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Spéléologie

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, Appareillage ouvert, Audiométrie tonale, Audiométrie vocale, Audition binaurale, BICROS, Chaînes de mesure, Conduction osseuse, CROS, Investigations audiologiques, mesure in vivo, mesure in-vivo, RECD, Tests phonétiques de LAFON

Un peu pour information, un peu pour une question, voici le résultat de mesures audiométriques (tonale/vocale) et acoustiques sur un patient présentant une cavité d’évidement et des cryptes à droite.

Séquelles de coups dans l’enfance… OD et OG opérées à de multiples reprises (7 fois en tout).

L’audiométrie tonale (merci les inserts: pas de masking nécessaire même sur ces seuils, en tonale):

CA

La nature étant bien faite, ce patient réussit quand même (OG masquée) à obtenir ce score en listes cochléaires de LAFON:

Voc

Les mesures acoustiques des CAE mettent en évidence des valeurs totalement atypiques à droite, liées à l’évidement (longueur et volume hors norme).

La mesure oreille nue (REUG):

REUG

On a à droite un pic à 1600Hz, ce qui donne une approximation de longueur de conduit de (340000/1600)/4 = 53,1mm !!!

5 cm de conduit, ou plutôt de cavité(s)…

La mesure RECD:

RECD

Le coupleur fait 2cc. Un RECD HA1 « standard » (courbe bleue en pointillés) est à environ 12dB à 4KHz, ce qui fait une différence de volume de facteur 4 entre le coupleur et le conduit auditif bouché par la mousse (volume conduit 4 fois plus petit que le volume coupleur, soit 0,5/0,6cc, valeurs admises chez l’adulte).

Ici à droite, le RECD est d’environ -6dB, voire moins encore, ce qui signifie que le volume résiduel (résiduel, façon de parler !) du « conduit » ou de ce qu’il en reste est 2 fois plus important que le volume coupleur, donc entre 4 et 5cc, dû aux 3 cryptes que j’ai pu y voir.

Il est évident que si un appareillage était nécessaire à droite (ce que je ne ferai pas), toute approximation statistique logicielle serait totalement à la rue.

Je conclurai par une question simple : en sachant qu’il n’est pas recommandé de fermer l’oreille gauche, toujours plus ou moins humide et que ce patient a perdu depuis bien longtemps la localisation spatiale, appareilleriez-vous cette oreille gauche, de 2K à 3KHz, et qui présente 90% d’intelligibilité à 40dB HL ?

That is the question…

La parole, G65 ?

Written by xavdelerce on . Posted in Astuces sur les appareils, Aurical, Expansion, Le gain, Le niveau de sortie Max., Logiciels de réglage, mesure in vivo, N'importe quoi !, Réglages des appareils, SPLoGramme

Once upon a time : des aides auditives qui se réglaient avec des sons Wobulés, au caisson de mesure.

Cela se passait dans des temps forts lointains, où les Elfes, les Ents et les hommes vivaient en bonne harmonie; un temps où Saroumane ne commençait pas à faire n’importe quoi. En ce temps là, les assureurs assuraient, les banquiers banquaient, la sécu remboursait, les Zaudios appareillaient, les opticiens lunettaient, les professions réglementaient (jeu de mots…), etc. « Toute chose à sa place, toute place a sa chose », comme disait ma grand-mère.

Tout allait bien, quoi !

Et chez nous, les Zaudios (ça me fait penser à Claude PONTI et l’île des Zertes), un son « moyen » était à 65dB SPL, un son « faible » à 50dB SPL (allez, je vous le fais à 40dB SPL !) et un son « fort » à 80dB SPL.

C’était le bon temps : de bonnes vieilles valeurs simples, robustes et fiables ! Et qui nous parlaient bien !

Mais tout changea. Quand ? je ne saurais trop le dire… Des tours sont tombées, des bulles ont éclaté, des 4×4 sillonnent des déserts que photographient des drones, le vin français titre désormais à 14,5°, des regroupements/fusions/acquisitions ont eu lieu, etc, etc, etc.

Et désormais « On doit pouvoir s’épanouir en voyant « Fin » en l’air », comme dit la chanson…

Bref, tout a changé dans ce monde, mais un bastion résiste, en dehors des modes et du temps : le logiciel de réglage des Zaudios !!

