Catégorie : PHONAK

L’audioprothésiste adapte des aides auditives dont les capacités sont de plus en plus évoluées.

De l’anti-larsen à la directionnalité adaptative , les algorithmes semblent progresser d’année en année. Un bon vieux réflexe persiste cependant dans notre profession, héritage d’une époque bénie/révolue/archaïque (rayez la mention inutile) où les réseaux de soins n’existaient pas, l’audioprothésiste écoute les aides auditives.

Des fois (ça devient rare) nous en trouvons le son « clair » ou « agréable »; souvent… pas du tout ! Comment quantifier cette sensation d’écoute ? Le domaine spectral (mesure en caisson, mesures in-vivo, logiciels de réglages) ne nous donnera aucune indication.

Je vous livre ici une mesure temporelle (pression acoustique en fonction du temps) de trois aides auditives très récentes et performantes, de trois fabricants différents, lors de l’émission d’un son pur de 880Hz. Le micro de mesure 1/2 pouce placé dans le coupleur, je le précise, est de haute qualité (DPA) et ne peut pas être responsable de ce qui va suivre…

Fabricant 1:

Une sinusoïde chez fab1

 

 

Fabricant 2:

Une sinusoïde chez fab2

 

 

Fabricant 3:

Une sinusoïde chez fab3

 

 

Devinez quel appareil est le plus agréable à l’écoute ? Mais si, vous avez une petite idée !

Les futures ou très récentes mises à jour logicielles d’Affinity (Interacoustics), mais je pense aussi de toutes les bonnes chaînes de mesure qui se respectent, vont intégrer dans leur module de mesures in-vivo la possibilité d’activer le microphone de référence controlatéral lors de la mesure, à la place du micro ipsilatéral habituellement activé.

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Un brevet vient d’être déposé (fin 2011) par notre fabricant helvète préféré (…): le shmilblick consiste à mesurer (ou plus exactement « estimer ») le RECD par l’appareil auditif, sans mesure directe par sonde en fond de conduit, mais par seuil d’apparition du larsen.

La technique n’est pas nouvelle chez ce fabricant, et elle ne semblait pas donner de résultats précis, en l’ayant testée sur des sujets très « déviants ». Mais ça, c’était avant semble t-il, et les audiologistes de la marque y croient vraiment: à tel point qu’ils ont mené des recherches en labo afin de tenter de mettre en évidence une corrélation entre seuil d’apparition du larsen et RECD:

 

Bon, le 1500Hz et sup. à 5000Hz semblent récalcitrants (????) mais pour le reste ça semble assez bien corrélé (même le RECD de la zone 160 à 480Hz est corrélé fortement à l’apparition du larsen dans les aigus !).

Certes, ça reste une estimation statistique sur un nombre x de sujets, jamais étudiée auparavant (à ma connaissance, je n’ai rien trouvé sur le sujet), mais qui semble justifier un dépôt de brevet.

Que penser de tout ceci:

  • Génial, il y a encore des choses à découvrir en audiologie prothétique ! Il fallait y penser.
  • Partant du principe que les audios travaillent en grande majorité au casque, et donc ne mesurent pas de RECD, voire ne font pas de MIV, les fabricants veulent éviter au maximum de « prendre des risques » en mettant sur le marché des aides auditives toujours plus performantes, mais dont les performances seraient totalement annihilées par une adaptation médiocre (mauvaise estimation des seuils au tympan, donc des niveaux appareillés atteints au tympan). On les comprend.
  • Partons du principe que les audio(logiste)s du monde entier font leur maximum pour satisfaire leurs patients: les aides auditives fonctionnant de mieux en mieux et s’adaptant nettement plus précisément qu’il y a 20 ans, pourquoi ne pas envisager dans les prochaines années travailler SANS professionnels de l’adaptation, en tout cas pour une « gamme grand public » ? « Ah bè non alors ! » (voix de Bourvil).
  • Nous travaillons aux inserts, nous mesurons le RECD, nous faisons de la MIV: quel est l’intérêt de cette recherche ? On sait déjà ce qui se passe au tympan.

Merci à CG pour l’info.

 

*Merci Google Traduction quand même…

 

De source sûre (que je ne peux révéler dans ces pages), SONOVA vient de finir de racheter audition santé !  Il est vrai que j’ai du rayer d’un trait vengeur la phrase précédente  tant celle-ci semble surranée… Cela fait déjà une semaine que le grand virage de l’industrie de l’audioprothèse a été pris ! Et déjà de nouvelles questions se posent ! Je reçois mails sur mails au sujet du mariage (de raison ?) entre un fournisseur et un distributeur ! Certains sont contre, d’autres pour !

