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EIN ? saison 2

Written by xavdelerce on . Posted in Affinity, anti larsen, Astuces sur les appareils, Audioprothese, Chaînes de mesure, Expansion, Le gain, Marques, Méthodologie, Réglages des appareils, Tests au coupleur, Tests au coupleur, WIDEX

… suite de la première partie.

En reprenant l’exemple suivant :

Capture

 

Environ 30dB SPL de bruit de fond (EINLevel) à 3KHz peuvent-ils être considérés comme gênants pour ce patient ?

On peut penser (mais je n’en ai pas la confirmation) que lorsqu’un fabricant met un modèle sur le marché, de surcroît s’il est censé pouvoir s’adapter sur des surdités légères à moyennes, il connait les limites de BDF acceptables issues de la littérature. Enfin, on espère…

Une solution radicale pour se garantir de toute perception de BDF serait de placer le 1er TK en entrée assez haut, mais pas trop quand même car il y aurait un risque de sous-amplifier les zones failles de la parole; disons 30/35dB SPL. C’est étrange, en explorant les courbes entrée/sortie (si par chance vous les avez), c’est justement la limite très commune d’expansion !

Un seul fabricant, depuis fort longtemps s’est quand même aventuré à passer sous cette barre : Widex, depuis le premier Senso. Mais quand vous voulez amplifier des niveaux très bas (5 à 30dB SPL) pour éventuellement les faire émerger au-dessus du seuil, il va falloir énormément de gain (si le larsen vous le permet). Et donc vous pouvez amener par la même occasion le bruit de fond en même temps que l’information dans la zone audible. Je crois me souvenir que tout avait été pensé chez ce fabricant pour maintenir le niveau du BDF toujours sous le meilleur seuil, notamment par la mesure du « sensogramme » qui était (est toujours) quasi obligatoire, comme celle du larsen. Très rapidement, l’effet d’évent (et pas uniquement son seul diamètre) a été également mesuré afin d’estimer la limite basse de TK sans larsen et/ou sans risque de BDF perceptible dans les BF.

Bref, pour passer sous la barre des 30dB SPL en entrée sans craindre une perception de BDF avec une méthodologie d’amplification non-linéaire, il vaut mieux avoir confiance en sa technologie…

Macrae et Dillon ont établi des niveaux de BDF acceptables en fonction du gain apporté (donc en fonction du seuil d’audition) à diverses fréquences, et mesuré dans un coupleur HA1 (intra). Pour donner quelques exemples (mais vous pouvez les retrouver sur l’article téléchargeable de la première partie) :

@1KHz, de 0 à 50dB de gain : env. 17,5dB SPL

@250Hz, de 0 à 45dB de gain : env. 37dB SPL

@2KHz, de 0 à 60dB de gain : env. 13dB SPL

Attention : il s’agit de bruit de fond à l’entrée, comme vu dans la première partie. On constate une gêne survenant plus rapidement après 1KHz. Etrangement, la « tolérance » au BDF semblerait importante dans les BF, mais ces zones fréquentielles sont souvent masquées (et le BDF avec) par le bruit ambiant, la « rumeur ». Et d’autant plus  l’appareillage présente un évent : le bruit ambiant entrant par l’évent minimise la perception du BDF de l’appareil.

Je vous passe les calculs éprouvants des auteurs, mais je reprendrais le résumé de leur méthode de calcul du EIN acceptable en fonction de la surdité : considérant un seuil à une fréquence donnée, ce seuil doit être corrigé avec NAL (et oui, c’est Dillon quand même !). Attention, ici, c’est NAL « old school » = formule linéaire d’avant NAL-NL1, c’est à dire NAL-R.

On a :

 EINL = Max( HTL + MAP – CG – Corr – 15,EINL0 )   (1)

Et là, oui, c’est beaucoup plus clair n’est-ce pas ?

