Catégorie : Audioprothesiste

Il y a une semaine de cela, une jolie demoiselle vient me voir… Elle se dit gênée dans les situations bruyantes. Elle avait déjà rencontré un Médecin ORL qui lui avait annoncé sa perte auditive. Dans la foulée, il lui avait prescrit une ordonnance. Cadre dans la grande distribution, elle était de plus en plus mis à l’écart dans les groupes de travail de l’entreprise.bref, elle se rendait compte que renouer avec le monde passait hélas par un appareillage auditif, stigmatisant son arrivée dans le groupe des quadras depuis quelques mois !

habituée à l’internet, elle a google-isé « audioprothèse » ou « sonotone » et elle atterrit, paf, sur le site de sonalto… qui lui fournit une liste détaillée des pharmaciens délivrant le désormais célébrissime Octave ! Ainsi, bardée de sa liste, elle se rend chez un pharmacien, qu’elle ne connait pas… à quelques km de chez elle et après dépôt du chèque de caution, obtient le droit d’essayer le précieux assistant d’écoute ! Celui-ci lui déballe sur le comptoir et en 2 minutes lui explique comment ça fonctionne ! rapidement, car il y avait du monde derrière …

hélas, trois fois hélas, ça ne « morche pas » ! Au mieux, une légère résonance… Elle rend le dispositif erroné en provoquant l’ire du professionnel du médicament qui ne comprend décidément pas, mais alors vraiment pas, pourquoi ça ne fonctionne pas… il lui propose d’essayer 2 semaines de plus… Si, si !

fig. 1  Audiométrie tonale

Fig 2. Mesure ISTS 3 niveaux sans aides auditives pour évaluer la gêne

Fig 3. Réglages fournisseur

Légèrement échaudée, elle s’arrête nette dans ses recherches en se disant que non, non, non elle ne portera pas d’aides auditives, ça ne fonctionne pas… Quelques cycles lunaires plus tard, elle se rend à l’évidence tout va de mal en pis… Désormais, elle ira chez des professionnels qui s’y connaissent !Après avoir fait le tour elle finit chez votre serviteur (et oui, il faut bien une fin heureuse). Après une heure d’explications et moult tests,  elle se dit convaincu pour un essai ! 3 semaines plus tard, elle se décide car l’essai de 3 semaines ponctué de 4 rdv lui a permis de s’adapter tranquillement à son aide auditive gauche (en attendant de s’équiper de l’autre coté, choix personnel…) ! Elle a trouvé l’approche pro, pédagogique et efficace. Pour l’histoire, elle ne m’avoué qu’à la fin son parcours du combattant.

Morale de cette histoire : « continuons à bien travailler, gardons en tête quotidiennement que la qualité et le professionnalisme, ça paye ! »

* …

A l’heure du désengagement de l’Etat dans les contrôles de conformité acoustique (et technique) des centres d’audioprothèse (fin du contrôle par les DDASS), nous sommes donc aujourd’hui dans une situation un peu floue.

Certes, il est toujours nécessaire de fournir un certificat de conformité acoustique aux autorités compétentes, mais ce contrôle peut être réalisé par le vendeur même du matériel… Vous refusera-t-on un certificat de conformité quand vous aurez signé un chèque de plus de 15000€ de matériel (et oui, mesdames et messieurs les non-audioprothésistes lecteurs de ce blog: ça coûte cher de travailler correctement !) ? Et je ne parle même pas ici du coût des travaux d’isolation/correction acoustique…

Si, justement, j’en parle !

Que penser aujourd’hui de l’installation « à la sauvage », alias « en Corners », terme pudique désignant « le-local-du-fond-du-buraliste-ou-du-vendeur-d’après-shampoing-ou-du-boucher-charcutier-et-qui-pourrait-servir-à-vendre-deux-ou-trois-bécanes-par-mois ». Si le local en question a été pensé de A à Z en termes acoustiques, OK (encore que le service rendu aux malentendants d’avoir un audio une demie-journée par semaine…), mais si on se contente de « la porte est bien jointée, là ! », on frise l’arnaque. Pas vu, pas pris…

Si, justement, ça pourrait ne plus passer inaperçu !

