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La miniaturisation des systèmes de liaisons sans fils, appelé IBAN chez PHONAK, permet des prouesses techniques comme la transmission en « temps réel » de l’information provenant d’un microphone satellite, installé à 15/20 cm de l’appareil auditif. Ce dispositif appelé CROS/BICROSS sans fils est utile dans le cas des cophoses unilatérales. Jusqu’à présent, les patients/clients porteurs d’une SSD ne pouvait être équipé que d’un :

  • CROS filaire
  • BAHA, ou CROS « osseux »
  • CROS sans fils, assez encombrant…

Avec l’arrivée de la plateforme SPICE et du logiciel TARGET, l’adaptation du CROS/BICROS a permis une amélioration cosmétique. Les microphones CROS sont ainsi désormais embarqués dans des micro contours.

Bien que didactique et intuitif, l’adaptation d’un CROS/BICROS via Target, reste difficile. En effet, une fenêtre permet de quantifier la sensibilité microphone du CROS. Ainsi, le réglage permet de faire une balance entre les micros du CROS et ceux de l’aide auditive.

Ceci dit, le réglage n’est pas évident, empirique et sujet à hésitations. Bref, tout ce que je déteste. Un magnifique outil sans métrologie…. Gasp, il me fallait trouver une solution !

La première est très subjective : en réalisant, un équilibrage tonal…. je demandais ainsi aux clients/patients si ceux ci entendaient de façon équivalente les sons provenant de l’hémichamps droit et gauche.

Encore une fois, le doute s’installait : »Avais je donné suffisament de gain pour compenser l’effet de masque du crâne ? »  ou « La personne ne risque-t-elle pas d’entendre trop fortement les sons provenant du coté cophotique ? ».

Sur le diagramme ci dessous, je voulais en forçant les réglages, en provoquant un déséquilibre des sensibilités microphoniques (captation coté capteur +2.3 dB, – 5 dB coté appareil) , faire apparaître l’effet du CROS/BICROS ! et c’est chose faite ! La courbe REIR 1 correspond à une mesure in vivo enregistré au niveau de l’oreille opposée à la cophose, la source se trouvant à 1 mètre coté cophotique. EN REIR 1, le microphone du capteur CROS n’est pas placé sur l’oreille. En REIR 5, le capteur micro du dispositif CROS est en fonction. On peut retrouver l’effet d’une meilleur captation en comparant REIR 1 et REIR 5. L’effet microphonique est ainsi mis en évidence.

 

 

CROS2 CROS3

Le troisième diagramme est un second enregistrement qui correspond au préréglage CROS/BICROS proposé par TARGET.

Quelle drôle de surprise de voir une aide auditive PHONAK dont la technologie est celle des appareils à grenaille de carbone et correspond aux années vingt-trente.

                     

En effet la société suisse n’a été crée qu’après-guerre, époque à laquelle les appareils à lampes étaient déjà très diffusés et où le transistor ne devait plus tarder à faire son apparition (1952 dans les appareils grand public et en l’occurrence dans les aides auditives).

Une petite consultation du site internet du fabricant confirme bien la date de 1947 comme date de création, le lieu étant Zurich.
Il est mentionné comme créateurs : « un groupe d’investisseurs franco-belges« .

Selon Berger, on découvre également que les premiers appareils du fabricant furent à lampe avec le modèle « Turicum Super » en 1947 puis les modeles « Standard » et « Spezial » en 1950. En 1954 le quatrième appareil de la marque est un modele à transistor : « Alpina T3 ».

Alors quel est cet OANI* à grenaille  ?

Après quelques recherches il n’est pas si difficile d’identifier une aide auditive fabriquée entre 1928 et 1934 par French Electric Co.
M French, retraité des chemins de fer américains, intéressé par la surdité, avait créé sa société à New-York en 1928. Celle-ci n’a fabriqué que 3 ou 4 modèles. L’observation de ces appareils montre qu’ils étaient tout à fait à la hauteur de ceux de l’époque sans être pour autant très modernes (ni booster ni vibrateur contrairement à Sonotone à la même époque). Seul le modèle C ressemblant à un petit appareil photographique innovait sur le plan esthétique.

