Catégorie : mesure in vivo

Comme il y a deux ans maintenant, Christian BROCARD, Camille ECOIFFIER, Jean-Baptiste LEMASSON, Julien HAEBERLE et Taline NENEJIAN, proposent un atelier « La Mesure in-vivo dans tous ses états » au prochain congrès 2013.

Lors de ce premier atelier, ils avaient obtenu une « photographie » de la pratique de la MIV, sous forme d’un sondage réalisé auprès de plusieurs 100aines d’audios.

Ils nous proposent à nouveau de répondre à un questionnaire sur nos pratiques en la matière, et dont les résultats seront publiés et analysés dans AudioInfos et lors de cet atelier. Merci de vous « ruer en masse » pour répondre à ce sondage (anonyme) et de le faire connaitre à vos confrères autour de vous:

 

https://www.surveymonkey.com/s/invivocongres2013

La miniaturisation des systèmes de liaisons sans fils, appelé IBAN chez PHONAK, permet des prouesses techniques comme la transmission en « temps réel » de l’information provenant d’un microphone satellite, installé à 15/20 cm de l’appareil auditif. Ce dispositif appelé CROS/BICROSS sans fils est utile dans le cas des cophoses unilatérales. Jusqu’à présent, les patients/clients porteurs d’une SSD ne pouvait être équipé que d’un :

  • CROS filaire
  • BAHA, ou CROS « osseux »
  • CROS sans fils, assez encombrant…

Avec l’arrivée de la plateforme SPICE et du logiciel TARGET, l’adaptation du CROS/BICROS a permis une amélioration cosmétique. Les microphones CROS sont ainsi désormais embarqués dans des micro contours.

Bien que didactique et intuitif, l’adaptation d’un CROS/BICROS via Target, reste difficile. En effet, une fenêtre permet de quantifier la sensibilité microphone du CROS. Ainsi, le réglage permet de faire une balance entre les micros du CROS et ceux de l’aide auditive.

Ceci dit, le réglage n’est pas évident, empirique et sujet à hésitations. Bref, tout ce que je déteste. Un magnifique outil sans métrologie…. Gasp, il me fallait trouver une solution !

La première est très subjective : en réalisant, un équilibrage tonal…. je demandais ainsi aux clients/patients si ceux ci entendaient de façon équivalente les sons provenant de l’hémichamps droit et gauche.

Encore une fois, le doute s’installait : »Avais je donné suffisament de gain pour compenser l’effet de masque du crâne ? »  ou « La personne ne risque-t-elle pas d’entendre trop fortement les sons provenant du coté cophotique ? ».

Sur le diagramme ci dessous, je voulais en forçant les réglages, en provoquant un déséquilibre des sensibilités microphoniques (captation coté capteur +2.3 dB, – 5 dB coté appareil) , faire apparaître l’effet du CROS/BICROS ! et c’est chose faite ! La courbe REIR 1 correspond à une mesure in vivo enregistré au niveau de l’oreille opposée à la cophose, la source se trouvant à 1 mètre coté cophotique. EN REIR 1, le microphone du capteur CROS n’est pas placé sur l’oreille. En REIR 5, le capteur micro du dispositif CROS est en fonction. On peut retrouver l’effet d’une meilleur captation en comparant REIR 1 et REIR 5. L’effet microphonique est ainsi mis en évidence.

 

 

CROS2 CROS3

Le troisième diagramme est un second enregistrement qui correspond au préréglage CROS/BICROS proposé par TARGET.

Ca porte en général un doux nom du type « Sound Recover » (SR) ou « Audibility Extender » (AE). Le terme générique souvent utilisé est « frequency shifting » ou « frequency lowering » (décalage ou rabaissement fréquentiel).
On peut considérer que ces techniques ont franchement changé la vie des utilisateurs de ces systèmes, même si on peut discuter de l’apport d’intelligibilité (la masse d’articles sur le sujet est assez impressionnante).