En fait, NAL ne fournissant pas de cibles de niveaux de sortie en dB SPL au tympan (REAR), contrairement à DSL, Macrae et Dillon on converti la perte auditive (HTL), en niveau au tympan. Ils ont donc pour ceci ajouté au seuil HTL, le MAP (qui est le niveau d’audition minimal mesuré en dB SPL au niveau du tympan), ce qui a converti en quelque sorte le seuil HTL en seuil SPL au tympan. Mais comme la valeur du gain (CG) est donnée dans le coupleur d’intra (le HA1), ils ont ajouté une correction (Corr) pour passer du coupleur au tympan. Pour les puristes, cette valeur de correction provient de diverses tables de conversion toujours utilisées et très souvent citées dans la littérature : les valeurs de conversions (ou fonction de transfert) de Bentler & Pavlovic, et leur pendant en champ diffus. Aride… mais sachez quand même que ces valeurs se cachent encore dans tous nos logiciels de réglages et jusque dans nos chaînes de mesure (tables 1 & 2). Et enfin, la soustraction de l’EIN tolérable (EINL0) donnant 0dB SL (Sensation Level).

Vous retrouverez dans l’article (Table 6.) les valeurs de l’EIN max. acceptable, en fonction du seuil d’audition pour chaque bande de 1/3 d’octave.

Ce qui est intéressant, c’est de pouvoir saisir ces valeurs dans votre chaîne de mesure, comme ici pour un seuil de 0dB HL (ligne pleine) et un seuil, par exemple, de 50dB HL (carrés) :

Limites EIN

Par contre, il faut relativiser cette mesure, par l’apport de bruit de fond extérieur : performance du caisson de mesures (isolation) et BDF des transducteurs de mesure (microphones de mesure et de référence). Par exemple dans un caisson très performant, Bruël&Kjaer/Interacoustics TBS25 avec la config suivante:

20150306_173214

On obtient, au plus bas, cet EIN:

EIN TBS25 micros

Pour conclure, j’ouvrirais le débat sur les valeurs de Macrae et Dillon qui ont été obtenues à l’époque sur la base d’une formule linéaire (NAL-R). Il serait très intéressant d’avoir des valeurs aujourd’hui avec des formules de correction non-linéaires (NAL-NL et DSL) puisque les sons faibles sont nettement plus amplifiés qu’avec NAL-R, et que l’EIN risque donc potentiellement d’augmenter car le facteur CG de l’équation (1) augmente.

Avis aux étudiants de D.E. ou M1/2 en recherche de mémoire…

La parole, G65 ?

Written by xavdelerce on . Posted in Astuces sur les appareils, Aurical, Expansion, Le gain, Le niveau de sortie Max., Logiciels de réglage, mesure in vivo, N'importe quoi !, Réglages des appareils, SPLoGramme

Once upon a time : des aides auditives qui se réglaient avec des sons Wobulés, au caisson de mesure.

Cela se passait dans des temps forts lointains, où les Elfes, les Ents et les hommes vivaient en bonne harmonie; un temps où Saroumane ne commençait pas à faire n’importe quoi. En ce temps là, les assureurs assuraient, les banquiers banquaient, la sécu remboursait, les Zaudios appareillaient, les opticiens lunettaient, les professions réglementaient (jeu de mots…), etc. « Toute chose à sa place, toute place a sa chose », comme disait ma grand-mère.

Tout allait bien, quoi !

Et chez nous, les Zaudios (ça me fait penser à Claude PONTI et l’île des Zertes), un son « moyen » était à 65dB SPL, un son « faible » à 50dB SPL (allez, je vous le fais à 40dB SPL !) et un son « fort » à 80dB SPL.

C’était le bon temps : de bonnes vieilles valeurs simples, robustes et fiables ! Et qui nous parlaient bien !

Mais tout changea. Quand ? je ne saurais trop le dire… Des tours sont tombées, des bulles ont éclaté, des 4×4 sillonnent des déserts que photographient des drones, le vin français titre désormais à 14,5°, des regroupements/fusions/acquisitions ont eu lieu, etc, etc, etc.

Et désormais « On doit pouvoir s’épanouir en voyant « Fin » en l’air », comme dit la chanson…

Bref, tout a changé dans ce monde, mais un bastion résiste, en dehors des modes et du temps : le logiciel de réglage des Zaudios !!