Le modèle représenté ici est semble-t-il un PHONAK D de 1931 ou 1932.

Mais alors comment peut-il porter le même nom que la marque mondialement connue ? (ou plutôt l’inverse ?)

Sur les registres officiels américains je n’ai retrouvé que 4 brevets (dès 1926) portant sur : « Telephone Receiver« , « Telephone Receiver Cap« , « Ear Receiver Nipple » (visible sur l’appareil) et « Microphone Transmitter« , mais aucun sur une aide auditive complète et aucun sur le nom de marque.
Contrairement à ce que mentionne l’étiquette : « Trademark registered« , il semblerait que Georges Barton French n’ait pas pensé ou jugé nécessaire de déposer le nom.

Les mêmes registre montrent qu’en revanche une société suisse : « AG fur Elektro-Akustik » a déposé le nom PHONAK le 19 juin 1951 pour des aides auditives, date à laquelle elle l’utilisera également comme nom de société. Une antériorité lui est reconnue pour la Suisse à dater du 26 septembre 1947.

Les fondateurs de Phonak avaient-ils eu connaissance de la marque de French ? Ont-ils profité de son abandon par son créateur ou l’idée leur est-elle venue spontanément ?
Ils étaient trois dont un « frenchie » : JE FOURNIER qui avait une excellente connaissance du marché américain pour avoir été l’importateur de Sonotone dans les années 30. Il est décédé en 1972. Ses deux associés étaient Brasseur (décédé en 1968) et Ernst Rihs qui avait racheté la totalité des parts (en 1956 selon Wikipedia ou en 1965 selon Phonak.com) et est décédé en 1979 ou 1980.
Ainsi seul un des descendant -Andy Rihs ?- ou un proche des fondateurs encore en vie pourrait répondre… à bon entendeur…

Enfin, pour information, la marque Phonak a été renouvelée le 19 juin 1971 (20 ans) puis tous les dix ans : le 15 août 1991 et le 25 août 2001.
Cinq jours après la nouvelle échéance, son renouvellement n’est pas encore publié en ligne… guettez l’occasion on ne sait jamais ! (mais ne dites rien sinon l’action va encore dévisser sur un quiproquo…)

Rectificatif du 1er septembre : je viens de trouver un renouvellement de la marque en date du 6 juillet 2011 sur un autre site que le site gouvernemental américain .

*(objet amplifiant non identifié)

Mieux que la boue !

Bon j’avais dit que j’aimerais faire l’expérience avec un vieil appareil (c’est mon domaine…) et j’étais prêt à risquer de perdre une pièce maitresse de ma collection !

C’est désormais fait.

Après un premier essai dans la boue, peu videogénique, je me suis dit qu’un liquide plein de gaz pouvait être plus graphique et avoir plus de chance d’endommager l’appareil. Et à la fin si on le fait avec un appareil neuf on peut même se désaltérer. Vu l’âge de l’appareil, j’ai préféré jeter les résidus expérimentaux.

Voici donc le fruit de mes expériences :

Jtu7rpCG6GM?hl=fr&fs=1

Sinon, juste pour comparer avec l’aquaris :
– le coude de mon C9 n’était pas obturé contrairement au Siemens (craintifs chez Siemens ?)
– le tiroir pile était entrouvert lors du trempage pour laisser le liquide entrer par là
– avant de réaliser un cadrage à peu près correct j’ai renouvelé l’expérience plusieurs fois et avec plusieurs liquides (sur le même appareil)
– j’ai essayé en tenant l’appareil au bout d’une pince mais c’était moins facile à filmer
– le trempage de la scène finale me parait à peu près de la même durée

– par contre le coup de la soufflette de gaz directement sur les micro, ça j’ose pas…

 

en fait rien de scientifique ou de risqué dans tout ça… la bonne expérience au dessus de la cocotte minute avec un aquaris reste à faire

 

Voici retranscrite, l’interview donnait à la chaîne radiophonique BFM Business par le directeur général de Malakoff Médéric, au sujet de la stratégie de son groupe mutualiste. Pour le professionnel de la santé que je suis, tous les enjeux des prochaines années sont expliqués.