Le principe de ces système, la zone 3, non audible pour causes multiples va être ramenée dans la zone 2 (AE) ou en lisière audible de la zone 2 (SR):

Un zone fréquentielle non audible (3) va être "décalée" vers une zone audible

Mais… (sinon il n’y aurait pas d’article !), comment « objectiver » (pas joli ce mot) ces systèmes ? Où démarrer ? Où s’arrêter ? Que transposer/compresser ? Et surtout: comment observer l’effet produit sur la parole amplifiée ?
A titre personnel, j’ai assez vite pu mettre en évidence la transposition fréquentielle (AE) par le Visible Speech, sur une voix « live ». Le plus frappant est de prononcer un /s/, en général bien ciblé vers 5/6KHz et de le voir se décaler vers 3KHz. C’est frappant, mais un peu « appuyé » comme démonstration…
Quant à la compression fréquentielle (SR), je faisais confiance… bref je séchais !
Alors Zorro est arrivé ! Zorro ce n’est pas moi, c’est un constructeur de chaînes de mesure: Audioscan. Non distribué en France, ce constructeur a mis au point un signal (trois signaux pour être exact) de mesure (signaux vocaux) afin de tester les appareils à décalages fréquentiels. Ca fait déjà quelques mois de ça quand même, mais les nouvelles d’Amérique me sont amenées par les mouettes qui font la traversée, désolé…
Donc je reprends: la manip. consiste à créer un signal vocal dont les médiums sont « amputés » et dont seule une bande dans les aiguës est laissée, 4000 ou 5000 ou 6300Hz:

Le « creux » dans les médiums sert en fait à mettre en évidence le rabaissement fréquentiel induit par l’appareil (transposition ou compression); c’est à dire que la zone « enlevée » permettra de ne pas « polluer » la visualisation (mesure in-vivo) du glissement fréquentiel. Le but étant de tester d’abord sans le système de décalage fréquentiel, puis avec.

Le choix de signal 4KHz, 5KHz ou 6.3KHz se fait (à mon avis) surtout pour les systèmes à transposition, en fonction de la fréquence de démarrage. Pour les systèmes à compression fréquentielle, le signal filtré 4 ou 5KHz semble suffire (encore mon avis).

Et ces signaux ? Comme souvent Audacity est l’ami des audios, l’ISTS est passé à la casserolle:

Donc trois fichiers wave distincts selon le filtre passe-bande souhaité, intégrés dans la chaîne de mesure.

Intégrés à la chaîne de mesure, ça donne un test « test REM décalages fréquentiels » que vous pouvez télécharger pour Affinity (2.0.4 sp2). Voyons voir si ça marche… va t-on enfin visualiser tout le travail de ces systèmes ? Est-ce que ça marche ? Quelques surprises…

  • La transposition fréquentielle:

Le principe est connu, rétrograder d’une octave une bande fréquentielle:

Principe de la transposition fréquentielle

Là, je dirais que l’effet est tellement ENOOOORME qu’il a toujours été facile de le mettre en évidence in-vivo. Il suffisait de produire un son situé dans la zone transposée et de le chercher une octave plus basse.

Par exemple sur ce patient:

NS in-vivo sans transposition

La perception est nulle pour la zone 6KHz (le /s/ par exemple). Si on active un programme de transposition de la zone:

Proposition logicielle de transposition

En utilisant l’ISTS filtré sur 6.3KHz, on obtient:

Transposition du 6KHz

On voit bien que la zone 3KHz est plus élevée que sans la transposition (à comparer avec la courbe verte de la mesure REM précédente). Est-ce que ce réglage sera toléré sans problème, c’est encore une autre histoire… mais la visualisation est possible, le système est objectivable (ah ! ce mot !). Par contre, la zone transposée « s’ajoute » en intensité à la zone « saine », d’où la nécessité parfois soit de minimiser l’AE (c’est réglable), soit de diminuer le gain de la zone à transposer dans le programme sans transposition.

