Catégorie : Qualité de services

Pour toute spécialité médicale ou para-médicale, le besoin de preuves scientifique s’accroit ces dernières années.

La prudence vis à vis de tel ou tel traitement augmente, une méthode ou pratique évolue au gré de nouvelles connaissances. Nous le constatons tous les jours, par exemple avec ces listes de médicaments « à faible bénéfice » voire « bénéfice nul » qui s’allongent d’année en année. Et ce n’est pas uniquement pour faire plaisir à la sécurité sociale: ces changements s’appuient sur des études ou méta-analyses d’études scientifiques.

L’audiologie prothétique échappe t-elle à ce mouvement ? Non, bien sûr. Et ce mouvement a même un nom: la pratique de l’audiologie basée sur des preuves (Evidence based practice).

Par exemple, aux questions: « Un réducteur de bruit est-il efficace ? dans quelle mesure ? », « Le microphone directionnel est-il recommandé chez l’enfant ? », « La pratique de la mesure in-vivo améliore t-elle significativement la précision de réglage ? », « L’utilisation d’un seuil d’inconfort statistique au lieu de le mesurer induit-elle un appareillage significativement moins confortable ? », etc.

Que répondre ? Sur quelles bases ? Notre « ressenti », notre intuition ou notre expérience (alias nos plus ou moins bonnes habitudes…) ? Non, ce n’est pas acceptable. Ce n’est PLUS acceptable.

Au jour d’aujourd’hui, nous devons prouver que ce que nous faisons s’appuie sur des bases scientifiques. Certes, un patient n’est pas une règle de calcul millimétrée, mais nous devons être capables aujourd’hui de lui PROUVER que ce que nous avons fait pour lui est un choix rationnel, pensé et établi sur des pratiques validées scientifiquement. C’est un peu le sens de l’imminente certification AFNOR NF, qui à mon avis ne va pas assez loin dans la pratique obligatoire (mesure in-vivo par exemple), mais qui est un excellent début.

Mais la certification valide un service minimal de qualité, pas une pratique scientifique. Pour cela, il faudrait que chacun d’entre nous se plonge dans les revues scientifiques, en extraient les articles intéressants, les traduisent, les confrontent, en analysent leur robustesse statistique, etc. Vous m’avez compris…

Et bien, des audiologistes l’ont fait pour nous ! Dans le cadre de l’appareillage de l’enfant, mais par extension chez l’adulte également.

Car plus que tout autre appareillage, l’appareillage de l’enfant ne tolère pas l’approximation. Le « Pediatric Amplification 2013 » fait suite à sa précédente version publiée 10 ans plus tôt:

Pediatric amplification 2013

Ce guide est en fait une revue de littérature donnant des réponses claires sur des questions techniques concernant l’appareillage de l’enfant. Chaque point est analysé, en fonction du nombre d’articles publiés sur un sujet particulier, mais aussi et surtout en fonction de la robustesse statistique de ces articles.

Par exemple, aux questions suivantes, vous avez les preuves associées, avec le nombre d’articles publiés, leurs références:

  • Le réducteur de bruit est-il souhaitable chez l’enfant ?
  • Une compression WDRC améliore t-elle l’intelligibilité ?
  • L’appareillage d’un oreille cophotique chez l’enfant est-il meilleur en CROS ou en aide FM sur la bonne oreille ?
  • La transposition fréquentielle est-elle utile à l’enfant ?
  • Le microphone directionnel adaptatif doit-il être activé chez le tout petit ? Et en grandissant ?
  • etc., etc.

Vous avez des 10aines de points de ce genre abordés. On parle ici de l’appareillage de l’enfant, mais vous constaterez qu’une grande majorité des articles cités ont été obtenus sur des tests faits avec adultes (les études extrapolées à l’enfant sont indiquées). Nous avons donc ces réponses pour les adultes également.

Pour ne plus jamais dire « J’ai l’impression que… » !

Dès fois, à nos heures perdues, notre regard s’arrête sur une brochure, une de celles qui jonchent votre bureau (et oui, il y en a quelques unes qui traînent !). On la regarde, on constate qu’elle date, on feuillette les pages et paf, on tombe sur un article qu’on avait laissé passer, qui ne nous avait pas interpellé à l’époque. L’article qui trouve tout sens là, maintenant, paf !

