LAFON 49 AUDITION ET LANGAGE (9)

Maintenant nous allons passer à l’audition que l’on connait bien, que l’on pratique tous les jours dans notre vie et notre profession : l’audition SECONDAIRE, c’est-à-dire l’audition de communication.

Faire un test d’audition, ce n’est pas se contenter de la seule audiométrie tonale. L’audiométrie tonale utilise des sons purs, l’oreille n’est pas un capteur de fréquence. On teste l’oreille comme ça, mais elle n’est pas faite pour ça. De plus, l’audiométrie tonale ne teste que la cochlée.

On laisse donc de côté tout ce qui se passe au niveau des voies auditives, des noyaux cochléaires au cortex auditif primaire en passant par : complexe olivaire supérieur / lemnisque latéral / colliculus inférieur / corps genouillé médian.

Si l’on veut tester l’audition, il faut donc absolument pratiquer une audiométrie vocale.

C’est pour cela que le Professeur J.C. LAFON avait développé ses listes. Entre autre, la liste d’intégration.

Intégration, vous avez dit intégration, mais qu’est-ce que c’est que ça que c’est que ça ? 😉

Le mécanisme d’intégration, pour la fonction auditive, c’est ce qui permet l’identification de ce que nous entendons. C’est ce qui nous permet de comprendre. Si une personne a une mauvaise intégration, elle va mal comprendre.

Le Professeur J.C. LAFON nous en dit plus : « Le message sonore capté par la cochlée et adapté par l’organe de Corti en un message nerveux, doit être intégré dans des circuits neurologiques. J’appelle intégration le fait de la superposition dans un même système et au même moment, de deux phénomènes éloignés dans le temps ou l’espace. Cette définition très générale s’adresse aussi bien au pouvoir intégrateur des appareils sensoriels qu’à celui des circuits mémoriels complexes. Reconnaître dans un ensemble de sons un message significatif, c’est comparer cette structure acoustique à une autre dont on a eu connaissance antérieurement et à laquelle on a lié une symbolisation. C’est la comparaison au temps présent de deux signaux, l’un mémoriel, l’autre actuel ou passé récemment. La mémoire de la cochlée est représentée par le temps de persistance vibratoire d’une impulsion ; celle des circuits neurologiques peut s’étaler sur toute une existence ; la connaissance humaine repose sur des intégrations séculaires. Telles sont les trois échelles mémorielles, de la fraction de seconde aux millénaires. L’intégration mène à la connaissance« (1).

Tellement c’est beau, rien ne vous empêche de relire une deuxième fois le paragraphe ci-dessus ! 😉

Donc à longueur de vie, devant n’importe lequel des messages auditifs qui nous arrivent, nous le comparons avec ce que nous avons mémorisé depuis que nous sommes tout petit. Si ce qui arrive correspond à quelque chose que nous avons déjà rencontré, c’est identifié, cela devient signifiant. Si ce qui arrive ne correspond à rien que nous ayons déjà rencontré, nous n’identifions rien, cela est non significatif : ce n’est que du « bruit ». Devant une langue étrangère qui nous est inconnue, nous ne comprenons rien, c’est comme si c’était du bruit.

Pour essayer d’être encore plus explicite, je vais prendre un exemple tiré du monde visuel. Nous croisons une personne dans la rue, nous la regardons. Automatiquement, nous comparons l’image visuelle de la personne avec toutes celles que nous avons enregistrées. Si elle correspond à une image visuelle déjà mémorisée, nous identifions la personne, nous reconnaissons la personne. Voilà, c’est ça l’intégration.

Si l’intégration auditive est défectueuse, l’appareillage auditif sera difficile et c’est un très mauvais pronostic pour la compréhension de la parole dans un milieu bruyant.

JYM

(1) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » page 57.

 

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