L’avantage d’un signal vocal filtré, je le redis, est de mieux visualiser la zone transposée puisqu’elle se retrouve seule dans les médiums/aigus.

  • La compression fréquentielle:

Alors là, il y a du boulot. A titre personnel, je n’avais jamais réussi à visualiser l’effet de ce système en action. Ca restait « noyé » dans les fréquences contiguës en mesure in-vivo jusqu’à maintenant.

Allez zou:

Voici l’audiogramme du gentil « cobaye ».

Et voici le réglage logiciel proposé:

Réglage défaut du Sound Recover
Réglage défaut du SoundRecover

Il est donc proposé de démarrer la compression fréquentielle à 4.8KHz. Si je ne doute pas que certains sons soient perçus dans cette zone, j’ai nettement plus de doutes pour les indices vocaux, et effectivement, mesure in-vivo à la voix (ISTS):

NS in-vivo voix moyenne

Aucune information ne passe au-delà de 4KHz: le choix d’une fréquence « receveuse » à 4.8KHz n’est pas judicieux si on veut faire passer des informations vocales dan cette zone.

Donc première chose: si on se sert de la compression fréquentielle pour améliorer la perception vocale des zones fréquentielles aiguës, il est quasiment indispensable de réaliser une mesure in-vivo de niveau de sortie (REAR avec ISTS par exemple) afin de bien déterminer à quel endroit exact on enclenche le système. Dans le cas ci dessus, la zone 3K/3.5Khz semble appropriée si on ne veut pas plus augmenter le gain à 4KHz (zones mortes par exemple…). Le principe de la compression fréquentielle étant de démarrer en « lisière » de la bande passante audible, autant bien calculer sa zone de réception, la fameuse « cut-off frequency » de l’illustration suivante:

Le principe de la compression fréquentielle

Et après essais à 3.9 puis 3.3KHz pour le patient suivant, on obtient:

REAR ISTS filtré 4KHz sans et avec SoundRecover démarré à 3.3KHz

J’explique la mesure: la courbe fine orange est le signal filtré 4KHz sans activation du SoundRecover, la courbe grasse après activation. On constate une élévation du niveau de sortie (légère, environ 5 dB) vers 3.5KHz provoquée par le rabaissement fréquenciel de la zone 4KHz et plus.

Donc léger « glissement » en fréquence et augmentation de niveau.

  • Discussion:

A l’usage, on peut tous le constater, la transposition est très efficace, « visible » et audible et permet à certains patients de retrouver des sons totalement oubliés et inaccessibles autrement. De là à dire que la transposition est un système plus dédié aux « zones mortes » ou pentes audiométriques importantes, il n’y a qu’un pas… que je ne franchis pas ! Toujours est-il que la transposition demandera un temps d’apprentissage.

La compression, elle, est plus discrète, moins surprenante pour les patients que la transposition. En essayant de tester in-vivo par le moyen de signaux filtrés, on s’aperçoit qu’elle est peut-être moins « visible » que la transposition pour les pentes fortes, donc peut-être moins adaptée. Mais à l’inverse, elle permet d’enrichir les informations vocales dans des zones en général inaccessibles (4K et au-delà), sans choquer. L’usage d’un tel système sur une surdité plate et moyenne est très facile à mettre en évidence avec ces signaux (voir l’article de Phonak suivant).

Donc transpo ? compression fréquentielle ? Vous avez des éléments de réponse. A vos tests !

  • A propos du test:

Vous trouverez en téléchargement un test prédéfini pour Affinity 2.0.4 sp2, il suffit de placer les signaux filtré, téléchargeables ici dans un dossier quelconque et de paramétrer le test pour aller les chercher.

Pour les autres chaînes de mesure récentes (Unity 2 ou FreeFit), je pense qu’il est possible aussi d’intégrer ces signaux wave.

Bibliographie:

Présentation du test mis au point par Audioscan (c’est vers la fin).