Plusieurs points clefs sont abordés :

  • La prise de participation dans des grands métiers de la santé
  • La « légitimisation » de la privatisation de la santé dès lors que l’on est considéré comme un groupe dit mutualiste et solidaire… (pourtant on parle bien de chiffre d’affaires ?!).
  • La compréhension d’un métier spécifique, sa réorganisation et son contrôle
  • Les modifications législatives à induire (même si ce n’est pas explicité… il pèse ses mots ;-))
  • La marchandisation de la santé
  • L’intermédiation des professionnels de la santé, autant dire le verrouillage des parcours de soins par les acteurs de l’assurance santé.

Tout cela ressemble à une « berceuse » pour endormir les masses : En fait, il faut plutôt entendre dans cet interview : nous sommes un groupe privée qui souhaite régir l’ensemble du système de santé en prenant la place des instances publiques et médicales (sic !).

A bon entendeur…

Guillaume Sarkozy interviewé par Stéphane Soumier sur BFM Radio le 23 juin 2010

Stéphane Soumier : Le patron de Malakoff Médéric est avec nous, Guillaume Sarkozy, bonjour

Guillaume Sarkozy : Bonjour

Stéphane Soumier : On a des acteurs qui sont au cœur finalement des dossiers clés du moment, on était avec l’immobilier tout à l’heure avec COGEDIM et là on est avec tout ce qui tourne autour des questions de santé, des questions de prévoyance, des questions de retraite, des questions d’avenir, toutes les questions que l’ensemble des auditeurs se posent aujourd’hui d’autant que vous êtes un groupe mutualiste.

Guillaume Sarkozy : Paritaire et mutualiste

Stéphane Soumier : C’est un acteur privé mais on est aux marges des acteurs privés ?

Guillaume Sarkozy : Nous sommes privés, nous sommes économie sociale, nous sommes non lucratifs : ma gouvernance, notre gouvernance, c’est des syndicats, le MEDEF, et des mutualistes.

Stéphane Soumier : Hausse du chiffre d’affaires pour Malakoff Médéric

Guillaume Sarkozy : Oui bien sur, on est bons !

Stéphane Soumier : On va définir ce qui est le cœur de votre stratégie aujourd’hui et c’est diablement intéressant : que vous avez la conviction qu’aujourd’hui la Sécu au sens large, la santé au sens large, la prévoyance au sens large, deviennent une affaire privée, individuelle.

Guillaume Sarkozy : C’est pas tout à fait ça. J’ai le sentiment qu’on va devoir réinventer un nouveau système. On avait un système qui était basé sur la solidarité totale : c’est le monopole de la Sécurité sociale et c’est formidable parce que ça donne une grande solidarité entre tous les Français. Aujourd’hui, en plus de ce système, à côté de ce système, on a besoin d’un système qui donne des services, qui est un système d’intermédiation entre les français et par exemple l’offre de soins :  pour expliquer, pour le service, pour la transparence, pour orienter. Et ça la Sécu ne le fait pas. Donc on va le faire à côté ; c’est le projet qu’on construit aujourd’hui.

Stéphane Soumier : Je vais me permettre de le dire différemment Guillaume Sarkozy. La séquence politique de la semaine dernière – et je ne veux surtout vous mettre en difficulté là-dessus, soyez tranquille-  nous a finalement appris qu’on n’y arriverait pas, que la prévoyance n’y arriverait pas, que la répartition n’y arriverait pas et que chaque individu devait se prendre en charge.

Guillaume Sarkozy : Moi, je ne suis pas d’accord.

Stéphane Soumier : Non, vous ne pouvez pas le dire ; je comprends bien dans le cadre d’un groupe mutualiste.