G_BEG_Wid2G_WidG_STKG_SIG_RSDG_PKG_OT

Mais oui ! Vous l’avez remarqué : dans notre monde terrible de complexité, le logiciel de réglage se compose toujours (en autres, quand même) du bon (= le G65/moyen/modéré), de la brute (G80/fort) et du truand (expansion, G40/G50/faible, carrément fourbe celui-là !). J’oubliai aussi Dieu : le MPO !

C’est simple et de bon aloi, mais un peu tiédasse quand même pour « fort, moyen et faible », pas bien précis en tous cas. Et surtout, ces niveaux d’entrée vaguement flous contrastent furieusement avec la précision diabolique (au dB près) des pas de réglage.

Pour couronner le tout, on ne sait même pas s’il s’agit en entrée de dB SPL, de dB HL, de Sones. Et surtout, je le redis : ça n’a pas bougé depuis… que ces logiciels de réglages existent ! Nuance quand même : depuis que les circuits WDRC à trois points d’enclenchements existent, c’est à dire depuis peu pour certains ;-) .

  • A quoi correspondent aujourd’hui ces réglages hérités des temps anciens, lorsque par exemple, un patient va nous dire : « Les voix fortes sont un peu trop fortes » ? Les fabricants veulent-ils que nous touchions le « G80″ ? le « Fort » ?
  • Pour augmenter la perception de la voix « moyenne », faut-il toucher « Modéré » ou « G65″  ?
  • Où commence et finit la zone couverte par « Modéré » ? de 50 à 70dB SPL ?
  • Et les autres zones ?

Avant éventuellement d’apporter un peu de précisions, on présumera (mais ce n’est pas explicite…) que ce qu’affiche un logiciel de réglage sous la forme « Expansion », G40/50/65 et 80 ou autres « Faible, Modéré, Fort » concerne les niveaux d’entrée. Puisque on part du principe qu’aujourd’hui, toutes les aides auditives ont des compressions en entrée (AGCi) et en sortie (AGCo/MPO); donc tout ce qui est inférieur à 80dB (SPL ? Oui !) en entrée est régit par les AGCi.

C’est de là que vient la grande ambiguïté : une discordance entre l’affichage logiciel et/ou in-vivo qui est un niveau de sortie, et le niveau d’entrée, souvent invisible. Lorsque l’audioprothésiste règle une aide auditive, il voit çà sur son logiciel de réglage :

SPL_PK_TARGET

Et/ou éventuellement il voit ça en mesure in vivo :

REAR_65

Dans les deux cas ci dessus, le logiciel ou la mesure donnent le niveau de sortie prévu ou mesuré dans le conduit auditif pour la voix « moyenne » (65dB SPL) en entrée, qui est ici (zone entourée) de 90dB SPL entre 2 et 4KHz.

Donc si on voulait, par exemple, augmenter cette fameuse zone 2/4KHz, il faudrait :

  • augmenter le G80, puisqu’on est à 90dB SPL in vivo ?
  • augmenter le G65, puisqu’on est à voix moyenne en entrée ?
  • autre chose ?

Réponse : augmenter le gain entre 40 et 50dB d’entrée…

… parce que la voix moyenne (pour le niveau à long terme, c’est à dire le niveau de la cible donnée par telle ou telle méthodologie) est à environ +/- 50dB SPL en entrée.

Toute la difficulté est là :

  1. Raisonner en entrée alors que nous visualisons en sortie
  2. Se dépatouiller avec des niveaux « logiciels » qui n’ont rien à voir avec les niveaux réels de la parole en entrée

J’ai voulu essayer de donner une correspondance entre le signal d’entrée (ce signal étant une voix), et l’action à entreprendre dans les logiciels pour avoir un impact sur ses différents niveaux d’énergie (classés en percentiles) et dans quatre zones fréquentielles différentes.

Vous trouverez donc ci dessous les niveaux logiciels intervenants dans les réglages spécifiques de la parole, pour les zones 250/500Hz, 500/1000Hz, 1000/2000Hz et 2000/4000Hz; trois percentiles de parole (crêtes=  percentile 99 , long terme= LTASS = env. percentile 65 et vallées = percentiles 30), le tout à trois niveaux d’entrée (faible, moyenne et forte):

Voix faible (55dB SPL)

V55

Télécharger ce fichier « 55dB SPL »

Voix moyenne (65dB SPL)

V65

Télécharger ce fichier « 65dB SPL »

 

Voix forte (75dB SPL)

V80

Télécharger ce fichier « 75dB SPL »