Regardez (document qui m’a été transmis par Christian MEYER-BISCH):

Je reprends les termes « manquements à la conformité des locaux », « manquements au contrôle de qualité interne », « manquements à l’hygiène ». Termes tout à fait applicables à n’importe quelle profession médicale et para-médicale.

Qui pourrait donc engager une telle procédure vis à vis d’un centre « défaillant » ? Le syndicat ? Peut-être, mais sur demande d’un confrère. Un patient ? Plus sûrement, après plainte auprès des autorités compétentes.

Donc attention, contrairement aux apparences ces dernières années, les contraintes en termes de matériel, d’isolation phonique, d’hygiène, de diplôme (!!), etc., n’ont pas changé. L’abandon par les DDASS des contrôles, la quasi-inexistence d’actions menées par la sécurité sociale ou autres organismes pourraient faire croire à une réduction des exigences, ce qui n’est pas le cas.

Espérons que le volontariat d’audios acceptant de s’engager dans la normalisation AFNOR permettra, aux yeux des consommateurs, de faire un tri qualitatif.

Et justement, chers « consommateurs », posez-vous les bonnes questions: à l’heure où fleurissent des « plates formes mutualistes » du type de celles que veulent monter MALAKOFF-MEDERIC/KALIVIA, GROUPAMA, la MGEN, SANTECLAIR, etc., uniquement basées sur les prix (jamais je n’ai entendu parler de qualité,ça a l’air secondaire…), demandez-vous jusqu’où peut « descendre » un prix sans toucher à la qualité de service, c’est à dire à l’équipement du centre et la formation de son personnel.

XAVIER AUDEBERT  (son nom est cité avec son accord) , audioprothésiste, nous fait part de son expérience d’une plateforme mutualiste (même si j’ai un petit doute sur earlib, je pense que c’est une plateforme privé sans lien avec une mutuelle et qui travaillait avec coselgi…). Un peu au vitriol, il nous raconte ses espoirs et déboires ; tout le monde en prend un peu pour son grade, vous jugerez par vous même ! Pour rassurer Xavier, je crois qu’il est important de mentionner que le syndicat travaille, mais effectivement, il faudrait qu’il communique mieux à destination de ses adhérents ! D’ailleurs êtes vous syndiqué 😉 ?

Bonne lecture à tous !

Bonjour,

Pour faire suite à l’article posté, j’aimerai faire partager notre expérience :
concernant l’afflux de nouveaux « clients » envoyés par la mutuelle, entre le discours de la mutuelle et la réalité il y a un énorme écart.
Pour obtenir des infos et tester la véracité des propos de Malakof mederic, j’ai adhérer à leur offre « earlib » sensée amener un afflux important de contacts ( et oui, 6 millions d’assurés, cela fait du monde). Après avoir renforcé le nombre de chaises dans les salles d’attentes, constitué un stock massif du contour entrée de gamme GN RESOUND ( le moins cher et le plus gros), nous avons patiemment attendu les appels pour la prise de rendez-vous, et là … surprise .. 2 appels en 1 an qui se sont soldés par un renvoi du premier patient vers un collègue audio proche de son domicile ( celui-ci venait pour le prix et a finalement fait l’acquisition d’un appareillage à prix raisonnable avec un service proche de chez lui), le deuxième patient, très aisé financièrement, a été très surpris de la proposition de la mutuelle quant à la qualité du produit mutuelle et du service au rabais imposé par la mutuelle à l’audio. Il a fait l’acquisition de contours siemens étanches, adaptés à sa perte et ses activités nautiques et ne comprend pas que sa mutuelle lui propose une offre au rabais alors que ses cotisations augmentent régulièrement.
2 rdv  pour nos 5 labos, avec une exclusivité pour tout le département … les mutuelles mentent lorsqu’elles annoncent une orientation des patients vers nos centres. C’était déjà le cas avec Santéclair qui réorientait en fait uniquement vers optical center, les nouveaux réseaux agissent de la même façon. Sur quelques forums d’opticiens, on peut d’ailleurs remarquer qu’ils sont aussi déçus par les promesses des assureurs et des mutuelles.
La seule réponse à apporter est de ne rien signer avec les mutuelles: nous avons notre patientèle ( fidèle), nos prescripteurs, de bonnes relations avec nos fournisseurs, notre qualité de travail et de service reconnues dans nos villes … désolé Malakoff, mgen, maaf, mma et bien d’autres, nous n’avons pas besoin de vous et les patients non plus.
Les audioprothésistes indépendants sont capables de rendre l’appareillage accessible à ceux qui ont peu de moyens avec un niveau de service identique aux autres patients. Laissons les optical center et compagnie signer ces contrats et renvoyons leur les patients à qui ils ont vendu du matériel et qui viennent le faire régler et suivre chez nous.
En continuant à faire un travail de qualité et sérieux, nous pouvons parfaitement justifier nos tarifs face à nos patients et nous protéger des appétits de certains.
Soyons fiers de notre métier et protégeons le, chacun individuellement en faisant les bons choix de gestion et de méthode de travail.
Un compagnon de l’audition
PS :  quelle est la position du syndicat face à ces changements annoncés ?
L’absence de réponses et de propositions du syndicat sur ces sujets ne montre t il pas un réel éloignement  des préoccupations des « petits » audioprothésistes indépendants ?