G_BEG_Wid2G_WidG_STKG_SIG_RSDG_PKG_OT

Mais oui ! Vous l’avez remarqué : dans notre monde terrible de complexité, le logiciel de réglage se compose toujours (en autres, quand même) du bon (= le G65/moyen/modéré), de la brute (G80/fort) et du truand (expansion, G40/G50/faible, carrément fourbe celui-là !). J’oubliai aussi Dieu : le MPO !

C’est simple et de bon aloi, mais un peu tiédasse quand même pour « fort, moyen et faible », pas bien précis en tous cas. Et surtout, ces niveaux d’entrée vaguement flous contrastent furieusement avec la précision diabolique (au dB près) des pas de réglage.

Pour couronner le tout, on ne sait même pas s’il s’agit en entrée de dB SPL, de dB HL, de Sones. Et surtout, je le redis : ça n’a pas bougé depuis… que ces logiciels de réglages existent ! Nuance quand même : depuis que les circuits WDRC à trois points d’enclenchements existent, c’est à dire depuis peu pour certains ;-) .

  • A quoi correspondent aujourd’hui ces réglages hérités des temps anciens, lorsque par exemple, un patient va nous dire : « Les voix fortes sont un peu trop fortes » ? Les fabricants veulent-ils que nous touchions le « G80″ ? le « Fort » ?
  • Pour augmenter la perception de la voix « moyenne », faut-il toucher « Modéré » ou « G65″  ?
  • Où commence et finit la zone couverte par « Modéré » ? de 50 à 70dB SPL ?
  • Et les autres zones ?

Avant éventuellement d’apporter un peu de précisions, on présumera (mais ce n’est pas explicite…) que ce qu’affiche un logiciel de réglage sous la forme « Expansion », G40/50/65 et 80 ou autres « Faible, Modéré, Fort » concerne les niveaux d’entrée. Puisque on part du principe qu’aujourd’hui, toutes les aides auditives ont des compressions en entrée (AGCi) et en sortie (AGCo/MPO); donc tout ce qui est inférieur à 80dB (SPL ? Oui !) en entrée est régit par les AGCi.

C’est de là que vient la grande ambiguïté : une discordance entre l’affichage logiciel et/ou in-vivo qui est un niveau de sortie, et le niveau d’entrée, souvent invisible. Lorsque l’audioprothésiste règle une aide auditive, il voit çà sur son logiciel de réglage :

SPL_PK_TARGET

Et/ou éventuellement il voit ça en mesure in vivo :

REAR_65

Dans les deux cas ci dessus, le logiciel ou la mesure donnent le niveau de sortie prévu ou mesuré dans le conduit auditif pour la voix « moyenne » (65dB SPL) en entrée, qui est ici (zone entourée) de 90dB SPL entre 2 et 4KHz.

Donc si on voulait, par exemple, augmenter cette fameuse zone 2/4KHz, il faudrait :

  • augmenter le G80, puisqu’on est à 90dB SPL in vivo ?
  • augmenter le G65, puisqu’on est à voix moyenne en entrée ?
  • autre chose ?

Réponse : augmenter le gain entre 40 et 50dB d’entrée…

… parce que la voix moyenne (pour le niveau à long terme, c’est à dire le niveau de la cible donnée par telle ou telle méthodologie) est à environ +/- 50dB SPL en entrée.

Toute la difficulté est là :

  1. Raisonner en entrée alors que nous visualisons en sortie
  2. Se dépatouiller avec des niveaux « logiciels » qui n’ont rien à voir avec les niveaux réels de la parole en entrée

J’ai voulu essayer de donner une correspondance entre le signal d’entrée (ce signal étant une voix), et l’action à entreprendre dans les logiciels pour avoir un impact sur ses différents niveaux d’énergie (classés en percentiles) et dans quatre zones fréquentielles différentes.