Le test Affinity à importer.

Les signaux à télécharger.

Un article de PHONAK sur les tests in-vivo d’efficacité du SoundRecover, très impressionant pour les surdités « plates »… ça marche !

Une « contre-étude » d’un fabricant (!!!) sur les systèmes de rabaissement fréquentiels. Censuré ! (non, je blague, je ne le retrouve plus !).

Un article du Kuk qui met au point un test vocal tentant de mettre en évidence les effets de ces systèmes de décalages fréquentiels: le test ORCA.

Du même auteur, un article sur les tests des systèmes de rabaissement fréquentiel.

Merci à Jean-Baptiste BARON pour les manips.

J’espère que vous ne vous languissiez pas d’avoir la fin de l’épisode, encore plus de suspens que dans « Lost » ici !!!

En plus, vraiment, c’est du grand n’importe quoi…

Donc, je reprends:

  1. Vous n’avez rien à faire (je le redis, il neige, tout est bloqué…)
  2. Vous avez une Crisp Rolls sur vous (vous êtes un peu… « space », comme dirait ma fille !)
  3. Un patient rentre et vous dit soudain « J’entends plus rien quand je mange des biscottes ! » (alors là ! fallait pas vous chercher !)
  4. Derechef (toujours classe, ce mot), vous filez en cabine et hop, une petite sonde dans l’oreille, une Crisp Rolls dans la bouche, et:
Le niveau de sortie d'une Crisp Rolls dans un conduit fermé...

Comme dirait Bigard: « Ah quand même ! », 107dB SPL…

Donc, et par conséquence, à ce niveau de bruit, il est interdit par la loi de mastiquer pendant plus de 56 secondes ! (c’est très précis, la loi).

Deuzio, il va falloir mettre des avertissements sur les boîtes de biscottes style « la mastication prolongée de ces biscottes peut entraîner des dommages auditifs irréversibles »

Voilà, voilà…

Euhh, mais au fait, quel rapport avec le costume de Superman ?

Mais parce qu’en matière d’avertissements débiles, certains semblent tout à fait en pointe (Superman, c’est l’avant dernière, mais les autres sont pas mal aussi).

Lorsque l’on règle un appareil selon la méthode DSL 5.0a et que l’on souhaite visualiser les cibles ou les courbes de réponse avec entrée en signal vocal (ISTS par exemple), on se rend compte que certains (mais pas tous !) logiciels affichent deux courbes de « saturation » :

La plus haute correspond bien à notre inconfort mesuré point par point puis transposé en dB SPL au tympan, la seconde, plus basse, est appelée « cible BOLT ».

En fouinant chez mon ami Google, on trouve : BOLT = record du 100m en 9’58 … non, Xavier, recommence !

Bref, en fouillant mieux, on trouve BOLT = Broadband Output Limiting Target, ou Cible de Limitation de Sortie pour Signaux Large Bande (sous entendu « large bande fréquentielle », la parole par exemple).

Il s’agit donc d’une cible lorsque l’on travaille, ou souhaite visualiser le niveau de saturation avec signaux vocaux.

Cette cible est environ 13dB en-dessous du seuil d’inconfort transposé en dB SPL :

Elle correspond en fait à la mesure LTASS d’un signal vocal, pondéré en 1/3 d’octave (pourquoi le 1/3 d’octave pour la voix), qui serait émis à 82dB SPL (ça crie, mais ce n’est pas pire qu’un balayage à 90dB SPL…), sachant que les crêtes d’un tel signal doivent se situer quelques dB en-dessous de l’inconfort mesuré en sons purs.

La précision de ces tests est toute anglo-saxonne, sachant qu’il y a chez eux une forte notion de responsabilité juridique : pouvoir prouver à tout moment que tous les moyens ont été utilisés pour réhabiliter l’audition au mieux, sans risquer détériorer l’audition non plus.

