Les appareils auditifs à travers le temps : deux siècles pour mieux entendre

Written by bricedebrest on . Posted in Audioprothese, Histoire de l'audioprothèse

C’est le titre d’une exposition organisée par la JNA (journée nationale de l’audition) du 1er au 15 mars dans le hall de la mairie du XXème arrondissement à Paris. Correction : mairie du Xeme     10 eme     dixieme arrondissement !!!

Y sont présentés plus d’une trentaine de cornets acoustiques, des dizaines d’appareils à grenaille, à lampe, à transistor mais aussi des lunettes auditives, des audiomètres et des implants cochléaires. Des panneaux d’explications viennent orienter les visiteurs dans les grandes lignes de ces diverses technologies.

Les pièces présentées sont particulièrement intéressantes, nombreuses sans être rébarbatives et couvrent (presque) tout le champ de l’aide auditive.

Il s’agit avant tout d’une manifestation destinée au grand public, elle n’entre donc pas dans les détails des technologies et des réglages. Cependant tout audioprothésiste devrait s’y rendre ne serait-ce que pour voir ces beaux objets réunis en un lieu public pour la première fois et en imaginer « l’adaptation », comparée à notre activité informatisée actuelle. Les courbes de réponses et possibilités de réglages ne sont pas indiquées, ce serait envisageable dans un autre cadre.

Quelques critiques cependant :
M Zylberberg, chargé de l’organisation, a fait appel à quatre collectionneurs (dont moi-même) qui ont été mis à contribution pour apporter ce qu’ils jugeaient représentatif.

Malheureusement l’absence de concertation entre collectionneurs déséquilibre un peu les vitrines : certaines vitrines contiennent ainsi des technologies disparates qui auraient du être disposées dans les vitrines thématiques (périodes et/ou origines). Les contours et intra-auriculaires, plus petits et moins spectaculaires ne sont pas présentés. C’est dommage parce que les visiteurs n’ont pas d’aperçu de la miniaturisation récente de ces appareils et de leurs performances techniques.

Deuxieme critique, mais cet article va la corriger, les pièces maîtresses ne sont pas mises en valeur parmi l’ensemble, mais il s’agit là d’une question de spécialiste.

Alors pour ceux qui vont se rendre à l’exposition, voici les objets qu’il faut absolument repérer :
Cornet en forme de louche (dipper) : les plus anciens et les plus volumineux modèles
Cornet « double conques » sur serre-tête : il y a un modèle dont les collecteurs vous feraient ressembler à Mickey.
Cornet « face à main » en écaille de tortue, matière rare.
Masseur de Delstanche (1885) : appareil médical visant à rééduquer le tympan
Parleur du Dr Laimé (1908) : un des premiers sinon le premier appareil auditif français.
Inducteur acoumétrique du Dr Foix (1916) : premier appareil pour mesurer l’acuité auditive fabriqué en série en France et utilisé entre les deux guerres mondiales.
Audiomètre Maico D5 (1937) : premier audiomètre américain commercialisé en dB de perte auditive (HL)
Multitone VPM (vest Pocket Model) : premier appareil américain à lampes en 1938.
CHORIMAC : premiers systèmes d’implants cochléaires français dont le processeur fait penser par sa taille et sa forme à un autoradio.

Dans l’espoir que cette exposition vous intéressera et fera peut-être naître quelques échanges entre connaisseurs de cette histoire.

Bonne visite

Histoire de l’audioprothèse/audiologie : quelques ouvrages

Written by xavdelerce on . Posted in Histoire de l'audioprothèse

Suite à la parution de ce billet sur J.E. FOURNIER, j’ai reçu un mail de Mr Guy Cobolet (Bibliothèque Interuniversitaire de Santé, 12 rue de l’Ecole de Médecine, 75006 PARIS) me signalant que la B.U. venait de faire l’acquisition de l’ »Abrégé d’audiométrie de Fournier (1ere édition, 1948) ».

Ce monsieur me signale aussi la disponibilité d’ouvrages « anciens » sur divers sujets audiologiques concernant « les sourds » (pas de langue de bois à l’époque !) et la « mutité » (pas trop de langue des signes non plus…). Voici un extrait de ce catalogue, jettez un coup d’oeil, beaucoup de d’ouvrages ont été numérisés.

Si vous vouliez un extrait en version numérique de cet ouvrage, la 3ème édition (plus dispo à la vente), faites le moi savoir (delerce.xavier@gmail.com).

Sébastien GENY@Xavier DELERCE : RECD versus in-vivo, la « gymnastique » des signaux !