Guillaume Sarkozy : Je ne suis pas d’accord ; mes convictions ne sont pas d’accord avec ce que vous dites. Je pense qu’il faut plusieurs piliers, je pense qu’il faut plusieurs étages comme dans un millefeuille, ….

Stéphane Soumier : Mais la répartition ne suffit plus

Guillaume Sarkozy : La répartition, il faut la sacraliser, il faut la sanctifier pour la laisser parce qu’aucun système… ceux qui dirait ou ceux qui ont dit qu’il y avait d’autres systèmes que la répartition à la place, ce sont des menteurs, ce n’est pas vrai, il n’est pas possible de construire un autre système que le système par répartition aujourd’hui dans notre pays, ça n’a pas de sens. Il faudrait mobiliser des sommes telles qu’elles n’existent pas. Par contre, c’est vrai, que, quand on regarde l’avenir, il y une baisse du taux de remplacement, c’est-à-dire ma retraite par rapport à mon dernier salaire et pour ceux qui considèrent que ça serait insuffisant, ce fameux taux de remplacement, il faut prévoir autre chose sur le long terme. C’est vrai pour la retraite, c’est vrai pour la santé, c’est vrai pour la dépendance, c’est vrai pour la prévoyance.

Stéphane Soumier : Quand on a pris acte de ça, vous constatez que nous individus, on n’y comprend plus rien, on est perdu ! Entre les régimes de retraite, entre les régimes de prévoyance, on est totalement perdus. Et c’est là, et c’est sur cette clé là que vous voulez jouer aujourd’hui.

Guillaume Sarkozy : C’est une clé majeure. J’ai passé trente ans comme chef d’entreprise, je dois dire que pendant trente ans, j’ai pas bien compris ce qu’on venait me dire, j’ai pas bien compris pourquoi il fallait, en tant que patron d’entreprise, payer autant de cotisations. Et aujourd’hui que j’ai la chance d’être à la tête d’un groupe paritaire, ma première réaction a été la transparence. Nous avons depuis maintenant 2 mois sur notre site internet, nous avons les prestations qu’ont nos clients en euros : on ne vous parle pas du plafond de la Sécurité sociale ! …

Stéphane Soumier : Il faut juste préciser que vous gérez les retraites complémentaires Agirc-Arrco ; ça s’appelle délégation de service public…

Guillaume Sarkozy : Oui, on gère 1 retraite complémentaire sur 5 mais surtout on est aussi le leader, un des leaders français en assurance collective santé et prévoyance et donc tous nos clients maintenant ont sur nos sites leurs droits en euros, pour savoir combien ils seront remboursés en euros s’ils vont voir un spécialiste, s’ils achètent une paire de lunettes et notre action c’est la transparence mais aussi aider nos clients à mieux acheter. Par exemple, nous venons de lancer il y a un mois avec des associés un réseau de 6 millions de personnes assurées pour acheter des lunettes moins chères. Et bien ça, c’est vraiment notre travail d’améliorer la protection sociale des français.

Stéphane Soumier : Et à travers un site internet, on aura exactement les prix, enfin, les prix des lunettes, et la façon dont vous les remboursez…

Guillaume Sarkozy : Vous allez sur le site internet, on va vous dire en euros les droits que vous avez en fonction de votre pathologie. On va vous dire, si vous allez dans notre réseau, les opticiens avec lesquels nous avons contractualisé où vous pouvez aller par rapport à votre lieu de résidence  -ça s’appelle de la géolocalisation- et on va suivre l’ensemble du circuit pour vous aider à faire votre achat dans un contrat qualité/prix responsable.

Stéphane Soumier : On est en train de changer de modèle économique quand on raconte ça quand même !

Guillaume Sarkozy : On est en train de compléter un modèle économique ; on est en train d’inventer un complément. Moi, je dis toujours : on n’est pas un complément par rapport à la Sécurité sociale, on est un supplément, on est à côté. C’est vrai, on a des prestations ; on rembourse en plus des médicaments qui sont quelquefois à 15%, on les rembourse à 35%. Sur l’histoire des lunettes, sur l’histoire de l’orientation, on va donner un service qui n’existe pas aujourd’hui.

