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LAFON 15 – THE LISTS OF PHONETIC TEST IN ENGLISH

Au cours du Congrès des Audioprothésistes qui s’est déroulé en avril 2015, j’ai eu l’occasion de rencontrer un confrère intéressé par les listes du test phonétique en langue espagnole car lui-même parle l’espagnol et certains de ses patients le parle en tant que langue maternelle. Cela m’a donné l’idée de communiquer les listes du test phonétique dans toutes les langues étrangères trouvées dans les écrits du Professeur LAFON. Je commence donc aujourd’hui avec l’anglais, « …langue officielle ou langue spéciale dans au moins 75 pays du monde, pour une population mondiale de plus de 2 milliards de personnes ». (1)
On trouve ces listes en page 234 à 237 du livre du Professeur LAFON « The phonetic test and the measurement of hearing » :
img683 Sweep word lists pour liste de balayage. Cochlear lists pour liste cochléaire.
img684 Integration lists pour liste d’intégration.
On s’aperçoit donc qu’il n’existe pas de liste de recrutement en anglais.
JYM

LAFON 14 LA LISTE D’INTÉGRATION

Le but de cette liste d’intégration me semble être de situer, le long des voies auditives, le lieu de la lésion provoquant un trouble d’intégration : « Lorsque l’identification par les voies auditives droite et gauche est significativement différente, il ne s’agit plus d’un trouble fonctionnel mais d’une atteinte lésionnelle… »(1) Pour ma part,  je n’utilise donc pas cette liste d’intégration car elle me paraît être réservée à la détection du siège de problèmes pathologiques sur lesquels l’audioprothésiste n’a aucune prise. Le Professeur LAFON écrit en page 161 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » : « Les atteintes lésionnelles doivent être examinées comparativement à l’audiogramme tonal…Le diagnostic d’une atteinte rétro-cochléaire s’effectue par la discordance entre la perturbation phonétique beaucoup plus marquée que la baisse de l’audition des sons purs ne permet de le prévoir, par l’absence de dominance des distorsions phonétiques de type cochléaire, l’importance de l’aggravation en présence de bruit. » Puis en page 199 de ce même livre : « Les troubles de l’audition sans surdité relèvent donc des processus d’intégration du message nerveux provoqué au niveau des cellules ciliées de l’organe de Corti jusqu’à sa diffusion au niveau des aires corticales. Nous pouvons rencontrer deux catégories de perturbation : celles qui sont liées à des lésions des circuits d’intégration auditive, celles qui répondent à des troubles fonctionnels. » Vous trouverez la liste I (= liste 1) des mots composant cette liste d’intégration sur : http://www.college-nat-audio.fr/fichiers/img90a.pdf Un grand remerciement au Collège National des Audioprothésistes pour avoir réalisé 5 CD d’audiométrie vocale : http://www.college-nat-audio.fr/listes-cd-audiometrie-vocale.html Tout audioprothésiste devrait les posséder. Le Professeur avait créé également une liste II (= liste 2), la voici extraite de la page 235 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » : img658 On utilise les mêmes niveaux Nm puis Nm + Bm que pour la liste de balayage (voir « LAFON 12 LA LISTE DE BALAYAGE (1) » pour la valeur de ces niveaux respectifs et ce qu’ils signifient). La liste I est, tout d’abord, émise au niveau Nm en lisant les mots horizontalement. Puis, cette même liste I est émise au niveau Nm mélangé à un niveau Bm de bruit, les mots étant lus verticalement. La différence du nombre d’erreurs phonétique entre ces deux listes I montre le degré du trouble d’intégration pour une première oreille : « La différence d’erreurs dans les deux mesures permet de connaître de façon précise les qualités de discrimination du sujet testé. Et si l’on définit statistiquement chez le sujet normal l’intervalle de confiance de cette identification on peut reconnaître les niveaux pathologiques. » (2) Pour tester la seconde oreille, on pratique de même en utilisant la liste II ou en reprenant la même liste I. Précisions : Le Professeur LAFON utilise le terme « trouble fonctionnel » dans une des phrases ci-dessus. Il nous en dit plus sur ce qu’il entend par trouble fonctionnel en page 201 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » :  ce trouble apparait lorsque « …nous n’entretenons pas le conditionnement phonétique auditif…Lorsque par ailleurs il n’est pas utile de garder un bon conditionnement ou que le sujet a peu l’occasion de parler et d’écouter, les qualités de discrimination diminuent entraînant une régression de l’identification phonétique. C’est le cas des isolés, des milieux fermés silencieux (ordres religieux), de certains travaux intellectuels entraînant une distraction auditive. » Le trouble d’intégration est alors bilatéral et symétrique, « il n’y a pas de dominance significative d’une oreille