Mais enfin, il ne nous est pas interdit de faire, nous aussi, du travail correct et précis, sans tomber dans quand même dans la paranoïa, sachant qu’un seuil d’inconfort est des fois très subjectif, c’est le cas de le dire.

Vous trouverez dans cet article, pages 181 à 183, l’explication de cette cible BOLT.

PS: bonnes fêtes de fin d’année à tous !!

Il neige, 15cm d’un blanc manteau recouvre les routes.

Le téléphone sonne depuis ce matin: vos clients n’arrêtent pas d’annuler leurs rendez-vous.

Heureusement, aujourd’hui, par le plus pur hasard, vous aviez une Crisp Rolls sur vous (!):

Ah ! Une Crisp Rolls…

Un petit message de soutien de la part de tous nos lecteurs pour que tu continues à nous abreuver de ton savoir de tes tatonnements sur la RECD, l’in-vivo et tutti quanti ! Et quelques questions aussi ! j’avoue humblement quelque fois avoir des questions et le temps n’aidant pas, je ne commente pas ! Alors voici un question réponse (en décalé) :

SG : Alors pour commencer (comme ça paf !) et si je te suis bien, tu proposes d’utiliser systématiquement la RECD au détriment de la mesure in vivo classique ? quels sont les avantages ?

XD : Non, nous faisons RECD ET in-vivo !!! (ceinture plus bretelles ?). Je t’explique: nous mesurons nos seuils aux inserts EAR 5A. Les inserts ont pas mal d’avantages (isolations aux bruits extérieurs, transferts trans-crâniens plus limités, etc…) mais surtout, comme ils sont étalonnés sur coupleur 2cc; et tu sais que le RECD est la différence entre le niveau dans le coupleur et celui dans l’oreille, alors la mesure du RECD nous permet, en gardant la même mousse, de savoir en dB SPL au tympan quel est le niveau qui a fait répondre « oui » à un patient. Le RECD est donc utilisé ici pour construire le SPLoGramme et avoir des cibles en dB SPL au tympan mesurées et non statistiques. Mais on pourrait utiliser les RECD statistiques des formules de mesure, ça collerait déjà pas mal.

Le RECD pourrait aussi servir à « simuler l’oreille au coupleur » en renseignant le coupleur sur les niveaux mesurés in-vivo, mais ce n’est pas le but premier recherché, même si cette démarche est utile avec des enfants chez qui la MIV est impossible.

Les logiciels font ensuite (devraient faire…): SPL tympan = HL + RETSPL EAR 5A + RECD , c’est automatique si tu fournis HL et RECD. Mais si tu ne fournis que les données audiométriques HL (sans avoir mesuré de RECD), les logiciels appliqueront un RECD statistique en fonction de l’âge, et même dans certains cas en fonction de leurs propres mesures en labo (avec effet d’insertion, évent, etc…).

Mais quand on travaille aux inserts, il faut SURTOUT dire à tous les logiciels et au REM que les seuils sont issus d’inserts, car les dérivations sont très différentes selon qu’il s’agit du casque ou d’inserts.

Pourquoi les inserts ? (question que tu n’as pas posée 😉 )

Car les « dérivations HL–>SPL tympan », c’est à dire les stats de conversion HL–>SPL de NAL ou DSL, pour les casques, bof…

Je m’explique: en fouillant un peu, on s’aperçoit que plus le « coupleur d’étalonnage » est grand (env. 6cc pour le casque), plus le niveau estimé au tympan en dB SPL sera TRES aléatoire, car la variabilité inter-individuelle est énorme (et je parle d’adultes là… tu imagines les enfants !). Et pour le casque il n’existe que difficilement des tests permettant de savoir si xdB HL sont émis par l’audiomètre, quel est le niveau en dB SPL résultant au tympan: seule une mesure, la REDD, permettrait ceci. Le matériel est rare, la procédure de mesure, un peu délicate…

Pour l’insert (calibré sur 2cc), c’est donc un volume résiduel plus petit, donc un risque de variabilité plus faible. Et en tout cas, si vraiment on voulait être précis, il est plus courant (et aisé ?) de mesurer un RECD qu’un REDD…

Tout ça pour dire que faire de la mesure in-vivo c’est bien, mais ce n’est pas suffisant en soi si on ne connait pas précisément en dB SPL en fond de conduit ce que perçoit le patient. Et je pense que l’audiométrie aux inserts, qui ne change finalement pas grand chose à nos habitudes, permet plus de précision dans ce sens.

