Catégorie : marketing

Retr'Audio

publicité Telex années 50
Publicité Telex années 50

« Qui marche vers l’avenir sans connaître son passé, marche dans l’ombre » (le dicton qui fait peur…)

Vous en avez assez des algorithmes de traitement du signal monstrueux, des appareils si petits que même vous, vous avez du mal à changer les piles ou la grille écouteur, marre des plans médias, raz-le-bol du développement des chaînes low-cost, des articles méchants, etc, etc…

Alors voilà du lourd, de la bakélite, de la bonne grosse pile polluante et du bon réglage (quand il y en a un) au tournevis cruci :

Telex modèle 36
Telex modèle 36

le Telex modèle 36 !! (année 1964)

On m’a fait cadeau du pépère il y a quelques années, et je l’avais rangé dans un tiroir avec un cornet acoustique et un sonotone (un vrai !). Et un jour qu’une pile 675 trainait par là, je me suis dit que j’allais peut-être lui donner à manger à ce petit gros coucou… Et là, déception : un couinement puis plus rien !

Je me dis « c’est fini pour lui ! », mais dans un éclair de génie (car il est modeste le Xavier…) je réalise que pour papy, le 1,3 Volt, c’est du guilli-guilli ! Il lui faut du brutal, du sauvage, pas de la 10AE de fillette, il veut son 1,5Volt qui pique !!!

Au risque de crâmer tous mes appareils qui suivront, je le mets dans mon caisson de mesure et je modifie ma tension en 1,5V. Et là, surprise, après plus de 40 ans de sommeil, le Beau-au-Bois-Dormant se réveille et me dit:

HIT Telex 36

Vous avez bien vu: pas plus de 5% de distorsions sur la bande d’amplification ! Respect !

Telex était un distributeur/constructeur américain d’appareils auditifs jusque dans les années 70/80. Ce modèle date du début des années 60, et je ne sais pas si la marque était distribuée en France ou s’il a été ramené de GB ou des USA « sous le manteau » (ou « sous le chapeau »). Aujourd’hui la société Telex existe toujours mais ne fabrique que des systèmes de communication essentiellement pour le domaine militaire.

Si un petit retour en arrière vous intéresse allez sur ce site et surtout, explorez les onglets sur la gauche, notamment « marketing of hearing devices » et vous verrez que les publicitaires actuels n’ont rien inventé (la pub du gars dans une bulle, ça ne vous dit rien ?).

Et si vraiment vous n’êtes pas lassés, il y a aussi celui là.

XD.

Depuis le temps que je pensais créer une chronologie de l’évolution des aides auditives, des technologies, des connaissances et du marché de l’audioprothèse ! Mais j’ai besoin de vous, alors n’hésitez pas à ajouter des informations à cette carte ! Comment faire me direz vous et bien tout simplement en proposant dans la zone commentaire des infos ! J’attends vos propositions d’ajouts ! A très bientôt ! Sébastien GENY

historique de l'audioprothèse 2.1
Carte chronologique de l'évolution des aides auditives

stéréophonie
stéréophonie

Voila un graphique, comme je les aime ! En phase avec la règle des 4 C : clair, concis, cohérent et complet. C’est beaucoup pour un seul schéma ! Et pourtant, tout est là sous nos yeux ! Décryptable par tout un chacun :

Je l’utilise pour mieux expliquer à mes clients :

  • que malheureusement, en moyenne, même appareillé, on ne recouvre pas une audition normale,
  • que le normo-entendant éprouve des difficultés dans certaines situations et en particulier dans les situations les plus complexes acoustiquement parlant,
  • que les compensations (mémoire auditive, capacité cognitive, concentration) améliorent le score de compréhension dans les situations les plus bruyantes,
  • que la stéréophonie est, clairement, supérieure dans les situations bruyantes (on peut dire que le graphique est sans ambiguité à ce sujet !),
  • qu’il existe plusieurs situations sonores différentes et qu’il faut comparer ce qui est comparable, bien souvent, je me retrouve face à des patients qui ont entendus dire que l’intelligbilité dans le bruit est très mauvaise, même appareillé. Ce graph a pour avantage de démontrer qu’il existe plusieurs catégories de situations sonores gênantes !

A utiliser sans hésitation !

Sébastien GENY

« Nous souhaitons étoffer l’offre de notre pôle santé et proposer un service supplémentaire à notre clientèle, a expliqué Michel-Edouard Leclerc, président des centres. Le marché des prothèses auditives est sous-équipé car les équipements sont chers. C’est un marché peu concurrentiel, estimé à 600 millions d’euros, dominé par un corporatisme d’audioprothésistes traditionnels qui ne pratiquent pas de discount ».

