Qui sommes nous ?

Nous sommes un collectif d'audioprothésistes, depuis 2006, qui cherchent à améliorer l'image et la diffusion de connaissances techniques à destination des audioprothésistes ! L'exercice nous permet de commenter et également d'améliorer nos connaissances. Il faut bien le dire ce blog bouillonne de bonnes idées !!!! Si toi aussi tu as envie de partager ton expérience ! Alors rejoins nous !

100 ans de progrès. Ou presque…

A ma gauche, papy, en pure galalithe, rétractable en 3 parties, garanti 100% analogique. Période environ début XXème :

cornet On peut estimer qu’à l’époque (autour de la 1ère guerre mondiale), ce cornet était vendu autour de 20 francs (anciens francs donc), ce qui donne aujourd’hui un prix équivalent de 60 à 70€.
Voici le gain d’insertion obtenu avec cet accessoire (ah! le bon temps où l’on pouvait tester les appareils avec un bruit rose, sans avoir rien à désactiver !) :
gain-dinsertion-cornet
Un gain d’insertion de quasiment 30dB à 1500Hz et 10dB à partir de 3kHz. Pas mal pour l’objet préféré du Professeur Tournesol ! Notez au passage la bande passante jusqu’à 8000Hz (au moins !) : impossible aujourd’hui…
Voici le gain total, quand même, de l’engin :
3_cornet_mes_stereo_snr0_speech_third_oct_gain
Ca résonnait certainement un peu, mais qualité du son garantie pure 100% analogique !

A ma droite, pur produit d’un nouveau genre : le PSAP (alias « assistant d’écoute »), fabrication 100% en RPC, tout numérique :

Un SONETIK Go Hear acheté par correspondance (copie d’écran du 14/10/2016). Comme le dit leur site, « Focalisé sur le langage, étouffe les bruits parasites (deux micros) » :
sonetik-web
Nous allons bien voir cela… Soyons fous, tentons de le proposer à ce patient présentant cette surdité :
ks100
Voici le résultat in vivo de son programme 3 (il n’est pas réglable, mais il a 4 programmes…) :
sonetik-p3
Pas mal, pas mal… Vous noterez au passage que cet amplificateur atteint 100 et 102dB SPL à 1 et 2kHz; on est totalement hors de la légalité à ces niveaux.
Il n’a pas d’aigus, bien moins que son ancêtre le cornet, mais au moins pas de larsen !
Il a même un micro directionnel fixe :
sonetik_p3_fbr_snr0db
3 à 4dB de FBR (Front to Back Ratio), le minimum syndical.
Il a un réducteur de bruit (si, si !!!) :
sonetik_rb30s_p3
10 dB de RB après 30 secondes de babble à 70dB SPL. Mazette ! Mais alors, ce serait la qualité à prix low cost ? La quadrature du cercle en fin de compte ?
Voici son comportement dans le bruit, de -10dB à +10dB, NFIMfrench (voix française de l’ISTS) à 0° et Babble ISTS à 180° :
sntk
Cet appareil n’améliore en aucune façon le RSB, en tout cas dans une condition de test Voix devant et Bruit derrière, puis extraction du RSB par méthode de séparation Hagerman&Olofsson. Il dégrade même le RSB, ce qui est très classique pour un pur traitement numérique du signal. Ce qui est plus surprenant, c’est qu’il n’améliore rien malgré la directivité fixe et le réducteur de bruit. Son traitement du signal (s’il en a un), ou plus probablement sa compression ou son réducteur de bruit, sont très délétères.

