UN APPAREIL PHONAK VIEUX DE 80 ANS ! ?

Written by bricedebrest on . Posted in Histoire de l'audioprothèse, marketing, Non classé, PHONAK

Quelle drôle de surprise de voir une aide auditive PHONAK dont la technologie est celle des appareils à grenaille de carbone et correspond aux années vingt-trente.

                     

En effet la société suisse n’a été crée qu’après-guerre, époque à laquelle les appareils à lampes étaient déjà très diffusés et où le transistor ne devait plus tarder à faire son apparition (1952 dans les appareils grand public et en l’occurrence dans les aides auditives).

Une petite consultation du site internet du fabricant confirme bien la date de 1947 comme date de création, le lieu étant Zurich.
Il est mentionné comme créateurs : « un groupe d’investisseurs franco-belges« .

Selon Berger, on découvre également que les premiers appareils du fabricant furent à lampe avec le modèle « Turicum Super » en 1947 puis les modeles « Standard » et « Spezial » en 1950. En 1954 le quatrième appareil de la marque est un modele à transistor : « Alpina T3″.

Alors quel est cet OANI* à grenaille  ?

Après quelques recherches il n’est pas si difficile d’identifier une aide auditive fabriquée entre 1928 et 1934 par French Electric Co.
M French, retraité des chemins de fer américains, intéressé par la surdité, avait créé sa société à New-York en 1928. Celle-ci n’a fabriqué que 3 ou 4 modèles. L’observation de ces appareils montre qu’ils étaient tout à fait à la hauteur de ceux de l’époque sans être pour autant très modernes (ni booster ni vibrateur contrairement à Sonotone à la même époque). Seul le modèle C ressemblant à un petit appareil photographique innovait sur le plan esthétique.

Le modèle représenté ici est semble-t-il un PHONAK D de 1931 ou 1932.

Mais alors comment peut-il porter le même nom que la marque mondialement connue ? (ou plutôt l’inverse ?)

Sur les registres officiels américains je n’ai retrouvé que 4 brevets (dès 1926) portant sur : « Telephone Receiver« , « Telephone Receiver Cap« , « Ear Receiver Nipple » (visible sur l’appareil) et « Microphone Transmitter« , mais aucun sur une aide auditive complète et aucun sur le nom de marque.
Contrairement à ce que mentionne l’étiquette : « Trademark registered« , il semblerait que Georges Barton French n’ait pas pensé ou jugé nécessaire de déposer le nom.

Les mêmes registre montrent qu’en revanche une société suisse : « AG fur Elektro-Akustik » a déposé le nom PHONAK le 19 juin 1951 pour des aides auditives, date à laquelle elle l’utilisera également comme nom de société. Une antériorité lui est reconnue pour la Suisse à dater du 26 septembre 1947.

Les fondateurs de Phonak avaient-ils eu connaissance de la marque de French ? Ont-ils profité de son abandon par son créateur ou l’idée leur est-elle venue spontanément ?
Ils étaient trois dont un « frenchie » : JE FOURNIER qui avait une excellente connaissance du marché américain pour avoir été l’importateur de Sonotone dans les années 30. Il est décédé en 1972. Ses deux associés étaient Brasseur (décédé en 1968) et Ernst Rihs qui avait racheté la totalité des parts (en 1956 selon Wikipedia ou en 1965 selon Phonak.com) et est décédé en 1979 ou 1980.
Ainsi seul un des descendant -Andy Rihs ?- ou un proche des fondateurs encore en vie pourrait répondre… à bon entendeur…

Enfin, pour information, la marque Phonak a été renouvelée le 19 juin 1971 (20 ans) puis tous les dix ans : le 15 août 1991 et le 25 août 2001.
Cinq jours après la nouvelle échéance, son renouvellement n’est pas encore publié en ligne… guettez l’occasion on ne sait jamais ! (mais ne dites rien sinon l’action va encore dévisser sur un quiproquo…)

Rectificatif du 1er septembre : je viens de trouver un renouvellement de la marque en date du 6 juillet 2011 sur un autre site que le site gouvernemental américain .

*(objet amplifiant non identifié)

Le Buzz… et l’argent du Buzz

Written by xavdelerce on . Posted in marketing

Ca fait longtemps (quelques semaines en fait, une éternité de la vie d’un « produit ») que je me demandais si j’aller en parler, voilà mon état d’âme:

Je ne vais pas citer de marques ni de modèles mais vous allez comprendre tout de suite. Vous avez dû revevoir il y a quelques jour une carte postale avec… un fruit !

La machine marketing était lancée, et le point d’orgue cette semaine, avec la réception d’une boîte de sucreries en forme dudit fruit et le petit dernier: une aide auditive intra-auriculaire « universelle », c’est à dire s’adaptant sans empreintes.

Un intra-auriculaire s’adaptant sans empreinte, donc de forme standard, pour plus de 50% des conduits auditifs et autant de surdités…

- Le « truc du camion » vous voulez dire monsieur ?

- Ah non ! cher patient, c’est de la haute technologie, je vous fais une audiométrie par l’appareil, je calibre mon anti-larsen, je mets le pare-cérumen, tout ça, c’est complexe !

- Bof, moi vous savez, sur mon ordinateur, je fais du montage vidéo et audio, ça m’a pas l’air bien compliqué de cliquer pour entendre des sons et envoyer un bruit pour vérifier l’étanchéité du truc !