Un article paru récemment dans Ear and Hearing , The Placebo Effet and the Influence of Participant Expectation on Hearing Aid Trials, me semble très intéressant à plus d’un titre:

  1. C’est un des rares articles à s’intéresser à ce problème en appareillage auditif. En effet, une seule étude en 2003 de R. Bentler avait tenté d’évaluer l’effet placebo en appareillage auditif (on en reparlera plus loin).
  2. D’innombrables études nous sont fournies par les fabricants nous vantant la supériorité du dernier modèle par rapport au précédent.
  3. Nous cherchons des fois nous-mêmes (audioprothésistes) à comparer et faire comparer à nos patients des performances supposées d’aides auditives.

J’avoue que je me méfie toujours d’une période « lune de miel » avec l’appareillage auditif, notamment en renouvellement, lorsque les attentes sont importantes (ça peut-être aussi la cata…). A la lecture de cet article, j’avoue remettre en question quelques pratiques et comprendre aussi les stratégies marketing, finalement très très élaborées en la matière.

Pour reprendre les points évoqués plus haut:

Point 1 (l’effet placebo en AA):

Tout d’abord, l’effet placebo n’est pas négligeable: il est évalué comme entrant en jeu dans 35 à 70% des réponses, de façon plus ou moins importante bien sûr. Les tests d’appareillage auditif n’échappent pas à la règle, que ce soit en « tests labos » ou « tests audios ». Quelles que soient les données démographiques, d’intelligence ou de personnalité, personne n’y échappe.

Une des causes les plus importantes d’effet placebo décrite est le « labeling » d’appareil auditif, c’est à dire l’action consistant à « labelliser », à savoir présenter un produit dans le but d’en mettre en évidence de supposées performances.

Ruth BENTLER et coll., en 2003 avaient présenté à des patients deux types d’aides auditives, une « conventionnelle » et une « numérique ». Certains patients influencés par le mot magique (« numérique »), alors même qu’ils essayaient sans le savoir une aide auditive analogique, présentaient jusqu’à un mois « d’effet numérique » dans leurs performances (vocale dans le bruit, HINT).

Point 2 (l’effet placebo et la communication des fabricants):

L’effet placebo diminue avec de strictes conditions d’administration des tests:

  • les études « ouvertes » sont les plus exposées (le patient et l’expérimentateur connaissent ce qu’ils essayent et font essayer)
  • les études en « simple-aveugle » le sont logiquement moins (le patient ne sait pas ce qu’il teste)
  • les études en « double-aveugle » sont les moins exposées (ni le patient ni l’expérimentateur ne savent).

L’attente des patients peut totalement fausser un test. En reprenant plusieurs études sur plusieurs années, il apparait que systématiquement les études « ouvertes » montrent une amélioration de l’intelligibilité dans le bruit (HINT) avec les « nouveaux appareils », un peu moins en « simple-aveugle », et… pas du tout d’amélioration en « double aveugle » ! (oh-bé-mince-alors-qu’est-ce-que-je-vais-dire-à-mes-clients-moi ?).

Mais les études en « double-aveugle » sont rares, car il est difficile d’adapter une aide auditive et de ne pas savoir à quoi on a à faire.

La question que se posent les auteurs, et que je me pose aussi: « Que valent les études des fabricants ? Quelles sont les conditions de test ? ». Si on additionnait les améliorations de l’intelligibilité dans le bruit sur plusieurs années, on en serait à S/B -100dB !

