LAFON 58 AUDITION ET LANGAGE (58)

Tout cela commence quand l’enfant sort du ventre de sa mère. Il pousse un cri qui n’a rien de volontaire ! Ce sont ses muscles, tous ses muscles, qui se trouvant sous une certaine tension provoquent un cri au passage de l’air sortant des poumons.

« La structure acoustique de la voix dépend de multiples actions musculaires synergiques. Le cri du petit enfant correspond à une contraction généralisée du thorax, de l’abdomen, des membres et de la région cervico-faciale. Ce n’est que progressivement qu’on apprend à contrôler la mimique et les gestes, à sélectionner les groupes moteurs utiles à l’émission de ceux qui sont inutiles, à choisir la tension à donner à chaque groupe musculaire au temps précis où il doit entrer en action dans l’émission vocale »(1).

Si l’enfant a faim, il va contracter telle série d’ensemble musculaire et cela va aboutir à tel son. S’il a froid, il va contracter telle autre série d’ensemble musculaire et cela va donner tel autre son, différent du précédent. Sa mère, elle, va (savoir avec son expérience) interpréter ça.

« Il est certain que le cri, le premier signe est un élément purement réflexe, il n’y a pas de fonction laryngée, et il y a une fonction musculaire générale qui provoque un mouvement respiratoire qui s’enclenche et quand l’enfant passe en période d’expulsion de l’air, d’expiration comme il y a également contraction au niveau du larynx, il y a production d’un cri. Le cri est donc un épiphénomène d’un geste qui est une action motrice généralisée, ébauche d’un geste de l’enfant. Et le cri est donc quelque chose créé par hasard du fait des dispositions anatomiques, mais qui au fil des jours le cri varie et devient ainsi pour la mère l’information d’un état musculaire de l’enfant. Je m’explique : quand l’enfant a mal il a une tension musculaire qui n’est pas la même que lorsque l’enfant a faim, sa tension musculaire est alors différente dans sa forme, dans son démarrage, dans son acuité… comme ces tensions sont différentes les cris diffèrent, il y a le cri de douleur, de faim, de joie… mais ces cris ne sont qu’un phénomène annexe accessoire qui n’appartient pas à l’état de l’enfant. L’état de l’enfant est musculaire. Mais cet épiphénomène est informatif pour la mère, à travers le cri la mère connait les mouvements de l’enfant et essaye de trouver les raisons de ce mouvement à travers la forme du cri. Mais le cri n’a une certaine forme que parce qu’il est expression d’une tension musculaire différente et l’organisation de cette tension dans le temps, ce qui donne des cris différents. Donc il ne faut pas du tout voir dans le cri le premier élément vocal de l’enfant, la première tentative de communication, c’est illogique sur le plan de la physiologie. C’est quand même la première expression acoustique de l’enfant, même si c’est une expression fortuite »(2).

A un moment, l’enfant va prendre conscience, il va imaginer, il va voir un intérêt à produire telle série d’ensemble musculaire déclenchant tel son qui déclenche une récompense de la part de la mère, de ses parents. Récompense suivant le cri produit par la série d’ensemble musculaire contracté. C’est un peu Pavlovien !

 

Au fur et à mesure du temps, dans son berceau, il apprend à jouer de toutes ces séries différentes d’ensemble musculaire contracté, différents sons sont ainsi émis.

 

C’est très important que ses parents lise des livres à leur enfant, lui chante des comptines. Cela lui donne la notion du rythme, de la mélodie. Cela lui permet d’accéder à l’agencement de la phrase dans le temps. La notion de temps, c’est à partir de ça qu’on développe son langage.

 

JYM

 

(1) Pr. J.C. LAFON « message et phonétique » page 101.

(2) Pr. J.C. LAFON « texte sur le langage   exposé oral   Délémont 1977 » page 5.

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