Stéphane Soumier : Alors derrière, vous avez pris des participations dans un groupe qui s’appelle LVL Médical par exemple qui s’occupe de matériel médical à domicile, assistance médicale à domicile…

Guillaume Sarkozy : Plus que ça ! LVL, Lavorel  Médical est le premier opérateur français de soins à domicile.

Stéphane Soumier : Voilà, soins à domicile. Korian, ça c’est un groupe de maisons de retraite… C’est quoi la stratégie, qu’est-ce que vous préparez ?

Guillaume Sarkozy : La stratégie, c’est d’entrer à environ 15-20% du capital de ces opérateurs de manière à comprendre précisément leur fonctionnement, comprendre leur modèle économique, comprendre la formation des prix et arriver à médicaliser nos garanties d’assurance par rapport à la compréhension que nous aurons de leur métier, et surtout à les coordonner.

Stéphane Soumier : Combien ça leur coûte exactement, comment est-ce qu’ils fonctionnent ? A partir de là je vais, de manière beaucoup plus cohérente, baser mes remboursements, c’est ça l’idée ?

Guillaume Sarkozy : Exactement, je vais médicaliser mes garanties, je vais pouvoir contractualiser. Nous n’avons pas la prétention d’acheter l’ensemble du marché. Il faut qu’on comprenne, pour pouvoir contractualiser avec les autres acteurs …

Stéphane Soumier : D’accord, mais vous ne voulez pas devenir acteur dans les maisons de retraite par exemple ?

Guillaume Sarkozy : Non, notre métier, c’est des métiers que nous ne connaissons pas. Nous ne connaissons pas les métiers de soins à domicile, nous ne connaissons pas les métiers des maisons de retraite. Nous devons encore réfléchir et c’est un vrai sujet, très sensible, à investir – et je proposerai à mes conseils d’administration d’investir dans l’offre de soins cliniques par exemple, de manière là aussi, à mieux comprendre l’ensemble de la chaîne. Il y a toute une chaine de valeurs en France sur l’offre de soins qui est coordonnée aujourd’hui simplement par le médecin traitant ; et le médecin traitant bientôt il n’aura plus le temps.

Stéphane Soumier : Ca veut dire que vous êtes en train de préparer le prochain grand dossier, celui de la dépendance, à mon avis l’une des questions qui préoccupe aujourd’hui l’intégralité des auditeurs qui peuvent écouter BFM Radio. Comment est-ce que je finance, je ne vais faire peser ça sur mes enfants, c’est pas possible. Comment est-ce que je vais financer ma propre dépendance ? Combien ça va me coûter ? A quelles conditions ? C’est là-dessus que vous voulez apporter des réponses claires Guillaume Sarkozy ?

Guillaume Sarkozy : Oui, nous sommes un groupe de protection sociale donc nous travaillons sur le long terme. On n’est pas intéressé sur les deux ans qui viennent ; on travaille sur les 20 ou 30 ans qui viennent. On travaille pour nos enfants, pour mes successeurs, pour construire notre avenir. Nous avons une vraie stratégie, oui bien sûr…

Stéphane Soumier : Cela n’a rien à voir mais dans l’immobilier, la marque Nexity est en train de tout ramener justement sous une marque unique. Cela va aller du syndic jusqu’à l’agence immobilière. Vous avez un problème immobilier, c’est ça leur stratégie : Nexity, vous aurez une réponse. J’ai un problème d’avenir, j’ai un problème de santé, j’ai un problème de prévoyance : Malakoff Médéric et j’aurai la réponse ?

