Catégorie : BERNAFON

Suite du premier et second billet.

Troisème test après celui ci et celui ci.

Troisième (et dernier) candidat : WIDEX UNIQUE 440 Fusion

Il s’agit d’un RIC pile 312, successeur du circuit DREAM 440.

Le Widex UNIQUE marque une rupture technologique qui semble importante chez ce fabricant puisque l’on a pour la première fois une détection automatique de 9 environnements sonores différents, le choix entre la transposition fréquentielle « classique » ou une duplication (mais ce n’est pas le sujet qui nous intéresse aujourd’hui), 4 convertisseurs A/D  de 18bits, soit pas loin de 108dB de dynamique, un seuil d’enclenchement possible vers 5dB SPL (étonnant), etc… Surtout, et là c’est plus surprenant (pour les audios habitués à la marque) et intéressant, l’amélioration de l’intelligibilité ne repose pas uniquement sur un réglage de « réduction du bruit » à proprement parler, mais plusieurs réglages de détection et et d’amplification de la parole (Speech Enhancer), dont un mystérieux réglage « Audibilité ». Widex explique d’ailleurs que les patients agissant sur le potentiomètre à la hausse, agiront spécifiquement sur ce réglage de renforcement de la parole.

Alors ? Marketing tout ça ou réelle avancée technologique ?

Appareil testé sur un pré-réglage avec méthodologie propriétaire Widex, base audiogramme KS100. Le LTASS de la voix moyenne (65dB SPL) a été mis sur une cible sur DSL 5.0a, base insert et RECD HA1, comme pour les autres appareils testés, afin de tous les comparer dans des conditions de réglages similaires. Pour ce Widex UNIQUE comme pour les autres appareils testés, les rapports de compression sont restés tels que préconisés par leurs fabricants respectifs.

Laisser faire les automatismes ou « fixer » l’appareil dans un mode particulier ?

Connaissant depuis un petit moment déjà l’anti-larsen Widex, on pourra certes lui reprocher plein de choses, mais en aucun cas d’inverser la phase du signal. C’est le genre d’effets collatéraux que l’on découvre en faisant ce genre de tests… Donc, et contrairement aux autres fabricants testés précédemment, j’ai décidé :

  • dans un premier temps, de le tester en désactivant la détection automatique d’environnements, d’activer le micro directionnel fixe avant, mais en activant ce fameux réglage « d’audibilité » au maximum; donc en fixant l’appareil dans une sorte de mode « parole dans le bruit », avec anti-larsen actif
  • puis de le tester dans un second temps « tel quel », sans activer, désactiver ou sur-activer de traitement du signal particulier, ni désactiver la reconnaissance automatique d’environnements. Je ne l’avais pas fait lors des essais précédents, les extractions n’auraient alors pas été possibles à cause de l’anti-larsen par opposition de phase des deux appareils précédents testés (et dans une moindre mesure, de la détection automatique des environnements)
  • enfin, de comparer les deux conditions afin de savoir si ce réglage d’extraction de la parole améliore réellement le RSB

Les résultats « visuels » à RSB -5dB :

U440_AUDIB_SNRm5

Les connaisseurs de Widex reconnaitront le fonctionnement typique de la marque : la réduction du bruit et/ou l’activation du mode directionnel est très progressif, mais nettement plus rapide que sur les modèles précédents où il fallait 10 à 15 secondes à l’appareil pour activer ses divers systèmes. Sur cet UNIQUE440, c’est beaucoup plus rapide : environ 7 secondes. Les crêtes semblent bien préservées tout au long de la mesure, n’oublions pas que nous sommes à un RSB de -5dB en entrée.

On écoute ?

 Voici d’abord ce que le micro de référence capte en cabine à RSB -5dB :

REF_CABINE_SNRm5Et ce que ça donne à l’écoute en cabine, sans appareil (il y a de l’ambiance !) :

 Et voici avec l’appareil, toujours à RSB -5dB en entrée, réglage d’audibilité au maximum (c’est l’écoute du visuel avec les zones temporelles entourées) :

On sent très nettement, entre la 12ème et la 15ème seconde, la réduction du bruit. La parole devient alors de plus en plus audible. Est-il plus probable que ce que l’on entende soit dû à l’enclenchement du microphone directionnel et/ou à l’activation d’un réducteur de bruit ? Nous verrons cela plus en détail par la suite… Suspenssssssss inssssssoutenable !!