Et là, oui, ça va mieux : on commence à comprendre que le « G80″ ne va pas servir à grand chose, et que même le « G65″ est finalement peu utilisé. Il va donc falloir faire attention à sélectionner des aides auditives dont le premier TK sera réglable, ou réputées avoir une expansion de très bas niveau, car même la voix « moyenne » est constituée d’indices de très faibles niveaux…

Mais attention : ces différentes zones dynamiques sont très approximatives, et surtout, différentes d’un fabricant à l’autre. Il faudrait connaître les TK exacts et donc pour cela avoir les courbes de transfert (entrée/sortie) qui sont bien souvent absentes… Et même quand ces courbes I/O sont présentes, la plupart commencent leur affichage à 40dB SPL (rien à voir et à savoir en dessous ?). Dommage…

Et Dieu dans tout ça ? (le MPO !)

Et bien lui, il ne fait jamais rien comme les autres, c’est connu ! Si vous reprenez la mesure in-vivo ci-dessus, vous constaterez qu’un MPO peut agir, disons dès 90dB SPL et que les crêtes de la voix moyenne dans la zone 2/4KHz, qui sont régies en entrée par le gain à 50/65dB SPL peuvent être atteintes (et détruites) par un MPO trop bas ou trop actif (ou volontairement réglé comme cela). Donc on aurait finalement deux informations à surveiller : le niveau en entrée, souvent inférieur à 65dB SPL dans une bande de fréquence, et le niveau en sortie, affiché par le logiciel ou la mesure in vivo.

La balle est maintenant dans le camp des fabricants. Il est temps de nous donner un choix d’affichage plus « réaliste » pour les niveaux vocaux en entrée :

  • Pourquoi ne pas proposer (en option dans les logiciels) des réglages adaptés aux niveaux d’énergie de la parole ? Je suggère « G35″, « G50″ et « G65″ par exemple qui couvriraient la voix faible à forte.
  • Pourquoi ne pas permettre d’afficher (à la demande) les spectres en entrée de la voix faible, ou moyenne ou forte, dans la fenêtre de niveau de sortie ? Certains, comme OTICON le proposent (voix moyenne).
  • Enfin, en mesure in vivo, pourquoi ne pas afficher lors d’une mesure vocale, le spectre en entrée correspondant ? FreeFit le propose à chaque niveau, Interacoustics, pour un seul niveau (voix moyenne).

Voilà, voilà. J’en ai fini avec mes récriminations qui, je l’espère, feront avancer le shmilblick (vous aurez remarqué deux très jolis mots placés dans une même phrase !).

Merci d’être parvenus jusqu’à la fin de ce loooooonnnng post, et bonne année 2015 !

 

Crédit image pour les spectres à long terme de la parole : Aurical FreeFit.

La confiance règne… par intervalles*

Written by xavdelerce on . Posted in Audiométrie vocale, Investigations audiologiques, Le gain, Réglages des appareils

« Après appareillage, et à intensité de 60dB SPL, l’intelligibilité de mon patient passe à 70% contre 30% avant appareillage à la même intensité ! »

 

Question: est-ce significatif ?

Indice: je teste en listes de Fournier disyllabiques.

Réponse: à vous de chercher dans le tableau joint plus loin…

Tout d’abord, rendons à César l’idée de ce post:

Suite à l’atelier du congrès 2014 de Xavier BASCLE et Jean-Yves MICHEL (page 21), ils ont eu l’amabilité de m’envoyer leur présentation en pdf dans laquelle j’ai retrouvé un document mis à jour en 2007: une table de « significativité » (ce mot…) de test, puis re-test (conditions différentes) en audiométrie vocale.

L’article originel date de 1978: il s’agit d’une table permettant savoir pour un même patient testé dans deux conditions différentes (ex: avant/après appareillage), en fonction des scores obtenus, si la différence entre les deux scores est « significative » ou « non-significative ».

Tout d’abord, qu’est-ce que la notion de différence significative ? En statistique, on retrouve souvent la notion de p-value, ou en quelque sorte la robustesse des résultats des tests statistiques. Elle est souvent fixée à 0.05, ce qui veut dire qu’entre deux conditions de tests, il y a moins de 5% de risque que la différence observée (ex: intelligibilité avant appareillage et après) soit le fruit du hasard uniquement. Si P<0.05, le résultat est alors considéré comme le fruit d’une amélioration réelle par le traitement ou l’appareillage dans ce qui nous concerne.

Tout aussi intéressante, voire plus, est la notion statistique d’intervalle de confiance d’une valeur. Par exemple en ce qui nous concerne, le score d’intelligibilité avant puis après appareillage.