par rapport à l’autre. »(3) J’ai interrogé le Professeur LAFON, dans le courant des années 1990, sur la possibilité offerte par les réducteurs de bruit (balbutiants à l’époque) d’améliorer un trouble d’intégration fonctionnel. Il était très sceptique sur l’amélioration possible avec ces systèmes car lorsque le message nerveux n’est pas interprété correctement, quoiqu’on fasse il restera déficient. Donc, dès que je suis face à une difficulté d’intégration, je sais que j’aurai des problèmes à redonner une compréhension correcte dans le calme et a fortiori en ambiance bruyante. Le Professeur LAFON utilise le terme « discrimination » dans une des phrases ci-dessus. Il nous en dit plus sur ce qu’il entend par discrimination en page 68 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » : « Les possibilités de discrimination dont nous disposons sont très importantes. On est étonné de la facilité avec laquelle parmi tous les sons complexes qui nous parviennent nous arrivons à accorder une valeur préférentielle à certains complexes acoustiques : on distingue une voix, donc une parole, parmi un groupe de plusieurs personnes, un message au milieu de bruits complexes aidés probablement par les possibilités de localisation sonore… Dans un concert on peut suivre le jeu d’un instrument que l’on choisit, le reste de l’orchestre devenant un fond sonore, nous pouvons suivre un timbre déterminé de préférence à l’ensemble des timbres instrumentaux… La discrimination repose sur une extraordinaire analyse du message nerveux, mais elle nécessite l’identification des messages acoustiques. » Le Professeur LAFON, par la figure qui se trouve en page 154 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition », nous donne, pour les surdités de perception, les limites des distorsions pour une liste de la liste d’intégration émise au niveau Nm : img659 154 Un autre intérêt de la liste d’intégration est, pour ceux qui s’occupent d’appareillage d’enfants, de suivre les progrès de l’intégration de l’enfant au fur et à mesure de l’évolution de son âge. La figure suivante, que l’on trouve en page 152 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition », donne les limites de la différence entre les erreurs phonétiques commises au niveau Nm+Bm et celles commises au niveau Nm : img660 152 Pour le prochain article, il m’a semblé utile de fournir les listes de balayage, cochléaire, de recrutement, d’intégration en langue anglaise, espagnole et allemande. Le test phonétique du Professeur LAFON a donc une portée internationale. Emoji JYM (1) Page 202 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ». (2) Page 19 du Bulletin d’Audiophonologie « LE TEST PHONETIQUE THEORIE et PRATIQUE » Volume 2 – Numéro 1 – Année 1972. (3) Page 199 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 13 LA LISTE DE BALAYAGE (2)

« Deux renseignements nous sont donnés par la liste de balayage : les déformations à forte amplification en biauriculaire et les possibilités de discrimination dans le bruit, respectivement avec A et IA-BI. »(1) La liste A ne dépend que des déformations générées par la seule cochlée. La différence IA-BI, résultat de la modification de netteté due à l’adjonction de bruit, montre le niveau de perturbation de l’intégration. Le Professeur LAFON nous écrit en page 116 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » quel événement lui a permis de conclure qu’une variation de netteté par adjonction de bruit permettait de connaître la valeur de l’intégration : « De même, examinant de jeunes enfants, je me suis trouvé en présence d’une distorsion spatiale aggravée qui ne pouvait venir que d’une difficulté d’identification, l’audition tonale étant normale et l’oreille indemne de toute atteinte pathologique. Incidemment j’ai remarqué que la présence du bruit faisait apparaître beaucoup plus facilement ces distorsions à forte intensité. Ce fait m’a paru intéressant; il permettait en effet de faire la part de ce qui revenait à la cochlée et de ce qu’il fallait attribuer à des difficultés de discrimination. Il suffisait pour cela de faire une mesure comparative de deux éléments de liste sans bruit et deux autres avec bruit. Les intensités étaient choisies de telle sorte que le bruit soit presque aussi fort que la parole, les deux mesures étant effectuées à la même intensité: les intensités acoustiques semblables supprimaient l’incidence des altérations cochléaires puisque la mesure était comparative. J’avais choisi un niveau élevé, 90 dB, pour situer le message au-dessus du seuil d’audition en cas de perte tonale. Cette mesure était donc applicable aussi bien au sujet sourd qu’à l’entendant. » Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page  118 du livre du Professeur LAFON « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji : « Moreover, when examining