 Des chiffres (réglage « Audibilité » maximum + micro. dir. fixe avant) :

Juste à noter, un détail : les extractions des signaux issus du Widex UNIQUE 440 ne peuvent se faire qu’avec un alignement par l’enveloppe des signaux SpN, SmN, mSmN et mSpN. Impossible d’avoir des extractions correctes en alignant par la structure fine… à l’inverse des deux autres fabricants testés ! Mystère…

U440_audMax_micDir

On trouve sur ce graphique :

  • ce que capte en parallèle le micro de référence (lignes 10 à 14)
  • les Leq en dBA(30s) respectifs du signal et du bruit (colonnes D et E)
  • lignes 3 à 7 : les extractions avec le UNIQUE 440
  • colonne C3<–>C7 le RSB réel en entrée (issu du micro de réf.)
  • colonne I3<–>I7 le RSB en sortie de l’appareil
  • colonne J17<–>J21 la différence entre le RSB à la sortie de l’appareil et le RSB réel en cabine (mic. de réf.)

La parole est très stable (delta de 3,5dB de RSB +10 à RSB -10), l’appareil « n’emporte pas » le signal avec le réducteur de bruit (ça arrive des fois…). Le bruit varie de 20 dB en entrée pour 17dB en sortie.

L’amélioration du RSB par l’appareil est d’environ 8dB dans ce mode (colonne I – colonne C) de +10 à à 0dB en entrée. Les deltas sont en J17<–>J21.

On est donc face à un appareil très performant dans le bruit, présentant un très efficace mode directionnel, mais couplé à un système qui semblerait préserver (donc différentier ?) le signal utile. Comment mettre en évidence ce système ? S’agit-il plutôt d’un réducteur de bruit ou d’un détecteur/expanseur de parole ?

« Audibilité renforcée » : réglage utile ou gadget ?

Vous vous demandez certainement (comme moi…) si le fait de déplacer un curseur de deux crans va réellement agir sur l’audibilité de la parole. Et quelle est l’action de ce réglage ? Une réduction du bruit dans les silences de la parole permettant une émergence du signal utile (comme le Bernafon) ? Ou au contraire une détection des indices vocaux et une amplification renforcée sélective ?

Une seconde série de mesure à été refaite :

  1. comme la précédente, audibilité max et mic. directionnel avant fixe
  2. réglage « standard » en mode automatique total

AN : le réglages sont très reproductibles, puisque les deux mesures faites en « audibilité max. + mic. dir. » sont quasi-identiques sur les deux mesures.

Réponse avec l’analyse LeqA des divers signaux extraits sur les 30 dernières secondes (de 40″ à 1’10 ») du mix signal + bruit (donc après l’activation du microphone directionnel qui a dû se produire dans les 7 premières secondes) :

U440_STDvsAUDIB

Les réglages des gains sont les mêmes dans les deux conditions :

  • Il n’y a quasiment pas de différence entre les niveaux du bruit (lignes E3/E7 et E11/E15) avec le réglage d’audibilité « moyenne » ou « maximum » : le LeqA(30s) évolue dans les deux conditions de 63 à 80dB environ de +9 à -11dB de RSB(in). Le réglage d’audibilité n’est donc pas principalement un réducteur de bruit.
  • Par contre, on constate un net renforcement du signal de parole entre les deux conditions : +3 à +5dB en « audibilité maximum » par rapport au réglage « standard » (lignes D3/D7 par comparaison à D11/D15).

C’est donc l’action de ce réglage qui explique l’amélioration du RSB entre les deux conditions. Il ne s’agit donc pas d’un réducteur de bruit, mais bien d’une détection spécifique et d’un renforcement du signal de parole.

Voici la progression du UNIQUE 440 :

U440_auto_audib

L’amélioration du RSB est de 4dB environ en « mode auto » (courbe orange), ce que bien des fabricants aimeraient atteindre en mode directionnel fixe et RB au maximum… On notera juste que l’appareil, dans les deux modes de réglages va privilégier le confort plus que l’efficacité sous RSB 0dB.

Par contre en mode d’audibilité renforcée (courbe rouge), l’appareil regagne encore 4dB de RSB, ce qui donne au total une amélioration du RSB de 8dB entre 0 et +10dB et 6 à 7dB environ entre -10 et 0dB. Impressionnant tout de même, c’est le maximum mesuré jusque là entre les divers fabricants en monaural…

Au-delà de la performance pure, certains appareils performants atteignent quasiment ce niveau, mais avec une qualité sonore du signal utile très « artificielle » (je présume, hachée par les compressions). Ici, et c’est souvent le cas chez Widex, la qualité du son reste très bonne. Les extractions (en sortie de l’appareil) donnent un signal de parole clair, comme ici extraite des 30 dernières secondes d’un mix RSB -5dB :

Ca fonctionne quand même bien la méthode de séparation des signaux par opposition de phase… Merci Messieurs Hagerman & Olofsson !

Il faudra un jour que je vous fasse écouter les extractions de parole de 7 fabricants testés, en blind test : nous aurons des surprises dans la qualité sonore… C’est un aspect des choses ignoré, mais qui doit avoir aussi son importance…

Emergence du message

Widex dit utiliser un SII « HD » dans son algorithme. Je ne connais pas de norme SII « HD »… mais la bonne vieille (et toujours en vigueur) norme ANSI S3.5-1997 qui définit le calcul du SII, auquel, c’est vrai, on peut ajouter un calcul (non encore normé) du SII bilatéral. Bref… améliore t-il le SII ? On peut présumer que oui puisque la parole est détectée et amplifiée sélectivement.