Autre chose aussi: le design. Pourquoi pensez-vous que les coques soient si belles aujourd’hui ? On entend mieux avec un joli appareil, c’est prouvé ! (mais seulement 4 semaines, c’est dommage !). Pourquoi croyez-vous que les « lancements » de nouveaux produits se fassent en fanfare ? Pour « gonfler » les audios, car un audio « persuadé » donne de meilleurs résultats en « simple-aveugle », c’est prouvé aussi (mais 4 semaines aussi…).

Point 3 (l’effet placebo dans le quotidien de l’audioprothésiste):

Et dans notre quotidien ?

Eh bien, force est de constater que nous sommes (involontairement, j’espère) les champions des études « ouvertes ».

Nous savons ce que nous administrons (quoique…) et nous le disons à nos patients. Nous les préparons à mieux , en quelque sorte.

Ceci remet donc totalement en cause la notion « d’essais ». On n’essaye pas des aides auditives: avec la technique d’adaptation actuelle disponible (in-vivo, tests dans le bruit, TEN-Test, etc…), il est rare de faire une grosse erreur. Comparer deux modèles est faussé par nos attentes et celles du patient. On pourra certes parler « d’adaptation » et y passer des semaines si on veut, mais pas « d’essais ». Il faudrait pour cela être en double aveugle.

Il faut savoir garder une certaine distance vis à vis d’une réaction trop positive d’un patient qui peut être influencé par notre compréhension, gentillesse, prestige (!), et même… notre belle chemise (ou robe) bleue du jour ! (c’est prouvé 😉 ). Gardons à l’esprit que de meilleures performances d’intelligibilité dans le bruit sont objectivement mises en évidence si le patient croit avoir l’appareil qui va bien pour ça (« le nouveau »)… mais quatre semaines.

Il faudra gérer ensuite une déception à la hauteur d’un promesse et/ou d’une attente trop importantes.

Pour la petite histoire: l’article auquel il est fait référence (Ear and Hearing, vol. 32, N° 6, 767-774) a testé en « étude ouverte » un appareil STARKEY dernier modèle, conditionné dans deux coques (une jaune et une beige). Les réglages étaient strictement identiques pour les deux coques, mais l’un était présenté comme « le nouveau » et l’autre comme « l’ancien ». On a demandé aux patients de juger divers critères subjectifs comme la qualité du son, et d’autres plus objectifs comme l’intell. dans le bruit. Les patients sachant (croyant savoir) ce qu’ils essayaient, devinez quels ont été les résultats ? Mais si, vous savez: le « nouveau » était mieux sur tous les points (confort, clarté, intelligibilité dans le bruit, etc.). C’était pourtant le même appareil, le même réglage. Juste une couleur de coque…

Ce n’est peut-être pas le lieu pour poster ce billet mais comme un individu seul ne peut facilement obtenir un droit de réponse, j’utilise l’espace disponible.

A l’heure ou les sondages d’opinions, encadrés par la loi et des normes statistiques sont confrontés à une polémique sur leur validité,
on peut s’interroger sur la rigueur des enquêtes journalistiques à base de « clients mystères ».
A vouloir être mystérieux on oublie peut être de se renseigner avant de construire l’enquête et on oublie de poser les bonnes questions par rapport au coût.

Suivie de près par une émission sur France Inter où le seul invité « audioprothésiste » n’est pas en exercice… l’article de Que Choisir m’a un peu fait réagir.
Il est étonnant de constater la coïncidence avec laquelle ce sujet est abordé par les médias lorsque SantéClair ou Afflelou s’y intéressent.

Il convient de critiquer la méthodologie puis de débattre du fond.

Représentativité de l’enquête :
S’il est vrai qu’il existe 3 types d’exercice de la profession la classification des enseignes dans l’article est erronée :
– les audioprothésistes salariés d’un groupe succursaliste : Audika, Amplifon, Optical Center, Audition mutualiste
– les audioprothésistes indépendants sous enseigne commune : Entendre, Dyapason, Audio 2000 mais aussi Audition Conseil, Audition Santé
– les audioprothésistes indépendants sous leur propre enseigne

On constate déjà que l’enquête a oublié Audition Conseil (300 sites) et Audition Santé (400 sites, moitié succursalistes et moitié indépendants sous enseigne)
L’enquête portait donc sur l’ensemble des audioprothésistes mais en oublie deux acteurs majeurs et fait le classement de 8 enseignes.


sources : capture d’écran des enseignes.

