Catégorie : formation

Depuis 2015 que je publie les « LAFON » dans le blog-audioprothésiste, à trois ou quatre reprises il m’est arrivé que des lecteurs me demandent des textes du Professeur J.C. LAFON qu’ils ne trouvaient pas.

J’ai donc pensé qu’il serait intéressant de publier les textes que j’avais du Professeur J.C. LAFON, récoltés du temps où j’avais eu la chance de rencontrer ce génie à Besançon ou à Paris.

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Depuis 2015 que je publie les « LAFON » dans le blog-audioprothésiste, à trois ou quatre reprises il m’est arrivé que des lecteurs me demandent des textes du Professeur J.C. LAFON qu’ils ne trouvaient pas.

J’ai donc pensé qu’il serait intéressant de publier les textes que j’avais du Professeur J.C. LAFON, récoltés du temps où j’avais eu la chance de rencontrer ce génie à Besançon ou à Paris.

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Depuis 2015 que je publie les « LAFON » dans le blog-audioprothésiste, à trois ou quatre reprises il m’est arrivé que des lecteurs me demandent des textes du Professeur J.C. LAFON qu’ils ne trouvaient pas.

J’ai donc pensé qu’il serait intéressant de publier les textes que j’avais du Professeur J.C. LAFON, récoltés du temps où j’avais eu la chance de rencontrer ce génie à Besançon ou à Paris.

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Voici venu le temps du dernier Rendez-vous pour « En direct de 1994 ». Mais comme on le dit parfois : le dernier, mais pas le moindre !

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« L’oreille devient « fragilisable » à 55 ans de manière générale. Chez la personne âgée, ce que vous perdez vous ne le récupérez pas.

Dans la surdité de sénescence, il y a une première atteinte des aigus (aux alentours de 50 ans) plus vers 16 000 Hz que vers 8 000, probablement due à une mauvaise vascularisation basale de la cochlée. Elle va progresser, mais à partir de 70 ans elle ne progresse plus beaucoup. Plutôt, elle ne progresse pas beaucoup plus que l’ensemble. A partir de 70 ans, il y a une baisse générale de l’ensemble de la courbe qui va donc toucher autant les graves que les aigus. Il y a très peu de surdité de transmission ; la rigidité des ligaments, la rigidité du tympan ou même des membranes de la cochlée ne jouent pas dans la surdité. On ne sait pas exactement ce qui joue dans la sénescence, ce qu’on sait c’est que la discrimination est relativement bonne.

Le vrai problème de la sénescence et de son appareillage, ce n’est pas l’oreille. L’oreille, il n’y a pas de problème. Vous avez avantage à mettre des bandes larges, des contours d’oreille et non des Intras. La personne âgée a des problèmes d’audition et non d’oreille. Les problèmes d’audition ne sont même pas au niveau de la discrimination. Ce sont des problèmes qui tiennent à la mémoire, à la détérioration du langage, à l’attention, au temps de réaction (motricité et compréhension). Une personne âgée ne peut pas suivre une parole rapide. On doit avoir un appareillage précoce chez la personne âgée comme on l’a chez le petit enfant pour des problèmes de langage et de socialisation. 500, 1 000, 2 000 à 35 dB de perte demande un appareillage (2 000 est le point le plus important, c’est la charnière), c’est les 3/4 des personnes de plus de 85 ans

L’utilisation des transistors en prothèse date de 1953. Les prothèses commercialisées datent de 1954-1955″

JYM

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Quand on a une impulsion très courte, à la sortie de la prothèse elle est dégradée (elle n’est plus très courte) pas toujours de la même façon dans le spectre. Je pense que cela sera un moyen ultérieurement d’avoir une certaine connaissance des prothèses de façon très rapide (le contenu de l’impulsion d’entrée doit être pratiquement un bruit blanc : tout le spectre y est ainsi représenté). On peut très bien, avec les logiciels, calculer « l’équation » de la prothèse. C’est du futur.