Voici ce qui se passerait si l’appareil n’améliorait pas le RSB (situation encore fréquente ces dernières années…) :

U440_SNR0in_SNR0out RSBin_equal_RSBout_corr_KS100Le SII avec l’appareil serait d’environ 0,38 à RSB 0dB.

Et avec l’appareil, dont l’amélioration RSB est d’environ 7,2dB à RSB 0dB en entrée :

U440_SNR0in_SNR7out U440_SIILe SII passe à 0.61 (SII calculé sur base audiogramme KS100, signal à l’avant et bruit arrière, par le logiciel SIP-Toolbox).

On obtient une émergence améliorée de 23% du signal par rapport au bruit. Pour vous donner une idée : un SII de 0,33 est suffisant à un normo-entendant pour répéter 50% des mots de listes dysyllabiques, et 0,4 pour répéter 90% des phrases d’un test (selon la norme SII).

Vous noterez au passage qu’il serait impossible d’obtenir un SII supérieur à 0,8…

Conclusion(s)

  • Le réglage « Audibilité » de ce Widex UNIQUE 440 fonctionne bien comme un détecteur et « expanseur » de parole
  • absence de potentiomètre standard, remplacé par ce réglage croissant de détection de la parole améliore progressivement de RSB; vous êtes gêné pour comprendre dans le bruit = appuyez sur la touche + !!!
  • les meilleurs résultats dans le bruit (+8dB de RSB) sont obtenus avec un programme spécifique, en désactivant le détecteur d’environnements, en mode directionnel fixe et audibilité au maximum, comme sur les modèles testés précédemment. La directionnalité fixe potentialise toujours nettement l’action des algorithmes.

Fichiers et extractions

Pour les incrédules de la méthode (ou des résultats obtenus), ce que je peux comprendre, vous trouverez à l’adresse de ce lien tous les fichiers de calibration des micros de référence (Behringer) et de mesure (DPA) ainsi que les enregistrements avec ce UNIQUE 440 FS, découpages des séquences et extraits correspondants de parole et bruit à chaque RSB. Condition de test : Audibilité max. et mic. dir. fixe avant.

Formule d’usage : l’auteur signale un lien d’intérêt avec le fabricant testé, puisqu’il a accepté de me prêter cet appareil avant sa commercialisation officielle, mais pas dans le but de ces tests. Le « risque » est relativement important pour Widex qui a décidé de prêter quelques appareils à des fins comparatives à des patients déjà équipés de technologies évoluées. Si les résultats n’avaient pas été à la hauteur, je n’en aurait peut-être pas parlé, et chacun se serait fait son idée. Ce n’est pas (à mon humble avis), le cas. Comme d’habitude, n’y voyez aucune malice (et d’ailleurs, j’arrête la diffusion publique de ces tests, en attendant que les facs, en études multi-centriques, prennent le relai avec du matériel professionnel en cours d’installation), ne déduisez rien d’absolu au vu des seuls résultats. L’appareillage auditif est une alchimie entre l’audioprothésiste, son patient et la technologie la plus appropriée qu’ils choisissent en commun.

Ce troisième test conclura donc les billets sur l’analyse du RSB en sortie d’aide auditive par la méthode de séparation des signaux de Hagerman & Olofsson. Elle est cependant incomplète, car potentiellement améliorable par une même mesure, mais en binaural.

Il est intéressant (j’espère) et rassurant de voir que la technologie a énormément évolué ces dernières années. Ce que nous ressentons vaguement dans les dires de nos patients est une réalité tangible et mesurable avec quelques appareils récents.

J’ai entendu parler (mais je ne lis pas ce genre d’articles) qu’un journal de consommateurs assimilait les appareils auditifs à des biens électroniques de grande consommation, et dont le prix ne pouvait que baisser dans le temps, comme tout bien électronique qui se respecte… C’est bien vite oublier que toutes ces améliorations sont le fruit d’algorithmes de plus en plus sophistiqués associés à l’évolution de composants ultra-spécifiques à l’appareillage auditif. Ces derniers ne sont qu’au service des premiers. Car, quelle est la différence entre l’appareil d’il y a 5 ans, et par exemple ce Widex UNIQUE 440 ? Pas le micro directionnel…

Cette recherche, je veux bien le croire, nécessite des moyens colossaux en temps, en cerveaux et technologie.

Les appareils de 2015 n’ont finalement plus grand chose en commun avec ceux de 2005, mais présentent des spécificités importantes de comportement inter-marques.