C’est le cas de l’article suivant, plutôt éloigné de la « pure » technique, qui avait été publié en Juillet 2013 (assurément le « holidays effect » avait du provoquer une lecture rapide du magazine… genre un coup d’oeil toutes les 4 pages…) dans le journal AUDIOLOGY INFO (j’espère qu’ils ne m’en voudront pas de récupérer des copies de leur étude).

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Alors qu’apprend-t-on d’aussi important ? Et bien que le rôle de l’audioprothésiste est crucial (rien que ça, à l’heure où tout le monde s’évertue à penser que l’appareillage auditif peut être mis en place par n’importe qui !) dans le port quotidien des solutions auditives. En effet, l’article  énumère les facteurs limitant le port des aides auditives à moyen/long terme. Est ainsi listé :

  • la qualité intrinsèque de l’aide auditive
  • le confort de port
  • l’adaptation de l’aide auditive aux paramètres audiologiques
  • les facteurs psychosociaux.

L’étude s’appuie sur les publications de la très sérieuse Université de Nottigham (ici) : celle-ci dit que le plus important pour augmenter le taux d’utilisation des aides auditives, c’est de surveiller, accompagner et conseiller le patient fraîchement appareillé plutôt que de faire assaut de nouvelles technologies (tiens, tiens… :-)) ça fait du bien de le lire, 5 mn de tendresse dans ce monde de brutes !)

L’étude conclue que le style de la prise en charge réalisée par l’audioptrothésiste contribue de façon significative au bénéfice apporté par l’aide auditive et peut induire une différence notable de port à court ou moyen terme.

L’expérience auditive des utilisateurs est une notion quasi essentielle : l’accompagnement, la guidance, la validation de l’adaptation, la vérification de l’adéquation entre attentes et possibilités/limites de correction auditive sont ainsi des éléments clefs d’un appareillage auditif réussi !

Des outils d’évaluation des capacités d’usage d’une aide auditive n’attendent plus qu’un traducteur 🙂 (le test PHAST pour Practical Hearing Aids Skills test – Revised). De même, le test ANR permet de prévoir le taux d’usage d’une aide auditive.

L’audioprothésiste ne doit pas oublier qu’il doit « coacher » son malentendant pour réussir à satisfaire son patient ! Abon entendeur !

 

Il y a déjà quelques années (… et oui le temps passe vite) je vous avais recommandé l’excellent site http://idainstitute.com/, institut de recherche sur le comportement des malentendants appareillés qui a pour vocation d’intégrer de nouvelles techniques lors du processus d’appareillage, basé surtout sur le versant pyschologique du malentendant. Cette « académie » est supportée par le groupe William DEMANT.

J’avais été fasciné par les outils développés par les chercheurs du IDA Institut : on y trouvait des tests de motivation et du « training » pour améliorer la communication. Ceci me renvoyait à mes patients qui ne voulait décidément pas porter leurs aides auditives ou qui ne voyait pas l’intérêt de les mettre dès le petit matin…  » bein oui, M’sieur, je vis seul… A qui bon le porter… ». Je restais souvent désarmer face à ces arguments…

Le plus difficile était d’utiliser aisément ces outils quotidiennement. J’avais conçu des fiches plastifiées qui me servaient de support aux outils de base en cas d’appareillage non porté… et pourtant techniquement réglé aux poils de dB près :-). Force a été de constater que quelques semaines plus tard, mes beaux efforts pour améliorer mon « councelling » étaient retombés… Ma façon d’aborder les outils était décalée et ne provoquer pas une augmentation significative du temps de port… Las, j’ai abandonné mes fichettes plastifiées…

Et puis… l’autre jour, au détour d’un surf, je retombe dans mes bookmarks sur le site de l’Ida. Nouvelle présentation. Nouveau design. Un compte à ouvrir. je m’empresse souris à la main de remplir le formulaire d’inscription.

Je découvre alors une masse de documents et de fichiers « téléchargeables » permettant de mieux accompagner et appréhender la démarche du malentendant en cours ou en échec d’appareillage. J’y ai trouvé à nouveau de grandes sources d’inspiration, avec peut être un peu plus de recul et l’envie de formaliser un peu plus les étapes de réglages en les ponctuant d’outils de motivation (au cas où ça traine un peu à s’habituer :-)) et de feed back précis sur certaines scènes auditives rencontrées par le patient/client.