Guillaume Sarkozy : J’ai un problème de protection sociale, vous aurez différentes marques d’intermédiation de compréhension en France de ce système dont la marque Malakoff Médéric qui vous expliquera sur l’ensemble des prestations, celles que nous versons et celles du régime de base, qui vous expliquera quel est votre reste à charge, qui vous conseillera. Vous voulez changer vos garanties ? Vous voulez améliorer votre reste à charge ? Voila le produit qu’on peut vous proposer. Tout ça dans la clarté et grâce à internet bien sûr…

Stéphane Soumier : Ca devient du commerce. Juste une question : est-ce qu’il faut quelque part des modifications législatives pour mettre tout ça en place ? Je pense par exemple à la retraite, je pense au système par capitalisation auquel doit penser l’ensemble de nos auditeurs. Est-ce qu’il faut aider un petit peu cette capitalisation en faisant bouger les lignes de la loi pour qu’on transforme par exemple l’assurance vie en une véritable assurance retraite aujourd’hui Guillaume Sarkozy ?

Guillaume Sarkozy : Aujourd’hui, il existe déjà beaucoup de choses. Notre sujet est d’optimiser ce qui existe, c’est ce que nous faisons pour donner la meilleure information possible aux français et à nos clients. C’est ça notre sujet.

Stéphane Soumier : Grande prudence : paritarisme oblige !

Guillaume Sarkozy : Vous savez, j’ai la chance d’avoir à mon conseil d’administration la moitié des administrateurs Medef et l’autre moitié c’est CGT, CFDT, Force Ouvrière, CGC et CFTC, donc ça m’a appris à peser les mots que j’emploie, même avec vous Stéphane.

Stéphane Soumier : Le patron de Malakoff Médéric avec nous ce matin sur BFM Radio.

 

Des professionnels de santé viennent de lancer une pétition pour faire supprimer l’article 22 du projet de « Loi Fourcade ». Adoptée en 1ère lecture à l’Assemblée nationale, cette disposition vise à modifier le Code la Mutualité pour autoriser les mutuelles à pratiquer les remboursements différenciés dans le cadre des réseaux de professionnels de santé.

Aujourd’hui, cette possibilité leur est interdite par la loi (la MGEN a d’ailleurs été condamnée à ce propos en septembre 2010).
Cette disposition risque de « faire augmenter les prix » et de « dégrader les prestations » . Elle précise que « l’article 22 de la proposition de loi, bientôt soumise au vote du Sénat en deuxième lecture, altère profondément notre système de santé et notre protection sociale ».

Avec cet article,l’assuré se verrait donc imposer le choix de son prestataire de santé. C’est une entrave à la concurrence et une atteinte aux libertés pour les patients. Les secteurs optique, audioprothèse et dentaire sont ici les premiers visés mais le dispositif sera sans doute rapidement étendu à d’autres professions de santé. Cette disposition crée des marchés captifs et fausses la concurrence : concept rétrograde qui n’aura comme conséquence directe que l’augmentation des prix et la dégradation qualitative des prestations !

Notons que la proposition de loi sera examinée par la Commission des Affaires sociales du Sénat le 23 juin, et présentée en séance publique à partir du 30 juin.
Pour signer la pétition en ligne sur le site Soinscoordonnes.fr, cliquez ici.

Ce n’est peut-être pas le lieu pour poster ce billet mais comme un individu seul ne peut facilement obtenir un droit de réponse, j’utilise l’espace disponible.

A l’heure ou les sondages d’opinions, encadrés par la loi et des normes statistiques sont confrontés à une polémique sur leur validité,
on peut s’interroger sur la rigueur des enquêtes journalistiques à base de « clients mystères ».
A vouloir être mystérieux on oublie peut être de se renseigner avant de construire l’enquête et on oublie de poser les bonnes questions par rapport au coût.

Suivie de près par une émission sur France Inter où le seul invité « audioprothésiste » n’est pas en exercice… l’article de Que Choisir m’a un peu fait réagir.
Il est étonnant de constater la coïncidence avec laquelle ce sujet est abordé par les médias lorsque SantéClair ou Afflelou s’y intéressent.

Il convient de critiquer la méthodologie puis de débattre du fond.