Entre celui qui privilégie le confort avec une diminution de sonie importante, mais en conservant toujours un RSB amélioré, celui qui mise sur un « nettoyage » du bruit dans les silences de la parole, celui qui va chercher à améliorer la perception des crêtes afin d’améliorer le RSB, et que sais-je encore, les différences de fonctionnement sont très variées et très différentes selon les fabricants.

Pouvons-nous penser un seul instant que tous pourraient s’adapter indifféremment à n’importe quel patient ? Certainement pas…

Malheureusement, la seule lecture des fiches techniques ne nous renseignera pas sur leurs manières d’agir. Et certaines fois, la présentation de ces technologies se résume à une soirée promotionnelle…

A nous d’être curieux 😉

« Send out the Signals… Deep and Loud ! »*

Et pour finir cette série de 5 billets sur une note légère, un peu de musique avec un très beau morceau de Peter Gabriel (* paroles de la chanson) qui colle bien au sujet : Signal to Noise ! Où même le bruit peut devenir signal, si on le décide…

 

 

Encore merci à Franck et François-Xavier !

Suite du premier et second billet.

Second test après celui ci.

Deuxième candidat : BERNAFON JUNA 9 CP. Couleur beige… mais ça, bon…

Il s’agit d’un contour d’oreille pile 13, successeur de l’ACRIVA 9, appareil que je trouvait assez difficile à mesurer en in-vivo car ultra-réactif au « chirp » de pré-calibration.

Les appareils de la marque peuvent paraître entourés d’un certain mystère quant à leur fonctionnement « sans canaux » (en Schwyzerdütsch on dit « Channel Free »). Si vous avez la patience d’attaquer un bouquin pareil, leur anatomie est un peu dévoilée par leur créateur, Arthur Schaub, dans Digital Hearing Aids.

L’Acriva était réputé pour un réducteur de bruit très très efficace, mais une pointe d’agressivité aux bruits impulsionnels. Son successeur le JUNA propose désormais deux modes de détection de la parole dans le bruit, basés soit sur la structure fine, soit sur l’enveloppe (mode testé ici) qui est, selon le fabricant, moins générateur d’inconfort pour les personnes les plus sensibles à des transitoires « explosifs ».

Appareil testé sur un pré-réglage avec méthodologie propriétaire (Bernafit NL), base audiogramme KS100, réducteur de bruit au max (mais pas « ultra confort ») et microphone directionnel fixe, et priorité « parole dans le bruit » + « enveloppe ». Ouf !

Les résultats « visuels » à RSB -10dB :

JUNA9_RBmax_MicDir_env_Beyer

Il ne faut que 3 à 4 secondes au RB pour intervenir (zone entourée noire). Rappelons que dans cette configuration, la parole (ISTS) est envoyée à 65dBA (Leq sur 30sec.) et le bruit (IFNoise) est à 75dBA (idem). Ce qui frappe, c’est la conservation, voire même le réhaussement, des crêtes du signal : les 8.5 premières secondes (ISTS seul) n’atteignent pas 0.5 d’amplitude relative puis l’apparition du bruit « efface » totalement les crêtes jusqu’à ce que le RB s’enclenche totalement; les crêtes ré-apparaissent, nettement plus amplifiées qu’au début de la mesure.

On écoute ?

Avec le Juna 9 :

Contrairement à l’appareil testé précédemment (le STARKEY), on sent moins le réducteur de bruit, mais le signal vocal semble (c’est une sensation) plus audible.

Quand même pour comparaison, voici ce qui se passe en cabine en même temps, capté par le micro de référence :

Qui a dit qu’en 2015 un appareil auditif ne fonctionne pas dans le bruit ? Il faudra penser un jour à arrêter le « Hearing Aid Bashing« , accepter un minimum de payer une recherche qui aboutit à ces résultats…

Des chiffres :

JUNA9_env_beyer

Cela confirme l’écoute : quand le Starkey diminuait le signal vocal de plus de 7dB avec l’augmentation du bruit, le JUNA 9 le diminue très peu (env. 3dB de G3 à G7), et ce, quel que soit le niveau du RSB. On est donc en présence plus d’un « extracteur » de parole que d’un « réducteur de bruit ». Lorsque l’on regarde les enregistrements, on constate assez nettement ce renforcement du contraste temporel (réhaussement des pics de la parole). Bernafon communique depuis des années sur cette technologie, qui semble donc effective.

Voici, pour s’en convaincre, l’enregistrement fait en parallèle par le micro de référence, celui en écoute plus haut (à RSB -10dB) :

5_DPA_ref_JUNA9_env_beyer_SNRm10_Aligned_Signals

… difficile de distinguer la parole dans ce « magma » de bruit…

 

Et au même RSB, l’enregistrement du JUNA :

5_JUNA9_env_beyer_SNRm10_Aligned_Signals

… les crêtes ré-apparaissent. Merci le micro directionnel (mais on a vu que ce n’était pas suffisant avec des modèles d’il y a plusieurs années) et surtout merci les algorithmes !