 

scènes auditives – ouverture à la discussion

 

Mettre à jour les objectifs de communication et identifier les solutions dans les situations sonores difficiles

Bref, je vous conseille vivement d’explorer ce site qui permet de faire une « piqure de rappel » sur l’écoute et la disponibilité quotidienne d’un professionnel compétent !

Attention les tutoriels vidéos du site en anglais, dommage !

Dans un article récent, Dawes, Powell, et Munro (2011) ont examiné les conséquences des attentes de sujets malentendants en ce qui concerne leur perception de l’appareillage auditif et la satisfaction qu’ils en tirent.

Les effets placebo sont courants et très connus dans le monde médical. Ils tiennent une place essentielle dans la recherche médicale, puisque l’efficacité d’un médicament est défini par son efficacité supérieure à celle d’un placebo ou par son efficacité supérieure au médicament de référence.

On rappelle que l’effet placebo peut-être défini comme étant la réalisation d’un changement de la condition du malade entraîné par l’importance symbolique du traitement, à défaut d’une véritable action pharmacologique, physiologique voire physique et corporelle (Finniss, Kaptchuk, Miller, Benedetti, 2010).

Il semble que la personnalité du soignant et la conviction du thérapeute influencent la probabilité d’obtention de l’effet placebo. Une personnalité chaleureuse, amicale et compatissante augmente la conviction du patient à suivre le traitement et facilite la production de l’effet placebo (Bergmann, 2008).

Dans le domaine de l’audioprothèse, la notion d’effet placebo a été peu étudiée, elle ne fait l’objet que de 3 articles publiés à ce jour, tous rédigés par des équipes anglo-saxonnes.

Bentler et ses collègues (Bentler, Niebuhr, Johnson, & Flamme, 2003) ont montré qu’une aide auditive présentée comme « numérique » par l’audioprothésiste était beaucoup plus appréciée à l’usage par des sujets malentendants qu’une aide auditive présentée comme « conventionnelle », cette dernière étant pourtant elle aussi une prothèse numérique, mais de marque différente.

Bien que la mesure d’efficacité prothétique par audiométrie vocale ne montre pas de différences significatives entre les deux prothèses, les auteurs recueillent le ressenti des patients par le biais d’un questionnaire normé. Les auteurs estiment que le simple fait d’avoir caractérisé une aide comme « numérique » et pas l’autre amène jusqu’à 32% de variance dans le jugement du résultat. Sur les 40 sujets testés, 33 déclarèrent préférer l’aide numérique, sous couvert du caractère novateur de la technologie numérique.

Il faut savoir qu’à l’époque où cette étude a été menée, les aides auditives numériques venaient de sortir et étaient présentées par les industriels de l’audition comme une révolution.

Les auteurs concluent qu’il est important pour les chercheurs en audiologie d’utiliser des protocoles en double aveugle pour étudier l’intérêt d’une nouvelle technologie prothétique face à une autre.

Dawes, Powell, et Munro (2011) ont travaillé avec un groupe de 20 utilisateurs expérimentés d’aides auditives (13 hommes, 7 femmes, âgés de 54 à 80 ans) à qui ils ont demandé d’évaluer une « nouvelle » aide auditive face à une « conventionnelle ». Les deux aides auditives de type contour d’oreille étaient en fait identiques en tout point, seule la couleur de la coque les différenciait. Elles étaient programmées à l’identique, et ont été adaptées selon la même procédure à l’oreille du patient.

Contrairement à l’étude de Bentler (2003), le jugement des patients a été recueilli via plusieurs tests le jour de l’adaptation des appareils. Ces derniers n’ont pas été prêtés.

Trois tests, effectués en moins d’une heure, ont été retenu pour évaluer l’impression de performance des sujets : un test de compréhension de la parole en milieu bruyant, un jugement de la qualité sonore pour différents sons émis en cabine et enfin l’établissement d’une préférence (par opinion) ou non pour un des deux appareils et si oui lequel.

