LAFON 44 AUDITION ET LANGAGE (4)

L’audition PRIMAIRE c’est ce qui nous permet d’être alerté, d’avoir la notion de direction, la notion de distance, la notion de volume. Ouaouhhhh, tout ça ? 😉 La fonction primaire de l’oreille « … est celle de la perception de l’environnement »(1).

Commençons par la direction.

………. 1) ALERTE / DIRECTION :

Dès que nous avons dans notre environnement une variation brusque du volume sonore, nous allons nous tourner automatiquement vers le lieu de cette variation brusque.

Cette alerte induit l’attention, automatiquement.

Les voies neurologiques vont privilégier l’événement qui provoque cette variation du volume sonore. La vigilance est alors à son degré maximal car un danger vital peut exister.

Ce réflexe, de s’orienter dans la direction d’où le son vient, c’est le Réflexe d’Orientation Investigation (ROI), qui est une émanation du fait que lorsque, nouveau-né, nous ressentons le sein de notre mère on se tourne vers lui pour s’alimenter.

« Toute modification de l’environnement, tout signal émergent par son intensité (impulsion) ou par sa forme, inhabituelle ou conditionnée, enclenche dans le subconscient le mécanisme d’alerte induisant l’attention et une investigation à la recherche de la signification et du danger éventuel de ce qui est devenu un signal »(2).

Grâce à cet automatisme, on connait la direction d’où vient le signal.

Deux autres mécanismes sont également importants. Lorsque nous sommes informés d’un signal on est capable, grâce à ces mécanismes, de réaliser un tri : je le garde car utile ou je ne le garde pas car inutile. Ces mécanismes permettent de favoriser l’excitation ou de l’abandonner.

L’abandonner (comme le bruit d’une clim au-dessus de vous, comme un train qui passe tous les jours à la même heure) c’est le mécanisme d’habituation.

La favoriser (les pleurs du bébé dans la chambre alors qu’on est en train de discuter avec des amis dans le salon) c’est le mécanisme de facilitation.

Ces « deux mécanismes permettent la vie sociale »(3).

En résumé, grâce à l’alerte, on a la direction.

« L’enfant sourd est malheureusement « habitué » malgré lui à ne pas s’alerter à des sons qu’il ne perçoit pas. Il ne dispose pas de cette fonction d’alerte acoustique, il doit la remplacer par la vision qui est moins universelle. L’enfant sourd explore à la vue son environnement pour rester à l’affût des modifications qui risquent de survenir, il est donc obligé de forcer sa vigilance faute d’alerte permanente. Il devient de ce fait distrait fréquemment, il lui est plus difficile de fixer son attention de façon continue. Il a besoin d’un milieu sécurisant, de quelqu’un qui soit pour lui garant de l’alerte, d’un environnement stable, sans surprise, pour maintenir son attention à ce qu’il fait »(2).

Les enfants sourds ont donc tendance à rester en retrait par rapport à ceux qui sont appareillés. Appareiller ces enfants sourds leur permet de s’ouvrir naturellement, comme tout normo-entendant, vers l’environnement extérieur.

JYM

(1) Professeur J.C. LAFON « les enfants déficients auditifs » page 19.

(2) Professeur J.C. LAFON « les enfants déficients auditifs » page 101.

(3) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » page 66.

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