgicale : l’atteinte centrale est définie par les données anatomiques, elle commence aux noyaux cochléaires.
Par contre, si l’on ne se réfère pas à l’anatomie, cette distinction ne parait pas totalement valable. Pourquoi exclure les lésions de la voie afférente aux noyaux cochléaires, alors qu’on ne distingue pas les voies des autres centres ? Et, puisqu’il s’agit d’une fonction, puisque l’on parle d’audition et non d’un système anatomique, avec quels critères physiologiques peut-on justifier cette distinction ?
Physiologie acoustique pour la cochlée, physiologie nerveuse pour les voies et les centres, sont deux aspects complémentaires de la physiologie de l’audition. Le son ne progresse pas dans les fibres nerveuses, au changement d’organe correspond une modification totale des qualités physiques du signal. Les deux structures anatomiques, oreille et nerf, ne présentent entre elles aucune analogie fonctionnelle.
La distinction anatomique, nerf auditif-centre bulbaire, par contre, ne correspond pas à une frontière physiologique. Il est impossible de distinguer par les méthodes d’exploration auditive ce qui relève d’une atteinte du nerf de ce qui répond à une lésion d’un noyau cochléaire.
L’élément périphérique de la fonction est cochléaire, l’élément central commence aux voies afférentes des premiers noyaux, sans qu’il puisse y avoir de concordance parfaite avec la terminologie anatomique. »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 9 du livre The Phonetic Test and the Measurement of Hearing (1966), pour une diffusion internationale Emoji
« Alterations in the identification
These correspond to what are called « central auditory defects »
a. Definition of a central
auditory defect
… Also,
one usually includes in this term any defects of the central nervous system which have an effect on the hearing and which can be located by surgical exploration : the central defect is defined by anatomical data, and starts at the cochlear nuclei.
On the other hand, without reference to anatomy, this distinction does not appear to be completely valid. Why exclude lesions in the pathways leading from the cochlear nuclei when one does not make this distinction with pathways from the other centers? And since we are talking about a function, hearing, and not an anatomical system, what physiological criteria can one use to justify this distinction?
Acoustic physiology for the cochlea and nerve physiology for the various pathways and centers, are two complementary aspects of the physiology of hearing. The sound is not carried along the nervous fibers : the change of organ corresponds to a total modification change of the physical properties of the signal. There is absolutely no functional analogy betwen the two anatomical structures, ear and nerve.
The anatomical distinction between the auditory nerve and the bulbular center, on the other hand, does not correspond to a physiological frontier. It is impossible to distinguish by auditory investigation between damage to the nerve and a lesion of a cochlear nucleus.
The peripheral aspect of the function is cochlear, while the central aspect starts at the afferent pathways of the first nuclei ; this distinction however does not agree perfectly with anatomical terminology. « 

Une autre façon de le dire :
« Les troubles de l’audition sans surdité relèvent donc des processus d’intégration du message nerveux provoqué au niveau des cellules ciliées de l’organe de Corti jusqu’à sa diffusion au niveau des aires corticales »(2).

Vous allez sûrement relire ces phrases plusieurs fois.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.Jusqu’aux cellules ciliées de l’organe de Corti non comprises, nous sommes dans l’acoustique, activité physiologique. Le son s’arrête là. De suite après, la fonction auditive devient celle de l’intégration auditive, activité neuro-physiologique (voies et centres auditifs) puis physio-psychologique (circuits mémoriels) au fur et à mesure que l’on monte dans les structures. (3)

Qu’entraîne une altération de l’identification ?
Si l’on se retrouve en retrait de toute vie sociale (cas de certaines personne âgées qui ne sortent plus guère de chez elles, reçoivent peu de visite et lisent peu), il se produit un déconditionnement par manque d’attention : « …le sujet perçoit les sons mais identifie mal la parole »(4).
Le trouble d’identification est alors dit fonctionnel.

Une lésion sur les voies auditives aboutit aux mêmes effets : « Ces perturbations peuvent être d’ordre lésionnel sur les voies auditives brouillant la forme neurologique à tel point que le signal n’est souvent plus reconnaissable »(5).
Le trouble d’identification est alors dit lésionnel.

Et c’est pour cela que, comme l’écrit encore le Professeur LAFON :
« Les prothésistes remarquent empiriquement la difficulté qu’ont certains sourds à identifier la parole lorsque les « bruits » sont importants. Cette difficulté provient d’un trouble d’intégration dont le test phonétique peut donner une mesure chiffrée »(6).

Le Test Phonétique évoqué, nous allons l’aborder dans de prochains blogs.

JYM

(1) page 220 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(2) page 199 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.

(3) d’après la figure 33 « De l’audition au langage », figure intercalée entre la page 68 et la page 69 du livre Message et Phonétique.
(4) page 161 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(5) page 124 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.
(6) page 185-186 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition.