young children I had come across a form of aggravated scope distortion which could only be due to an identification difficulty, since the pure-tone treshold was normal and the era showed no signs of trouble. I remarked incidentally that the presence of noise greatly facilited this type of distortion at high intensity. This fact seemed interesting to me, since it offered the possibility of separating the part due to the cochlear from the part due to discrimination difficulties; all one had to do was to make a comparative measurement, using one list with noise and one without. Since the same sound intensity was used in both measurement the cochlear distortion may be assumed to be the same; and any further errors caused by the noise (which was nearly at the same level as the sound) can be attributed to identification difficulties. This measurement could also be carried out with children with a tonal loss; for this purpose I chose a new intensity, 90 dB above the threshold. » Je ne peux m’empêcher, peut-être à tort, de tenter un parallèle entre un défaut d’intégration parfaitement mis en évidence et mesuré par la liste de balayage et la constatation d’Auditory Processing Disorders (TTA en français pour Trouble du Traitement Auditif) décrit par PhD Teri James BELLIS : version française ; http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.asha.org/public/hearing/Understanding-Auditory-Processing-Disorders-in-Children/&prev=search version anglaise ; http://www.asha.org/public/hearing/Understanding-Auditory-Processing-Disorders-in-Children Je ne peux m’empêcher également, peut-être à tort, de tenter un parallèle entre un défaut d’intégration parfaitement mis en évidence et mesuré par la liste de balayage avec ce que met en évidence le test ANL (Acceptable Noise Level) des Docteurs NABELEK, TUCKER et LETOWSKI: version française ; http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.audiologyonline.com/articles/acceptable-noise-level-anl-research-956&prev=search version anglaise ; http://www.audiologyonline.com/articles/acceptable-noise-level-anl-research-956 Il me semble ainsi pouvoir dire qu’APD et ANL mettent en jeu l’intégration puisqu’il s’agit d’une modification de la netteté du message par adjonction de bruit. Mais j’ai l’impression, peut-être à tort, qu’APD et ANL n’ont pas véritablement conscience que c’est le mécanisme d’intégration qui sous-tend les résultats qu’ils obtiennent. Revenons à la liste de balayage et aux résultats que nous pouvons en retirer pour une surdité de sénescence, cas que nous rencontrons quotidiennement. Ils nous sont donnés par le Professeur LAFON en pages 157 à 160 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »:
« a) Lorsque A est correctement reproduit et que IA-BI est également inférieur à 3, … il s’agit soit … soit encore d’une surdité de sénescence (audiogramme tonal et contexte clinique) sans distorsion, …
Par contre devant une surdité unilatérale on doit préciser la nature de l’atteinte tonale en utilisant la liste cochléaire. Il est intéressant dans ce cas de mesurer plusieurs niveaux d’intensité.
Quelle que soit la forme de l’audiogramme tonal nous pourrons nous trouver en face de plusieurs possibilités :
… Lorsque la distorsion s’améliore rapidement avec l’intensité et que seules quelques spirantes sont encore perturbées à forte intensité, il s’agit d’une surdité de perception sans distorsion…
b) Lorsque la distorsion en A est supérieure ou égale à 3, la différence IA-BI étant inférieure à 3 ou au chiffre correspondant donné précédemment lorsque la distorsion en A est supérieure à 5…
En présence d’une surdité de perception tout dépend du résultat de la liste cochléaire. Il ne peut s’agir en effet d’une atteinte rétro-cochléaire. L’intelligibilité phonétique s’améliore nettement avec l’intensité, même s’il persiste une légère distorsion, il s’agit d’une surdité banale sans particularité audiométrique. Si à forte intensité la distorsion comporte des éléments vocaliques, le test de recrutement permet de savoir quelle en est la nature: distorsions spécifiques du recrutement ou non.
c) Lorsque la distorsion en A est inférieure à 3, la différence IA-BI étant égale ou supérieure à 3, nous nous trouvons devant la même situation cochléaire que dans le premier paragraphe, mais une difficulté d’intégration s’est ajoutée…
d) Lorsque le distorsion A est supérieure à 3 et que la différence IA-BI est également supérieure à 3 ou au chiffre correspondant à la distorsion en A lorsqu’elle est supérieure à 5, l’audiogramme tonal permet d’orienter l’examen…
En cas de surdité de perception, la mesure cochléaire peut montrer une distorsion nettement améliorée avec l’augmentation de l’intensité, avec une différentielle d’intégration peu élevée, il s’agit d’une surdité de perception avec trouble d’intégration fonctionnel.