Pour le test dans le bruit, l’opérateur envoie des listes de phrases à 65 dB SPL, niveau de la voix moyenne, dans un brouhaha à 63 dB SPL. Chaque phrase est une phrase porteuse, « Pouvez-vous entendre X clairement ? », où X change à chaque phrase. Il demande au participant de répéter le mot clé X. Le participant doit alors cocher le mot qu’il pense avoir compris parmi 4 propositions (3 mots leurres et le mot clé). Un score d’intelligibilité est finalement calculé après passation d’une liste comportant 80 items.

Le participant à l’étude devait ensuite mettre une note comprise entre 1 et 10 pour évaluer successivement le confort et la clarté d’écoute de différents extraits sonores (morceaux de paroles, de musiques et de bruits environnementaux).

En moyenne, l’intelligibilité dans le bruit est de 62,3% (écart-type 10,4) avec le nouvel appareil et de 60,7% (écart-type 9,0) avec le conventionnel. Considéré l’échantillon et l’écart-type, cet écart d’intelligibilité est considéré comme statistiquement significatif par les auteurs, p = 0,03 au test de Wilcoxon.

Bien que les sonorités des deux appareils soient globalement notées de manière positive, les notes obtenues avec l’aide « nouvelle » sont systématiquement supérieures aux notes attribuées pour la « conventionnelle ». Pour les auteurs, les différences observées à l’avantage de l’aide « nouvelle » sont statistiquement significatives, p < 0,01.

Le recueil de la préférence des sujets pour l’une des deux solutions est tel :15 des 20 sujets préféraient la « nouvelle » aide auditive, 5 ne savaient pas dire qu’elles étaient la ou les différences entre les deux, et aucun sujet préférait l’aide « conventionnelle ». Encore une fois, l’hypothèse soumise au test statistique montre que la différence est significative, p = 0,02.

Les auteurs concluent que les mesures d’efficacité prothétique sont influencées par les attentes du patient dans le cadre de son appareillage auditif ainsi que par les espoirs du sujet malentendant dans le cadre d’un projet de recherche en audiologie. Ils mettent en avant la nécessité de contrôler l’effet placebo dans ces deux situations.

Hopkins (2012), afin d’établir un poster scientifique sur la question de l’effet placebo en audioprothèse, a ré-utilisé tout le protocole déployé dans l’étude de Dawes, Powell et Munro (2011). La seule différence étant le nombre de sujets testés, passant de 20 à 16 pour ce projet. Hopkins a trouvé que 75% des participants ont exprimé une préférence globale pour « le nouvel » appareil auditif. Cette valeur est similaire à celle déterminée par Dawes et al.  L’auteur conclu que l’effet placebo impacte fortement l’appréciation de l’utilisateur lors de l’essai d’une prothèse auditive.

EN CONCLUSION :

Lorsqu’ils pensent être appareillés par une prothèse auditive « récente », les malentendants se déclarent plus satisfaits qu’avec une prothèse présentée comme « conventionnelle » par l’audioprothésiste mais qui, dans les faits, est pourtant identique à la première.

Cette préférence pour l’appareil le plus désirable est fortement marquée dans chacune des trois études détaillées ci-avant : 82,5% des sujets testés par Bentler (2003) préfèrent une aide « numérique » à une aide « conventionnelle » et 75% des sujets testés par Dawes, Powell, et Munro (2011) ainsi que par Hopkins (2012) préfèrent une aide « nouvelle » à une aide « conventionnelle ».

On peut se demander combien de temps certains effets placebo peuvent durer, mais aucun travail de recherche n’a été proposé sur ce thème en audioprothèse. Bentler (2003) a mesuré la préférence pour l’une ou l’autre des prothèses au bout d’un mois d’utilisation dans des conditions réelles d’utilisation, tandis que Dawes, Powell, et Munro (2011) et Hopkins (2012) l’ont mesuré dans des conditions de laboratoire universitaire, sans mise à l’essai du matériel.

L’avis des malentendants étant ce qu’il est, il est étonnant de constater qu’à matériel et réglages identiques, Dawes, Powell, et Munro (2011) mesurent de meilleures performances objectives pour l’appareillage auditif présenté comme « nouveau » : l’intelligibilité dans le bruit est significativement meilleure qu’avec l’aide « conventionnelle » et la qualité sonore y est plus appréciée. En croyant porter une aide auditive « high tech », les patients ont obtenus de meilleurs scores au moment de tester l’appareillage auditif en cabine !