Pour cela, les statisticiens considèrent les résultats d’une l’audiométrie vocale comme une variable aléatoire discrète (…) obéissant donc à une loi de probabilité binomiale (re-…). En gros, comme des lancés de dé, à dix faces (dissyllabiques de Fournier), 50 faces (l’arrondi de 51 pour les cochléaires de Lafon), 20 faces (phrases du HINT), etc.

Mais si l’audiométrie vocale obéit à une loi de probabilités, celà n’empêche pas son résultat de fluctuer de manière très importante alors que les conditions de réalisation peuvent être les mêmes (appareillé ou non et réglage identique pour chaque condition). Selon l’état de fatigue ou la concentration, l’effet placebo, la chemise ou le décolleté de l’audioprothésiste, etc., ce ne sera pas 40% ou rien ! Ce sera certains jours 60% et d’autres 30% dans les mêmes conditions, avec quand même un « pic » de probabilité d’intelligibilité. Autour de ce maximum de probabilité d’intelligibilité existe un intervalle de fluctuation souvent important: le fameux intervalle de confiance. En statistique, il est souvent calculé à 95%, c’est à dire que la moyenne (le pic de probabilité) a 95% de chances de se trouver dans cet intervalle.

Cela donne, par exemple, les probabilités suivantes de répétitions de mots avant et après appareillage:

Proba binom fournier

 

Pas besoin d’être un expert statisticien pour comprendre deux choses:

  • les « courbes » se superposent, et entre 40 et 70% de répétition il est difficile de démêler ce qui serait de l’ordre d’un « coup de chance » sans appareil ou d’une « contre performance » avec appareil.
  • Les intervalles de confiance de la moyenne « sans » et « avec » se chevauchent beaucoup lorsque les échantillons (la grandeur des listes ici) sont faibles. 10 mots ça semble un peu court pour être sûr de départager les performances des deux conditions avec 95% de certitude, puisque 1 mot de travers, c’est 10% d’erreur d’un coup. On voit aisément que 20 phrases, voire 50 phonèmes, ce serait tout de suite mieux.

Afin de répondre à la question posée au début de ce billet: en 1978, Thornton & Raffin on publié une table de « Intervalles critiques à 95% » permettant par une lecture facile de savoir si les résultats d’une audiométrie vocale sont significativement différents (à risque de 5% d’erreur maximum).

Voici un tableau extrait de la page 515 de l’article de Thornton et Raffin, et tiré également de Essentials of Audiology de Gelfand (2011):

IC95_vocale_1978

Comment lire (et interpréter) ce tableau: dans l’exemple du début, le score sans appareil est de  30% d’intelligibilité, à lire dans la première colonne nommée « % score« . En recherchant dans la colonne « n=10 » (parce que ce sont des listes de 10 mots) on s’aperçoit que l’intervalle critique à 95% est compris entre 10 et 70%. Ce qui veut dire que tout résultat avec appareillage se situant dans cet intervalle n’est pas significativement différent du premier (30%).

Donc dans notre cas: amélioration non significative. De justesse, certes…

Ces tables ont été récemment mises à jour, et je remercie encore Xavier BASCLE et Jean-Yves MICHEL d’en avoir fait part à la communauté lors de leur atelier; une mise à jour de ces intervalles critiques à été faite par Carney et Sclauch en 2007 et diffère dans 23% des entrées de celle de 1978. A privilégier donc (toujours repris de Essentials of Audiology):

IC95_vocale_2007

En reprenant notre exemple, c’est toujours non-significatif: 70% après appareillage est une valeur se trouvant encore dans la zone critique 10% <—> 70%.

Mais regardez-bien: si on avait eu toujours 30% de score avant appareillage, mais avec des listes cochléaires de Lafon (50 phonèmes) cette fois ci. Vous constaterez que l’intervalle critique passe à 16% <—> 48%. Un score après appareillage de 70% serait donc hors de la zone d’incertitude des deux distributions. Les tests diffèreraient significativement (meilleur après appareillage, avec 5% ou moins de risque de se tromper).