>> tiré du site http://www.audio-infos.eu

Toujours dans mon idée de comparer les marchés de l’audioprothèse et de la lunetterie (5,6 Milliards d’Euros), nous sommes aujourd’hui dans un facteur 9 entre les 2 marchés.

Le CA moyen par magasin est de 538 000 Euros en optique. Le CA moyen par magasin en audio est de 200 000 Euros. Voila pour les chiffres du jour.

Capter un signal, en effectuer la transformée de Fourier, le quantifier sur 1152 sous-bandes et l’encoder en binaire, y appliquer un filtrage psychoacoustique, diminuer les parties les plus fortes du signal, supprimer les plus faibles, renvoyer le tout vers un écouteur.

Capter un signal, en effectuer la transformée de Fourier, y appliquer un filtrage psychoacoustique, ne pas quantifier en sous-bandes mais vectoriser le spectre (en définir la forme le plus précisément possible par des vecteurs), calculer l’intégrale entre le spectre et sa forme vectorielle, comparer cette intégrale avec une banque de modèles et encoder cette erreur (leurs différences) en binaire ( !), reconstituer le spectre original en retranchant l’erreur du modèle de la banque, appliquer d’éventuelles corrections à ce spectre.

Pourrait-il s’agir d’appareils auditifs ?
En fait, il s’agit d’un encodage MPEG1 layer3 (mp3) pour la première méthode et oog-Vorbis pour la seconde…
La première analyse le spectre par bandes, la seconde prend le spectre dans son intégralité.

Deux stratégies différentes d’encodage du signal audio pour deux résultats finalement assez proches à l’écoute.

Le traitement du signal par des aides auditives présente peut-être des similitudes avec la compression audionumérique mais il est assez rare que les fabricants d’appareils auditifs communiquent sur ce sujet, ou alors pour des raisons de marketing, et on comprend les enjeux…

Tout ceci pour réagir à l’arrivée (ou au retour) du traitement de signal ChannelFree® de Bernafon sur sa dernière gamme Vérité®.
Ce concept avait déjà été introduit par ce même fabricant sur la gamme Symbio il y a quelques années. Il consiste à traiter la globalité du signal sur toute la bande passante fréquentielle, plutôt que par canaux, et d’y appliquer une sorte de filtre à pondération fréquentielle pour obtenir la correction désirée en fonction de l’audiogramme. On imagine (c’est secret, bien sûr) que cette « pondération » du signal de sortie dépend du niveau d’entrée, du rapport signal/bruit, de la dynamique résiduelle du patient, etc…
Le but de tout ceci étant d’éviter d’éventuelles distorsions temporelles liées au temps de traitement du signal afin de ne pas dégrader l’enveloppe du signal de parole puisque la détection de la structure fine est perdue très tôt par les malentendants.
A l’opposé de cette stratégie, on se souvient aussi de la technologie de traitement de signal ADRO, basée sur un analyse par canaux ressemblant fortement à une compression MPEG, et dont le « fenêtrage dynamique », capacité à n’amplifier qu’une dynamique définie d’intensités sonores semblait très innovante.

Il faut insister, si besoin en était, sur l’incroyable challenge que représente le traitement du signal « à la volée » sur les aides auditives :
capter un signal d’entrée, le quantifier (étape de numérisation), l’analyser (filtrage, débruitage, anti-larsen,…), prendre des décisions à plus long terme (à l’échelle du temps de traitement du signal) comme l’enclenchement des micros directionnels par exemple, et j’en passe, le tout de manière quasi-instantanée (moins de quelques ms). C’est une vraie performance, mais qui nous paraît banale.
Car le temps de réaction du système sur les aides auditives doit être de l’ordre du millième de seconde, comparé à la compression audionumérique qui a « tout son temps » dans le cas du stockage pour baladeurs numériques (mp3, mp4, aac, ogg, etc…) ou quelques secondes dans le cas de la transmission TV TNT (mp2 ou mp4).

Tout le challenge des fabricants d’aides auditives est d’arriver à traiter toujours plus de données dans un temps de 0+ à 5ms, l’évolutions des processeurs dédiés y pourvoit. Mais l’utilisation d’algorithmes de numérisation et compression de données issus du monde audionumérique « grand public » est quasiment impossible à l’heure actuelle. Jamais on ne parle de cette étape, secret de fabrication bien gardé !

Pour aller plus loin :
Les secrets des formats de compression audio, excellent article de Saad Bennani paru dans « GNU Linux mag, juill/août 2008, n°107, p44-58 » (si la revue n’est plus disponible, contactez-moi)
La technologie ADRO , ce site et cet article
Doc. BERNAFON Vérité

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