Revenons à notre ancêtre le cornet, 100 ans plus tôt :

Quitte à être joueurs, soyons joueurs jusqu’au bout et testons cet engin dans les mêmes conditions que le Sonetik.
cornet_test
Son ouverture à la Professeur TOURNESOL bien en face du locuteur (signal = NFIMfrench) et tournant le dos au bruit (babble de 4 ISTS) sur les 2 HP arrières : inutile d’avoir fait polytechnique pour imaginer que l’on a un système directionnel de chez directionnel !
Oui, mais me direz-vous, le Sonetik lui aussi était directionnel, avec en plus un réducteur de bruit… ça n’est pas juste ! ça n’est pas équitable !
Le test du cornet :
cornet-ho
Vous avez bien vu, vous avez bien lu : ce cornet de la première guerre mondiale, avec sa grosse amplification et son « hyper-directivité » améliore le RSB de 3,8dB !!!! Ce pur produit d’avant-guerres est donc supérieur de 4dB en amélioration du RSB à l’assistant d’écoute SONETIK !!!!!

Ecoute, à RSB -5dB en entrée (fichiers .ogg) :

Le Sonetik :
Le cornet :   Il est clair que le réducteur de bruit, associé à une compression totalement destructrice, écrête totalement l’information potentiellement émergente du bruit dans le cas de l’assistant d’écoute SONETIK.

Conclusion(s)

  • La galalithe est un produit « plastique » à base de caséine (extrait du lait). Un siècle après elle est toujours de bonne qualité. Ma question : il y a un siècle on pouvait se passer de pétrole pour faire du plastique, et pas aujourd’hui ? Vous me direz aussi : sur le guide Michelin 1905, on trouvait des garages spécialisés dans la réparation des véhicules électriques… 100 ans de progrès là aussi !
  • Cet assistant d’écoute SONETIK est vendu quelques 100aines d’euros. Le prix équivalent du cornet avant la première guerre mondiale était de quelques 10aines d’euros. L’un n’améliore pas (dégrade même) le RSB, l’autre l’améliore. Ma question : quel est le bon rapport qualité/prix à votre avis ? Le marketing a t-il un coût ?
  • Un réducteur de bruit, plus un micro directionnel suffisent-ils à faire un « bon » appareil auditif, ou un assistant d’écoute « de luxe » ? La preuve que non…
  • Le « numérique » a 20 ans cette année 2016. Cette technologie suffit-elle, à elle seule, à améliorer l’écoute dans le bruit ? Oui peut-être, mais…
  • … une bonne directionalité donne mécaniquement un avantage de 3 à 4dB d’amélioration du RSB. Un appareil auditif analogique peut faire cela. Les bons appareils auditifs actuels en sont (seulement) à +6/+8dB d’amélioration du RSB : la R&D a un coût et un prix. On ne peut pas s’émerveiller (moi le premier) des performances des appareils auditifs actuels, et vouloir tout « low cost », service compris. Cet assistant d’écoute en est un exemple flagrant.
  • Quitte à mettre 300 ou 400€ dans un amplificateur, sans remboursements, multiplié par deux oreilles, et sans amélioration du RSB, autant se tourner vers un audioprothésiste, un « vrai » appareillage avec un vrai suivi, et dont les modèles améliorant de 4dB ou plus le RSB démarrent vers 1200€ avant remboursements. A bons entendeurs…
  • Ce SONETIK me trouble… Sa sonorité me rappelle celle d’une gamme de 7/8ans en arrière d’un fabricant bien connu… Son anti-larsen aussi, son circuit aussi, son coude aussi. Bah ! je dois me faire des idées !

2 – Le Saint Graal de l’audioprothèse : mesurer le RSB en sortie d’aide auditive – Mise en place d’un test

