LAFON 77 EN DIRECT DE 1994 (5)

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Les sourds profonds même s’ils n’ont aucune audition à partir de 700 Hz choisissent des bandes passantes allant jusqu’à 1 200 Hz quand on leur laisse manipuler les boutons. Ils prenaient un spectre plus large que l’audiogramme.

Une étude microphonique (mouvement des membranes = potentiel des membranes) cochléaire montre que dans l’apical c’est du grave, au tour moyen c’est aux environs de 1 000 – 2 000 Hz, le tour basal aux environs de 8 000 Hz. Cela suppose une certaine tonotopie (de la cochlée).

On émet des impulsions avec des bruits complexes. Il y a ce que j’appelle un échantillonnage (on appelle cela couramment une analyse de fréquence), c’est-à-dire un échantillonnage de périodes qui se fait au niveau de la cochlée. Dans la partie la plus proche de la base on échantillonne plutôt les aigus (mais il y a du grave aussi) et vers l’apex on échantillonne essentiellement les graves. Il y a une certaine tonotopie. Elle est très grossière au niveau de la cochlée et elle s’affine au fur et à mesure des synapses dans la voie auditive.

16 Hz à 16 000 Hz : c’est le spectre, c’est la vitesse de variation de l’énergie, c’est ce que j’ai appelé l’espace transitoire, c’est l’espace selon FOURIER. Plus la vitesse est rapide plus il y a de l’aigu, plus la vitesse est lente plus il y a de graves : ça c’est le facteur moteur de l’oreille. C’est l’oreille qui transmet l’information d’un espace (le Professeur J.C. LAFON tape plusieurs coups sur la table, séparés chacun par un espace), elle calcule l’espace et vous donne une sensation de hauteur à partir de l’énergie (pas à partir de la fréquence ou de la période) = à partir de la variation de l’énergie. L’avantage de la décomposition en analyse de FOURIER est fonction de la vitesse de variation de l’énergie. Donc on a un instrument d’étude de l’énergie par rapport à l’oreille tout en sachant que l’oreille ne travaille pas selon FOURIER, elle a une autre méthode de travail. Il n’y a pas de fondamental, d’harmoniques dans l’oreille. Ca n’existe pas. Ce n’est que mathématique. Il y a des durées, des intervalles qui sont marqués par de l’énergie ou des intervalles qui sont traités par l’oreille à partir de l’énergie reçue (= vitesse de variation qui est l’élément moteur de l’ensemble cellulaire de l’oreille). »

 

JYM

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