Représentativité de l’enquête :
S’il est vrai qu’il existe 3 types d’exercice de la profession la classification des enseignes dans l’article est erronée :
– les audioprothésistes salariés d’un groupe succursaliste : Audika, Amplifon, Optical Center, Audition mutualiste
– les audioprothésistes indépendants sous enseigne commune : Entendre, Dyapason, Audio 2000 mais aussi Audition Conseil, Audition Santé
– les audioprothésistes indépendants sous leur propre enseigne

On constate déjà que l’enquête a oublié Audition Conseil (300 sites) et Audition Santé (400 sites, moitié succursalistes et moitié indépendants sous enseigne)
L’enquête portait donc sur l’ensemble des audioprothésistes mais en oublie deux acteurs majeurs et fait le classement de 8 enseignes.


sources : capture d’écran des enseignes.

Constituée de 40 enquêteurs, 160 points de ventes sont visités mais 15 personnes se feront réellement appareiller, et au final « notre expert, lui a été plus sévère. […] c’est pourquoi les appréciations parfois très positives ont été modérées […] ».
Ce qui signifie que les points de ventes ont été testés sur les devis en moyenne 20 fois mais qu’ils n’ont été testés sur le travail d’adaptation prothétique et de suivi moins de deux fois par enseigne !
Autant les succursalistes peuvent avoir des pratiques proches car issues de décisions centralisées autant les réseaux d’indépendants sous enseignes et plus encore les indépendants sont directement dépendant de leur gérant.
De ce fait juger « les indépendants » avec au mieux 3 appareillages parait complètement absurde.

Qui est l’expert ? De quel droit et sur quel base peut-il être plus sévère que les 15 (seulement) enquêteurs réellement appareillés ? Est-il exempt de tout conflit d’intérêt ?

Qui a payé les appareils auditifs ?

Bref autant de questions qui relativisent la validité de l' »enquête ».

Critères étudiés :
Quel est le travail de l’audioprothésiste ? Aider au choix de l’aide auditive, faire et valider les réglages, accompagner le patient dans l’accoutumance et faire le suivi dans le long terme (audiométries, entretien, réglages et petites réparations).
Sur quoi à porté l’enquête ? La qualité de réalisation du devis pour 160 devis (75% de la note) et pour 15 patients seulement une prestation partielle car sans le suivi dans le temps (25% de la note).

C’est un peu comme si on faisait un guide de tous les restaurants en notant pour 75% la présentation de la carte sur 160 d’entre eux et pour 25% le service (sur 15 d’entre eux) mais jamais la qualité des plats..

Enquête (?) sur les prix :
Les chiffres fournis sont ceux de SantéClair (concurrent de la mutualité et ne pouvant absolument pas être qualifié de neutre dans ce débat) et non les devis de l’enquête…. or SantéClair revendique des prix 40% plus bas et adresse ses assurés chez … Optical Center…
Que doit-on croire ?
Pourquoi ne pas demander les chiffres réels de vente (et non les devis) à l’assurance maladie ?

On cite 60% de marge brute ; est-ce vérifié ? qu’est-ce que cela signifie ?

Comment est utilisée cette marge ? Quel est la part nécessaire à la formation des professionnels dans un métiers qui évolue très rapidement ? Quel est la part de la publicité dans un secteur sous forte pression concurrentielle ? Quels sont les investissements matériels nécessaires pour utiliser des techniques rapidement changeantes ? Que reste-t-il de bénéfice ?

C’est cette répartition qu’il faudrait discuter et mettre en perspective avec d’autres domaines de la santé  : les médicaments, les analyses de laboratoires, le matériel médical divers et varié mais aussi d’autres secteurs : les produits vendus en l’état  comme les vêtements; l’informatique, la grand distribution… les produits de premieres nécessité (l’eau, l’électricité, les transports…) et surtout les services : soignants, conseils, juristes, comptables, architecte,  et bien sûr assurances qui viennent nous proposer de baisser nos prix. Allianz par exemple qui a mis en place avec MAAF la structure « SantéClair ».