AN : Les deux enregistrements plus haut sont les signaux « SpN » des graphiques ci-dessus.

Voici sa progression :

JUNA9

L’amélioration du RSB est constante dans cette configuration de réglages, d’environ +6.7dB en moyenne, quel que soit le RSB en entrée.

Emergence du message

Voici l’émergence du signal par rapport au bruit, calculé sur 30sec. (merci Franck) sans passer par l’appareil (capté par le micro de référence), à RSB 0dB :

SII_DPA_ref_JUNA9_RSB0dB

Et avec l’appareil :

SII_JUNA9_RSB0dB

On obtient bien une émergence améliorée de 15% du signal par rapport au bruit.

 

Conclusion(s)

On le voit, deux marques, deux stratégies totalement différentes. La première (STARKEY) est axée sur le confort (avec tout de même 5dB d’amélioration constante du RSB), quand BERNAFON avec le JUNA recherche une extraction constante de la parole, que que soit le RSB en apportant quasiment 7dB d’amélioration du RSB. Deux fonctionnements très différents, deux typologies de clientèles ?

On finira par entendre mieux dans le bruit avec un appareil auditif que sans !

Quels progrès depuis 5 à 10ans, ne boudons pas notre plaisir.

 

Formule d’usage : l’auteur ne signale aucun lien d’intérêt avec le fabricant testé. N’y voyez aucune malice, ne déduisez rien d’absolu au vu des seuls résultats. L’appareillage auditif est une alchimie entre l’audioprothésiste, son patient et la technologie la plus appropriée qu’ils choisissent en commun.

 

Où s’arrêteront les fabricants ? jusqu’où vont les performances actuelles ?

Vous le saurez (peut-être) dans une troisième et dernier épisode fin septembre…

 

Allez, zou ! en vacances !! Vous lisez trop le blog 😉

RemFit désigne la passerelle entre le logiciel Bernafon Oasis (version 19) et Affinity (version maxi 2.3).

Bernafon et les autres (sauf Starkey et Widex…) récupèrent déjà les données REM type REUR et RECD, mais le concept va plus loin en pilotant directement la mesure in-vivo d’Affinity par le logiciel de réglage. A noter que Siemens fait déjà ça et même Widex, il y a très lontemps pilotait Aurical depuis Compass (et ça marchait !).

Le but: appuyez sur le bouton « Start » et le logiciel vous met l’appareil sur cibles. Magnifique !

Test !!

Le patient test:

image1

Bien sûr, comme tout le monde, quand on teste un nouvel appareil ou une nouvelle fonctionnalité, on prend le pire de nos patients (le pire des audiogrammes). C’est de bonne guerre !

Dans ce cas précis, les appareils choisis sont des Acriva 7 Rite adapté en dômes ouverts. Le TEN-Test est positif dès 3KHz, donc la correction se fera jusqu’à 2KHz et transposition fréquentielle (pardon « Frequency Composition » !) sur l’intervalle de mon choix (voir post sur le sujet plus bas).

Que fait RemFit:

REMFit

Un conseil: faire la calibration anti-larsen avant la MIV, le gain disponible réel étant bien supérieur des fois à l’estimation logicielle.

Il faut d’abord mettre des sondes in-vivo sur le casque REM et les calibrer par le logiciel Oasis:

Calib Sondes

Les sondes sont calibrées comme en MIV « classique »: sonde de mesure devant le micro de référence, le tout face au HP.

La MIV par le logiciel se fait par défaut à 65dB SPL d’entrée, mais on peut ajouter les intensités 50 et 80dB SPL par défaut dans le logiciel ou à la demande:

REAG cible

Le petit côté magique: en fait à Berne, des milliers de marmottes, au moment où vous appuyez sur « Droit », « Gauche » ou « Les deux », prennent le contrôle de votre PC et vont faire les mesures, plusieurs fois s’il le faut, automatiquement, jusqu’à ce que les cibles soient atteintes au mieux !

Ah non, les marmottes qui plient le papier d’alu, c’est un autre truc Suisse…

Bref ! Ca marche effectivement tout seul et vous voyez de façon miraculeuse les appareils se régler seuls en plusieurs étapes automatiques. Pour peu que vous ayez fait votre audiométrie aux inserts, que le logiciel ait récupéré un RECD, et donc que vos cibles soient précises au tympan, tout devrait donc coller au mieux:

REMFit ajustés

Ici, le niveau 80dB n’a pas pu être émis (c’est trop fort, il faudrait plutôt 75dB SPL max.), et il faut le décocher pour ne pas bloquer le test. Le logiciel n’est pas content car il n’est pas « sur cibles » (à 3K et plus), et c’est là que l’on voit la différence entre un cerveau humain (« Mais c’est ce que je voulais ! ») et la machine (« J’ai pas pu taper le 3 et 4KHz dans les cibles. End of message ! »), donc avertissement. Mais nous savons, nous les humains, que c’est mort/désafférenté au-delà de 3KHz, et qu’il n’est pas important d’aller y mettre de l’information ! Rage against the machine !

