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NAL NL2 !

Written by Sébastien GENY on . Posted in Méthodologie

Bon, je peux le dire maintenant sans me vanter… j’ai toujours soutenu NAL NL1, depuis le début, j’ai été un fan à l’époque où d’autres juraient que FIG 6 ou DSL i/o v3 étaient meilleures. Pourquoi j’y ai toujours cru : tout simplement parceque le « background » audiologique était déjà puissant !

D’abord une cohorte importante ! Qu’on le veuille ou non, Dillon a toujours eu des échantillons massifs, capables d’affirmer que tels ou tels réglages apportaient un confort, une intelligibilité, une discrimation supérieure.

Et puis des vérités qui nous étaient jetées à la figure, mais que personne ne voulait voir (et ça,  bien avant MOORE en 2003 !) : qu’un gain sur une perte supérieure à 70 dB à 4 KHz ne sert presque à rien (attention selon certains critères)… Moi à l’époque, cela m’avait retourné !

Et surtout, une chose inavouable : NAL NL1 (pour NAL Non Linéaire v1) était simple et nous prescrivait des gains d’insertions à la volée, et qu’on le veuille ou non (en retournant en 2003) avec une justesse proche de 60 % sur connexx. A noter, tout de même, qu’in vivo, NAL NL1 m’a toujours paru un peu fort  pour mes clients.

Et puis voilà… NAL NL2 !

Alors en vrac pour vous faire plaisir :

  • Une prise en compte de l’appareillage pédiatrique (histoire de marcher sur les plates bandes de DSL i/o).
  • Une prise en compte des « dead régions », des zones inertes cochléaires.
  • Une prise en compte des premiers appareillages…

Voici une série de graphiques qui permettent de comparer NAL NL1 vs NAL NL2

nal_nl2Et pour les experts curieux, une présentation powerpoint [en] sur NAL NL2 : ici

Et dire que je commençais à m’émanciper des gains d’insertions pour commencer à lire mes résultats sur SPLogramme…

RECD, cet inconnu… que tout le monde voudrait connaître !

Written by xavdelerce on . Posted in Audioprothese, Méthodologie, Réglages des appareils

Un titre un peu provocateur pour évoquer la course que mènent les fabricants d’aides auditives pour approcher au plus près cette valeur, appelée RECD (Real Ear to Coupleur Difference), plus importante peut-être que la résonance du conduit auditif.

Qu’est-ce que le RECD, quels en sont les enjeux ?
Le RECD est la différence de niveau sonore entre un appareil auditif mesuré au coupleur et ce même appareil dans l’oreille.
Le RECD est variable selon la fréquence mais ne dépend pas du niveau sonore testé. Cette différence entre le coupleur et l’oreille réelle est essentiellement due à l’écart des volumes résiduels : le coupleur est normalisé à 2cc (pour le plus courant) mais le volume résiduel de l’oreille appareillée (volume entre l’extrémité de la coque et le tympan) est rarement égal à 2cc.
D’autre facteurs également influencent le RECD, comme l’aération par l’évent ou autres facteurs d’amortissement acoustique (tube, peau).
Bref, lorsqu’un fabricant met sur le marché une aide auditive, son but, et le notre, sera d’obtenir, comme aux débuts de l’informatique personnelle, le WYSIWYG (What You See Is What You Get) !!! En clair, que les courbes affichées à l’écran soient réellement celles obtenues dans l’oreille du patient.
Alors après, on pourra discuter temps d’attaque ou de retour, réducteurs de bruit, micro directionnel, TK, etc…
S’assurer en premier lieu que le patient ENTEND correctement !

Tout sera donc employé par les fabricants pour évaluer cette marge d’erreur entre le coupleur et l’oreille qui leur (nous ?) échappe et risque d’aboutir à un appareillage médiocre, ou long à régler.
Il existe certes des «abaques» de RECD : des courbes normalisées pour les hommes, les femmes, les enfants selon leur âge, le diamètre de l’évent, la profondeur des embouts…
C’est pourquoi il n’est pas inutile de renseigner ces valeurs dans le logiciel.

Une autre technique d’évaluation indirecte du RECD est l’audiométrie par l’aide auditive. En effet, le signal émis par l’écouteur lors de la mesure du seuil est calibré en usine, donc connu par le fabricant. Le patient sert alors de microphone sonde lorsqu’il répond !
Le logiciel calcule ensuite la différence entre le niveau émis et la réponse du patient. Cet écart affinera les abaques RECD utilisées par l’algorithme.
Mais cela ne semble pas suffire. Pour preuve, un spécialiste « historique » de l’audiométrie par l’appareil (WIDEX, dès 1996 sur les Senso) introduit la mesure RECD sur certains de ses contours récents (série MIND 9). On citera STARKEY, premier fabricant à proposer la mesure RECD sur des intras (gamme Destiny), sans oublier PHONAK, pionnier de la mesure RECD par les appareils avec les Supero, en 1999.