Lorsque la distorsion persiste avec l’intensité et que la mesure du recrutement est positive, il y a atteinte cochléaire spécifique et trouble d’intégration fonctionnel. Si la mesure du recrutement est négative et que la différentielle d’intégration est peu importante l’atteinte est encore mixte: lésionnelle cochléaire, fonctionnelle pour l’intégration.
Par contre lorsque la distorsion d’intégration est importante, il s’agit d’une atteinte lésionnelle des voies auditives, le plus souvent située entre le bulbe et les tubercules quadrijumeaux. »
Dans le prochain article j’aborderai la liste d’intégration qui, dans l’esprit du Professeur LAFON, est la suite logique de la liste de balayage dans le cas où la liste de balayage aurait détecté un trouble d’intégration.JYM(1) Page 157 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 12 LA LISTE DE BALAYAGE (1)

La liste cochléaire et la liste de recrutement du Professeur LAFON permettent de tester la partie perception de l’audition.
Pour mettre en évidence une altération cochléaire, on modifie la netteté du message auditif en faisant varier le niveau de son émission.
Mais il faut se rappeler qu’il existe également la partie intégration de l’audition, passage obligatoire vers l’identification, réalisée tout au long des voies auditives. Pour mettre en évidence une altération d’intégration, on va modifier la netteté du message auditif en y ajoutant du bruit.Grâce à la liste de balayage, le Professeur LAFON, propose de « … permettre de savoir en très peu de temps… si l’on doit s’orienter vers une atteinte cochléaire ou une perturbation de l’intégration auditive. »(1) Une atteinte cochléaire, donc une difficulté d’audibilité, sera assez facile à améliorer par appareil auditif. Une atteinte d’intégration sera par contre une ombre sérieuse à une bonne réhabilitation, même avec le plus performant des appareils auditifs, car tout message reçu sera mal identifié, spécialement celui qui sera mélangé à du bruit. Vous trouverez les mots composant cette liste de balayage sur http://www.college-nat-audio.fr/fichiers/img86a.pdf Un grand remerciement au Collège National des Audioprothésistes (CNA) pour avoir réalisé 5 CD d’audiométrie vocale : http://www.college-nat-audio.fr/listes-cd-audiometrie-vocale.html Tout audioprothésiste devrait les posséder. Plus de 82% des mots utilisés dans la liste de balayage le sont également dans la liste cochléaire. Le Professeur explique comment pratiquer en pages 139-140 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition »: « Liste de balayage… Cette liste comporte deux éléments de 17 mots que nous appellerons A et B. Eléments identiques pour la difficulté d’identification, la structure phonétique et les distorsions acoustiques. Les mots sont particulièrement difficiles à identifier, s’il y a un trouble de l’identification, il apparaît, une variation physiologique de l’intégration y laisse une trace… Elle est émise en biauriculaire quelle que soit la forme de la surdité tonale. Si la surdité est unilatérale en effet il est néanmoins important de savoir si par ailleurs le niveau d’intégration est normal. L’élément A est émis au niveau Nm, l’élément B au niveau Nm + Bm… On note chaque déformation phonétique en marquant le phonème mal perçu et en inscrivant dans la marge le phonème de remplacement. Si le sujet ajoute un phonème au mot (« montre » pour « monte ») on considère que les trois phonèmes testés /m/, /on/, /t/ sont correctement perçus, il n’y a donc aucune erreur à noter. Le compte des erreurs pour l’élément A et pour l’élément B séparément donne deux chiffres. Le premier peut correspondre à une surdité (courbe tonale), à une méconnaissance de la langue, à un défaut d’articulation dont on ne tient pas compte lorsqu’on note les déformations. Le deuxième peut correspondre aux mêmes perturbations que l’élément A et en plus à un défaut d’intégration. La différence entre les deux montre la qualité de l’intégration phonétique…Les variations non pathologiques de ces chiffres correspondent pour A comme pour B à 3, la différence I A – B I en chiffre absolu devant être égale ou inférieure à 3. » Ces mêmes lignes, en langue anglaise, pages 141-142 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing » pour une diffusion internationale Emoji : « The « sweep » word lists… There are two « sweep » word lists containing 17 words each, which we shall call A and B. They are balanced as regards difficulty of identification, phonetic structure and acoustics distortions. The words are particulary difficult to identify, and any pathological