Et ça marche ?

REAR REMFit

Et oui ! Pile poile ce que je voulais.

Avouons quand même: une MIV avec ISTS et calcul des CR de la dynamique vocale, vous avez plus d’information qu’avec REMFit, non ?

Donc oui, ça marche, mais quitte à mettre une sonde, pourquoi ne pas passer directement sur la chaîne de mesure avec toutes les subtilités et les informations apportées par les signaux vocaux réels.

D’autant plus qu’ici, la transposition était proposée par le logiciel à partir de 2.9KHz, en plein dans la zone inaudible pour le patient, et seule une « vraie MIV » pouvait mettre en évidence qu’il fallait rabaisser son point de départ:

FC REMFit

Pour ce qui est de la mesure in-vivo de l’énergie transposée, voir ce post.

Bravo quand même à Bernafon, beau travail d’interface Oasis/Affinity. Seul regret: les courbes de MIV ne sont pas stockées dans Noah.

Prochain test: Oticon et sa MIV intégrée, qui, elle, permet l’utilisation de signaux vocaux. A suivre…

L’audioprothésiste adapte des aides auditives dont les capacités sont de plus en plus évoluées.

De l’anti-larsen à la directionnalité adaptative , les algorithmes semblent progresser d’année en année. Un bon vieux réflexe persiste cependant dans notre profession, héritage d’une époque bénie/révolue/archaïque (rayez la mention inutile) où les réseaux de soins n’existaient pas, l’audioprothésiste écoute les aides auditives.

Des fois (ça devient rare) nous en trouvons le son « clair » ou « agréable »; souvent… pas du tout ! Comment quantifier cette sensation d’écoute ? Le domaine spectral (mesure en caisson, mesures in-vivo, logiciels de réglages) ne nous donnera aucune indication.

Je vous livre ici une mesure temporelle (pression acoustique en fonction du temps) de trois aides auditives très récentes et performantes, de trois fabricants différents, lors de l’émission d’un son pur de 880Hz. Le micro de mesure 1/2 pouce placé dans le coupleur, je le précise, est de haute qualité (DPA) et ne peut pas être responsable de ce qui va suivre…

Fabricant 1:

Une sinusoïde chez fab1

 

 

Fabricant 2:

Une sinusoïde chez fab2

 

 

Fabricant 3:

Une sinusoïde chez fab3

 

 

Devinez quel appareil est le plus agréable à l’écoute ? Mais si, vous avez une petite idée !

* Vous le savez maintenant, les jeux de mots débiles à la Achille Talon sont ma spécialité… (sinon vous ne lisez pas !)

J’avais évoqué il y a quelques temps la mort de l’écrêtage avec la mort de l’amplification analogique. Pour cause, toute amplification numérique ayant un délai de traitement du signal, même minime, les sons impulsionnels mettaient un certain temps à être pris en compte par le système (alors qu’un écrêtage de « old school » analogique est instantané). Certains patients sont sensibles à cela (« les couverts et les assiettes » !), et lorsque le circuit présente ce genre d’imperfection, l’enclenchement plus bas des compressions, la diminution du MPO ou l’augmentation des CR n’y changeront pas grand chose…

La parade a donc consisté à concevoir des systèmes de « gestion des bruits impulsionnels en entrée », à savoir, ne pas faire entrer dans le système certains bruits. A ce jour, beaucoup de fabricants proposent ce type de système ou cette fonction « réduction des bruits impulsionnels ».

Un exemple très frappant dernièrement a été donné par le Chronos de BERNAFON. Ce système, à l’écoute, est tout bonnement stupéfiant: les bruits d’impact et notamment l’over-shoot (pic lié au temps d’enclenchement du système) sont réellement réduits.

L’efficacité de ce système peut être mesurée par les chaînes de mesure.

Je me suis demandé si cette fonction était:

  1. efficace (tout simplement)
  2. non-destructrice (on verra ça ensuite)

Trois modèles ont été programmés « logiciel » sur une audiométrie à dynamique « pincée » (40dB max.). Il s’agit:

  1. du BERNAFON Chronos 7 CP
  2. du PHONAK Ambra micro P
  3. du WIDEX Clear 3 Fusion (éc. M)

Ces trois modèles sont censés réduire les bruits impulsionnels et cette fonction a été testée sur « off », « moyen » et « max ». La séquence de test consiste en l’émission d’un son à 40dB SPL avec une montée brutale à 100dB SPL, puis relâchement:

 

 

Principe du test

Le graphe ci-dessus illustre le principe du test et une mesure (avec un très vilain AA dont je tairai la marque).

