Catégorie : Coup de gueule

Luis Godinho avait promis que le syndicat des audioprothésistes communiquerait  sur le rachat d’AuditionSanté par Sonova après la tenue de son Conseil d’Administration le 18 juin dernier.

C’est chose faite, l’UNSAF a publié son communiqué de presse ce matin concernant cette « affaire » qui agite la profession, en effet les rumeurs circulaient depuis quelques temps et l’acquisition d’AS datait d’il y a 4 ans mais n’a été annoncé que le mois dernier par le groupe suisse.

Cette évènement avait fait réagir toute la profession et en particulier un groupe fermé sur facebook s’était créé à l’occasion. Son objectif à travers une pétition est de faire pression sur Sonova et de mettre en garde les autres fournisseurs.
Les instances professionnelles (CNA, UNSAF, SFA, SYNEA, Enseignes…) étaient restées quant-à-elles discrètes  et aucune n’avait pris de position officielle. C’est désormais chose faite.

L’UNSAF s’interroge notamment sur le libre-choix de l’audioprothésiste et donc du patient d’accéder à des aides auditives adaptés à sa situation.

Vous pouvez le lire ici : Communique_UNSAF_Sonova_final

 

Sébastien nous a mis un lien très intéressant vers un mémoire de D.E. traitant de la création d’un conseil de l’ordre: http://t.co/smld9Znn

Je voulais vous faire part, à l’opposé de cette belle et grande idée, d’une « évolution » de notre profession. Magnifique.

Vu sur GROUPON, l’achat de bon de réduction pour aides auditives:

Là oui, ça y est: malentendants, vous allez toucher le fond…

Et cette histoire relance effectivement le débat: entre un syndicat, constitué de bénévoles ayant une activité à temps plein, qui va lancer une action en justice sur tel ou tel sujet avec l’issue longue et incertaine qu’on lui connait et un Conseil de l’Ordre qui aurait pouvoir de jugement et de sanction immédiats, je pense que les deux sont nécessaires et indispensables. Et le second, urgent.

Merci la « loi Médiator adoucie pour audios », car en matière de « communication », je me demande s’il existe la notion de « peu »…

Comme beaucoup d’audios (une majorité), j’ai choisi et j’exerce ce métier pour l’être humain qu’il y a derrière son aide auditive et cet accompagnement représente 80% de notre temps de travail. Certes, nous avons tous, de toutes professions, des impératifs financiers dans la vie. Mais je pense que certaines professions ne peuvent pas se développer uniquement sur une base uniquement financière. La sécurité sociale n’a pas à financer des plans de carrière tournés vers le seul commercial.

Beaucoup de confrères ne se reconnaissent pas dans le tournant de ces dernières années. Il faut qu’ils soient entendus.

* …

A l’heure du désengagement de l’Etat dans les contrôles de conformité acoustique (et technique) des centres d’audioprothèse (fin du contrôle par les DDASS), nous sommes donc aujourd’hui dans une situation un peu floue.

Certes, il est toujours nécessaire de fournir un certificat de conformité acoustique aux autorités compétentes, mais ce contrôle peut être réalisé par le vendeur même du matériel… Vous refusera-t-on un certificat de conformité quand vous aurez signé un chèque de plus de 15000€ de matériel (et oui, mesdames et messieurs les non-audioprothésistes lecteurs de ce blog: ça coûte cher de travailler correctement !) ? Et je ne parle même pas ici du coût des travaux d’isolation/correction acoustique…

Si, justement, j’en parle !

Que penser aujourd’hui de l’installation « à la sauvage », alias « en Corners », terme pudique désignant « le-local-du-fond-du-buraliste-ou-du-vendeur-d’après-shampoing-ou-du-boucher-charcutier-et-qui-pourrait-servir-à-vendre-deux-ou-trois-bécanes-par-mois ». Si le local en question a été pensé de A à Z en termes acoustiques, OK (encore que le service rendu aux malentendants d’avoir un audio une demie-journée par semaine…), mais si on se contente de « la porte est bien jointée, là ! », on frise l’arnaque. Pas vu, pas pris…

Si, justement, ça pourrait ne plus passer inaperçu !

Regardez (document qui m’a été transmis par Christian MEYER-BISCH):

Je reprends les termes « manquements à la conformité des locaux », « manquements au contrôle de qualité interne », « manquements à l’hygiène ». Termes tout à fait applicables à n’importe quelle profession médicale et para-médicale.