Written by Sébastien GENY on . Posted in Audioprothese, Aurical, Chaînes de mesure, Investigations audiologiques, mesure in vivo, mesure in-vivo, RECD

Un petit message de soutien de la part de tous nos lecteurs pour que tu continues à nous abreuver de ton savoir de tes tatonnements sur la RECD, l’in-vivo et tutti quanti ! Et quelques questions aussi ! j’avoue humblement quelque fois avoir des questions et le temps n’aidant pas, je ne commente pas ! Alors voici un question réponse (en décalé) :

SG : Alors pour commencer (comme ça paf !) et si je te suis bien, tu proposes d’utiliser systématiquement la RECD au détriment de la mesure in vivo classique ? quels sont les avantages ?

XD : Non, nous faisons RECD ET in-vivo !!! (ceinture plus bretelles ?). Je t’explique: nous mesurons nos seuils aux inserts EAR 5A. Les inserts ont pas mal d’avantages (isolations aux bruits extérieurs, transferts trans-crâniens plus limités, etc…) mais surtout, comme ils sont étalonnés sur coupleur 2cc; et tu sais que le RECD est la différence entre le niveau dans le coupleur et celui dans l’oreille, alors la mesure du RECD nous permet, en gardant la même mousse, de savoir en dB SPL au tympan quel est le niveau qui a fait répondre « oui » à un patient. Le RECD est donc utilisé ici pour construire le SPLoGramme et avoir des cibles en dB SPL au tympan mesurées et non statistiques. Mais on pourrait utiliser les RECD statistiques des formules de mesure, ça collerait déjà pas mal.

Le RECD pourrait aussi servir à « simuler l’oreille au coupleur » en renseignant le coupleur sur les niveaux mesurés in-vivo, mais ce n’est pas le but premier recherché, même si cette démarche est utile avec des enfants chez qui la MIV est impossible.

Les logiciels font ensuite (devraient faire…): SPL tympan = HL + RETSPL EAR 5A + RECD , c’est automatique si tu fournis HL et RECD. Mais si tu ne fournis que les données audiométriques HL (sans avoir mesuré de RECD), les logiciels appliqueront un RECD statistique en fonction de l’âge, et même dans certains cas en fonction de leurs propres mesures en labo (avec effet d’insertion, évent, etc…).

Mais quand on travaille aux inserts, il faut SURTOUT dire à tous les logiciels et au REM que les seuils sont issus d’inserts, car les dérivations sont très différentes selon qu’il s’agit du casque ou d’inserts.

Pourquoi les inserts ? (question que tu n’as pas posée ;-) )

Car les « dérivations HL–>SPL tympan », c’est à dire les stats de conversion HL–>SPL de NAL ou DSL, pour les casques, bof…

Je m’explique: en fouillant un peu, on s’aperçoit que plus le « coupleur d’étalonnage » est grand (env. 6cc pour le casque), plus le niveau estimé au tympan en dB SPL sera TRES aléatoire, car la variabilité inter-individuelle est énorme (et je parle d’adultes là… tu imagines les enfants !). Et pour le casque il n’existe que difficilement des tests permettant de savoir si xdB HL sont émis par l’audiomètre, quel est le niveau en dB SPL résultant au tympan: seule une mesure, la REDD, permettrait ceci. Le matériel est rare, la procédure de mesure, un peu délicate…

Pour l’insert (calibré sur 2cc), c’est donc un volume résiduel plus petit, donc un risque de variabilité plus faible. Et en tout cas, si vraiment on voulait être précis, il est plus courant (et aisé ?) de mesurer un RECD qu’un REDD…

Tout ça pour dire que faire de la mesure in-vivo c’est bien, mais ce n’est pas suffisant en soi si on ne connait pas précisément en dB SPL en fond de conduit ce que perçoit le patient. Et je pense que l’audiométrie aux inserts, qui ne change finalement pas grand chose à nos habitudes, permet plus de précision dans ce sens.

J’enfonce le clou: par exemple, DSL dit « préférer » (et NAL aussi d’ailleurs…) les inserts. Mais on les comprend bien, car dans dans le cas d’une audiométrie faite au casque:

  • NAL va passer en dB SPL par la formule SPL tympan = HL + REDD. Ce REDD est statistique (pages 18 et 57), propre au NAL, mesuré sur x patients (en espérant que le votre soit dans la moyenne !!).
  • DSL va passer en dB SPL  par SPL tympan = HL +RETSPL (de HL à SPL pour oreille artificielle) + Coupleur 6cc au tympan. La dernière valeur (coupleur 6cc au tympan) est le résultat d’une étude de Cox en 1986 portant sur 5 femmes et 5 hommes… pas beaucoup !

Le casque est « historiquement » ancré dans les habitudes, mais l’insert serait plus approprié pour l’audio, qui lui, est plus intéressé par le niveau en fond de conduit.

Je reviens juste sur le RECD: utile ou pas ? Fiable ? « Répétable ? Symétrique ? Munro vous dira tout !

Donc le RECD ne sert QUE si tu mesures tes seuils aux inserts, faut-il le rappeler.