On peut donc penser que l’état d’esprit du patient vis-à-vis de sa démarche d’appareillage a une influence significative sur le ressenti et la satisfaction qu’il en tire. Cela montre que l’adhésion au projet d’appareillage, la bonne entente avec l’audioprothésiste et la bonne compréhension des enjeux d’une prise en charge non-tardive par l’audioprothésiste peuvent améliorer la satisfaction du patient. Vice-versa : un patient réfractaire, qui trouve toute solution prothétique inconvenante, qui n’accepte pas les limites etc… a plus de risques d’être déçu de son équipement auditif.

Le patient est influençable par de nombreux facteurs. Au-delà des effets positifs que suscite la croyance en l’avancée technologique des appareils auditifs sur les attentes du patient, le discours explicatif et l’expérience émotionnelle vécue par le patient auprès du médecin ORL puis de l’audioprothésiste sont des éléments importants pour le motiver et le décider. Kochkin et al. (2010) a montré que le nombre de patients satisfaits de leur appareillage augmentait quand l’audioprothésiste s’investissait dans des mesures audioprothétiques variées (administration de questionnaires normés, mesures en cabine, mesures in-vivo…), quand bien même elles ne modifiaient pas les réglages des aides auditives. Il mesure même que plus l’audioprothésiste commente de manière positive le résultat d’un test prothétique, plus le patient adhère à cette vision positive de l’appareillage et le trouve performant.

L’amélioration d’intelligibilité dans le bruit mesurée grâce à la croyance du patient en le port d’une prothèse « nouvelle » face à la prothèse « conventionnelle » est faible (62,3% contre 60,7%, soit environ 2%) mais peut être réelle. Elle est en tout cas statistiquement significative. Cette amélioration de la compréhension étant mesurée en laboratoire, elle ne reflète peut-être pas la performance obtenue dans les conditions de vie réelle des patients. Il faut garder à l’esprit qu’il y a toujours une fierté chez l’audioprothésiste en obtenant la moindre petite amélioration de la compréhension de la parole dans le bruit pour un de ses patients, tellement il est compliqué et important pour ceux-là de la maximiser.

BIBLIOGRAPHIE :

Le Monde. Vous souffrez ? Prenez donc un placebo… cher. 6 Mars 2008. Jean-François Bergmann.

Finniss DG, Kaptchuk TJ, Miller F, Benedetti F (2010) Biological, clinical, and ethical advances of placebo effects. Lancet 375: 686–695. doi: 10.1016/S0140-6736(09)61706-2.

Dawes P, Powell S, Munro KJ. (2011) The Placebo Effect and the Influence of Participant Expectation on Hearing Aid Trials. Ear & Hearing 32(6):767-774.

Bentler, R.A., Niebuhr, D.P., Johnson, T.A., & Flamme, G.A. (2003). Impact of digital labeling on outcome measures. Ear and Hearing, 24(3), 215-224

Hopkins R. (2012) Reliability of Placebo Effects In Hearing Aid Trials. British Academy of Audiology (BAA) Poster #24, Manchester,  England.

Kochkin S, Beck DL, Christensen LA, Compton-Conley C, Fligor BJ, Kricos PB, … & Turner R. (2010). MarkeTrak VIII: The impact of the hearing healthcare professional on hearing aid user success. Hearing Review, 17(4), 12-34.

* …

A l’heure du désengagement de l’Etat dans les contrôles de conformité acoustique (et technique) des centres d’audioprothèse (fin du contrôle par les DDASS), nous sommes donc aujourd’hui dans une situation un peu floue.

Certes, il est toujours nécessaire de fournir un certificat de conformité acoustique aux autorités compétentes, mais ce contrôle peut être réalisé par le vendeur même du matériel… Vous refusera-t-on un certificat de conformité quand vous aurez signé un chèque de plus de 15000€ de matériel (et oui, mesdames et messieurs les non-audioprothésistes lecteurs de ce blog: ça coûte cher de travailler correctement !) ? Et je ne parle même pas ici du coût des travaux d’isolation/correction acoustique…

Si, justement, j’en parle !