Conclusions de tout ceci:

  • Les résultats en audiométrie vocale sont des variables… très variables, y compris pour un même individu et dans les mêmes conditions
  • Les listes courtes sont quasiment inexploitables pour mettre en évidence une quelconque différence statistique, à éviter donc si on cherche à prouver quelque chose (mémoires, recherches, preuve, …) ou alors utiliser 2 listes de 10 mots pour faire une moyenne
  • Par honnêteté intellectuelle, il est peut être bon d’avoir ce second tableau à porté de main et d’audiomètre…

 

* citation reprise de Denis POINSOT et de son ouvrage « Statistiques pour Statophobes« , un régal de clarté, et de l’humour…

 

« Dark Side of the Head »* Réglage objectif d’un système CROS/BiCROS

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, Astuces sur les appareils, BICROS, Chaînes de mesure, CROS, Marques, mesure in vivo, mesure in-vivo, Réglages des appareils, WIDEX

J’avais déjà évoqué la possibilité sur Affinity d’activer le microphone de référence opposé à la mesure in-vivo, et de l’intérêt de cette technique de mesure dans l’évaluation de l’ombre de la tête et de sa compensation par un système CROS.

Voici un cas clinique de validation de la mesure avec un patient appareillé dans un premier temps avec un Widex DREAM Fusion 330 à gauche, et cophose à droite:

Aud_CROS

Ce monsieur, très actif dans sa commune, participe à de nombreuses réunions et autres joyeuses activités associatives à base de canard gras dont Les Landes ont le secret…

Bref, sans surprise, il n’entend pas son voisin de droite, et ça l’embête bien. Donc une adaptation est programmée pour l’essai d’un système CROS Widex, qui en l’occurrence dans ce cas est un système BiCROS puisque son côté « bon » nécessite un appareillage.

La mise en évidence de l’ombre de la tête et le réglage de la balance microphonique se fait en trois étapes:

  1. Mesure in-vivo de la bonne oreille (Cas du CROS) ou de l’oreille appareillée (cas du BiCROS) avec HP à 90° (pile face à l’oreille)
  2. On laisse la sonde dans l’oreille et on fait tourner le patient de manière à présenter son oreille cophotique face au HP (mesure à 270°), MAIS on active le micro de référence opposé à la mesure =  mesure in-vivo oreille OK, mais micro de référence activé oreille cophotique –> on obtient l’ombre de la tête.
  3. Même mesure que 2 (toujours avec micro de référence activé à l’opposé de la mesure in-vivo), mais on place et on active le système CROS: si tout va bien on doit revenir à la mesure 1, sinon on ajuste le niveau de transmission dans le logiciel Compass GPS (ou Target ;-) ).

Démonstration pour ce patient:

REM_shadow

La partie colorée en jaune correspond pour ce patient à l’ombre de la tête.

On active le micro:

CROS_REM

La courbe bleue montre la captation de la bonne oreille/de l’oreille appareillée lorsque le son arrive du côté cophotique : l’ombre de la tête a été compensée.

Eventuellement, la balance microphonique permettra d’ajuster le niveau de la courbe bleue, jusqu’à coller à la noire:

CROX Dex

CQFD. Il restera à savoir si le patient en tire un bénéfice dans sa vie sociale.

Donc en résumé:

  • ça semble fonctionner et c’est un des rares moyens de mesurer cet « effet ombre »
  • ça permet d’ajuster la sensibilité du micro CROS avec précision et en connaissance de cause
  • permet de démontrer au patient le problème et la solution proposée…
  • attention aux appareils adaptatifs dans le cas du BiCROS, qui ont tendance, à l’opposé du HP, à augmenter l’amplification et donc à « gommer » l’ombre de la tête

Vous trouverez sous ce lien le fichier .iax pour Affinity permettant cette mesure. Attention: l’activation du micro de réf. opposé (en orange sur les copies d’écran) est à faire manuellement pour les étapes 2 et 3.

Mesures et création du test: Xavier DELERCE et Gilles ASSOULANT.

 

* The Pink CROS …

Du pressentiment à la preuve

Written by xavdelerce on . Posted in appareillage de l'enfant, Audiologie, formation, Qualité de services, Réglages des appareils

Pour toute spécialité médicale ou para-médicale, le besoin de preuves scientifique s’accroit ces dernières années.

La prudence vis à vis de tel ou tel traitement augmente, une méthode ou pratique évolue au gré de nouvelles connaissances. Nous le constatons tous les jours, par exemple avec ces listes de médicaments « à faible bénéfice » voire « bénéfice nul » qui s’allongent d’année en année. Et ce n’est pas uniquement pour faire plaisir à la sécurité sociale: ces changements s’appuient sur des études ou méta-analyses d’études scientifiques.

L’audiologie prothétique échappe t-elle à ce mouvement ? Non, bien sûr. Et ce mouvement a même un nom: la pratique de l’audiologie basée sur des preuves (Evidence based practice).