Constituée de 40 enquêteurs, 160 points de ventes sont visités mais 15 personnes se feront réellement appareiller, et au final « notre expert, lui a été plus sévère. […] c’est pourquoi les appréciations parfois très positives ont été modérées […] ».
Ce qui signifie que les points de ventes ont été testés sur les devis en moyenne 20 fois mais qu’ils n’ont été testés sur le travail d’adaptation prothétique et de suivi moins de deux fois par enseigne !
Autant les succursalistes peuvent avoir des pratiques proches car issues de décisions centralisées autant les réseaux d’indépendants sous enseignes et plus encore les indépendants sont directement dépendant de leur gérant.
De ce fait juger « les indépendants » avec au mieux 3 appareillages parait complètement absurde.

Qui est l’expert ? De quel droit et sur quel base peut-il être plus sévère que les 15 (seulement) enquêteurs réellement appareillés ? Est-il exempt de tout conflit d’intérêt ?

Qui a payé les appareils auditifs ?

Bref autant de questions qui relativisent la validité de l' »enquête ».

Critères étudiés :
Quel est le travail de l’audioprothésiste ? Aider au choix de l’aide auditive, faire et valider les réglages, accompagner le patient dans l’accoutumance et faire le suivi dans le long terme (audiométries, entretien, réglages et petites réparations).
Sur quoi à porté l’enquête ? La qualité de réalisation du devis pour 160 devis (75% de la note) et pour 15 patients seulement une prestation partielle car sans le suivi dans le temps (25% de la note).

C’est un peu comme si on faisait un guide de tous les restaurants en notant pour 75% la présentation de la carte sur 160 d’entre eux et pour 25% le service (sur 15 d’entre eux) mais jamais la qualité des plats..

Enquête (?) sur les prix :
Les chiffres fournis sont ceux de SantéClair (concurrent de la mutualité et ne pouvant absolument pas être qualifié de neutre dans ce débat) et non les devis de l’enquête…. or SantéClair revendique des prix 40% plus bas et adresse ses assurés chez … Optical Center…
Que doit-on croire ?
Pourquoi ne pas demander les chiffres réels de vente (et non les devis) à l’assurance maladie ?

On cite 60% de marge brute ; est-ce vérifié ? qu’est-ce que cela signifie ?

Comment est utilisée cette marge ? Quel est la part nécessaire à la formation des professionnels dans un métiers qui évolue très rapidement ? Quel est la part de la publicité dans un secteur sous forte pression concurrentielle ? Quels sont les investissements matériels nécessaires pour utiliser des techniques rapidement changeantes ? Que reste-t-il de bénéfice ?

C’est cette répartition qu’il faudrait discuter et mettre en perspective avec d’autres domaines de la santé  : les médicaments, les analyses de laboratoires, le matériel médical divers et varié mais aussi d’autres secteurs : les produits vendus en l’état  comme les vêtements; l’informatique, la grand distribution… les produits de premieres nécessité (l’eau, l’électricité, les transports…) et surtout les services : soignants, conseils, juristes, comptables, architecte,  et bien sûr assurances qui viennent nous proposer de baisser nos prix. Allianz par exemple qui a mis en place avec MAAF la structure « SantéClair ».

Résultat opérationnel Allianz

http://www.allianz.fr/pdf/18/plaquette_allianz.pdf

Quelques bonnes observations tout de même :
« Les panélistes se sont déclarés plutôt satisfaits du travail et du suivi effectués par les audioprothésistes. […] notre expert, lui a été plus sévère. […] c’est pourquoi les appréciations parfois très positives ont été modérées […] »

« les prix sont peu ou prou comparables et parfois bien supérieurs, notamment pour le haut de gamme en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, ou en Suède […] en revanche la somme restant après remboursement peut s’avérer faible voir nulle […] »

Voila encore une bonne question : le remboursement.

« les points de vente Optical Center consentent à des ristournes de … 1500€ en moyenne. Vous pensez faire une bonne affaire ? Pas tant que ça. »

« Le suivi » est important.

