Catégorie : Réglages des appareils

Les systèmes d’anti larsen actif sont désormais de série sur les aides auditives milieu de gamme. L’intuis Life du fabricant SIEMENS dispose d’un système sans calibration. En effet, aucun son n’est généré lors de la phase de programmation pour détecter le seuil d’apparition du Larsen. Les résultats sont assez intéressants pour un système qui détecte l’apparition d’un effet Larsen et qui le neutralise par opposition de phase.

Ingénieusement, CONNEXX, la plateforme de programmation développée par SIEMENS, propose un switch entre un anti Larsen Actif lent ou rapide. Philippe Lantin, chef de produit chez SIEMENS Audiologie, propose de passer en mode lent quand le système devient instable dans certains environnements. L’opposition de phase se met en place 1,5 secondes plus tard, ce qui empêche le déclenchement de l’anti Larsen.

Je reviens rapidement sur l’importance de l’acoustique, c’est à dire du couple tube+CAE. A ce sujet, les nouvelles aides auditives hybrides, qui peuvent être adaptées autant en coude+embout ou en système dit OPEN, nécessitent à mon goût un éclaircissement !

En effet, l’efficacité des aides auditives dites OPEN est difficile à évaluer avec les moyens classiques que tout audioprothésiste utilise au quotidien . Je veux parler de l’audiométrie tonale prothétique en champs libre qui n’est pas d’une grande utilité. En effet, le calcul du gain prothétique est érroné dans la mesure où une partie du signal amplifié « s’échappe » et n’est donc pas inclu dans les réponses du patient lors du test !

A ce titre, je recommande l’usage d’une mesure in situ (le must), d’un mapping vocal à l’aide du visual sppech par exemple  ou d’un test vocal, mais surtout ne pas faire confiance au logiciel fournisseur qui n’inclut pas le couple tube OPEN+CAE…

Longtemps délaissés, les effets acoustiques sont revenus sur le devant de la scène avec l’apparition des OPEN en 2003/2004. Les options mécaniques (évents, filtres et diamètres des tubes des embouts) jouent un rôle important qui ne peut être validé que par l’utilisation des méthodes in vivo.

Starkey à ce titre a sorti un fascicule très intéressant à ce sujet.

Grosso modo, les options mécaniques ont des champs d’action fréquentiels différents :
> Les évents : en dessous de 1000 Hz
> Les filtres : entre 1000 et 3000 Hz
> Les diamètres de tube : au dessus de 3000 Hz (au passage, il est intéressant de voir l’augmentation du diamètre des tubes sur les derniers appareils contours convertibles open, ex : RP60, mia OPEN…)

Je joins à ce courrier un pdf intéressant réalisé par la société STARKEY :Effets mécaniques – documents STARKEY

Les évents sont de loin les effets mécaniques les plus connus par les audioprothésistes, ils permettent :
> de laisser les basses fréquences s’échapper.
> de laisser passer naturellement les basses fréquences au travers de l’embout (avantages : évite d’amplifier les basses fréquences)
> réduit l’impression d’oreille bouchée (provoqué par le port de l’appareil)
> réduit la sensation de résonance (provoqué par l’aide auditive ou l’embout)

Le diamètre du tube a un effet significatif sur la transmission du signal acoustique. l’augmentation du diamètre diminue le pic primaire de la courbe de réponse. Les tubes en cloche peuvent augmenter le gain entre 8 et 15 dB pour les fréquences supérieures à 2000 Hz (tube Libby Horn 3 et 4 mm).

Les tubes renforcés (médium 0.8 mm ou maxi 1 mm) réduisent l’effet Larsen.

Cet effet se produit lorsqu’un embout ou une coque de l’appareil est inséré dans l’oreille. La sensation d’occlusion provoque une sensation d’oreille bouchée ainsi qu’une modification de la sensation de sa propre voix.

Les patients parelent alors de voix résonnante.

La mastication de nourriture peut devenir bruyante. Dans le cadre d’un essai, l’effet d’occlusion est un obstacle a éliminer au plus tôt pour que la séquence d’essai se déroule le mieux possible.

L’effet de résonance correspond à une réalité physique : le piège des ondes sonores entre la partie distale de l’embout et le tympan.

D’habitude, quand les gens parlent, les vibrations s’échappent par le conduit auditif externe. Mais quand le CAE est obturé par l’embout, les vibrations sont réfléchis sur l’embout en direction du tympan et une sensation d’augmentation de sa propre voix apparaît. Comparé à un CAE non obturé, l’effet d’occlusion peut amplifier (habituellement en-dessous de 500 hertz) la pression acoustique des basses fréquences dans le canal d’oreille de 20 dB.

Cette occlusion peut être mesurée à l’aide des sondes utilisées pour les mesures in situ. Il suffit de placer la sonde à 3 mm du tympan oreille ouverte et de faire prononcer par le patient une voyelle (exemple : aaaaaaaaaa). Ensuite, obturer, appareil éteind, le conduit auditif et réaliser la même mesure de la même voyelle. La comparaison graphique de la résonance permet de déterminer l’amplification des ondes acoustiques suite à l’obturation du conduit.

Il existe 2 manières de réduire cet effet :
1. eviter d’obturer complétement le conduit auditif externe, créer un évent la règle est simple plus le passage d’air est grand, moins l’effet d’occlusion apparaît.

Il existe plusieurs types d’évent :
la décompression : n’évite pas l’effet d’occlusion mais évite la sensation de plénitude procurait par les embouts complétement fermés. Il permet d’égaliser la pression atmosphérique avant et après l’embout. L’aide auditive en est plus confortable.

L’event classique (diamètre plus grand que celui de la décompression) qui permet de réduire l’effet d’occlusion mais qui entraîne des modifications dans la réponse de l’appareil : en effet les basses fréquences suivront le chemin de moindre impédance donc celles-ci s’échapperont proportionnellement à l’importance du diamètre de l’évent. Plus l’évent est grand, plus les basses fréquences seront éjectées hors du canal auditif externe. Cet effet sera positif pour les gens ayant une perte faible dans les graves, mais négatif pour l’audibilité des patients souffrant de pertes importantes dans les basses fréquences.

2. l’autre manière de réduire l’effet d’occlusion est d’employer des embouts longs, proches du tympan. En effet, en réduisant la cavité résiduelle derrière l’embout, les résonnances sont réduites puisque l’espace est réduit également.

Il est utile aujourd’hui de tester la performance des aides auditives possédant plusieurs microphones. Aujourd’hui près de 30 % des aides auditives vendues possèdent plus d’un microphone ! Il est simple de déterminer si les microphones sont compensés ou pas.

Pour ce faire placer le patient à 0° de l’enceinte de votre champs libre, mesurer et enregistrer la réponse in situ appareillée (REAR)en mode omnidirectionnel avec un niveau d’entrée de 65 dB SPL. Puis sans modifier les réglages passer en mode directionnel. Si au même niveau de stimulation les REAR sont superposables alors l’aide auditive dispose d’un microphone à compensation des basses fréquences.

Dans le cas de surdités supérieures à 40 dB HL dans les graves, le manque de compensation peut provoquer une baisse de l’audibilité. A vérifier absolument pour les surdités de type II et plus !

Dans le cas d’un appareil à microphone directionnel non compensé, il semble bon pour les surdités importantes de créer un deuxième programme avec un réglage améliorant le manque de basses fréquences.