La technique d’extraction du signal et du bruit à la sortie d’une aide auditive proposée par Hagerman&Olofsson est fréquemment utilisée en mastering audio, sous le nom de « NULL TEST« . Elle permet entre autres, de quantifier la perte de qualité liée à un ré-échantillonage ou compression « lossy » du signal d’origine. Comme nous l’avons vu précédemment, Miller (2013) utilise 4 signaux pour l’extraction et l’estimation du facteur de qualité de cette extraction, permettent une analyse du RSB assez robuste à la sortie d’une aide auditive :
  • (+S+N) + (+S-N) extrait le signal (+6dB)
  • (+S+N) + (-S+N) extrait le bruit (+6dB)
  • et (+S+N) + (-S-N) extrait… rien !, ou plutôt devrait tendre vers -∞ mais en réalité « doit être 20dB plus faible que le plus faible extrait des deux précédents (parole ou bruit) ». C’est un critère de qualité/d’erreur décrit dans la thèse de Taylor (voir post précédent).
La difficulté majeure de ce type de test vient de l’alignement de tous ces signaux : plus elle est rigoureuse et précise, plus le calcul fera « disparaître » les signaux se retrouvant en opposition de phase. Et ça se joue quelques échantillons près (un échantillon avec une fréquence d’échantillonnage de 96kHz dure… 10μs !).  Les éléments technologiques présents dans les aides auditives actuelles rendent très difficile cet alignement :
  • les anti-larsen notamment ont tendance à inverser la phase du signal pendant le test, et bien sûr, jamais au même moment…
  • Les systèmes « d’aide à la décision » analysant également la scène sonore ont tendance à ne jamais faire exactement la même chose au même moment entre deux mesures.
  • Enfin, entre autres joyeusetés, les appareils peuvent présenter un phénomène de « Time shifting », c’est à dire qu’ils allongent (certes de quelques pouillèmes de sec…) le signal, mais jamais non plus aux mêmes endroits des tests…
Bref, une solution s’impose : se méfier des anti-larsen ( = les désactiver) et fixer les appareils dans un mode programme défini. De là à dire qu’il faudrait faire pareil avec les appareils de nos patients… mais ça pourrait des fois se discuter pour des raisons de qualité sonore ! Alignement précis = élimination précise de la parole ou du bruit = besoin d’un enregistrement « HiRes », c’est à dire en 96kHz/24bits = de bon gros fichiers .wav pour 45′ environ d’enregistrement (RSB testés +10/+5/0/-5/-10dB, pour 4 configurations différentes +S+N, -S-N, +S-N et -S+N). Bien aligner ensuite tout le monde, pour bien éliminer ce qui doit l’être. Exemple avec l’ISTS et l’IFnoise à RSB -4dB :   SpN+SmN   Le signal +S+N à l’écoute :   Le signal +S-N à l’écoute (aucune différence à l’oreille) :     Ici deux fichiers +S+N et +S-N se retrouvant strictement synchronisés (configuration Hagerman & Olofsson de 2004), l’addition des deux va donner la parole + 6dB, le bruit en opposition de phase dans +S-N, s’annulant avec +S+N :   Parole extraite   Pour ceux qui voudraient écouter le signal extrait (extraction médiocre… non conservée) ci-dessus, non trafiqué, même si ça a un petit côté magique :     Et si vous ne me croyez pas, vous pouvez télécharger ces +S+N et +S-N et les fusionner dans Audacity, vous retrouverez bien la voix extraite ! Et si vous avez tout suivi, et que vous maîtrisez un peu Audacity, avec ces deux extraits, vous pourriez même, connaissant le RSB à l’entrée (-4dB), reconstituer le RSB à la sortie de ce Widex Dream Fashion 440 😉

Allez, je vous aide ! On n’a rien sans rien…

Cet alignement est très long et fastidieux. Si vous avez eu le courage de tenter la manip ci-dessus, vous avez dû comprendre. Et encore, les signaux sont déjà alignés et tous prêts à l’emploi !