variation of the integration or cochlear function will be sure to give rise to a number of errors despite the short length of the test… List A is presented at an intensity Nm, and list B at Nm (words) + Bm (noise)… One notes each phonetic distortion produced, marking the phoneme which was incorrectly perceived and writing the phoneme which replaced it in the margin. If the subject adds a phoneme to the word (e.g. « mild » instead of « mile »), one considers that the three phonemes tested ( /m/, /ai/, /l/) were correctly perceived; one does not therefore mark any error in this case. A count of the errors in lists A and B separately gives two figures. The first figure may be due to deafness (tonal threshold), to a poor knowledge of the language, or to poor articulation on the part of the tester not taken into account when marking the distortions. The second figure may be due to the same causes as the first one, plus integration trouble.The difference between the two thus gives indication of the quality of the phonetic integration…Both in list A and list B, one may have 3 errors without suspecting any pathological change; the absolute value of the difference A-B should also be less than or equal to 3. Précisions supplémentaires apportées par le Professeur : « Chez le vieillard on rencontre assez souvent un écart de -5.(2)… La valeur que nous avons donnée comme limite de l’écart entre l’indice et la mesure Nm + Bm est valable pour un entendant. S’il s’agit d’un sourd qui présente un indice assez élevé, le chiffre d’écart adopté est compris dans la marge d’erreur. Il est donc nécessaire d’appliquer un coefficient de correction suivant le niveau de l’indice chez le sourd. Nous l’avons déterminé expérimentalement : il faut ajouter 1 à l’écart pour toute fraction de 5 de l’indice…Dans le cas pris comme exemple… il s’agissait d’un retraité âgé de 70 ans. Nous avons vu que l’écart normal à cet âge est de -5. »(3) « On choisira comme niveau maximum que nous appellerons Nm, l’intensité la plus élevée sans distorsion statistiquement apparente. Si l’appareil est de bonne qualité on prend pour Nm la valeur de 90 dB, sinon 85 dB ou même 80 dB. » (4) Pour ma part, utilisant l’Affinity version 2.4.2, l’ampli ATOLL ELECTRONIQUE AM50 couplé au lecteur CD PIONEER PD-M603 et au haut parleur KLIPSCH G-12, donc tous d’excellente qualité, le niveau Nm est de 90 dB SPL. ( Comment choisir le niveau Bm pour un bruit blanc ): « Pour cette mesure on utilise la liste d’intégration que l’on émet à Nm chez des sujets dont l’identification phonétique peut-être considérée comme normale. L’épreuve est faite en biauriculaire en notant pour chaque phonème test la présence éventuelle d’une déformation, donc pour toute la liste la mesure donne un nombre de phonèmes déformés sur un total de cinquante phonème testés. On choisit ainsi plusieurs niveaux de bruit de façon à pouvoir tracer une courbe d’intelligibilité phonétique du rapport signal/bruit. Une fois le seuil déterminé pour quelques sujets l’étude est poursuivie au niveau du seuil, à 5 dB en-dessous et 5 dB au-dessus. Il faut déterminer quel niveau de bruit donne statistiquement environ une erreur. A ce niveau 95% des sujets ne doivent pas dépasser le chiffre de 3 erreurs sur cinquante phonèmes. Cette intensité de bruit correspond au niveau Bm. »(5) Précision de ma part : Lorsque le Professeur LAFON écrit « Nm + Bm », il faut comprendre que les mots de la liste B qui sont émis au niveau Nm dans les deux oreilles à la fois sont mélangés au bruit blanc émis, lui, au niveau Bm également dans les deux oreilles à la fois. Avec un bruit blanc, j’émets au casque en biauriculaire les mots de la liste A à 90 dB SPL, les mots de la liste B à 90 dB SPL mélangés à un bruit blanc de 75 dB SPL . M. Léon DODELE, notre renommé collègue audioprothésiste, a mis en avant l’Onde Vocale Globale (OVG). On trouve cette OVG sur la piste 2 de la liste de balayage du CD du CNA. J’ai ainsi pu rechercher, en utilisant l’OVG, le niveau Bm avec le même procédé que celui qui permet de chercher le niveau Bm en bruit blanc. J’émets donc maintenant au casque (ou aux inserts) en biauriculaire les mots de la liste A à 85 dB SPL (l’insert étant plus près du tympan, j’ai diminué le niveau Nm de 5 dB SPL par rapport à celui utilisé au casque), les mots de la liste B sont émis à 85 dB SPL mélangés à l’OVG émise à 70 dB SPL. Merci d’avoir pu maintenir votre attention jusqu’ici ! Emoji Dans le prochain article j’entrerai dans le détail des valeurs que l’on peut trouver, dans le cas d’une surdité de sénescence, pour A, B et IA-BI.