Vous trouverez donc ci dessous les niveaux logiciels intervenants dans les réglages spécifiques de la parole, pour les zones 250/500Hz, 500/1000Hz, 1000/2000Hz et 2000/4000Hz; trois percentiles de parole (crêtes=  percentile 99 , long terme= LTASS = env. percentile 65 et vallées = percentiles 30), le tout à trois niveaux d’entrée (faible, moyenne et forte):

Voix faible (55dB SPL)

V55

Télécharger ce fichier « 55dB SPL »

Voix moyenne (65dB SPL)

V65

Télécharger ce fichier « 65dB SPL »

 

Voix forte (75dB SPL)

V80

Télécharger ce fichier « 75dB SPL »

Et là, oui, ça va mieux : on commence à comprendre que le « G80″ ne va pas servir à grand chose, et que même le « G65″ est finalement peu utilisé. Il va donc falloir faire attention à sélectionner des aides auditives dont le premier TK sera réglable, ou réputées avoir une expansion de très bas niveau, car même la voix « moyenne » est constituée d’indices de très faibles niveaux…

Mais attention : ces différentes zones dynamiques sont très approximatives, et surtout, différentes d’un fabricant à l’autre. Il faudrait connaître les TK exacts et donc pour cela avoir les courbes de transfert (entrée/sortie) qui sont bien souvent absentes… Et même quand ces courbes I/O sont présentes, la plupart commencent leur affichage à 40dB SPL (rien à voir et à savoir en dessous ?). Dommage…

Et Dieu dans tout ça ? (le MPO !)

Et bien lui, il ne fait jamais rien comme les autres, c’est connu ! Si vous reprenez la mesure in-vivo ci-dessus, vous constaterez qu’un MPO peut agir, disons dès 90dB SPL et que les crêtes de la voix moyenne dans la zone 2/4KHz, qui sont régies en entrée par le gain à 50/65dB SPL peuvent être atteintes (et détruites) par un MPO trop bas ou trop actif (ou volontairement réglé comme cela). Donc on aurait finalement deux informations à surveiller : le niveau en entrée, souvent inférieur à 65dB SPL dans une bande de fréquence, et le niveau en sortie, affiché par le logiciel ou la mesure in vivo.

La balle est maintenant dans le camp des fabricants. Il est temps de nous donner un choix d’affichage plus « réaliste » pour les niveaux vocaux en entrée :

  • Pourquoi ne pas proposer (en option dans les logiciels) des réglages adaptés aux niveaux d’énergie de la parole ? Je suggère « G35″, « G50″ et « G65″ par exemple qui couvriraient la voix faible à forte.
  • Pourquoi ne pas permettre d’afficher (à la demande) les spectres en entrée de la voix faible, ou moyenne ou forte, dans la fenêtre de niveau de sortie ? Certains, comme OTICON le proposent (voix moyenne).
  • Enfin, en mesure in vivo, pourquoi ne pas afficher lors d’une mesure vocale, le spectre en entrée correspondant ? FreeFit le propose à chaque niveau, Interacoustics, pour un seul niveau (voix moyenne).

Voilà, voilà. J’en ai fini avec mes récriminations qui, je l’espère, feront avancer le shmilblick (vous aurez remarqué deux très jolis mots placés dans une même phrase !).

Merci d’être parvenus jusqu’à la fin de ce loooooonnnng post, et bonne année 2015 !

 

Crédit image pour les spectres à long terme de la parole : Aurical FreeFit.

La confiance règne… par intervalles*

Written by xavdelerce on . Posted in Audiométrie vocale, Investigations audiologiques, Le gain, Réglages des appareils

« Après appareillage, et à intensité de 60dB SPL, l’intelligibilité de mon patient passe à 70% contre 30% avant appareillage à la même intensité ! »

 

Question: est-ce significatif ?

Indice: je teste en listes de Fournier disyllabiques.

Réponse: à vous de chercher dans le tableau joint plus loin…

Tout d’abord, rendons à César l’idée de ce post:

Suite à l’atelier du congrès 2014 de Xavier BASCLE et Jean-Yves MICHEL (page 21), ils ont eu l’amabilité de m’envoyer leur présentation en pdf dans laquelle j’ai retrouvé un document mis à jour en 2007: une table de « significativité » (ce mot…) de test, puis re-test (conditions différentes) en audiométrie vocale.