Une solution :

mise en place par Franck LECLERE et avant lui, l’institut Fraunhofer (François-Xavier NSABIMANA), a été un traitement par lots (batch processing) des divers fichiers enregistrés à divers RSB avec « alignement automatique », basé soit sur la structure fine, soit l’enveloppe du signal (au choix, selon les appareils) :   Décomposition signal_Seewave   Pourquoi des signaux mesurés à la sortie de certains appareils s’alignent mieux avec l’enveloppe (une majorité) ou d’autres par la structure fine ? cela reste un mystère…

Donc pour faire court, on obtient :
  • un « train » de 4 signaux à 5 RSB différents (20 combinaisons),
  • enregistrés en 96kHz/24bits,
  • qu’il va falloir découper,
  • puis aligner entre eux afin d’en extraire la substantifique moelle (y’a pas que l’audio dans la vie… vous lisez trop le blog !) :
  TrainH&O C’est un algorithme Matlab qui va découper ce train, aligner les signaux (ici sur l’enveloppe) et extraire signal et bruit. Il ne restera plus qu’à recalculer le RSB à la sortie.

Conditions de test :
  • Signal ISTS, bruit IFnoise (même densité spectrale de niveau), téléchargeables sur le site de l’EHIMA
  • Appareil réglé selon méthodologie fabricant, dont le niveau de sortie pour l’ISTS à 65dB SPL d’entrée a été fixé dans un coupleur 2cc sur cible DSL 5.0a (EAR + RECD HA2) sur la base d’un audiogramme normalisé KS100 (sans inconfort entré)
  • Cabine : TR 0,23s et BDF 27dBA
  • HP : 1 à l’avant (émission de l’ISTS) à 0.70m et 2 à l’arrière (émission de l’IFnoise) à 135 et 225°, à 1,5m chacun
  • Etalonnage du niveau d’émission de l’ISTS par sonomètre au niveau du micro de l’AA par Leq 30s en dBA; étalonnage identique pour l’IFnoise
  • Emission du signal numérisé par lecteur Cowon PLENUE 1 relié en optique au convertisseur D/A d’un ampli NAD C375 BEE
  • enregistrement en fond de coupleur HA1 ou HA2 par un microphone DPA 4061 en 96kHz/24bits, en acquisition sur enregistreur Roland R26
  • enregistrement en parallèle (micro de référence) par un microphone BEHRINGER ECM8000 afin de vérifier la RSB à l’entrée
  • Calibration des deux microphones avant enregistrements par calibrateur B&K 4231
  • Découpage, extraction et calcul du RSB à la sortie de l’AA par un code Matlab sur les 30 dernières secondes de chaque mesure (afin de laisser les algos se stabiliser) pour l’enregistrement de l’appareil, et pour l’enregistrement de référence
Le premier testé sera un appareil qui ne prêtera pas à polémique, puisqu’il n’est plus diffusé : un Widex Inteo 19, de 2006 si j’ai bonne mémoire. Il y a eu 3 générations de circuits après cet appareil (puces Mind, Clear puis Dream).

On obtient, par exemple à RSB -10dB, la séparation des signaux :   Exemple fig extraction RSB-10dB   Voici sa progression :   IN19   Pas d’amélioration du RSB, sauf à -10dB (lissage du bruit par la compression WDRC, j’en avais parlé dans l’article précédent) et détérioration (légère) du RSB à +10dB par l’effet inverse (= un lissage des crêtes du signal utile).

On retrouve tout à fait les résultats décrits par Taylor & Johannesson en 2009 (le Widex Inteo avait un temps de retour variable, comme le lièvre, mais plutôt long) :   Capture   Par la même occasion, si vous avez eu la patience de lire la thèse de Miller (2013), les résultats étaient quasi identiques avec son successeur, le Widex Mind 440. Je précise : les autres fabricants ne faisaient pas mieux à l’époque, voire plutôt moins bien.   A suivre…

Aux armes…

Sébastien nous a mis un lien très intéressant vers un mémoire de D.E. traitant de la création d’un conseil de l’ordre: http://t.co/smld9Znn Je voulais vous faire part, à l’opposé de cette belle et grande idée, d’une « évolution » de notre profession. Magnifique. Vu sur GROUPON, l’achat de bon de réduction pour aides auditives:

Là oui, ça y est: malentendants, vous allez toucher le fond…

Et cette histoire relance effectivement le débat: entre un syndicat, constitué de bénévoles ayant une activité à temps plein, qui va lancer une action en justice sur tel ou tel sujet avec l’issue longue et incertaine qu’on lui connait et un Conseil de l’Ordre qui aurait pouvoir de jugement et de sanction immédiats, je pense que les deux sont nécessaires et indispensables. Et le second, urgent.