Evidemment, la pratique de la mesure in-vivo permet de rectifier instantanément les décalages entre niveaux affichés et réels, d’autant qu’elle n’est pas beaucoup plus complexe à réaliser qu’une « vraie » mesure RECD. On pourra également relativiser l’intérêt de la mesure RECD pour les appareillages « ouverts ».
Mais on le voit, une des clés de précision des réglages (tout du moins dans le domaine fréquentiel), réside dans la connaissance du « facteur RECD ».

D’ici quelques années, lorsque tous les fabricants mesureront d’une manière ou d’une autre, la valeur du RECD, il y a fort à parier que le premier réglage sera très proche d’un « idéal », bien qu’en matière de perception…
Nous nous recentrerons alors sur un fondamental de l’audioprothèse : la rééducation auditive, et là, nous aurons toujours du travail !

Les commentaires récents

Anonyme

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Bonjour Xavier,
Merci pour ta question très pertinente.

Je ne pense pas que cela ait été fait car il faut savoir utiliser, à la fois, la liste de recrutement et le TEN TEST.

Pour ma part, je ne pratique (malheureusement) pas, pour l’instant, le TEN TEST et ceux qui pratiquent le TEN TEST ne connaissent peut-être pas l’existence de la liste de recrutement.

Sans aucun doute un très bon sujet de mémoire pour un étudiant de troisième année.
J’espère que ta question va susciter une (ou plusieurs) recherche en ce sens

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves, et merci pour toutes tes remises à niveau.

Une éventuelle corrélation a t-elle déjà été recherchée entre un mauvais résultat au test de recrutement et un TEN Test positif ?

Jean-Yves MICHEL

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Bonjour Xavier,
Merci pour tes questions.

1/ Le Professeur LAFON écrit, pour la liste cochléaire émise en exploration du champ auditif, en page 141 de son livre « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« La mesure est effectuée pour chaque oreille séparément, si la surdité est asymétrique, elle peut-être faite en biauriculaire pour deux courbes tonales identiques ».
Donc on peut comprendre que l’émission puisse être faite au casque.
J’ai choisi le champ libre car cela me permet de visualiser le gain prothétique vocal (différence entre le nombre d’erreur phonétique sans appareil versus avec appareil) alors que je ne le pourrai pas si la liste avait été émise au casque.
A l’appui de mon option champ libre je peux citer l’exemple en page 201-202 du Bulletin d’Audiophonologie année 1972 Volume 2 « Le Test Phonétique Théorie et Pratique » :
« …Atteinte auditive bilatérale d’étiologie inconnue. La perte moyenne est de 60 dB à droite comme à gauche. Appareillage biauriculaire par deux contours d’oreille. Le test phonétique montre une nette distorsion liminaire avec cependant une atteinte du champ auditif puisque l’on trouve à droite et à gauche une distorsion de 6 à 10% à 100 dB. L’usage des prothèses est bon, il ne reste que 4% d’erreurs avec les deux contours d’oreille 18% et 16% respectivement à droite et à gauche avec chaque contour utilisé isolément. Ce résultat montre que lorsque la distorsion n’est pas trop importante l’appareillage des deux oreilles séparément par contour améliore très nettement la perception de la parole (erreurs réduites des trois quart)… »

2/ Je balaye systématiquement, sans appareil, de 90 dB SPL jusqu’à 40 dB SPL sauf si avant 40 dB SPL j’atteins les 100% d’erreurs phonétiques, auquel cas je m’arrête là évidemment. Avec appareil, j’émets à nouveau les mêmes éléments aux mêmes niveaux. Je n’ai donc pas d’intensité de « départ » calculée à « seuil 2K + 10dB » ou autre.

3/ J’accorde une importance aux hauts niveaux (80 – 90 dB SPL) car il me semble important que mon appareillage ne génère pas plus d’erreurs phonétiques que ce que la personne en fait sans appareil. Je le vérifie donc.

J’espère avoir répondu à tes questions.

JYM

xavdelerce

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Bonjour Jean-Yves

J’ai plusieurs interrogations:
1/ tu parles de niveaux d’émission en dB SPL pour l’administration des listes. Est-ce que ça veut dire que le test doit se faire en champ libre (ce que tu fais) ?
2/ comment est calculée l’intensité de « départ » (le confort) ? J’avais entendu dire « seuil 2K + 10dB » ?
3/ est-il réaliste de tester, à ton avis, l’intelligibilité au-delà de 75dB HL (au casque/inserts), en sachant alors que l’on va stimuler plusieurs bandes critiques avec l’augmentation globale de niveau, perdant du même coup en résolution fréquentielle et alors que l’appareillage, lui, n’aura pas une augmentation de niveau identique à toutes les fréquences et toutes les intensités ? Ce qui était valable à l’époque du Pr LAFON (technologie linéaire) avec une augmentation de niveau est-il valable aujourd’hui ?

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