L’article originel date de 1978: il s’agit d’une table permettant savoir pour un même patient testé dans deux conditions différentes (ex: avant/après appareillage), en fonction des scores obtenus, si la différence entre les deux scores est « significative » ou « non-significative ».

Tout d’abord, qu’est-ce que la notion de différence significative ? En statistique, on retrouve souvent la notion de p-value, ou en quelque sorte la robustesse des résultats des tests statistiques. Elle est souvent fixée à 0.05, ce qui veut dire qu’entre deux conditions de tests, il y a moins de 5% de risque que la différence observée (ex: intelligibilité avant appareillage et après) soit le fruit du hasard uniquement. Si P<0.05, le résultat est alors considéré comme le fruit d’une amélioration réelle par le traitement ou l’appareillage dans ce qui nous concerne.

Tout aussi intéressante, voire plus, est la notion statistique d’intervalle de confiance d’une valeur. Par exemple en ce qui nous concerne, le score d’intelligibilité avant puis après appareillage.

Pour cela, les statisticiens considèrent les résultats d’une l’audiométrie vocale comme une variable aléatoire discrète (…) obéissant donc à une loi de probabilité binomiale (re-…). En gros, comme des lancés de dé, à dix faces (dissyllabiques de Fournier), 50 faces (l’arrondi de 51 pour les cochléaires de Lafon), 20 faces (phrases du HINT), etc.

Mais si l’audiométrie vocale obéit à une loi de probabilités, celà n’empêche pas son résultat de fluctuer de manière très importante alors que les conditions de réalisation peuvent être les mêmes (appareillé ou non et réglage identique pour chaque condition). Selon l’état de fatigue ou la concentration, l’effet placebo, la chemise ou le décolleté de l’audioprothésiste, etc., ce ne sera pas 40% ou rien ! Ce sera certains jours 60% et d’autres 30% dans les mêmes conditions, avec quand même un « pic » de probabilité d’intelligibilité. Autour de ce maximum de probabilité d’intelligibilité existe un intervalle de fluctuation souvent important: le fameux intervalle de confiance. En statistique, il est souvent calculé à 95%, c’est à dire que la moyenne (le pic de probabilité) a 95% de chances de se trouver dans cet intervalle.

Cela donne, par exemple, les probabilités suivantes de répétitions de mots avant et après appareillage:

Proba binom fournier

 

Pas besoin d’être un expert statisticien pour comprendre deux choses:

  • les « courbes » se superposent, et entre 40 et 70% de répétition il est difficile de démêler ce qui serait de l’ordre d’un « coup de chance » sans appareil ou d’une « contre performance » avec appareil.
  • Les intervalles de confiance de la moyenne « sans » et « avec » se chevauchent beaucoup lorsque les échantillons (la grandeur des listes ici) sont faibles. 10 mots ça semble un peu court pour être sûr de départager les performances des deux conditions avec 95% de certitude, puisque 1 mot de travers, c’est 10% d’erreur d’un coup. On voit aisément que 20 phrases, voire 50 phonèmes, ce serait tout de suite mieux.

Afin de répondre à la question posée au début de ce billet: en 1978, Thornton & Raffin on publié une table de « Intervalles critiques à 95% » permettant par une lecture facile de savoir si les résultats d’une audiométrie vocale sont significativement différents (à risque de 5% d’erreur maximum).

Voici un tableau extrait de la page 515 de l’article de Thornton et Raffin, et tiré également de Essentials of Audiology de Gelfand (2011):

IC95_vocale_1978

Comment lire (et interpréter) ce tableau: dans l’exemple du début, le score sans appareil est de  30% d’intelligibilité, à lire dans la première colonne nommée « % score« . En recherchant dans la colonne « n=10 » (parce que ce sont des listes de 10 mots) on s’aperçoit que l’intervalle critique à 95% est compris entre 10 et 70%. Ce qui veut dire que tout résultat avec appareillage se situant dans cet intervalle n’est pas significativement différent du premier (30%).

