Catégorie : Audiométrie vocale

Nous parlons souvent dans ce blog de formules de calcul de gains, de mesures in-vivo, de fonctions extraordinaires d’appareils sophistiqués, etc… et je crois qu’il le faut, car nous avons tous une forte demande de savoir ; il suffit de voir le monde présent aux EPU…

Mais pour une fois, je vais vous parler de « pifomètre », d’ à-peu-près et d’expérience de l’audioprothésiste (les uns n’entraînant pas l’autre !).

Lors de recherches en 2004 sur les Zones Mortes Cochléaires (ZMC), j’étais tombé sur un article d’un audiologiste Nord-américain connu, Van Summers, posant la question de l’utilité du test de ZMC (mais ne contestant pas l’existence de ces dernières).

Il faut se souvenir du contexte à l’époque : en 2000, B.C.J. Moore présentait le TEN-Test, test tonal de passation simple et rapide, supposé alors dépister les ZMC avec une fiabilité de 86% (par rapport aux courbes psychoacoustiques d’accord de fiabilité admise à 100%). Le congrès annuel américain de 2004 avait alors vu se déchaîner les passions avec de nombreuses communications remettant en cause le pourcentage de fiabilité (T. Trinne) ou le décalage de seuil nécessaire au test pour déterminer une ZMC (Van Summers). Finalement, Moore au congrès français avait été mieux acceuilli et moins attaqué !

Dans une publication en 2004, Van Summers en se demandait (malicieusement!) s’il était utile de pratiquer le test de dépistage des ZMC ou bien si l’expérience suffisait. Pour cela un audiogramme test (type pente de ski avec le 4000Hz à 90dB HL) avait été présenté à des audiologistes classés par années d’expérience (de pratique). On leur avait posé deux questions : Combien ? (de gain maximum) et Où ? (allez vous arrêter votre amplification) ; sous-entendu à « vue de nez », présumez-vous une ZMC, et si oui (ou non), quel gain allez-vous appliquer dans la zone concernée. Mais à aucun moment il n’était fait explicitement état d’une possible ZMC.

Il est intéressant de constater que les audiologistes les plus expérimentés ont spontanément limité leur bande passante (frequency cut-off) avant 4000Hz, et n’ont donc pas donné de gain dans la zone alors qu’ils en avaient les moyens. Les audiologistes les plus jeunes ont presque systématiquement fait le contraire, de manière inversement proportionnelle à leur nombre d’années de pratique… (« Yes, we can! »).

On aime les mesures in-vivo, on utilise ces formules de calcul de plus en plus précises, ces bandes passantes à 20000Hz (!), ces anti-larsen « du feu de Dieu » et autres réglages « diaboliques »… mais j’ai adoré cette petite touche de « Je le sens pas trop ce 4000! », bref, un peu de théorie du bordel ambiant dans ce monde cartésien (théorie de Roland Moreno, inventeur de la carte à puce, et qui veut qu’un peu d’incertitude soit nécessaire en toute chose)!

XD

L’article en question (extrait): « Do tests for cochlear dead regions provide important information for fitting hearing aids?« 

Une présentation intéressante sur les zones mortes et la transposition qui rejoint ce billet sur les « fausses routes » phonétiques.

Test de Hirsch

Le test de hirsh me semble le plus simple pour apprécier la façon dont le malentendant comprends dans le bruit. L’aspect normalisateur de ce test doit pouvoir lui permettre d’être réalisé à plus grande échelle.

Une publication de l’école Lilloise d’ORL, sous la houlette du Professeur VANECLOO, expose la façon de passer le test (rev laryngol. otol. Rhinol. 2001;122.5;343-350)) :
« Epreuve de discrimnation spatiale dans le bruit selon Hirsch, elle a pour but d’évaluer les possibilités de discrimination de la parole dans le bruit. Elle se pratique en champs libre et consiste à comparer le pourcentage de mots (listes de Lafon) correctement répétés par le sujet testé en présence d’un son perturbant d’intensité constante émise en face de lui (bruit blanc à l’intensité de 65 dB).

Dans un premier temps, la source de voix est confondue avec la source de bruit (face au sujet) alors que dans un deuxième temps, la source de voix est situé latéralement par rapport à la source de bruit qui se situe toujours face au patient. Ilexiste un gain de 10/15 dB de l’audiométrie vocale quand la source et le bruit sont séparés de 90 °.

Chez le sujet normoentendant, le pourcentage moyen de mots correctement répétés au cours de chaque temps de l’épreuve pour les intensités de voix correspondant, est supérieur de 10 à 25 % lorsque les sources voix et bruit sont séparées dans l’espace : c’est l’effet stéréophonique.

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