Etude sur le test phonétique du spectre moyen. Dominante à 500Hz / 60dBHL, 2000 / 40, 4000 / 30. Ce qui donne la puissance c’est le premier formant entre 250 et 800 Hz. Il y a 20 dB d’écart entre la zone du premier formant des voyelles et la zone du deuxième formant mais qui est occupé en grande partie par des consonnes. L’information est relativement peu dans la zone 500 Hz alors qu’on en a énormément dans la zone 2000 qui est moins puissante, d’où la tentation dans les prothèses de donner une courbe de réponse qui privilégie le 2000 par rapport au 500 de façon à réduire l’intensité des sons moins significatifs et de privilégier les sons significatifs. Cela a deux inconvénients : d’abord on déforme le rapport d’intelligibilité du spectre et on réduit les informations qui ne sont pas de la parole (qui se situent vers 250-500) mais qui peuvent être importantes pour la perception de l’environnement. Il est vrai que l’on réduit les bruits(ils sont souvent graves) donc cela permet de mieux faire émerger les traits pertinents de la parole. L’intelligibilité est meilleure mais c’est moins confortable. La « loi » des Belges doit être pondérée en fonction des niveaux du 500, 1000, 2000, 4000 de la courbe de réponse de la prothèse. Ca c’est le spectre moyen, il est faux dans la réalité car un « ch » à 2500 Hz est aussi puissant qu’une voyelle mais il se présente suffisamment rarement pour que quand on fait le spectre moyen il n’ait plus beaucoup d’importance. Le spectre moyen est un graphique faux sur le plan de l’intelligibilité ou de la représentation phonétique dans la mesure où il donne une valeur moyenne qui va dépendre essentiellement de la voix et très peu de la structure phonétique. Le « s » et le « ch » qui sont importants sont tout à fait négligés là-dedans puisque c’est statistique »

JYM

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

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Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Qu’est-ce que l’environnement pour l’oreille ?

D’abord c’est le phénomène de l’écho. La distance est connue par le temps entre le son émis et celui qui revient. On a donc à l’oreille la notion d’une temporalité donc d’une distance. Le temps équivalent à la distance. C’est un phénomène qui existe jusqu’à 12 mètres, c’est-à-dire jusqu’au moment où la réponse qui vient se trouve dans un temps trop court par rapport à la réponse qui est envoyée pour être distincte. L’écho, c’est deux éléments distincts. Mais quand vous voyez un claquement (le Professeur tape sur la table), le claquement vous revient jusqu’à 12 mètres. Jusqu’à 12 mètres, vous avez un claquement qui vous revient à peu près distinct, il y a un intervalle de temps entre les deux. Quand vous vous rapprochez, vous n’avez plus d’intervalle de temps mais vous avez un son qui vous revient et qui modifie le son primaire. Si vous avez un son impulsionnel (donc très bref) vous trouvez entre l’écho jusqu’à 1 milliseconde d’écart (théorique). 1 milliseconde c’est en distance 40 centimètres aller-retour, donc 20 centimètres. A partir de 20 centimètres on peut entendre un certain écart si vous émettez des impulsions très courtes. En fait de 20 centimètres, c’est plutôt 1 mètre (5 millisecondes) pour commencer à entendre quelque chose. C’est-à-dire entendre sa présence. Quand vous avez un objet à 1 mètre de vous, vous pouvez très bien entendre son écho, sa présence. Donc vous appréciez les distances à l’oreille et la profondeur des choses est acoustique (et non visuelle). En visuel vous avez le relief, la perspective, mais la profondeur est acoustique. C’est une autre sensation qui appartient aussi au relief et à la perspective, qui les complète mais qui est différente. Les aveugles sont beaucoup moins gênés qu’on ne le croit. Ils sont gênés quand il y a un bruit qui masque (ils n’entendent pas les échos). Le très jeune enfant sourd n’a pas la notion de cette distance. Dans une école d’enfants sourds ils se précipitent sur vous et vous cognent brutalement. Ils ne se rendent compte de la distance que lorsqu’ils touchent pour connaître la distance. Petit à petit ils apprennent avec le nombre de pas, donc avec d’autres données visuelles, ils apprennent ce que c’est que la distance. Mais de toute façon la notion de distance n’est pas la même que celle de l’entendant »

JYM