Donc dans notre cas: amélioration non significative. De justesse, certes…

Ces tables ont été récemment mises à jour, et je remercie encore Xavier BASCLE et Jean-Yves MICHEL d’en avoir fait part à la communauté lors de leur atelier; une mise à jour de ces intervalles critiques à été faite par Carney et Sclauch en 2007 et diffère dans 23% des entrées de celle de 1978. A privilégier donc (toujours repris de Essentials of Audiology):

IC95_vocale_2007

En reprenant notre exemple, c’est toujours non-significatif: 70% après appareillage est une valeur se trouvant encore dans la zone critique 10% <—> 70%.

Mais regardez-bien: si on avait eu toujours 30% de score avant appareillage, mais avec des listes cochléaires de Lafon (50 phonèmes) cette fois ci. Vous constaterez que l’intervalle critique passe à 16% <—> 48%. Un score après appareillage de 70% serait donc hors de la zone d’incertitude des deux distributions. Les tests diffèreraient significativement (meilleur après appareillage, avec 5% ou moins de risque de se tromper).

Conclusions de tout ceci:

  • Les résultats en audiométrie vocale sont des variables… très variables, y compris pour un même individu et dans les mêmes conditions
  • Les listes courtes sont quasiment inexploitables pour mettre en évidence une quelconque différence statistique, à éviter donc si on cherche à prouver quelque chose (mémoires, recherches, preuve, …) ou alors utiliser 2 listes de 10 mots pour faire une moyenne
  • Par honnêteté intellectuelle, il est peut être bon d’avoir ce second tableau à porté de main et d’audiomètre…

 

* citation reprise de Denis POINSOT et de son ouvrage « Statistiques pour Statophobes« , un régal de clarté, et de l’humour…

 

Mesures in-vivo avec le Signal Vocal International de Test (ISTS) sur Affinity 2.0x

Written by xavdelerce on . Posted in Audioprothese, Investigations audiologiques, Le gain, Le niveau de sortie Max., mesure in vivo, mesure in-vivo, Réglages des appareils

Pour les possesseurs d’Affinity (avec l’option REM) en version 1.x ou 2.0x, il est possible d’importer un test déjà prédéfini sous la forme d’un fichier .iax .

Si vous êtes intéressés, à la fois par les mesures in-vivo (c’est un minimum !) et par le fait de tester in-vivo les aides auditives sans avoir à désactiver les algoritmes de traitement du signal ou sans utiliser les fonctions type « test-REM » des logiciels fabricants, il est possible pour celà d’utiliser le Signal Vocal International de Test (ISTS).

Ce signal est téléchargeable sur le site de l’EHIMA sous la forme d’un fichier .wav que vous copierez ensuite dans le dossier « Mes documents ». L’avantage énorme d’Affinity est de pouvoir utiliser comme signal de mesure n’importe quel fichier .wav que vous lui fournirez (le meilleur comme le pire, donc !), mais justement, l’ISTS est calibré, son spectre est connu, c’est de la voix « réelle », bref, un excellent candidat pour la mesure in-vivo ou chaîne de mesure (caisson).

Sur Affinity 1.x, on peut mesurer le niveau de sortie oreille nue (REUR), le gain étymotique (GNO ou REUG) sera automatiquement calculé. Le calcul du gain d’insertion est fait dès la mesure avec appareil, mais le niveau de sortie appareillé (REAR) n’est pas de lecture aisée, d’une part car sur cette version logicielle d’Affinity le seuil en dB SPL n’est pas représenté (c’est pour le moins gênant…), également, cette version logicielle ne permet pas la visualisation des crêtes et creux du signal. On travaillera essentiellement en gain d’insertion (REIG) sur cette version et c’est bien dommage.

Sur Affinity 2.0x, le logiciel a été totalement refondu et permet la visualisation des niveaux de sortie avec appareil (REAR) avec signal vocal en entrée, notamment grace à l’excellente possibilité d’affichage de la dynamique du signal (fonction « display peaks and valleys »). Sur Affinity 2.0x l’ ISTS est inclus dans la liste des signaux, pas besoin d’aller le récupérer dans les fichiers sons comme dans la version 1.x.