JYM(1) Page 132 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ». (2) Page 152 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ». (3) Page 153 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ». (4) Page 153 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ». (5) Page 136-137 du livre « le test phonétique et la mesure de l’audition ».

LAFON 11 LE CANAL PROTHÈSE-COCHLÉE

Dans le droit fil de la liste cochléaire et de la liste de recrutement, il me semble utile de diffuser ces phrases issues des pages 187 – 188 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » : « Le raisonnement qui fait intervenir la compensation d’une perte tonale est entièrement erroné pour la plupart des surdités… Ce qui compte dans une surdité de perception c’est plus la valeur du champ auditif que celle du seuil d’audition. Nous venons de voir que l’indication de la courbe de réponse à utiliser ne dépend pas de la forme du seuil tonal suivant les fréquences, mais des distorsions présentes dans le champ auditif. Une prothèse n’est pas là pour compenser un déficit auditif mais pour augmenter la qualité de l’identification de la parole. Il est nécessaire de faire passer le maximum d’information dans le canal prothèse-cochlée. Il faut donc diminuer non seulement les « bruits » provoqués par la distorsion acoustique des prothèses, mais également ceux qui sont engendrés dans la cochlée. Le sourd ayant une perte tonale importante pour les sons aigus, n’a plus les mêmes critères de référence pour les traits pertinents de la parole que l’entendant. Il utilise beaucoup plus les zones graves, en particulier celles qui sont à la limite inférieure de l’amplification prothétique habituelle. Donc au lieu de pousser l’amplification des aigus, il serait préférable d’augmenter celle des graves, en ce qui concerne les surdités de perception. Ce principe devrait être particulièrement appliqué dans les appareils surpuissants où l’intensité des aigus est proche du seuil douloureux dans une zone de fréquence dont l’audition n’est plus utilisée par le sourd. Pour les surdités de transmission par contre, la courbe légale est parfaite : il n’y a que l’intensité de la perception des sons à compenser, la résonance cochléaire étant normale, et les critères d’identification sont, par conséquent, semblables à ceux de l’entendant. Les listes du test phonétique se prêtent à l’étude des distorsions cochléaires… elles fournissent des indications précises concernant les possibilités d’appareillage » Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 190 – 191 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji : « The idea that in order to help a deaf person we simply have to compensate his tonal loss is entirely wrong in the majority of cases… What really matters in a perception deafness is more the state of the auditory field than the position of the auditory curve. We have seen that an indication as to what response characteristic to use is given not by the form of the tonal curve but by the distortions found in the auditory field. It is thus necessary that the maximum amount of information should pass through the channel formed by the hearing aid and the cochlea. This means that we must not only take into account the « noise » due to the acoustic distortion in the hearing aid, but also that produced in the cochlea. A deaf person with a large hearing loss at high frequencies will no longer use the same pertinent features of the speech he hears as a normal person. He uses the low frequencies much more, in particular those at the lower end of the normal amplification range of a hearing aid. Instead therefore of increasing the amplification at high frequencies, it is actually preferable to increase it at low frequencies as far as perception deafness is concerned. This is particularly important in super-power models, where the intensity at high frequencies is near the pain threshold, even though these frequencies are not used by the deaf person. In transmission deafness, on the other hand, the legal curve is perfect: the only thing that needs to be done is to compensate the subjective intensity of the sound, the cochlear resonance being normal; the identification criteria are therefore the same here as for a normal person. The phonetic test lends itself to the study of cochlear distorsions… and giving precise indications about whether or not to use a hearing aid »
Vous allez sûrement relire plusieurs fois toutes ces phrases écrites par le Professeur LAFON. Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.
JYM