J’enfonce le clou: par exemple, DSL dit « préférer » (et NAL aussi d’ailleurs…) les inserts. Mais on les comprend bien, car dans dans le cas d’une audiométrie faite au casque:

  • NAL va passer en dB SPL par la formule SPL tympan = HL + REDD. Ce REDD est statistique (pages 18 et 57), propre au NAL, mesuré sur x patients (en espérant que le votre soit dans la moyenne !!).
  • DSL va passer en dB SPL  par SPL tympan = HL +RETSPL (de HL à SPL pour oreille artificielle) + Coupleur 6cc au tympan. La dernière valeur (coupleur 6cc au tympan) est le résultat d’une étude de Cox en 1986 portant sur 5 femmes et 5 hommes… pas beaucoup !

Le casque est « historiquement » ancré dans les habitudes, mais l’insert serait plus approprié pour l’audio, qui lui, est plus intéressé par le niveau en fond de conduit.

Je reviens juste sur le RECD: utile ou pas ? Fiable ? « Répétable ? Symétrique ? Munro vous dira tout !

Donc le RECD ne sert QUE si tu mesures tes seuils aux inserts, faut-il le rappeler.

On peut aussi mesurer le RECD avec l’embout (HA1 ou HA2 embout) pour simuler au coupleur le comportement in-vivo (pour les enfants). Je ne le fais pas pour les adultes. Thierry RENGLET a fait une présentation au congrès 2010 sur toutes les façons d’utiliser audiométrie aux inserts et le RECD (pages 78 à 83).

Note: sur Aurical, tu peux directement mesurer en dB SPL au tympan par le ME-intra ou inserts EAR… très classe ! Il faut le redire aux possesseurs d’Aurical qui font de la MIV: c’est un des rares matériels disponible en France à pouvoir mesurer directement en SPL fond de conduit (/page pub off/).

SG : J’avoue humblement que j’ai des difficultés quelquefois à évaluer les différences techniques dues à l’usage de l’ISTS (que j’utilise systématiquement, c’est logique ;-)) et des sweep tonaux. Quel est l’avantage à utiliser un glissement fréquentiel ?

XD : l’ISTS permet de ne pas désactiver les RB et autres systèmes sur les AA. A l’atelier du congrès, j’avais montré le comportement en sweep et à l’ISTS d’un appareil: +15dB de gain à l’ISTS avec certains appareils récents et orientés détection de la parole. Ca permet aussi de faire quelque chose de didactique aux gens: « voici les consonnes sifflantes…que vous n’entendez pas ! et les voyelles, etc… ». Et enfin, avec de tels signaux, l’audio peut « voir » à quel point la parole est quelque chose de ténu, fluctuant, etc… et à quel point la moindre baisse d’audition prive une personne très rapidement d’informations vers le 6KHz, ou de bas niveau.

Quand j’entends parler de bandes passantes jusqu’à 6, 8 ou 10KHz, je rigole doucement ! Avec l’utilisation de signaux vocaux tel l’ISTS en MIV, si le 4KHz passe, c’est déjà bien… Et ce n’est pas un argument « bidon » que de dire aux gens « Appareillez-vous le plus tôt possible » car quand tu utilises la voix comme signal de test, tu t’aperçois vite que le meilleur appareil, c’est l’oreille pas encore trop dégradée !

SG à XD : MERCI !

XD à SG : PAREIL !