Après plusieurs mois de tatonnements, essais en tous genres, recherche de différents modes de lissage, étalonnages, etc… je suis arrivé sous Affinity 2.0 à créer un test qui me semble tenir la route, assez exhaustif (REUR, REUG, REAR, REIG, RECD, y’en aura pout tout le monde !!), et uniquement au signal vocal.

Surtout, je le redis, rien que pour l’affichage des niveaux de sortie (REAR) à la voix (ISTS) et affichage de la dynamique, on ne peut pas mieux faire pour savoir ce que le patient entend vraiment (pour le « comprend vraiment », c’est autre chose…):

Niveau de sortie appareillé ISTS

Niveaux de sortie avec AA et ISTS en entrée 62/75dB SPL

Si ça vous dit, vous pouvez télécharger ce test (fichier .iax) et l’importer sur votre Affinity 2 (voir plus bas).

Description et « trucs et astuces »:

  • L’étalonnage des sondes doit se faire face au HP, en dehors de la tête du patient, en tenant le casque REM à 40cm du HP (pour avoir testé, cette méthode donne de meilleurs résultats sur l’émission du signal)
  • Le test commence par la mesure du REUR (réponse du conduit nu). Avant cette mesure, une équalisation en fréquence se fera une fois pour toutes et le micro de référence s’arrêtera ensuite pour le reste des tests: pendant cette équalisation, veillez à ce que le patient regarde le HP, ne bouge pas et soit TRES silencieux.
  • Le REUG (gain naturel de l’oreille) est calculé automatiquement à partir de la mesure précédente.
  • Si ça vous dit, vous pouvez ensuite effectuer les mesures de gain d’insertion (un seul niveau prédéfini à 62dB SPL, mais vous pouvez faire varier l’intensité d’entrée).
  • Et surtout, la mesure des niveaux de sortie appareillé (REAR) avec affichage de la dynamique vocale vous renseignera sur la perception de votre patient pour trois niveaux: 55, 62 et 75dB SPL d’entrée (image plus haut).
  • Eventuellement, mesure Visible Speech (attention, moyenne obtenue après 8sec et facteur de lissage 7)
  • Et RECD si besoin…

Quelques précautions:

  • Tous les tests sont en mode « continu »: vous devez les arrêter vous-même, idéalement après un 10aine de secondes (après le mot « poderos » par exemple, bon courage ;-) ) pour qu’une intégration correcte puisse se faire (y compris pour le REUR).
  • Ma sortie son est définie sur FF2, si vous utilisez une autre sortie, veuillez la renseigner.
  • Le calque d’impression est créé.
  • J’utilise DSL V. 5 adulte et signal voix, je ne discuterai pas politique… mais vous pouvez changer la formule.
  • Téléchargez ce test, copiez le dans « mes documents » ou ailleurs et dans le module REM faites « Menu »–> » »Configuration »–> »Configuration REM440″–> »Importer » et allez chercher le fichier REM ISTS.iax.

Voilà, aucune excuse maintenant pour ne pas utiliser la fonction REM de ce merveilleux joujou !

XD

Variations autour de NAL-NL1

Written by Sébastien GENY on . Posted in Le gain, Méthodologie, Non classé, WIDEX

Tout a commencé avec un lien généreusement offert par mon ami clément SANCHEZ : le site de l’ORCA, encore une fondation, subventionnée cette fois-ci par WIDEX. Je surfe, je surfe… Et paf, je tombe sur une page décrivant les publications du centre de recherche : l’une d’entre elles m’a interpellé :

Je pense que tous nos lecteurs l’avaient ressenti : Le NAL NL1 de l’un n’est pas le NAL NL1 de l’autre… Je remarque tout de même que certains fabricants font remarquer qu’ils ont modifié l’algorithme (ce qui est bien ;-)). Ce qui est rigolo, c’est que NAL NL1 est une méthodologie qui devrait être utilisée uniquement via une mesure in vivo (sic !)… que Dyllon a modifié une première fois pour l’adapter aux logiciels fabricants. Pour NAL NL2, l’in vivo est plus que recommandé !

Bref, cet article permet de bien comprendre les écarts de résultats que l’on peut retrouver lors de nos mesures à des niveaux d’entrées très importants, avec des prescriptions de niveaux de sortie équivalentes.