Résultat opérationnel Allianz

http://www.allianz.fr/pdf/18/plaquette_allianz.pdf

Quelques bonnes observations tout de même :
« Les panélistes se sont déclarés plutôt satisfaits du travail et du suivi effectués par les audioprothésistes. […] notre expert, lui a été plus sévère. […] c’est pourquoi les appréciations parfois très positives ont été modérées […] »

« les prix sont peu ou prou comparables et parfois bien supérieurs, notamment pour le haut de gamme en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie, ou en Suède […] en revanche la somme restant après remboursement peut s’avérer faible voir nulle […] »

Voila encore une bonne question : le remboursement.

« les points de vente Optical Center consentent à des ristournes de … 1500€ en moyenne. Vous pensez faire une bonne affaire ? Pas tant que ça. »

« Le suivi » est important.

Les bonnes questions qu’il aurait aussi fallu se poser :

  • Combien d’audioprothésistes utilisent des méthodes de réglages objectives contrôlées et combien se contentent du préréglage des fabricants ?
  • Combien d’audiogrammes, de réglages, de conseils, de mesures de validation des réglages, de nettoyage et remplacement (gratuits) de petites pièces pendant la période de suivi  ?
  • Combien d’années de suivi ?
    En ne cessant d’affirmer sans preuve une durée de vie moyenne (!) de 4-5 ans on favorise le renouvellement abusif de professionnels peu scrupuleux.
    En réalité la durée de vie est nettement supérieure. Par exemple, en ce qui me concerne, je suis des appareils pendant plus de dix ans, la durée moyenne s’élevant à plus de 8 ans. Le forfait de prestation n’est ainsi plus du tout aussi « cher » que si on paye cette somme (et l’appareil) tous les 4 ans…
  • Quel est le véritable intérêt pour les assureurs de créer des partenariats ?
    En optique la « négociation » porte sur un « flux de clients potentiels » apportés par l’assureur en échange d’une baisse du prix pour l’assuré du réseau (au détriment des autres car il faudra bien équilibrer l’ensemble) et pourquoi pas d’une rémunération de l’assureur ainsi remercié d’apporter ce flux… Outre le fait que le client perd le choix du prestataire, il devient lui même une valeur qui s’échange… un actif objet d’une transaction…
    lire à cet égard ce qui se passe en optique : http://opticien-presse.com/news/news_details.php?rubnewsid=3185

Conclusion :
Comme toute profession libérale/prestataire de service, le prix de la prestation dépend beaucoup de la qualité du professionnel.
Iriez-vous comparer des médecins ou des avocats au mieux sur leur façon de faire un devis au pire sur leur tarif uniquement ?
Le prix doit être mis en rapport avec les méthodes de travail (et non seulement de devis) et la qualité et durée du suivi (à long terme).

Conseil si vous êtes audioprothésiste :
Ne vous ridiculisez pas à facturer des appareils très chers et des prestations à 1€ , cela signifie que vous ne servez à rien et que l’appareil est vendu en l’état.
N’ayez crainte de mettre en avant votre prestation, calculez votre tarif en fonction de la qualité de votre travail et continuez à vous améliorer.

Conseil si vous devez vous équiper :
Multiplier les devis, pourquoi pas, mais vous n’aurez une idée que d’un élément : le prix.

Méfiez vous des offres alléchantes,  le suivi étant vendu par avance, qu’est-ce qui vous garantit que dans 6 ans le professionnel choisi sera toujours en mesure de vous proposer des rendez-vous de qualité gratuitement comme la loi l’y oblige ? Ne préfèrera-t-il pas vous pousser à remplacer votre aide auditive dans 4 ans ?

Rappelez-vous que vous achetez aussi un service et que si celui-ci ne vous convient pas vous ne pourrez pas aller facilement voir un autre audioprothésiste pour les réglages !

Ne suivez pas la publicité et renseignez-vous, prenez des avis auprès des médecins, des associations de malentendants, de vos amis déjà appareillés…

Brice Jantzem,
audioprothésiste indépendant sous enseigne coopérative.

Ce billet n’engage que son auteur qui s’exprime uniquement en son nom propre.

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