LAFON 2 Le mécanisme d’intégration

Written by Jean-Yves MICHEL on . Posted in Audiométrie vocale, Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse, Investigations audiologiques, Tests phonétiques de LAFON

L’article « LAFON 1 Qu’est-ce que l’audition ? » permet de s’interroger sur la signification du verbe intégrer.
Le Professeur LAFON définit le mécanisme d’intégration en page 7 du livre Le Test Phonétique et la Mesure de l’Audition (1964) :

« Le mécanisme d’intégration
…Nous appellerons intégration le fait de la superposition dans un même système et au même moment de deux phénomènes éloignées dans le temps ou l’espace. Reconnaître dans un ensemble de sons un message significatif, c’est comparer cette structure acoustique à une autre dont on a eu connaissance antérieurement. C’est la comparaison au temps présent de deux signaux, l’un mémoriel, l’autre actuel ou passé récemment…L’intégration permet de comparer, donc de connaître : c’est le mécanisme de la fonction gnosique…on superpose la forme reçue à une forme mémorisée à laquelle on l’identifie par opposition à d’autres formes mémorisées. Si elle correspond à quelque chose de connu si elle est significative, elle peut être identifiée comme une forme abstraite, donc correspondre à un déchiffrage du message. Si elle est non significative, elle est refusée, s’identifiant à un bruit… »

Ces mêmes passages, en langue anglaise, page 7 du livre The Phonetic Test and the Measurement of Hearing (1966) pour une diffusion internationale :)
« The mecanism of integration
…We will call integration the fact of the superposition in the same system and at the same moment of time of two phenomena which are separated in time or in space. Recognizing a significant message in a combination of sounds involves comparing this acoustical structure with another which one has known previously, i.e. comparing at the present time two signals, one from the memory and the other from the present or the recent past…Integration allows us to compare, that is to know ; it is the mecanism on which all our knowledge is based…the form received is surimposed on a memorized form, with which it is identified in opposition to other memorized forms. If it corresponds to something known, and if it is signifiant, it can be identified as an abstract form, which thus corresponds to deciphering the message. If it is not signifiant, it is rejected, and is identified with noise… ».

J’y ajoute la traduction en espagnol faite par mon fils aîné :

« El mecanismo de integración

…Llamaremos integración el hecho de la superposición en un mismo sistema y al mismo momento dos fenómenos alejados en el tiempo o espacio. Reconocer dentro de un conjunto de sonidos un mensaje significativo, es comparar esta estructura acústica a otro cuya hemos tenido conocimiento anteriormente. Es la comparación presente de dos señales, uno memorial, el otro actual o recién ocurrido…La integración permite comparar pues bien conocer : es el mecanismo sobre aquello está basado nuestro conocimiento…Superponemos la forma recibida a una forma memorizada aquella identificamos por oposición a otras formas memorizadas. Si corresponde a algo conocido, si es significativa, puede estar identificada como una forma abstracta así pues corresponder a un descifrado del mensaje. Si no es significativa, esta rechazada, identificándose a un ruido… »

Vous allez sûrement relire ces phrases plusieurs fois.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.

Information complémentaire 1 :
Le Professeur Georges STRAKA évoque, dans sa préface au livre du Professeur LAFON Message et Phonétique (1961), l’intégration auditive en ces termes : « … »l’intégration auditive », c’est-à-dire…la prise de conscience des images neurologiques représentatives des faits linguistiques… »
Georges STRAKA était, à ce moment là, Professeur à la Faculté des Lettres et Sciences humaines, Directeur de l’Institut de Phonétique de l’Université de Strasbourg.

Information complémentaire 2 :
Le Professeur LAFON, a collaboré avec le Professeur Georges STRAKA et le Professeur Pierre MOUNIER-KHUN sur Strasbourg avant de rejoindre le Professeur MOUNIER-KHUN à Lyon.
Les Professeurs MOUNIER-KHUN et LAFON ont créé ensemble l’Institut d’Audiophonologie à Lyon en 1958.
Le Professeur LAFON a dédié « A mon Maître Pierre MOUNIER-KHUN » le Bulletin d’Audiophonologie 1996 volume XII N°3&4, qui a comme titre : « transposition & modulation, pour que les sourds entendent ». Je pense évoquer plus tard les recherches du Professeur qui ont abouti à la commercialisation dans les années 1990 de sa prothèse Alpha-Bêta spécialement étudiée pour que « les sourds entendent ».

Dans la suite logique de cet article, j’évoquerai dans le prochain blog ce que le Professeur LAFON appelle « les altérations de l’identification ».

JYM

Les commentaires récents

Adrich

|

Bonjour,

Petite question au sujet du comptage des erreurs :

L’ordre de la répétition des phonèmes a-t-elle une importance ? Est ce juste si la personne répond « Dire » ou « Dri » ?

Intuitivement, j’aurai tendance à noter ça comme une erreur, car cela parait relever plutôt de la devinette que de la compréhension …

Merci !

xavdelerce

|

Pas de BF possibles à G, HF forcément limitées aussi. Envie faible du patient pour « deux » appareils (bi-CROS), vocale somme toute d’assez bonne qualité…
Je n’ai rien fait, j’avoue !

Cédric Rault

|

En effet l’apport risque d’être limité. De même pour le système bicros, si on ne peut pas récupérer les BF l’apport sera minime… pas évident comme situation… donc finalement tu as fait quoi Xavier?

Instagram @Audioprothese