Que penser aujourd’hui de l’installation « à la sauvage », alias « en Corners », terme pudique désignant « le-local-du-fond-du-buraliste-ou-du-vendeur-d’après-shampoing-ou-du-boucher-charcutier-et-qui-pourrait-servir-à-vendre-deux-ou-trois-bécanes-par-mois ». Si le local en question a été pensé de A à Z en termes acoustiques, OK (encore que le service rendu aux malentendants d’avoir un audio une demie-journée par semaine…), mais si on se contente de « la porte est bien jointée, là ! », on frise l’arnaque. Pas vu, pas pris…

Si, justement, ça pourrait ne plus passer inaperçu !

Regardez (document qui m’a été transmis par Christian MEYER-BISCH):

Je reprends les termes « manquements à la conformité des locaux », « manquements au contrôle de qualité interne », « manquements à l’hygiène ». Termes tout à fait applicables à n’importe quelle profession médicale et para-médicale.

Qui pourrait donc engager une telle procédure vis à vis d’un centre « défaillant » ? Le syndicat ? Peut-être, mais sur demande d’un confrère. Un patient ? Plus sûrement, après plainte auprès des autorités compétentes.

Donc attention, contrairement aux apparences ces dernières années, les contraintes en termes de matériel, d’isolation phonique, d’hygiène, de diplôme (!!), etc., n’ont pas changé. L’abandon par les DDASS des contrôles, la quasi-inexistence d’actions menées par la sécurité sociale ou autres organismes pourraient faire croire à une réduction des exigences, ce qui n’est pas le cas.

Espérons que le volontariat d’audios acceptant de s’engager dans la normalisation AFNOR permettra, aux yeux des consommateurs, de faire un tri qualitatif.

Et justement, chers « consommateurs », posez-vous les bonnes questions: à l’heure où fleurissent des « plates formes mutualistes » du type de celles que veulent monter MALAKOFF-MEDERIC/KALIVIA, GROUPAMA, la MGEN, SANTECLAIR, etc., uniquement basées sur les prix (jamais je n’ai entendu parler de qualité,ça a l’air secondaire…), demandez-vous jusqu’où peut « descendre » un prix sans toucher à la qualité de service, c’est à dire à l’équipement du centre et la formation de son personnel.

Au coeur de cette été torride (et oui, il m’arrive de manier l’humour…), des antagonismes entre les signataires des conventions KALIVIA et Malakoff Méderic (ré)apparaissent. Alors que bons nombres de professionnels de santé s’étaient offusquer de la réduction du chiffre d’affaire demandée par les OCAM (organismes privés !) sous prétexte d’un échange de flux patient/client, les signatures de conventions fleurissent.

Et tout ça…par peur de perdre une partie de sa patientèle/clientèle… Peur ! En effet, si on part du principe que le professionnel de santé n’a pas le choix de signer, sous peine de voir une partie de sa clientèle être détournée par un acteur tiers, on peut parler de biais dans la concurrence.

Et si… si… il suffisait de ne pas avoir peur…

La déconvenue du club optic libre devrait faire réfléchir tout le monde : tenté par le réseautage proposé par KALIVIA (Malakoff Mederic, le mastodonte en puissance de la santé), le club optic libre souhaite se désengager pour des raisons louables : le CA « promis » par KALIVIA n’y est pas et LES CONTRAINTES IMPOSES débouchent sur un manque de rentabilité ! Si ça… ce n’est pas de l’info !

KALIVIA, émanation d’harmonie mutuelle et de malakoff mederic, n’apporte pas suffisamment de clients ! Au compteur s’affiche plus de 5 millions de mutualisés et pourtant… Le flux n’y est pas !

Alors de deuxchoses l’une, soit KALIVIA n’est qu’une machine à constituer un réseau, soit les clients/patients veulent le choix !

La bonne stratégie pour les mutuelles serait plutôt un partenariat gagnant/gagnant avec les professionnels de la santé plutôt que le parasitage, non ?

 

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A lire : Kalivia riposte au Club OpticLibre – Fréquenceoptic http://bit.ly/otncA2

Noah ne sert pas qu’à stocker le nom, prénom et date de naissance de nos patients, également l’audiométrie et les séances de réglages. Une fonction méconnue de ce logiciel est la mise en mémoire des « empreintes acoustiques ».