Le but du test est de vérifier si l’over-shoot (le pic à la montée en intensité du signal) est diminué, et quelles sont les conséquences éventuelles (dommages collatéraux) de ce traitement.

Pour BERNAFON:

 


Déjà, le pic (over-shoot) est important lorsque le système est désenclenché (courbe fine du haut). L’activation « moyenne » (proposée par défaut, courbe grasse) le réduit très efficacement de quasiment 20dB mais laisse apparaître un tout petit temps de latence du système pour revenir au gain optimal après enclenchement. L’activation « maxi » ne réduit pas plus l’over-shoot, mais en plus, retarde la remonté en gain sur quasiment 150ms. A déconseiller en « maxi » semble t-il, et déjà très efficace en « moyen », donc.

Pour PHONAK:

 


L’over-shoot est très présent en « off »: le système est vraiment nécessaire. De fait, il s’avère très efficace en « moyen » (courbe grasse) en réduisant de plus de 20dB le pic, pas nettement mieux en « max », mais sans temps de latence de retour.

Pour WIDEX:

 


Là, on a un cas d’école, puisque d’emblée (système en « off »), l’appareil ne présente pas d’over-shoot, donc théoriquement pas besoin de ce traitement de signal. De fait, l’enclenchement du système ne fait pas varier le pic, puisqu’il n’y en a pas. On introduit juste une latence de retour là où il n’y en avait pas. La technique de réduction de bruits impulsionnels en entrée (ne pas les faire entrer dans le système) semble déjà bien marcher.

 

Donc ces systèmes fonctionnent bien (ouf !), voire n’ont pas lieu d’être (la classe !).

Mais attention aux limites: ces systèmes sont très performants. A utiliser en toute connaissance de cause, voire, à brider par les fabricants (les enclenchements « max » semblent n’apporter rien de mieux sur les modèles testés). Le « super -écrêtage », semble, dans certains cas, introduire une latence de retour à l’équilibre, avec des conséquences potentielles sur l’intelligibilité.

Priver le malentendant des informations « extrêmes » de la parole n’est pas sans conséquences sur la perception de la parole: une voix considérée comme « moyenne » véhicule des informations utiles dont l’intensité varie dans une gamme très large de niveaux sonores. Une fois amplifiés, les pics (pour parler d’eux) seront souvent les seules informations vraiment accessibles à un malentendant, et plus encore en situation bruitée.

Imaginons un malentendant dans un restaurant: des voix et des fourchettes dans les assiettes… Les fabricants nous promettent de différencier les bruits d’impacts de la parole. On espère pour les plosives !

Pour tenter d’apporter une réponse à la question première « faut-il écrêter ? », je pense qu’il faut rester prudent avec ces systèmes, qui sont, faut-il le rappeler, ici pour palier aux imperfections des circuits. En cherchant à tout prix à « lisser » le signal, on risque en supprimer les contrastes avec des systèmes poussés à leurs maxima.

Les crêtes d’un signal vocal sont d’ailleurs considérées comme les informations les plus utiles, y compris chez le normo-entendant, voir cet article de Drullman.

Bernafon casse « coût » !

Bernafon casse les prix ?

Mais non, c’est n’importe quoi !!

Juste un titre humoristique pour illustrer le message affiché lors de l’installation de la version 12 d’Oasis : « Veuillez patienter pendant l’analyse des coûts ».

Le suisse qui a fait la traduction avait-il un petit « coût » dans le nez ?

Toujours est-il qu’à la fin de cette analyse des « coûts » un message me conseillait de passer à Noah 3.7 (au lieu de 3.6.1), il s’agit donc d’une analyse… du système !

A noter que cette version d’Oasis est plutôt bien faite : sous des dehors très simples, elle carbure bien en arrière plan. L’importation automatique en provenance d’Affinity des résonance oreilles nues (GNO ou REUG) se fait automatiquement :

Et cerise sur le gâteau, si par hasard vous aviez aussi mesuré un RECD (vous en faites de ces trucs !), il est importé aussi automatiquement :

Le rapatriement d’un RECD semble tout à fait dans la logique de cette version logicielle, car Bernafon accepte maintenant les audiogrammes faits aux inserts EAR (c’est bien les inserts, je vous les recommande, pour une précision sans égale…).

Bref, simple… efficace… Suisse !

C’est l’histoire d’un « serpent de mer » de l’audioprothèse : les fabricants utilisent-ils les seuils subjectifs d’inconfort que nous prenons la peine de mesurer ?

