LAFON 78 EN DIRECT DE 1994 (6)

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Si on change la vitesse de variation on va donner des sons plus graves. Donc ce qu’il faut faire pour donner des sons plus graves c’est traiter la vitesse de variation de l’énergie. Il ne faut pas faire une division de fréquence, car elle travaille elle sur le temporel (et secondairement elle influe sur la vitesse de variation) : on commence à changer le temps. Il faut donc changer la vitesse de variation sans changer les événements temporels pour construire un appareil qui puisse servir pour la surdité profonde à restes dans les graves.

La fréquence est très utile pour les calculs mais pas pour la physiologie. Le signal qui arrive à l’oreille n’a pas de fréquence, il a une vitesse de variation de l’énergie. Il est organisé dans le temps, il a des périodes. A partir des périodes on peut calculer des fréquences mais c’est un calcul. Il y a deux sortes de fréquences, les fréquences qui correspondent aux intervalles de temps (le Professeur J.C. LAFON tape à nouveau sur la table) et la fréquence suivant l’analogie de FOURIER qui dit c’est comme si il y avait une série de fréquences. Ces fréquences là n’ont pas valeur de durée, elles ont valeur d’énergie, c’est la dérivée du temps, ce n’est pas du temps. Malheureusement on mélange souvent les deux.

Les intervalles de temps dans le bruit sont irréguliers et l’amplitude est irrégulière. Ce sont les deux caractéristiques du bruit.

Le problème est différent du point de vue psychologique chez l’enfant et l’adulte. L’adulte il a appris, il a des références. Il faut qu’il change ses références mais les mécanismes des références il les connait (il a appris à téléphoner, à reconnaître une vois d’enfant, d’adulte). Chez l’enfant c’est toute une l’éducation auditive dans son ensemble qui est à faire (pas seulement la parole). Il faut appareiller très tôt.

 

JYM

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