LAFON 50 AUDITION ET LANGAGE (10)

Pourquoi, pour cette personne, est-ce un mauvais pronostic pour la compréhension de la parole en milieu bruyant et en milieu calme ?

 

Le Professeur J.C. LAFON nous le dévoile lorsqu’il explique la genèse de la liste d’intégration : « … examinant de jeunes enfants, je me suis trouvé en présence d’une distorsion spatiale aggravée qui ne pouvait venir que d’une difficulté d’identification, l’audition tonale étant normale et l’oreille indemne de toute atteinte pathologique. Incidemment, j’ai remarqué que la présence de bruit faisait apparaître beaucoup plus facilement ces distorsions à forte intensité. Ce fait m’a paru intéressant ; il permettait en effet de faire la part de ce qui revenait à la cochlée et de ce qu’il fallait attribuer à des difficultés de discrimination. Il suffisait pour cela de faire une mesure comparative de deux éléments de liste sans bruit et de deux autres avec bruit. Les intensités étaient choisies de telle sorte que le bruit soit presque aussi fort que la parole, les deux mesures étant effectuées à la même intensité : les intensités acoustiques semblables supprimaient l’incidence des altération cochléaires puisque la mesure était comparative. J’avais choisi un niveau élevé, 90 dB, pour situer le message au dessus du seuil d’audition en cas de perte auditive. Cette mesure était donc applicable aussi bien au sujet sourd qu’à l’entendant »(1).

 

La liste de balayage du Professeur J.C. LAFON permet de savoir si l’intégration de la personne est efficiente ou déficiente. C’est important de le savoir. Le résultat attendu de l’appareillage auditif n’est pas le même dans l’un ou l’autre de ces deux cas.

 

La liste de balayage permet « … de savoir en très peu de temps si l’on doit s’orienter vers une atteinte cochléaire ou une perturbation de l’intégration auditive… Cette liste de balayage ne comprenant que 34 mots permet de savoir si un examen plus approfondi est nécessaire et s’il faut employer une liste cochléaire ou une liste d’intégration »(2).

 

34 mots, en fait 17 prononcés sans bruit (élément A) puis 17 autres mots prononcés avec un bruit non masquant (élément B). En faisant la différence du nombre d’erreurs phonétiques entre ces deux listes (A -B), on trouve la part de l’intégration et seulement de celle-ci. Un abaque, fonction de l’âge de la personne, fonction du nombre d’erreurs phonétiques faites sur l’élément A et sur A-B, permet d’avoir une idée du niveau de l’atteinte cochléaire et/ou du trouble d’intégration. Pour plus de renseignements sur la liste de balayage, vous pouvez consulter les publications LAFON 12 et LAFON 13 que j’ai faites par le passé.

 

Réaliser une liste de balayage : cela prend 3 minutes ! Peu de temps, beaucoup d’enseignement. De suite après l’audiométrie tonale aux inserts (seuil aérien, intolérance, seuil osseux si besoin), j’émets la liste de balayage.

 

Admettons que, grâce à cette liste de balayage, on découvre que la personne sourde à appareiller souffre d’intégration, donc que neuro-physiologiquement à physio-psychologiquement elle a du mal à comprendre le message auditif qu’elle reçoit. Cela aide l’Audioprothésiste dans son choix de l’appareil auditif : il sait que ce n’est pas utile de rechercher l’appareil auditif du plus haut de gamme car les débruiteurs, même les plus efficaces, ne seront que d’un piètre secours. Vous pouvez ainsi mieux cerner l’appareil qui convient à chaque personne.

 

JYM

 

(1) Professeur J.C. LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » page 116-117.

 

(2) Professeur J.C. LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » page 132.

 

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