Dans le droit fil de la liste cochléaire et de la liste de recrutement, il me semble utile de diffuser ces phrases issues des pages 187 – 188 du livre du Professeur LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » :
« Le raisonnement qui fait intervenir la compensation d’une perte tonale est entièrement erroné pour la plupart des surdités…
Ce qui compte dans une surdité de perception c’est plus la valeur du champ auditif que celle du seuil d’audition.
Nous venons de voir que l’indication de la courbe de réponse à utiliser ne dépend pas de la forme du seuil tonal suivant les fréquences, mais des distorsions présentes dans le champ auditif.
Une prothèse n’est pas là pour compenser un déficit auditif mais pour augmenter la qualité de l’identification de la parole. Il est nécessaire de faire passer le maximum d’information dans le canal prothèse-cochlée.
Il faut donc diminuer non seulement les « bruits » provoqués par la distorsion acoustique des prothèses, mais également ceux qui sont engendrés dans la cochlée.
Le sourd ayant une perte tonale importante pour les sons aigus, n’a plus les mêmes critères de référence pour les traits pertinents de la parole que l’entendant. Il utilise beaucoup plus les zones graves, en particulier celles qui sont à la limite inférieure de l’amplification prothétique habituelle. Donc au lieu de pousser l’amplification des aigus, il serait préférable d’augmenter celle des graves, en ce qui concerne les surdités de perception. Ce principe devrait être particulièrement appliqué dans les appareils surpuissants où l’intensité des aigus est proche du seuil douloureux dans une zone de fréquence dont l’audition n’est plus utilisée par le sourd.
Pour les surdités de transmission par contre, la courbe légale est parfaite : il n’y a que l’intensité de la perception des sons à compenser, la résonance cochléaire étant normale, et les critères d’identification sont, par conséquent, semblables à ceux de l’entendant.
Les listes du test phonétique se prêtent à l’étude des distorsions cochléaires… elles fournissent des indications précises concernant les possibilités d’appareillage »

Ces mêmes lignes, en langue anglaise, page 190 – 191 du livre « the phonetic test and the measurement of hearing », pour une diffusion internationale Emoji :
« The idea that in order to help a deaf person we simply have to compensate his tonal loss is entirely wrong in the majority of cases…
What really matters in a perception deafness is more the state of the auditory field than the position of the auditory curve. We have seen that an indication as to what response characteristic to use is given not by the form of the tonal curve but by the distortions found in the auditory field.
It is thus necessary that the maximum amount of information should pass through the channel formed by the hearing aid and the cochlea. This means that we must not only take into account the « noise » due to the acoustic distortion in the hearing aid, but also that produced in the cochlea.
A deaf person with a large hearing loss at high frequencies will no longer use the same pertinent features of the speech he hears as a normal person. He uses the low frequencies much more, in particular those at the lower end of the normal amplification range of a hearing aid. Instead therefore of increasing the amplification at high frequencies, it is actually preferable to increase it at low frequencies as far as perception deafness is concerned. This is particularly important in super-power models, where the intensity at high frequencies is near the pain threshold, even though these frequencies are not used by the deaf person.
In transmission deafness, on the other hand, the legal curve is perfect: the only thing that needs to be done is to compensate the subjective intensity of the sound, the cochlear resonance being normal; the identification criteria are therefore the same here as for a normal person.
The phonetic test lends itself to the study of cochlear distorsions… and giving precise indications about whether or not to use a hearing aid »

Vous allez sûrement relire plusieurs fois toutes ces phrases écrites par le Professeur LAFON.
Peut-être pour les trouver d’une banalité affligeante, peut-être pour les trouver géniales car elles répondent à une question que vous vous posez depuis longtemps.
JYM

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