Qui pourrait donc engager une telle procédure vis à vis d’un centre « défaillant » ? Le syndicat ? Peut-être, mais sur demande d’un confrère. Un patient ? Plus sûrement, après plainte auprès des autorités compétentes.

Donc attention, contrairement aux apparences ces dernières années, les contraintes en termes de matériel, d’isolation phonique, d’hygiène, de diplôme (!!), etc., n’ont pas changé. L’abandon par les DDASS des contrôles, la quasi-inexistence d’actions menées par la sécurité sociale ou autres organismes pourraient faire croire à une réduction des exigences, ce qui n’est pas le cas.

Espérons que le volontariat d’audios acceptant de s’engager dans la normalisation AFNOR permettra, aux yeux des consommateurs, de faire un tri qualitatif.

Et justement, chers « consommateurs », posez-vous les bonnes questions: à l’heure où fleurissent des « plates formes mutualistes » du type de celles que veulent monter MALAKOFF-MEDERIC/KALIVIA, GROUPAMA, la MGEN, SANTECLAIR, etc., uniquement basées sur les prix (jamais je n’ai entendu parler de qualité,ça a l’air secondaire…), demandez-vous jusqu’où peut « descendre » un prix sans toucher à la qualité de service, c’est à dire à l’équipement du centre et la formation de son personnel.

XAVIER AUDEBERT  (son nom est cité avec son accord) , audioprothésiste, nous fait part de son expérience d’une plateforme mutualiste (même si j’ai un petit doute sur earlib, je pense que c’est une plateforme privé sans lien avec une mutuelle et qui travaillait avec coselgi…). Un peu au vitriol, il nous raconte ses espoirs et déboires ; tout le monde en prend un peu pour son grade, vous jugerez par vous même ! Pour rassurer Xavier, je crois qu’il est important de mentionner que le syndicat travaille, mais effectivement, il faudrait qu’il communique mieux à destination de ses adhérents ! D’ailleurs êtes vous syndiqué 😉 ?

Bonne lecture à tous !

Bonjour,

Pour faire suite à l’article posté, j’aimerai faire partager notre expérience :
concernant l’afflux de nouveaux « clients » envoyés par la mutuelle, entre le discours de la mutuelle et la réalité il y a un énorme écart.
Pour obtenir des infos et tester la véracité des propos de Malakof mederic, j’ai adhérer à leur offre « earlib » sensée amener un afflux important de contacts ( et oui, 6 millions d’assurés, cela fait du monde). Après avoir renforcé le nombre de chaises dans les salles d’attentes, constitué un stock massif du contour entrée de gamme GN RESOUND ( le moins cher et le plus gros), nous avons patiemment attendu les appels pour la prise de rendez-vous, et là … surprise .. 2 appels en 1 an qui se sont soldés par un renvoi du premier patient vers un collègue audio proche de son domicile ( celui-ci venait pour le prix et a finalement fait l’acquisition d’un appareillage à prix raisonnable avec un service proche de chez lui), le deuxième patient, très aisé financièrement, a été très surpris de la proposition de la mutuelle quant à la qualité du produit mutuelle et du service au rabais imposé par la mutuelle à l’audio. Il a fait l’acquisition de contours siemens étanches, adaptés à sa perte et ses activités nautiques et ne comprend pas que sa mutuelle lui propose une offre au rabais alors que ses cotisations augmentent régulièrement.
2 rdv  pour nos 5 labos, avec une exclusivité pour tout le département … les mutuelles mentent lorsqu’elles annoncent une orientation des patients vers nos centres. C’était déjà le cas avec Santéclair qui réorientait en fait uniquement vers optical center, les nouveaux réseaux agissent de la même façon. Sur quelques forums d’opticiens, on peut d’ailleurs remarquer qu’ils sont aussi déçus par les promesses des assureurs et des mutuelles.
La seule réponse à apporter est de ne rien signer avec les mutuelles: nous avons notre patientèle ( fidèle), nos prescripteurs, de bonnes relations avec nos fournisseurs, notre qualité de travail et de service reconnues dans nos villes … désolé Malakoff, mgen, maaf, mma et bien d’autres, nous n’avons pas besoin de vous et les patients non plus.
Les audioprothésistes indépendants sont capables de rendre l’appareillage accessible à ceux qui ont peu de moyens avec un niveau de service identique aux autres patients. Laissons les optical center et compagnie signer ces contrats et renvoyons leur les patients à qui ils ont vendu du matériel et qui viennent le faire régler et suivre chez nous.
En continuant à faire un travail de qualité et sérieux, nous pouvons parfaitement justifier nos tarifs face à nos patients et nous protéger des appétits de certains.
Soyons fiers de notre métier et protégeons le, chacun individuellement en faisant les bons choix de gestion et de méthode de travail.
Un compagnon de l’audition
PS :  quelle est la position du syndicat face à ces changements annoncés ?
L’absence de réponses et de propositions du syndicat sur ces sujets ne montre t il pas un réel éloignement  des préoccupations des « petits » audioprothésistes indépendants ?