Et je pense que beaucoup de monde a fait la même chose : saisir un audiogramme tonal à 60dB HL plat à droite, sans inconfort, et le même à gauche avec un SSI (Seuil Subjectif d’Inconfort) à 90dB HL sur toutes les fréquences. On rentre dans un logiciel d’adaptation, on choisi le même appareil des deux côtés, et on regarde ce qui se passe avec la formule par défaut du fabricant…

Et là, trois possibilités :

  • Aucune différence de réglages entre les deux oreilles (assez courant)
  • Aucune différence dans le réglage des compressions MAIS le niveau de sortie maximum, si le réglage existe, est corrélé au SSI (a tendance à se développer)
  • L’oreille présentant la dynamique réduite a des réglages adaptés en compression et niveau maximum de sortie (assez rare par défaut)

Donc on peut en déduire que majoritairement, les fabricants n’utilisent pas les seuils d’inconfort mesurés par les audioprothésistes, en tout cas pour leur calcul des compressions et autres points d’enclenchements.

Ce n’est pas tout à fait surprenant car la formule de calcul utilisée est souvent NAL-NL1 ou une adaptation « maison » de NAL-NL1. Or la formule australienne utilise un seuil d’inconfort statistique. Un peu vexant pour les audios qui pratiquent la mesure du SSI !

L’apparition de systèmes de gestion des bruits impulsionnels en entrée a modifié un peu cette approche puisque certains fabricants proposant ces systèmes proposent des « mix » entre un calcul des compressions basé sur la dynamique statistique et un MPO ou « pseudo-écrêtage » basé sur le SSI. C’est mieux, mais on ne nous laisse pas encore toutes les clés de la maison…

Par contre, il est toujours possible d’utiliser des formules de calcul intégrant le SSI mesuré dans le calcul des compression et MPO, c’est le cas de DSL I/O par exemple, souvent proposée par défaut lors des appareillages pédiatriques, bien qu’il ne soit pas évident d’obtenir un SSI avant 10ans.

Il faut reconnaître aussi que la mesure d’un seuil d’inconfort est très subjective (c’est le cas de le dire) : elle dépend presque autant du patient, de sa peur ou au contraire de sa bravoure (!), que du testeur et de sa limite posée (douleur ? limite du supportable ? réflexe cochléo-palpébral ?…). Pour ma part, après une consigne assez sommaire type « limite du supportable », je trouve que l’observation du visage est assez précise, et un re-test quelques années après donne souvent des résultats assez proches. Le seuil d’inconfort n’évoluerait donc pas trop avec le temps, ce qui n’est pas le cas du seuil de confort (que je ne mesure pas) mais qui semble évoluer à mesure que les patients nous demandent plus de gain « pour les voix », donc à niveau « moyen ». Ce fameux passage de courbes de transfert « concaves » à « convexes » qui rendait difficile il y a quelques années un renouvellement du Siemens Prisma 4D (courbes de transfert « convexes » à l’époque), et qui fait que les Widex sont très confortables au début (courbes de tranfert très « concaves ») mais un peu « mous » après quelques semaines (il faut redonner du gain à niveau moyen).

Mais le « grand maître » du seuil d’inconfort statistique est toujours sur son trône depuis les années 80 : c’est PASCOE la plupart du temps qui décide du seuil d’inconfort de votre patient. Ses recherches ont donné en 1988 des abaques de corrélation entre seuil d’audition et seuil d’inconfort par mesures de progression de la sensation sonore (tests LGOB). Et depuis, beaucoup de fabricants utilisent ces tables si vous ne rentrez pas de seuil d’inconfort, et même si vous en rentrez un d’ailleurs (pour certains) !!

Des études plus récentes ont affiné ce « seuil d’inconfort statistique » de Pascoe, et je suis surpris du « nuage statistique » dans lequel on fait passer ces droites de régression qui serviront de base à ces inconforts statistiques…

Et ces fameux « nuages statistiques », nous les voyons tous les jours : les patients sans aucun inconfort, ceux aux aigus insupportables, aux graves très gênants (ça arrive), etc… et pour des seuils HL finalement pas si éloignés. Alors au final, c’est vrai, il doit bien exister une « droite » qui passe par le centre de gravité de tous ces cas particuliers. Et ce que cherchent les fabricants qui utilisent ces statistiques n’est peut-être pas dénué de fondement : il vaut mieux une statistique 70% du temps juste plutôt qu’un inconfort 70% du temps mal mesuré (= aide auditive 100% mal réglée pour son porteur !).

Et si même, ne seraient-ce que 90% de nos évaluations du SSI étaient assez bonnes (pas moins bonnes que celles de Mr Pascoe en tout cas), je crois que de toutes façons nous n’avons rien à perdre à « individualiser » l’adaptation.

Vous trouverez en téchargement ici une étude sur l’utilisation des seuils d’inconforts saisis pour différents logiciels de réglages. Plusieurs choses ont été analysées: si un seuil d’inconfort est trouvé par le logiciel, l’utilise t-il pour le calcul des compressions ? juste pour le calcul du MPO/PC/SSPL90 ? pas du tout ? quelques surprises…

Article et étude rédigés conjointement par Thibaut DUVAL (pour l’étude des logiciels et tableau), Sébastien GENY et Xavier DELERCE.

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