Qu’est ce donc ?

Pour ceux qui pratiquent la mesure in-vivo, il s’agit de la résonance oreille nue (REUG ou GNO) et du RECD (si vous travaillez aux inserts, afin d’établir un SPLoGramme ou simuler au coupleur un comportement in-vivo).

De plus en plus de logiciels possèdent maintenant la fonction « importer de Noah » pour le REUG et le RECD.

Mais dans Noah, vous ne trouverez pas ces « empreintes acoustiques ». Elles sont stockées, les logiciels y ont accès, mais elles sont cachées…

Mettons que vous avez une chaîne de mesure récente, vous mesurez donc avec un signal vocal la courbe de réponse oreille nue (REUR) et vous obtenez ça :

Pas très explicite (c’est normal, c’est le spectre vocal analysé en FFT)… mais votre chaîne de mesure qui fait vraiment bien les choses, vous transforme ces niveaux de sortie en gain (REUG) par soustraction du niveau émis du niveau au tympan, et vous obtenez ça :

Au moins ça ressemble à une résonance de conduit auditif « dans la norme ».

Vous décidez de fournir, via Noah, au logiciel de réglage ce joli REUG et vous obtenez ça :

Dommage ! Noah fournit aux logiciels non pas le gain oreille nue (REUG) mais stocke la réponse oreille nue (REUR), d’où la vilaine courbe…

Par contre pour les RECD, c’est sans problèmes.

Une solution pour contourner ce problème serait (et ça semble dans une certaine logique) de prendre des « empreintes acoustiques » des conduits lors du premier RDV, un peu comme on prend des empreintes physiques. Et là, de faire la mesure oreille nue en balayage. Sinon on obtient la courbe ci-dessus…

Ce qui donne comme REUG ceci, d’aspect plus parlant :

Et pour les aventureux de l’insert, le RECD :

Et voici comment Phonak récupère ceci :

… et Bernafon :

… et Siemens (qui récupère aussi les données REUG):

… GN-Resound :

Bref, presque tout le monde (Unitron, OTICON, la galaxie Connexx, d’autres que j’oublie ?) va faire son marché de vos données acoustiques dans Noah, à condition que le REUR ait été mesuré EN BALAYAGE au préalable. Le RECD n’est utile que si les données audiométriques sont obtenues aux inserts.

On notera quand même Starkey et Widex qui ne récupèrent pas automatiquement ces valeurs, mais que l’on peut chez eux saisir manuellement. Mais en fait, ces deux fabricants mesurant en direct dans le conduit les valeurs SPL ou RECD, tout semble logique de leur part.

Donc on le voit, Himsa fait de gros efforts d’interface logicielle/matériel de mesure. Les fabricants font des logiciels (GRATUITS, faut-il le dire !) de plus en plus pointus et qui recueillent le maximum de données pour approcher la satisfaction patient. Et… vous avez peut-être remarqué que dans les tags de ce post il y avait « certification AFNOR ». Ah ?

Une « empreinte acoustique » qui est un acte purement audioprothétique ne rentrerait-elle pas dans cette belle démarche ?

Certes, faire ces mesures ne signifie pas correctement travailler et bien réussir son appareillage, mais ne pas les faire est-il assimilable à une « perte de chance » pour un appareillage en échec ?

En fait, pour tout dire, j’ai peur ! Peur que cette certification AFNOR tant attendue pour valider une pratique très qualitative, ne se transforme en « moins disant européen »; peur de voir des avancées en paperasse (documents d’informations, guide des bonnes pratiques, etc…, le gna-gna habituel !) mais pas dans la pratique concrète; peur de voir un truc du genre « il faut un audiomètre bi-canal  et se laver les mains entre chaque patient» (oh ?!) ; peur de la médiocrité alors que je pense que beaucoup attendent une sortie vers le haut !

J’espère me tromper.

Si vous avez un Affinity, je mets ici un fichier de test « empreintes acoustiques » à télécharger.

PS : merci à Gilles A. pour son insatiable curiosité qui me motive à fouiner, des fois que je m’ennuie !

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