Alors pour départager tout le monde voici un petit sondage qui départagera tout le monde :

[poll id= »13″]

Liens pour plus d’infos :

Forum de blog-audioprothesiste : http://www.blog-audioprothesiste.fr/forum/#cid=5,tid=72

« C’est quoi ce titre ?, du déjà vu ! »

« Encore un Phonak French américain !? »

« A moins qu’on ne parle des audioprothésiste exclusifs proches de la retraite ? »

 

Je sais, je vous ai déjà fait le coup dans un billet précédent et avec 20 ans de plus ! Alors quel est l’intérêt de ce billet ? Pas d’effet de surprise cette fois-ci, en effet il s’agit bien d’un vrai Phonak suisse (voire Celte ou Kymri ?  j’en perd mon latin). Dans le billet historique précédent j’avais évoqué les deux premiers modèles de la marque dont vous n’ignorez plus qu’ils fonctionnaient à lampes. L’idée est de vous en apprendre un peu plus.

 

Ca fait un bail…

« 60 ans » ça nous ramène  à 1952. C’est la date charnière entre la fin du premier appareil Phonak (lancé en 1947 puis décliné en 6 versions) et le deuxième produit de la marque.

Ce premier modèle joliment baptisé Turicum est un appareil boitier de type « tout-en-un » c’est à dire contenant les piles, l’amplificateur et le microphone. L’écouteur, relié par un fil, est maintenu à l’oreille grâce à une branche métallique passant derrière le pavillon. Il n’y a pas d’embout sur la photo mais je pense qu’il devait être possible d’en fixer un pour éviter l’effet larsen.

De taille « respectable » il entre cependant dans une poche de chemise.

La première version (ici présentée) possède un potentiomètre et un bouton on-off.

Aucun réglage n’est disponible pour le vendeur (à l’époque l’audioprothésiste n’existe pas).

Son amplification est réalisée par trois lampes : une Raytheon CK 518AX et deux… Philips DF 66 !

A la même époque Philips est déjà une solide société d’électronique qui fabrique de nombreux composants mais aussi des aides auditives (avec les mêmes lampes ?).

 

La suspension du microphone porte bien son nom (un jour je vous montrerai des « tiroirs » piles)

 

 

En tout, six versions auraient été commercialisées, dont une dorée, les plus récentes associant lampes et transistors.

La fin des lampes

Le deuxième modèle de la marque, de couleur noire et dorée, est plus qu’une variante puisque l’amplification est entièrement confiées à des transistors (Raytheon CK718). Non seulement les lampes disparaissent libérant du volume mais cela permet également de supprimer une des piles : celle qui servait à chauffer les filaments des lampes.
Ainsi la taille de l’appareil est presque diminuée de moitié.

Son nom commercial est « Alpina ». Il se vendait au public aux environs de 62000 francs suisses ce qui représenterait 1200 € d’aujourd’hui.

 

 

L’étymologie au service de l’imagination suisse.

Le nom de la marque PHON – AK  s’apparente à de très nombreux noms d’aides auditives fabriqués sur les racines antiques grecques : « phone » (la voix), « akoustikos » (auditif), mais aussi latines « tonus » (la corde), « sonere » (sonner/être sonore), « auditus » (écoute) et « auris » (oreille).
Toutes les combinaisons possibles ont existé et peut-être que la reprise d’un nom déjà utilisé aux USA avant-guerre et dont la marque avait disparue est une coïncidence (Cf billet précédent ).

Pour nommer les appareils, le choix aurait pu se porter sur l’ordre de production : 1 puis 2 ou sur une caractéristique technique comme le nombre de transistors : T3, T4…
D’emblée plus ambitieux, les créateurs ont choisi Turicum, plus original et qui nous permet de faire un peu d’étymologie. Il s’agit -selon Wikipedia- d’un nom romain d’origine pré-latine, dérivé du nom celte Turos, et désignant la ville de Zurich dans l’antiquité.

Pour le deuxième appareil leur imagination ayant déjà été beaucoup sollicitée, il décidèrent de choisir le nom Alpina dérivant de « alp« , mot kymrique désignant une roche escarpée lui-même probablement à l’origine de « alpes » mot romain désignant une montagne.

En allant chercher des racines géographiques celtes, les créateurs de ces modèles voulaient (consciemment ou non) pallier la jeunesse de leur entreprise et de leur produit en s’inscrivant dans une tradition millénaire, gage de longévité rassurante. Cette ancienneté, proche de la notion de tradition véhicule aussi une idée de qualité, enfin la référence géographique ancre le produit dans son terroir tout en étant ouvert sur l’Europe.

Aujourd’hui pour trouver un nom comme cela il faudrait faire travailler une équipe d’une douzaine de personnes du département marketing à temps plein pendant plusieurs mois. Ce qui permettrait juste d’éviter les « Siemens Berl » (pas très vendeur), « Philips Wodans Wodo » (pas si mal celui-là), Oticon « Kobmannahavn » (facile à prononcer) ou « Intrason Fraxinis »…
C’est ainsi qu’on se retrouve dans les années 2000 avec des Widex « Super » succédant aux Phonak « Extra »…

Brice Jantzem. Brest

 

PS : si vous savez ouvrir le boitier de l’Alpina, je suis preneur…

 

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