Par exemple, aux questions: « Un réducteur de bruit est-il efficace ? dans quelle mesure ? », « Le microphone directionnel est-il recommandé chez l’enfant ? », « La pratique de la mesure in-vivo améliore t-elle significativement la précision de réglage ? », « L’utilisation d’un seuil d’inconfort statistique au lieu de le mesurer induit-elle un appareillage significativement moins confortable ? », etc.

Que répondre ? Sur quelles bases ? Notre « ressenti », notre intuition ou notre expérience (alias nos plus ou moins bonnes habitudes…) ? Non, ce n’est pas acceptable. Ce n’est PLUS acceptable.

Au jour d’aujourd’hui, nous devons prouver que ce que nous faisons s’appuie sur des bases scientifiques. Certes, un patient n’est pas une règle de calcul millimétrée, mais nous devons être capables aujourd’hui de lui PROUVER que ce que nous avons fait pour lui est un choix rationnel, pensé et établi sur des pratiques validées scientifiquement. C’est un peu le sens de l’imminente certification AFNOR NF, qui à mon avis ne va pas assez loin dans la pratique obligatoire (mesure in-vivo par exemple), mais qui est un excellent début.

Mais la certification valide un service minimal de qualité, pas une pratique scientifique. Pour cela, il faudrait que chacun d’entre nous se plonge dans les revues scientifiques, en extraient les articles intéressants, les traduisent, les confrontent, en analysent leur robustesse statistique, etc. Vous m’avez compris…

Et bien, des audiologistes l’ont fait pour nous ! Dans le cadre de l’appareillage de l’enfant, mais par extension chez l’adulte également.

Car plus que tout autre appareillage, l’appareillage de l’enfant ne tolère pas l’approximation. Le « Pediatric Amplification 2013 » fait suite à sa précédente version publiée 10 ans plus tôt:

Pediatric amplification 2013

Ce guide est en fait une revue de littérature donnant des réponses claires sur des questions techniques concernant l’appareillage de l’enfant. Chaque point est analysé, en fonction du nombre d’articles publiés sur un sujet particulier, mais aussi et surtout en fonction de la robustesse statistique de ces articles.

Par exemple, aux questions suivantes, vous avez les preuves associées, avec le nombre d’articles publiés, leurs références:

  • Le réducteur de bruit est-il souhaitable chez l’enfant ?
  • Une compression WDRC améliore t-elle l’intelligibilité ?
  • L’appareillage d’un oreille cophotique chez l’enfant est-il meilleur en CROS ou en aide FM sur la bonne oreille ?
  • La transposition fréquentielle est-elle utile à l’enfant ?
  • Le microphone directionnel adaptatif doit-il être activé chez le tout petit ? Et en grandissant ?
  • etc., etc.

Vous avez des 10aines de points de ce genre abordés. On parle ici de l’appareillage de l’enfant, mais vous constaterez qu’une grande majorité des articles cités ont été obtenus sur des tests faits avec adultes (les études extrapolées à l’enfant sont indiquées). Nous avons donc ces réponses pour les adultes également.

Pour ne plus jamais dire « J’ai l’impression que… » !

Les commentaires récents

xavdelerce

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Non, j’ai bien dit « oreille gauche ». Cette (ces) oreille(s) coule(nt), et on est en permanence à la limite de l’otite. Dans l’idéal, si l’on voulait corriger les BF à gauche, pas de secret, il faudrait fermer. J’ai peur d’enclencher un cycle d’infections. Ensuite pour les HF à gauche: une correction qui démarre après 2KHz et qui s’arrête à 3KHz, c’est bien peu.
Tu comprends ma question: pas vraiment de possibilité de corriger BF et une bande passante HF très réduite, le tout associé à une intelligibilité finalement de bonne tenue (90%@40dB HL).
Alors oui, éventuellement un « petit » BiCROS.

leblanc

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Je pense que tu veux dire « pas recommandé de fermer l’oreille droite »? Rien n’empêche d’essayer d’appareiller la droite et voir comment réagit l’oreille, en cas de suintements evidemment, passer en bicros.
L’OG est bien sur à appareiller à mon avis, en prévoyant un appareil compatible en bicros

genyseb2

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Bien vu ! Et merci pour tes explications ! Bonne années !!!!!

xavdelerce

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En cherchant « scoring span test » sur Google, on trouve pas mal de choses, notamment ce doc qui revient souvent.

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