Cours Forrest, cours !! (chapitre 1)

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C’est une étude de cas, sans la prétention d’en être une, car dans cette histoire, il s ‘agit probablement de facteurs prothétiques sur lesquels je n’ai pas d’incidence (sauf le choix des appareils…) :

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C’est une étude de cas, sans la prétention d’en être une, car dans cette histoire, il s ‘agit probablement de facteurs prothétiques sur lesquels je n’ai pas d’incidence (sauf le choix des appareils…) :

J’ai appareillé un patient début 2000 avec deux Resound BT4. Il s’agissait de contours d’oreille analogiques, bi-canaux et amplification de type WDRC. Ces appareils étaient réputés très « doux » (mieux que la moyenne à l’époque de leur sortie) et « increvables » (la preuve, après 10ans de service).

Ce patient, pourtant pas tout jeune, est « tout terrain » : agriculteur retraité, toujours dehors, sa grande passion c’est la chasse au sanglier (comme Obélix !), ennemi juré du cultivateur de maïs…

La spécificité de ce genre d’activité si j’ai bien compris, consiste à localiser la meute de chiens et se déplacer sur le terrain en conséquence. Si si, on parle bien d’audioprothèse sur ce blog !

LOCALISATION sans vision = audition, ça y est, on revient aux oreilles.

Voici l’audiogramme de ce monsieur :

 tonale LG

 

Il existe une différence importante entre les deux oreilles, corrigée de telle façon que la localisation a toujours été très bonne, inchangée sur les 10 années passées.

Mais voilà, son appareil droit s’est cassé, même pas tombé en panne, et il faut renouveller… juste le droit !

Je respecte la décision du patient dans ce choix finalement dicté par un certain bon sens rural puisque « le gauche fonctionne très bien encore ».

Mais mon bon sens « audioprothésiste » à moi me dit que je n’aime déjà pas trop renouveller des BT4 qui se sont littéralement « greffés » sur leurs porteurs, alors un analogique avec un numérique… Et sur ce dernier point, je n’avais pas vraiment d’arguments audiologiques (le BT4 était déjà un circuit WDRC).

J’ai pris toutes les précautions du monde pour faire un copier/coller des niveaux de sortie in-vivo de l’ancien vers le nouvel appareil. Et même si je ne dispose pas des formidables engins d’équilibrage stéréophonique que nous présente chaque année L. Dodelé aux EPU, mes échelles d’intensité/fréquence étaient similaires entre les deux appareils.

La sensation sonore oreilles séparées était bonne, équilibrée, mais « la localisation des chiens est à l’envers » ! Impossible d’obtenir les performances de localisation précédentes !

Après plusieurs séances de réglages infructueuses avec cet appareil, je fais ce dont je ne suis pas toujours fier : je prends un autre modèle…

Je n’aime jamais trop cela si je ne sais pas exactement pourquoi je le fais. Je veux bien faire des erreurs, mais je voudrais apprendre de ces erreurs, pas juste le « ah oui, la dernière fois j’avais essayé le modèle truc sur cette surdité, et ça passait pas mal ! ».

En tout cas, je n’ai pas fais mieux que ça : j’ai sorti un appareil du placard, adapté comme le précédent, courbes REM à l’identique, etc…

Verdict immédiat : localisation retrouvée !

Pourquoi ? je n’aurais pas pu le dire…

C’était il y a un mois, j’ai « dormi » dessus, mais un élément récent est venu me refaire penser à cet appareillage, et au pourquoi (peut-être) de ces difficultés de localisation avec le premier appareil.

Amis lecteurs, la suite au prochain épisode…

Quel suspense sur le blog !!!

xavdelerce

Audioprothésiste D.E. membre de la SFA, membre du CNA, créateur du https://leblogaudiologie.com/

5 thoughts on “Cours Forrest, cours !! (chapitre 1)

  1. Tu as raison, c’est le genre d’appreillage qui fonctionne bien pour des raisons souvent secondaires à l’intelligibilité apportée par la  » mauvaise » oreille: effet de masque des acs, localisation, sensation presque physique d’équilibre…

  2. Un détail, c’est le genre d’audiogramme qui me stresse ! Un décalage aussi important (avec au niveau de la mauvaise oreille, une perte audelà de 60 dB… Brrrrrrrrrrrrrr), surtout avec un renouvellement à la clef….

  3. Je ne connais pas le BT4.
    Mes soupçons s’orienteraient vers le mode microphonique de du BT4, en corrélation avec la nouvelle aide auditive. Le ou les micros du survivant sont-ils aussi bons que dans leur prime jeunesse ? Y-a-t’il eu un changement de diagramme polaire qui semble mieux s’accorder à celui du deuxième appareil testé ?
    Quel suspens !!!

  4. Je vais faire semblant d’avoir des idées pertinentes sur le sujet 🙂

    Cela ne pourrait-il pas venir du délai de traitement numérique versus analogique et les (grandes) disparités entre les appareils numériques sur ce point ?

    Autrement dit, il faudrait choisir l’appareil qui ressemble le plus à l’ancien, pas seulement en fonction de sa courbe de réponse au coupleur ou in-vivo, mais aussi de ses caractéristiques de compression dynamique dans le temps (délai de numérisation, temps d’attaque, temps de retour ?).

    Les différences interaurales de temps aux basses fréquences participant au codage de la localisation spatiale…

    Si c’est pas ça, je donne ma langue au chat et je suis très curieux de lire ton prochain article 🙂

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