LAFON 21 PAS DE SURDITÉ EN DESSOUS DE 20dB HL DE PERTE AUDITIVE MOYENNE ?

Dans le résumé, réalisé par Xavier DELERCE, de la thèse du Docteur Séverine LEUSIE, on peut lire sous le premier tableau : « En effet, selon cet organisme, il n’existe « pas de surdité » en dessous de 20 dB HL de perte auditive moyenne. »

J’ai retrouvé un texte du Professeur J.C. LAFON écrit en 1995 et intitulé « AUDITION ET LANGAGE en 1968 » où il est écrit en page 10 -11 :

« LA NOTION DE SEUIL ET CHAMP AUDITIF

On ne connaît scientifiquement que ce que l’on a mesuré ou dénombré. Et notre connaissance s’arrête aux éléments étudiés et préalablement définis.

La connaissance du fonctionnement de la cochlée (organe récepteur des signaux acoustiques situés dans l’oreille interne) est avant tout celle des ses limites et uniquement pour la réception des sons purs (ou de bandes de fréquences) continus dans le temps. On considère en physiologie et en physique une limite extrême des possibilités de l’oreille représentée pour une courbe (dite de Wegel). Elle se mesure dans des conditions acoustiques exceptionnellement bonnes avec des sujets choisis pour la qualité de leur audition. Le niveau de référence physique est :

2 x 10 puissance -5 pascal à 1000 Hertz

référence utilisée aussi pour toutes les fréquences. On remarque ainsi que les sons graves et les sons aigus doivent avoir une certaine intensité au-dessus de ce niveau pour être perçus.

Dans la mesure clinique, le principe de détermination du zéro change : on compare l’audition d’un sujet à l’audition de sujets « standard ».

Autrement dit, le niveau de référence physiologique devient la courbe de Wegel précédemment établie et l’on note note sur le graphique la perte en déciBEL, par rapport à l’oreille normale. Le déciBEL, unité de mesure des sons, correspond au logarithme du rapport des pressions du niveau mesuré au niveau de référence, physique pour la courbe de Wegel, physiologique pour l’examen audiométrique.

En fait, malheureusement, la définition du niveau de référence audiométrique n’a pas été donné par des physiciens, mais par des psychologues-audiologistes. La notion de seuil est normalisée à partir des réponses de 50% des sujets étudiés. Le seuil n’est plus la limite physiologique mais l’exploitation statistique d’une population. Il devient ainsi différent aux U.S.A., en Angleterre, en France, en Allemagne, suivant les valeurs adoptées par les comités de normalisation. Pour remédier à cet état de fait, une commission internationale (I.S.O.) a défini un standard ces dernières années, se rapprochant des normes physiologiques.

Par ailleurs, on sait que la marge d’erreur entre l’audition de « quelque chose » et la certitude d’entendre un son peut dépasser 10 dB suivant l’état d’attention du sujet. Le seuil n’est pas une limite précise, mais une zone d’incertitude et de probabilité. Nous verrons de plus que, d’un sujet à l’autre, on rencontre dans ce niveau de seuil des variations dépendant des qualités de structuration des perceptions, variations physiologiques, sans aucune signification « auditive », qui peuvent dépasser 10 dB.

Autrement dit, dans de bonnes conditions de mesure, dans des cabines sourdes bien construites avec un audiomètre correctement calibré, on peut rencontrer des variations qui, à la limite, peuvent atteindre 20 dB, sans qu’il s’agisse de modifications anormales et sans que l’on puisse attribuer à un groupe de sujets déterminé une modification significative. Avec les courbes de référence I.S.O., ces variations sont incluses entre 0 et 20 dB. Toute courbe comprise dans ces limites peut être considérée comme subnormale. Si la plupart des courbes se situent entre 5 et 15 dB, la répartition statistique d’une population prise au hasard, sans atteinte de l’oreille, sans perturbation de la perception, fait apparaître une probabilité un peu plus large. Lorsqu’on sait par ailleurs que l’échelle de mesure va de 5 en 5 dB, donc, par définition, qu’un chiffre avancé est estimé à + ou – 5 dB; on est surpris de voir attribuer une signification à des variations qui n’expriment que la marge d’erreur de la mesure effectuée »

JYM

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