LAFON 65 DE L’AUDITION AU LANGAGE (25)

3) La FONCTION LINGUISTIQUE.

« La fonction linguistique repose uniquement sur des mécanismes psycho-systématiques. Abstraction à partir de symboles abstraits, elle nécessite des circuits d’intégration d’une invraisemblable complexité ; elle est le fait de l’homme uniquement, alors que le symbolisme existe aussi chez l’animal. Son altération pathologique chez l’individu qui a possédé le langage s’appelle l’aphasie, chez l’enfant, le plus souvent, retard linguistique.

Les fonctions d’intégration et de langage tributaires des conditionnements, développés par l’apprentissage, ne présentent pas de hiérarchie dans le temps. Si l’on peut distinguer dans l’échelle de la complexité et des qualités psychologiques, la formation de l’image, la formation du symbole et celle du concept, il serait absurde de croire que l’identification passe pour chaque groupement phonétique par ces trois stades successifs. C’est le propre de l’intelligence humaine d’arriver à identifier des concepts avec un minimum d’images. Ces trois états (image, symbole, concept) sont simultanés et sans cesse confrontés. La loi du moindre effort joue ici au plus haut degré, elle permet d’établir des concepts rapides sans s’arrêter aux fonctions sensorielles : le propre de l’intelligence est de réduire le nombre de circuits utilisés (10). Cependant on effectue sans cesse une sorte de sondage de contrôle, les réseaux mémoriels permettant de reconsidérer la symbolisation et l’image si le concept n’est pas congruent ».

(10) : Contrairement à la notion familière, l’intelligence n’est pas tant la possibilité d’acquisition des connaissances que l’utilisation aussi courte que possible des circuits d’intégration. Elle répond à la possibilité d’établir de nouvelles correspondances fonctionnelles par la création de circuits simplifiés ».(1)

 

4) Les AUTRES FONCTIONS DE L’INTEGRATION.

« Il n’y a pas, comme nous l’avons vu, qu’une représentation acoustique des symboles et des messages. Aussi ai-je noté les apports vibratoires, gestuels, visuels qui viennent compléter les possibilités d’identification acoustique sous la dénomination de contingent non-auditif.

A partir de l’image, on peut obtenir une réponse-réflexe, c’est le conditionnement au son, qui marque la possibilité de discrimination entre une structure acoustique à laquelle est attachée une signification, et d’autres signes acoustiques non signifiants.

Lorsqu’une symbolisation est possible, on peut obtenir une réponse en écholalie, c’est celle du perroquet, ou une réponse organisée en fonction de la signification du message, c’est celle du chien obéissant à la voix et aux ordres de son maître. Mais, ni le chien, ni le perroquet, ne peuvent utiliser ces symboles pour construire de nouveaux concepts significatifs abstraits : nous sommes à la frontière de l’esprit humain. »(2)

 

A venir dans le prochains article : la dernière fonction.

 

JYM

 

(1) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » page 68-69.

(2) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » page 69.

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