Impact écologique des piles auditives

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La récente campagne publicitaire de SIEMENS concernant sa gamme d’aides auditives à piles rechargeables aura eu un impact important.

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La récente campagne publicitaire de SIEMENS concernant sa gamme d’aides auditives à piles rechargeables aura eu un impact important.

Je vois régulièrement des patients m’apporter diverses publicités déchirées au hasard des publications qu’ils reçoivent : « Et celui-là, vous le faites ? »…

Mais dans le cas précis de cette campagne de communication, j’ai été surpris par le nombre de personnes qui ont déplié leur page de journal, me demandant mon avis sur ces « aides auditives rechargeables ».

La préoccupation écologique n’était peut-être pas absente de leurs interrogations, mais il faut avouer que le côté pratique du système (ne plus changer de piles) constituait l’attrait principal à leur yeux… avec en plus, la sensation de faire une bonne action écologique !

Le circuit de distribution/collecte/recyclage des piles est aujourd’hui bien encadré en France. En théorie, toutes les piles auditives (en ce qui nous concerne) doivent être récupérées, puis collectées par des sociétés spécialisées, la taxe de « retraitement » finançant le système.

Mais est-il plus difficile de retraiter un accumulateur ou une pile « jetable » ? Est-il économiquement rentable de le faire pour chacune de ces piles ? Ne pas retraiter ces piles est-il dangereux pour l’environnement ?

Je l’avoue, je n’avais pas de réponses précises à ces questions, et je vous livre le fruit de mes recherches sur le sujet. Sujet pas facile, polémique au sein même des ONG écologiques d’après ce que j’ai pu en apprendre !

Tout d’abord, deux précisions pour brosser le tableau : lorsque l’on parle de pile bouton rechargeable, il s’agit d’un accumulateur de type Ni-MH (Nickel-MétalHydrure) ; lorsque l’on parle de pile bouton Zinc-Air, il ne s’agit pas uniquement de Zinc et d’oxygène… En effet, ces dernières sont encore les seules piles « type bouton » à être autorisées à contenir du Mercure !

Je manque peut-être de curiosité, mais je ne l’ai redécouvert que lorsque j’ai vu apparaître les publicités de la prochaine génération de piles Zinc-Air SANS Mercure (donc pour l’instant, il y a du Mercure dans ces piles).

Ceci exige donc leur retraitement « à tout prix », ne serait-ce que d’un point de vue écologique. Sachant que 70%, au mieux, des piles en France sont recyclées, si l’on applique ce même pourcentage pour les piles auditives, la comparaison écologique est de toute façon perdue d’avance par rapport aux accumulateurs.

D’ici quelques mois à quelques années, les piles Zinc-Air ne contiendront plus de Mercure et leur « bilan écologique » redeviendra fréquentable. D’ici là, vous me direz que la plupart des aides auditives seront rechargeables…

En ce qui concerne le recyclage (retraitement) des piles non-rechargeables (piles « bâtons » et autres), il s’agirait de la catégorie de piles la moins difficile à traiter (séparation des métaux contenus).

Les accumulateurs sont plus difficiles à retraiter, sauf peut-être pour la génération Li-Ion (Lithium-Ion) qui va bénéficier de structures spécifiques en nombre conséquent (secteur automobile oblige) pour le faire. Les accumulateurs Ni-MH peuvent être « séparés » (une seule usine en France, dans l’Aveyron, est capable d’effectuer cette opération…) mais ne sont pas évidents à trier dans la masse des piles jetées; l’énergie nécessaire à cette opération ne serait pas forcément justifiée par le rapport économique de l’opération…

Une étude d’UNIROSS (fabricant), de l’institut Franhoffer, finançée par l’ADEME, préconise d’ailleurs un traitement des accumulateurs Ni-MH dans les déchets ménagers ! (ce qui prouve leur toxicité limitée ?).

Donc, pour faire le bilan, nous avons à ce jour les piles Zinc-Air qui sont recyclables par absolue nécessité, polluantes pour l’environnement si elles ne sont pas recyclées. La disparition du composant Mercure en fera des quasi-déchets ménagers, peut-être recyclables au même titre que les piles bâtons si la filière s’en donne les moyens (et si le bilan écologique de cette opération est positif).

Les piles accumulateurs Ni-MH sont a priori moins nocives pour l’environnement mais difficiles à recycler à ce jour. L’avantage dans les aides auditives est leur faible taux de renouvellement.

Je pense que l’avenir mettra tout le monde d’accord : les aides auditives du futur seront certainement toutes rechargeables, et probablement avec la technologie Li-Ion (Lithium-ion) lorsqu’elle permettra une autonomie suffisante dans une taille réduite; et pourquoi pas de futures technologies ?. Les filières de retraitement seront certainement plus développées car les futures batteries des véhicules électriques utiliseront ces technologies (notamment le Li-Ion).

A moins que d’ici là, on utilise la petite surface des aides auditives comme capteur solaire, en voilà une idée !!

Vous trouverez ici un lien concernant les modes de retraitement de ces diverses piles, et vous verrez que ces opérations ne sont pas évidentes…

Le B-A BA des piles et accumulateurs.

XD. Merci à Christine pour ses recherches…

xavdelerce

Audioprothésiste D.E. membre de la SFA, membre du CNA, créateur du https://leblogaudiologie.com/

2 thoughts on “Impact écologique des piles auditives

  1. Bonjour, je réalise mon mémoire de fin d’étude d’audioprothese sur les piles rechargeables et votre article m’a beaucoup intéressé …
    Je peux vous poser quelques questions par mail si possible ?
    en vous remerciant et dans l’attente de vous lire

    bien cordialement

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