LAFON 67 DE L’AUDITION AU LANGAGE (27)

5) Les FORMES SUCCESSIVES DE LA CONNAISSANCE.

« La première notion que nous puissions avoir d’un phénomène acoustique se situe probablement au cortex primaire. En effet, si l’on mesure le temps de réaction d’un individu à un son déterminé on constate qu’il peut atteindre des temps de l’ordre de 140 ms. Or, le temps d’arrivée au cortex est de l’ordre de 12 ms, la durée du potentiel 30 ms, la réponse motrice de la frontale ascendante au doigt (qui appuie sur le déclencheur) est de l’ordre de 60 ms. Il ne reste donc qu’environ 30 ms pour l’intégration, c’est-à-dire la reconnaissance d’un phénomène significatif. La rapidité de la réponse dépend de l’attention ; elle n’atteint ces chiffres que lorsqu’il n’y a qu’une opposition simple à faire : existence – non existence.

Le phénomène non- significatif doit être identifié aussi rapidement et son refus déclenché par inhibition. On peut se demander même s’il ne se produit pas des refus systématisés qui ne nécessitent pas la connaissance corticale, mais qui seraient conditionnés grâce au cortex, pour être refusés avant toute identification consciente ?

La structuration de l’image en un phénomène significatif aboutit pour la parole à une symbolisation. Nous en retrouverons le mécanisme à la discussion de la nature du phénomène.

L’abstraction primaire permet la symbolisation et l’établissement d’unités symboliques que sont les phonèmes ou des mots phonétiques. C’est un premier effet de classification des messages significatifs. Le  phonème est une unité en soi.

Nous passons ensuite à la pensée verbale qui permet la conceptualisation avec comme unité le mot linguistique utilisant les symboles phonétiques.

Les unités, phonème et mot, sont plus d’ordre analytique que réellement dépendantes : on ne passe pas du phonème au mot, mais on passe des éléments de la symbolisation à ceux de la conceptualisation. Cette notion est importante, puisque c’est sur ces principes que s’établit la distinction fondamentale entre le phonème et la connaissance du phonème, le langage et la connaissance du langage.

L’intégration auditive est structurée en fonction de la reproduction de la parole. Pour simplifier l’exposé, nous n’avons pas tenu compte de ce facteur. … »(1)

 

Dans le prochain article : le tableau « qui permet de suivre le cheminement des messages et de situer la place respective de chaque activité dans la fonction auditive » (2).

JYM

 

(1) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » page 69-70.

(2) Professeur J.C. LAFON « message et phonétique » entre les pages 68 et 69.

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