Décryptage

Décodage du reportage de Capital :

on ne parlera pas du ton tantôt dramatique, tantôt rassurant… restons sur le synopsis :

1 La jungle
Les contrats complémentaires santé c’est la jungle on ne s’y retrouve pas (même quand on est à son compte et qu’on maitrise le marketing et la pub). La sécurité sociale rembourse de moins en moins. La santé coute de plus en plus cher.

2. Les débrouillards dans la jungle
On peut s’y retrouver avec :
a) des courtiers mais il faut les connaitre et leur faire confiance
b) des comparateurs de contrats en ligne (environ 200) mais ils oublient environ 1000 assureurs et en fait ne sont que des apporteurs d’affaires que les 15 compagnies payent environ 15€ par mise en relation

3. La fatalité, même les gentils doivent être durs
Les petites mutuelles sont obligées d’augmenter leur tarif selon l’âge car sinon elles feraient faillite.
exemple d’une mutuelle gérée par des gens bénévoles, responsables, etc.. donc gentils qui ont raison de segmenter les tarifs.

4. Les statistiques qui départagent les bons des mauvais clients
Un spécialiste des tarifs, sur la base de statistiques, peut calculer le prix en fonction du groupe de population dont fait partielle patient (âge bien sûr mais aussi genre, profession, lieu et peut-être plus encore).
Puisque certains dépensent plus, c’est normal qu’ils paient plus. Grace à ces savants calculs, le client de l’assureur paie au plus proche de ce qu’il reçoit (ni plus ni moins merci les statistiques).

5. C’est encore trop cher, il faut un justicier
Alors arrive M. Borella, à qui il faudra dire merci : grâce à lui les professionnels de santé vont baisser leurs tarifs et vous paierez encore moins cher.
Et pour le choix de l’assureur allez-y, avec 6 Millions d’assurés il sait ce qu’il fait et il a du poids pour négocier. D’ailleurs il a déjà gagné contre les opticiens.
Vous avez un peu mauvaise conscience : n’ayez crainte le professionnel n’y perd pas car il gagne « un afflux de clients ».

Conclusion :
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, tout le monde y gagne, d’ailleurs les assureurs ont augmenté de 8% leur bénéfice en 2010. (Serait-ce en embryon de début de critique ?)

 

Si vous avez compris le synopsis, inutile de regarder le film, la réalisation est correcte mais n’apporte rien de plus.

Si vous aimez les enquêtes et les reportages, voila quelques bémols et questions qu’un (vrai) journaliste aurait pu (du) poser :

-La SMI avait un tarif unique de 50€ par mois soit 600€ par an. Si on regarde dans le détail ses graphiques : seule la tranche de plus de 70 ans perçoit plus de 600€ par an. Donc avant cet âge il vaut mieux la quitter rapidement… pas sympa pour la compléentaire qui a ouvert ses portes au « reporter ». Mais surtout, la solidarité pour les soins de santé n’existe plus c’est donc uniquement de l’assurance individuelle au plus près du risque qui est envisagée. Pourquoi n’évoque-t-on pas le désengagement de la sécu et ne dis-t-on pas que passer de la sécu à l’assurance c’est faire un autre choix de société ?

– Si certaines catégories dépensent plus que d’autres est-ce de leur faute ou est-ce leur conditions de vie qui les pénalisent ? Ils seraient alors doublement pénalisés.

– De nombreux salariés n’ont pas à réfléchir à leur contrat, c’est l’employeur qui décide et impose un contrat collectif. Mais où est la liberté de choix de l’assureur par le client/salarié ?

– Les clients des assureurs « sont très fortement incités » à aller chez tel professionnel, sur un critère uniquement tarifaire. Quelle est la liberté du patient d’avoir des soins de qualité ?

– Kalivia adresse ses clients à un professionnel qui baisse ses tarifs pour l’occasion. En somme le professionnel paie (par la remise qu’il doit faire) l’arrivée d’un nouveau client (plus qu’un contact, c’est un client complet). Il s’agit en fait de rémunérer « un apporteur d’affaire » (Kalivia) de façon indirecte par la publicité qu’il en retire.