Les commentaires récents

Anonyme

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Bonjour Xavier,
Merci pour ta question très pertinente.

Je ne pense pas que cela ait été fait car il faut savoir utiliser, à la fois, la liste de recrutement et le TEN TEST.

Pour ma part, je ne pratique (malheureusement) pas, pour l’instant, le TEN TEST et ceux qui pratiquent le TEN TEST ne connaissent peut-être pas l’existence de la liste de recrutement.

Sans aucun doute un très bon sujet de mémoire pour un étudiant de troisième année.
J’espère que ta question va susciter une (ou plusieurs) recherche en ce sens

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves, et merci pour toutes tes remises à niveau.

Une éventuelle corrélation a t-elle déjà été recherchée entre un mauvais résultat au test de recrutement et un TEN Test positif ?

Jean-Yves MICHEL

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Bonjour Xavier,
Merci pour tes questions.

1/ Le Professeur LAFON écrit, pour la liste cochléaire émise en exploration du champ auditif, en page 141 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« La mesure est effectuée pour chaque oreille séparément, si la surdité est asymétrique, elle peut-être faite en biauriculaire pour deux courbes tonales identiques ».
Donc on peut comprendre que l’émission puisse être faite au casque.
J’ai choisi le champ libre car cela me permet de visualiser le gain prothétique vocal (différence entre le nombre d’erreur phonétique sans appareil versus avec appareil) alors que je ne le pourrai pas si la liste avait été émise au casque.
A l’appui de mon option champ libre je peux citer l’exemple en page 201-202 du Bulletin d’Audiophonologie année 1972 Volume 2 « Le Test Phonétique Théorie et Pratique » :
« …Atteinte auditive bilatérale d’étiologie inconnue. La perte moyenne est de 60 dB à droite comme à gauche. Appareillage biauriculaire par deux contours d’oreille. Le test phonétique montre une nette distorsion liminaire avec cependant une atteinte du champ auditif puisque l’on trouve à droite et à gauche une distorsion de 6 à 10% à 100 dB. L’usage des prothèses est bon, il ne reste que 4% d’erreurs avec les deux contours d’oreille 18% et 16% respectivement à droite et à gauche avec chaque contour utilisé isolément. Ce résultat montre que lorsque la distorsion n’est pas trop importante l’appareillage des deux oreilles séparément par contour améliore très nettement la perception de la parole (erreurs réduites des trois quart)… »

2/ Je balaye systématiquement, sans appareil, de 90 dB SPL jusqu’à 40 dB SPL sauf si avant 40 dB SPL j’atteins les 100% d’erreurs phonétiques, auquel cas je m’arrête là évidemment. Avec appareil, j’émets à nouveau les mêmes éléments aux mêmes niveaux. Je n’ai donc pas d’intensité de « départ » calculée à « seuil 2K + 10dB » ou autre.

3/ J’accorde une importance aux hauts niveaux (80 – 90 dB SPL) car il me semble important que mon appareillage ne génère pas plus d’erreurs phonétiques que ce que la personne en fait sans appareil. Je le vérifie donc.

J’espère avoir répondu à tes questions.

JYM

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves

J’ai plusieurs interrogations:
1/ tu parles de niveaux d’émission en dB SPL pour l’administration des listes. Est-ce que ça veut dire que le test doit se faire en champ libre (ce que tu fais) ?
2/ comment est calculée l’intensité de « départ » (le confort) ? J’avais entendu dire « seuil 2K + 10dB » ?
3/ est-il réaliste de tester, à ton avis, l’intelligibilité au-delà de 75dB HL (au casque/inserts), en sachant alors que l’on va stimuler plusieurs bandes critiques avec l’augmentation globale de niveau, perdant du même coup en résolution fréquentielle et alors que l’appareillage, lui, n’aura pas une augmentation de niveau identique à toutes les fréquences et toutes les intensités ? Ce qui était valable à l’époque du Pr LAFON (technologie linéaire) avec une augmentation de niveau est-il valable aujourd’hui ?

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