De l’importance de l’échauffement avant toute chose

Je voulais vous faire partager deux cas intéressants, qui ne sont absolument pas une exception et confirment une règle générale que nous pourrions oublier facilement.

Dans le cadre de tests sur des sujets normo-entendants, j’ai été amené à mesurer la « résistance de l’intelligibilité au bruit » de deux personnes à l’audition normale en dégradant progressivement le RSB lors d’un test FRAMATRIX.

Je vous avais présenté le FRAMATRIX dans ce billet. Ce test est constitué de listes de 10 ou 20 phrases de 5 mots chacune. Ici, c’est la version 20 phrases qui a été testée, soit une notation sur 5×20 = 100 items testés.

La procédure de test du FRAMATRIX insiste sur la nécessité d’une, ou deux listes d’entraînement avant de comptabiliser les résultats. C’est d’ailleurs le cas pour le HINT (deux listes d’entraînement), et je n’en sais pas plus sur l’ANL.

Les sujets testés ici doivent avoir un PTA (Pure Tone Average = Moyenne de l’audition en sons purs) inférieur ou égal à 15dB HL sur 250/500/1000/2000/4000Hz, sans pondération fréquentielle. Les sujets testés ont moins de 55 ans. On peut donc considérer qu’ils sont « jeunes », ont une audition dans les limites de la normale, et sont suffisamment vifs intellectuellement pour passer ce test.

Voici la liste d’entraînement du sujet 1 (en haut) et 2 (en bas) :

Le RSB est de -4dB (voix fixée à 68dB SPL et bruit à 72dB SPL).

Le premier sujet a été totalement surpris par le test et a difficilement réussi à atteindre 30% à la fin des 20 listes. Le second sujet a eu besoin d’un temps d’adaptation de 5 phrases pour prendre un rythme de croisière de 70/80% d’intelligibilité.

Une seconde liste (de test) a alors été réalisée, au même RSB sur les mêmes sujets (dans le même ordre) :

Les résultats du premier sujet sont totalement différents : il aura eu besoin d’une phase d’entraînement ou d’habituation au test. Le second sujet aura eu une progression beaucoup plus rapide de ses résultats, une concentration venue beaucoup plus rapidement, mais au final, des résultats équivalents.

 

La réalisation de tests d’audiométrie vocale, dans le calme et surtout dans le bruit est soumise à une phase d’entraînement du sujet testé.

La passation du HINT requiert 2 listes d’entraînement avant comptage des résultats, celle du FRAMATRIX 2 listes également (voire 3…). Cet effet d’habituation au test est encore plus marqué chez des sujets malentendants.

Toute la difficulté réside dans le dosage entre une ou des listes d’entraînement, et ensuite les listes de test : trois listes de 20 phrases du FRAMATRIX font un test de 7’40 ». Il faut alors commencer à prendre en compte le facteur fatigue et découragement passé ce temps…

Pour être « honnête » dans la passation d’un tel test, j’aurais tendance à conseiller une liste d’entraînement avec appareils, puis une liste de comptage toujours avec appareils et enfin, une liste de comptage sans appareils. Nous laissons alors toutes les chances au patient, en troisième liste, d’avoir un effet maximal d’entraînement, dans sa situation a priori la plus défavorable (sans appareils).

Mais au fait : à partir de quelle différence avec/sans appareils, programme 1/programme 2, marque x/marque y peut-on dire qu’un résultat est significatif ou non ? Pour répondre à cette question, je vais faire comme Jean-Yves : je vais feuilletonner ma réponse sur quelques mois 😉

En effet, la réponse à la question requiert un peu de probas, de stats et de maths de terminale. Le bonheur quoi !

 

 

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Comment

  • bravo Xavier, c’est sur que l’effet bruit surtout à -4 dB est détonnant. Pour les malentendants appareillés c’est core pire (comme on dit cheu nous!) et il faut laisser le temps aux réducteurs de bruit de faire leur effet

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