Merci la « loi Médiator adoucie pour audios », car en matière de « communication », je me demande s’il existe la notion de « peu »…

Comme beaucoup d’audios (une majorité), j’ai choisi et j’exerce ce métier pour l’être humain qu’il y a derrière son aide auditive et cet accompagnement représente 80% de notre temps de travail. Certes, nous avons tous, de toutes professions, des impératifs financiers dans la vie. Mais je pense que certaines professions ne peuvent pas se développer uniquement sur une base uniquement financière. La sécurité sociale n’a pas à financer des plans de carrière tournés vers le seul commercial.

Beaucoup de confrères ne se reconnaissent pas dans le tournant de ces dernières années. Il faut qu’ils soient entendus.

UN APPAREIL PHONAK VIEUX DE 80 ANS ! ?

Quelle drôle de surprise de voir une aide auditive PHONAK dont la technologie est celle des appareils à grenaille de carbone et correspond aux années vingt-trente.                       En effet la société suisse n’a été crée qu’après-guerre, époque à laquelle les appareils à lampes étaient déjà très diffusés et où le transistor ne devait plus tarder à faire son apparition (1952 dans les appareils grand public et en l’occurrence dans les aides auditives). Une petite consultation du site internet du fabricant confirme bien la date de 1947 comme date de création, le lieu étant Zurich. Il est mentionné comme créateurs : « un groupe d’investisseurs franco-belges« . Selon Berger, on découvre également que les premiers appareils du fabricant furent à lampe avec le modèle « Turicum Super » en 1947 puis les modeles « Standard » et « Spezial » en 1950. En 1954 le quatrième appareil de la marque est un modele à transistor : « Alpina T3 ». Alors quel est cet OANI* à grenaille  ? Après quelques recherches il n’est pas si difficile d’identifier une aide auditive fabriquée entre 1928 et 1934 par French Electric Co. M French, retraité des chemins de fer américains, intéressé par la surdité, avait créé sa société à New-York en 1928. Celle-ci n’a fabriqué que 3 ou 4 modèles. L’observation de ces appareils montre qu’ils étaient tout à fait à la hauteur de ceux de l’époque sans être pour autant très modernes (ni booster ni vibrateur contrairement à Sonotone à la même époque). Seul le modèle C ressemblant à un petit appareil photographique innovait sur le plan esthétique. Le modèle représenté ici est semble-t-il un PHONAK D de 1931 ou 1932. Mais alors comment peut-il porter le même nom que la marque mondialement connue ? (ou plutôt l’inverse ?) Sur les registres officiels américains je n’ai retrouvé que 4 brevets (dès 1926) portant sur : « Telephone Receiver« , « Telephone Receiver Cap« , « Ear Receiver Nipple » (visible sur l’appareil) et « Microphone Transmitter« , mais aucun sur une aide auditive complète et aucun sur le nom de marque. Contrairement à ce que mentionne l’étiquette : « Trademark registered« , il semblerait que Georges Barton French n’ait pas pensé ou jugé nécessaire de déposer le nom. Les mêmes registre montrent qu’en revanche une société suisse : « AG fur Elektro-Akustik » a déposé le nom PHONAK le 19 juin 1951 pour des aides auditives, date à laquelle elle l’utilisera également comme nom de société. Une antériorité lui est reconnue pour la Suisse à dater du 26 septembre 1947. Les fondateurs de Phonak avaient-ils eu connaissance de la marque de French ? Ont-ils profité de son abandon par son créateur ou l’idée leur est-elle venue spontanément ? Ils étaient trois dont un « frenchie » : JE FOURNIER qui avait une excellente connaissance du marché américain pour avoir été l’importateur de Sonotone dans les années 30. Il est décédé en 1972. Ses deux associés étaient Brasseur (décédé en 1968) et Ernst Rihs qui avait racheté la totalité des parts (en 1956 selon Wikipedia ou en 1965 selon Phonak.com) et est décédé en 1979 ou 1980. Ainsi seul un des descendant -Andy Rihs ?- ou un proche des fondateurs encore en vie pourrait répondre… à bon entendeur… Enfin, pour information, la marque Phonak a été renouvelée le 19 juin 1971 (20 ans) puis tous les dix ans : le 15 août 1991 et le 25 août 2001. Cinq jours après la nouvelle échéance, son renouvellement n’est pas encore publié en ligne… guettez l’occasion on ne sait jamais ! (mais ne dites rien sinon l’action va encore dévisser sur un quiproquo…) Rectificatif du 1er septembre : je viens de trouver un renouvellement de la marque en date du 6 juillet 2011 sur un autre site que le site gouvernemental américain . *(objet amplifiant non identifié)