On peut aussi mesurer le RECD avec l’embout (HA1 ou HA2 embout) pour simuler au coupleur le comportement in-vivo (pour les enfants). Je ne le fais pas pour les adultes. Thierry RENGLET a fait une présentation au congrès 2010 sur toutes les façons d’utiliser audiométrie aux inserts et le RECD (pages 78 à 83).

Note: sur Aurical, tu peux directement mesurer en dB SPL au tympan par le ME-intra ou inserts EAR… très classe ! Il faut le redire aux possesseurs d’Aurical qui font de la MIV: c’est un des rares matériels disponible en France à pouvoir mesurer directement en SPL fond de conduit (/page pub off/).

SG : J’avoue humblement que j’ai des difficultés quelquefois à évaluer les différences techniques dues à l’usage de l’ISTS (que j’utilise systématiquement, c’est logique ;-) ) et des sweep tonaux. Quel est l’avantage à utiliser un glissement fréquentiel ?

XD : l’ISTS permet de ne pas désactiver les RB et autres systèmes sur les AA. A l’atelier du congrès, j’avais montré le comportement en sweep et à l’ISTS d’un appareil: +15dB de gain à l’ISTS avec certains appareils récents et orientés détection de la parole. Ca permet aussi de faire quelque chose de didactique aux gens: « voici les consonnes sifflantes…que vous n’entendez pas ! et les voyelles, etc… ». Et enfin, avec de tels signaux, l’audio peut « voir » à quel point la parole est quelque chose de ténu, fluctuant, etc… et à quel point la moindre baisse d’audition prive une personne très rapidement d’informations vers le 6KHz, ou de bas niveau.

Quand j’entends parler de bandes passantes jusqu’à 6, 8 ou 10KHz, je rigole doucement ! Avec l’utilisation de signaux vocaux tel l’ISTS en MIV, si le 4KHz passe, c’est déjà bien… Et ce n’est pas un argument « bidon » que de dire aux gens « Appareillez-vous le plus tôt possible » car quand tu utilises la voix comme signal de test, tu t’aperçois vite que le meilleur appareil, c’est l’oreille pas encore trop dégradée !

SG à XD : MERCI !

XD à SG : PAREIL !

Les commentaires récents

xavdelerce

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Quand j’ai écrit ceci (une AA programmable par un réseau donné), j’étais en pleine « audiofiction » (même moi je n’y croyais pas).
Là, cette histoire belge ne fait pas rire. Du tout…
Que peut on attendre comme garanties d’un fond de pensions ?

Martin Arantxa

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Pour Clément :
J’ai reçu recemment un patient belge appareillé il y a 6 mois avant de venir vivre en France avec un appareil de marque LAPERRE !
Esthétique identique à un phonak, même coque , je vais me renseigner lui dis-je !
J’appelle mon commercial qui me dit qu’il s’agit en effet d’un appareil phonak vendu en belgique dans leur propre réseau de distribution.
Comment puis-je le programmer alors ? Et b’en on ne peut pas ! Le logiciel de programmation est uniquement fourni aux magasin LAPERRE ; Le patient n’a plus qu’a changer d’appareil ou à repartir se le faire régler en Belgique .
Pourqui celà n’arriverait-il pas en France ?Ne soyons pas crédules !

Pour ceux que ça interesse, nous avons avec quelques audios furieux de cette annonce ouvert un topic sur facebook ou le débat fait rage !
Si ça vous intéresse de nous rejoindre , je sollicite l’autorisation de Sébastien Geny pour mettre le lien ici .
Nous sommes déjà 622 audioprothesistes inscrits sur ce topic facebook et ça augmente tous les jours;
Merci

xavdelerce

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Ouahhh ! Comment tu fais pour rayer des phrases sur le blog ?
Trop fort…

Clément

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De mon point de vue Sonova ne fait qu´officialiser ce qu´il est coutume de retrouver dans de nombreux cas et de nombreaux pays, et la France n´y échappe pas. Je doute que Sonova propose un modèle du type « aides auditives spécifiques Audition Santé ». Ils ont une vision très « patient orientée » et ne se couperont pas l´ensemble du marché par des mesures jugées trop « clientélistes ». Phonak et Sonova sont appréciés non pas pour les prix qu´ils pratiquent vis à vis de leur clients audioprothésistes mais principalement pour 1. la qualité des produits 2. la qualité du service offert. Leur histoire avec Audition Santé fut la même que celle qu´entretiennent nombres de fabricants avec des réseaux ou des clients importants. C´est à dire une certaine forme de reconnaissance vis à vis d´une grande fidélité. La situation aujourd´hui fait montre d´officialisation, ce qui n´est pas toujours innérant à la profession, et représente également un investissement qui suit la stratégie de diversification de Sonova. Je ne pense également pas que les prix pratiqués sur les produits du groupe dans les centres Audition Santé seront très inférieurs aux autres centres proposant les mêmes produits. J´ai pu personnellement apprécier leur philosophie mais cela n´engage que moi :-)

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