Les bonnes questions qu’il aurait aussi fallu se poser :

  • Combien d’audioprothésistes utilisent des méthodes de réglages objectives contrôlées et combien se contentent du préréglage des fabricants ?
  • Combien d’audiogrammes, de réglages, de conseils, de mesures de validation des réglages, de nettoyage et remplacement (gratuits) de petites pièces pendant la période de suivi  ?
  • Combien d’années de suivi ?
    En ne cessant d’affirmer sans preuve une durée de vie moyenne (!) de 4-5 ans on favorise le renouvellement abusif de professionnels peu scrupuleux.
    En réalité la durée de vie est nettement supérieure. Par exemple, en ce qui me concerne, je suis des appareils pendant plus de dix ans, la durée moyenne s’élevant à plus de 8 ans. Le forfait de prestation n’est ainsi plus du tout aussi « cher » que si on paye cette somme (et l’appareil) tous les 4 ans…
  • Quel est le véritable intérêt pour les assureurs de créer des partenariats ?
    En optique la « négociation » porte sur un « flux de clients potentiels » apportés par l’assureur en échange d’une baisse du prix pour l’assuré du réseau (au détriment des autres car il faudra bien équilibrer l’ensemble) et pourquoi pas d’une rémunération de l’assureur ainsi remercié d’apporter ce flux… Outre le fait que le client perd le choix du prestataire, il devient lui même une valeur qui s’échange… un actif objet d’une transaction…
    lire à cet égard ce qui se passe en optique : http://opticien-presse.com/news/news_details.php?rubnewsid=3185

Conclusion :
Comme toute profession libérale/prestataire de service, le prix de la prestation dépend beaucoup de la qualité du professionnel.
Iriez-vous comparer des médecins ou des avocats au mieux sur leur façon de faire un devis au pire sur leur tarif uniquement ?
Le prix doit être mis en rapport avec les méthodes de travail (et non seulement de devis) et la qualité et durée du suivi (à long terme).

Conseil si vous êtes audioprothésiste :
Ne vous ridiculisez pas à facturer des appareils très chers et des prestations à 1€ , cela signifie que vous ne servez à rien et que l’appareil est vendu en l’état.
N’ayez crainte de mettre en avant votre prestation, calculez votre tarif en fonction de la qualité de votre travail et continuez à vous améliorer.

Conseil si vous devez vous équiper :
Multiplier les devis, pourquoi pas, mais vous n’aurez une idée que d’un élément : le prix.

Méfiez vous des offres alléchantes,  le suivi étant vendu par avance, qu’est-ce qui vous garantit que dans 6 ans le professionnel choisi sera toujours en mesure de vous proposer des rendez-vous de qualité gratuitement comme la loi l’y oblige ? Ne préfèrera-t-il pas vous pousser à remplacer votre aide auditive dans 4 ans ?

Rappelez-vous que vous achetez aussi un service et que si celui-ci ne vous convient pas vous ne pourrez pas aller facilement voir un autre audioprothésiste pour les réglages !

Ne suivez pas la publicité et renseignez-vous, prenez des avis auprès des médecins, des associations de malentendants, de vos amis déjà appareillés…

Brice Jantzem,
audioprothésiste indépendant sous enseigne coopérative.

Ce billet n’engage que son auteur qui s’exprime uniquement en son nom propre.

Les plus anciens syndicats dataient d’avant la création du diplôme d’état d’audioprothésiste par la loi de 1967. A cette époque les aides auditives étaient distribuées dans les campagnes, par des représentants de commerce (les « itinérants »), par des pharmaciens (ayant parfois suivi une formation), par des opticiens, par des « acousticiens » (les « exclusifs »), par des commerçants de matériel électronique (TV radio etc..) dans leur magasin.

Avec l’obligation d’obtenir un diplôme pour exercer, dans des conditions définies par la loi, les pratiques ont évidemment convergé et les mentalités aussi.
Des différents syndicats -qui avaient déjà connus des remaniements- ne persistaient aujourd’hui plus que trois entités.

Même si des petites divergences liées à leur généalogie pouvaient exister, ces trois formations se sont depuis longtemps retrouvées sur des valeurs communes et avaient décidé de s’unir au sein de l’UNSAF. C’est donc l’UNSAF qui organisait le congrès des audioprothésistes.
Chaque syndicat oeuvrant à son initiative pour la défense de la profession.