Le Buzz… et l’argent du Buzz

Ca fait longtemps (quelques semaines en fait, une éternité de la vie d’un « produit ») que je me demandais si j’aller en parler, voilà mon état d’âme: Je ne vais pas citer de marques ni de modèles mais vous allez comprendre tout de suite. Vous avez dû revevoir il y a quelques jour une carte postale avec… un fruit ! La machine marketing était lancée, et le point d’orgue cette semaine, avec la réception d’une boîte de sucreries en forme dudit fruit et le petit dernier: une aide auditive intra-auriculaire « universelle », c’est à dire s’adaptant sans empreintes. Un intra-auriculaire s’adaptant sans empreinte, donc de forme standard, pour plus de 50% des conduits auditifs et autant de surdités… – Le « truc du camion » vous voulez dire monsieur ? – Ah non ! cher patient, c’est de la haute technologie, je vous fais une audiométrie par l’appareil, je calibre mon anti-larsen, je mets le pare-cérumen, tout ça, c’est complexe ! – Bof, moi vous savez, sur mon ordinateur, je fais du montage vidéo et audio, ça m’a pas l’air bien compliqué de cliquer pour entendre des sons et envoyer un bruit pour vérifier l’étanchéité du truc ! – Pas du tout, tout ça est extrêmement complexe, très délicat à mettre au point ! – Mais vous avez juste à le commander, ce truc n’est même pas fait à mon oreille, vous cliquez sur deux boutons… – … mais… – … et en plus, si mon audition baisse dans 3 ou 4 ans ? – Eh bien je mettrai un dôme plus obturant ! – Wouah ! quelle expertise ! et s’il tombe en panne ? – On le change ! – Ce n’est pas réparable ??!! – Je ne sais pas trop, mais c’est sûr, pendant la garantie, on le change ! – Et ça coûte ? – Euhhh… STOP – STOP -STOP -STOP !!!!! Au secours ! Où allons-nous ? Quelle image voulons-nous donner de notre profession ? Est-ce si difficile D’ADAPTER une aide auditive, dans le sens noble du terme (oui, ça peut !) ? Pourquoi vouloir « vendre vite » ? Pourquoi succomber aux sirènes d’un marketing qui nous promet d’aller plus vite si c’est pour le regretter amèrement plus tard ? Des anti-larsen de plus en plus performants doivent-ils servir à faire passer du n’importe quoi ? etc, etc… Une chose: le circuit de cette « merveille » est tout à fait digne d’intérêt, connu et éprouvé, il rend d’immenses services à de nombreux malentendants. Est-il absolument nécessaire de mettre le doigt dans l’engrenage de la médiocrité de l’adaptation ? XD, pas content…