- Pas du tout, tout ça est extrêmement complexe, très délicat à mettre au point !

- Mais vous avez juste à le commander, ce truc n’est même pas fait à mon oreille, vous cliquez sur deux boutons…

- … mais…

- … et en plus, si mon audition baisse dans 3 ou 4 ans ?

- Eh bien je mettrai un dôme plus obturant !

- Wouah ! quelle expertise ! et s’il tombe en panne ?

- On le change !

- Ce n’est pas réparable ??!!

- Je ne sais pas trop, mais c’est sûr, pendant la garantie, on le change !

- Et ça coûte ?

- Euhhh…

STOP – STOP -STOP -STOP !!!!!

Au secours ! Où allons-nous ? Quelle image voulons-nous donner de notre profession ? Est-ce si difficile D’ADAPTER une aide auditive, dans le sens noble du terme (oui, ça peut !) ? Pourquoi vouloir « vendre vite » ? Pourquoi succomber aux sirènes d’un marketing qui nous promet d’aller plus vite si c’est pour le regretter amèrement plus tard ? Des anti-larsen de plus en plus performants doivent-ils servir à faire passer du n’importe quoi ? etc, etc…

Une chose: le circuit de cette « merveille » est tout à fait digne d’intérêt, connu et éprouvé, il rend d’immenses services à de nombreux malentendants. Est-il absolument nécessaire de mettre le doigt dans l’engrenage de la médiocrité de l’adaptation ?

XD, pas content…

PHONAK se « google-ise »-t-il ?

Written by Sébastien GENY on . Posted in marketing, PHONAK

Je m’excuse d’avance, auprès des puristes, pour ce néologisme de mauvais goût, mais la comparaison est de plus en plus frappante. PHONAK deviendra-t-il le premier acteur « global » de l’audioprothèse ? Les faits ne mentent pas ! Au même titre que google, PHONAK fait ses emplettes (en profitant de la période de relache que lui apporte la vente de l’activité audiologie de SIEMENS) et récupère dans son giron, les marchés de niches de l’audiologie (qui sont potentiellement des pépites) :

PHONAK est à l’heure actuel le leader incontesté de l’innovation et met en avant une image d’entreprise dynamique et victorieuse. Ceci dit, cette force peut également inquiéter. Comme GOOGLE, cette concentration d’innovation, de technologie peut déboucher sur une entreprise verticale qui maîtrisera la conception de l’audioprothèse (classique ou implantable) à sa délivrance. La tentation doit être grande et légitime ! Est ce que PHONAK y succombera… L’avenir nous le dira !

Les commentaires récents

xavdelerce

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Quand j’ai écrit ceci (une AA programmable par un réseau donné), j’étais en pleine « audiofiction » (même moi je n’y croyais pas).
Là, cette histoire belge ne fait pas rire. Du tout…
Que peut on attendre comme garanties d’un fond de pensions ?

Martin Arantxa

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Pour Clément :
J’ai reçu recemment un patient belge appareillé il y a 6 mois avant de venir vivre en France avec un appareil de marque LAPERRE !
Esthétique identique à un phonak, même coque , je vais me renseigner lui dis-je !
J’appelle mon commercial qui me dit qu’il s’agit en effet d’un appareil phonak vendu en belgique dans leur propre réseau de distribution.
Comment puis-je le programmer alors ? Et b’en on ne peut pas ! Le logiciel de programmation est uniquement fourni aux magasin LAPERRE ; Le patient n’a plus qu’a changer d’appareil ou à repartir se le faire régler en Belgique .
Pourqui celà n’arriverait-il pas en France ?Ne soyons pas crédules !

Pour ceux que ça interesse, nous avons avec quelques audios furieux de cette annonce ouvert un topic sur facebook ou le débat fait rage !
Si ça vous intéresse de nous rejoindre , je sollicite l’autorisation de Sébastien Geny pour mettre le lien ici .
Nous sommes déjà 622 audioprothesistes inscrits sur ce topic facebook et ça augmente tous les jours;
Merci

xavdelerce

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Ouahhh ! Comment tu fais pour rayer des phrases sur le blog ?
Trop fort…

Clément

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De mon point de vue Sonova ne fait qu´officialiser ce qu´il est coutume de retrouver dans de nombreux cas et de nombreaux pays, et la France n´y échappe pas. Je doute que Sonova propose un modèle du type « aides auditives spécifiques Audition Santé ». Ils ont une vision très « patient orientée » et ne se couperont pas l´ensemble du marché par des mesures jugées trop « clientélistes ». Phonak et Sonova sont appréciés non pas pour les prix qu´ils pratiquent vis à vis de leur clients audioprothésistes mais principalement pour 1. la qualité des produits 2. la qualité du service offert. Leur histoire avec Audition Santé fut la même que celle qu´entretiennent nombres de fabricants avec des réseaux ou des clients importants. C´est à dire une certaine forme de reconnaissance vis à vis d´une grande fidélité. La situation aujourd´hui fait montre d´officialisation, ce qui n´est pas toujours innérant à la profession, et représente également un investissement qui suit la stratégie de diversification de Sonova. Je ne pense également pas que les prix pratiqués sur les produits du groupe dans les centres Audition Santé seront très inférieurs aux autres centres proposant les mêmes produits. J´ai pu personnellement apprécier leur philosophie mais cela n´engage que moi :-)

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