– On montre un opticien qui peut, sans raison apparente, proposer 40% de remise sur des verres (soit 130€) et ensuite encore 42€ pour Kalivia. Quel est le vrai prix ? Le prix soit-disant normal de cet opticien aurait été de 920€ pour des lunettes ! Sans aucun suivi. Et on trouve qu’une aide auditive, électronique pleine de brevets, avec 5 à 10 ans de suivi est chère ?

– L’exemple de l’audioprothèse ne se base que sur la vente du produit et oublie totalement le suivi et la qualité de la prestation de réglage de l’aide auditive. Qu’en sera-t-il pour les soins dentaires et plus tard pour les hospitalisations ?

– Les assureurs sont très forts et peuvent faire plier les professionnels « comme un patron de la grande distribution » … quelles seront les professions touchées et jusqu’où iront ils ? La santé est-elle un secteur « marchand » comme les autres ?

– Quand vous allez sur internet comparer les contrats puis que vous allez réclamer votre remise, vous avez fait perdre 15€ à l’assureur puis 84€ à l’opticien et ils vous disent qu’il en sont contents …. y’aurait pas anguille sous roche ? Puisqu’on parle de chiffres, pourquoi ne pas calculer et indiquer les répartitions par assureur entre Bénéfices/Frais de Gestion/Frais de ventes/Remboursement aux patients ? Finalement choisir une complémentaire ce devrait être simple, une cotisation indexée uniquement sur l’age (et encore) et une réponse sur 100€ versés par les clients combien reviennent aux patients ?

Petite histoire: en 2007 (environ), j’ai participé avec quelques audios français à une réunion d’un fabricant américain. Le sujet de cette table ronde était le nouvel logiciel de ce fabricant qui rompait nettement avec la version précédente. Deux personnes étaient venues de la maison mère, dont le chef de projet « logiciel », spécialement pour nous demander à nous, petits « frenchies », ce que nous aimerions avoir dans un logiciel « idéal ». Là, grave erreur… 15 audios, 400 demandes ! Après deux heures de discussions, les deux informaticiens se sont fait rhabiller leur logiciel pour l’hiver. Très courtoises, ces deux personnes ont gentiment noté nos demandes, et le soft de ce fabricant, qui était déjà très bien, est resté proche de ce qu’il était, sauf gros oublis, réparés (du style: pas de label sur la zone fréquentielle en cours de modification).

En « off », c’est à dire après la réunion, ces deux personnes nous ont dit que peu de temps avant, elles avaient eu la même réunion avec des audios allemands. Ces audios s’étaient réunis entre eux, avaient discuté un moment, un « leader » était sorti du groupe et leur avait tendu un papier avec 15 propositions écrites. Fin de la réunion.

Ouai, mais eux, ils ont encore leur triple A !

Tout ça pourquoi ? car c’est devenu un argument commercial « fumeux » au sujet des logiciels de réglage: « Fait par des audios, pour des audios ». Ca fait deux ou trois fois que j’entends ce slogan qui a été lancé à l’origine par un fabricant. Ca veut dire quoi au juste ? « C’est le top, car c’est fait par des gens comme vous ! » ou « Si c’est merdique, ce n’est pas de notre faute; ça répond à vos demandes au niveau mondial ! ».

J’ai parfois l’impression d’être une « click machine » face à certains logiciels récents. Un blanc s’installe alors en cabine…

Pour exemple, mettons-nous dans la situation où vous voulez augmenter de 2dB (pas 3, ni 1 !) le niveau global d’une AA. Combien de clics, à partir du moment où vous cliquez sur la ligne Noah et le moment ou vous avez programmé l’appareil, vous faudra-t-il ?

  • STARKEY: 5 clics (pas trouvé mieux !!!)
  • WIDEX: 8 clics
  • UNITRON U-FIT: 9 clics
  • PHONAK i PFG: 9 clics
  • PHONAK TARGET: 14 clics (avec « l’alerte aux 132dB SPL » qu’il a fallu… cliquer !)

Pas eu le temps de tester SIEMENS, BERNAFON, OTICON. RESOUND, je suis preneur…

Bref, la prochaine fois, ne demandez pas leur avis aux audios !

* »Les vrais mecs ne cliquent pas ! »: expression pleine de testostérone utilisée en son temps dans le monde Unix (Linux, Mac/BSD, etc.). Par opposition aux Windowsiens, les « vrais mecs » du monde Unix ne cliquaient pas, ils « codaient » !

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