Pour des raisons personnelles les adhérents choisissaient l’une ou l’autre des composantes de l’UNSAF ou préféraient ne pas choisir. Or la représentativité devant les pouvoirs publics est le seul garant de la légitimité de l’action syndicale, il faut par conséquent être unis mais aussi nombreux.

Face à des évolutions du marché tendant à faire croire qu’une aide auditive se vend -au pire- comme des chaussures ou -au mieux- comme des lunettes, nous devons insister et rappeler que notre travail est basé sur des examens préalables, une méthodologie précise, une prise en charge globale et est continu dans le temps.
Notre métier « de vente » ne peut donc être dissocié de celui d’adaptation sur mesure, d’accompagnement et enfin de suivi.

Ainsi le nouveau Syndicat National des Audioprothésistes a parmi ses objectifs de rassembler tous les professionnels salariés ou installés sur cette défense de nos conditions d’exercice qui est aussi dans l’intérêt de nos patients.

rajout du 6 avril 2011 : [ dans un premier temps le Syndicat va garder le nom UNSAF bien connu des différents acteurs. Peut-etre que les initiales ne signifieront alors plus « Union des syndicats d’audio »  mais « Union syndicale des audios »… ]

Espérons que l’unicité du syndicat fera adhérer sans état d’âme l’ensemble des professionnels concernés par l’avenir du métier.

Le site du SNA n’étant pas encore crée, tous les contacts sont donc à prendre auprès de l’ex-UNSAF : www.unsaf.org

B Jantzem

PS : et le SNITEM ou le SYNEA c’est quoi ??
Le Syndicat National de l’Industrie des TEchnologies Medicales comporte une branche regroupant les fabricants d’aides auditives. Il s’intéresse à la technologie et à sa fabrication et non au métier d’audioprothésiste.
www.snitem.fr

Le Syndicat National des Entreprises de l’Audition a été créé en 2008 succédant au SNPA.
Il n’est pas nécessaire d’être audioprothésiste pour adhérer car c’est le gérant qui fait adhérer son entreprise œuvrant dans le champ de l’audioprothèse.
Il s’agit donc d’un syndicat d’entreprises qui défend en particulier deux idées :
« Le nombre de diplômés nous semble insuffisant, la publicité-information devrait être systématique, … »
La première approche vise à saturer le marché en ayant à sa disposition un surnombre de diplômés les rendants peu coûteux et plus malléables.
Une fois le marché saturé par l’offre et son corollaire (publicité, remises etc…) le métier n’aura plus rien à voir avec ce qu’il est ajourd’hui.

Manque-t-on réellement d’audioprothésistes ? Une réponse simple est de se poser la question du délai d’obtention d’un rendez-vous chez un audioprothésiste.
Un autre chiffre est de considérer qu’avec plus d’une centaine de diplômés par an, on est passé de 1526 (1er janvier 2002) à 2352 (1er janvier 2010) audioprothésistes. Soit +54% en 8 ans…
Sur 15 ans le nombre d’audioprothésites a doublé. Le nombre d’appareils vendus par audioprothésiste (170 à 200) est stable ou baisse depuis 2004. Ce chiffre devrait etre stable dans les années à venir et, avec le meme nombre de diplomés annuels, il ne devrait augmenter qu’à partir de 2020.
On devine les grandes manoeuvres des 10 ans à venir…

Le deuxième point souhaite clairement que l’aide auditive soit un « produit » comme un autre. Pour preuve cet aveu entre les lignes : « Nous avons à coeur le professionnalisme, la qualité des services rendus, le suivi du client, trois notions essentielles qui sont placées au centre de notre profession.
Le traitement particulier de la correction auditive des « enfants sourds » reste toutefois un aspect à part. Car l’appareillage des enfants sourds exige des compétences particulières et un matériel adéquat dont ne sont pas équipés tous les centres d’audioprothèses
»
Autrement dit laissons aux spécialistes ayant des compétences et équipés de matériel adéquat cet aspect peu rentable et à faible potentiel de notre métier. Concentrons nos forces sur le développement de la vente de masse moins difficile.
Source : http://www.synea-infos.com/index.php

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