LAFON 80 EN DIRECT DE 1994 (8)

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Les transitoires : l’énergie met un certain temps (10 millisecondes) à monter (à s’installer), il baisse au bout de 100 millisecondes. Entre 0 et 100 millisecondes : c’est la période où l’oreille est encore en mouvement, où elle garde de l’énergie, où elle n’a pas entièrement amorti l’énergie. Il y a accumulation d’énergie, on peut atteindre 200 dB sur une durée de quelques millisecondes. Dans les premières 15 millisecondes il y a surtout du grave (pas en période ou fréquence mais en spectre = énergie) inférieur à 500 Hz. C’est à la fin (90 millisecondes) qu’on trouve de l’aigu. L’énergie acoustique qui arrive à l’oreille est très différente de ce que l’on croit d’habitude sur le plan des transitoires.

PHYSIOLOGIE – PSYCHOLINGUISTIQUE (on quitte l’acoustique, on aborde là les problèmes d’audition)

La langue est une convention collective. C’est un système conventionnel entre un groupe de sujets suffisamment important pour être représentatif du groupe, pour être transposé en écrit, donc pour avoir une utilisation véhiculaire qui tend à se développer à des groupes différents.

Le langage est un système individuel bâti à partir de la relation entre l’individu et la société de communication. Le langage appartient à l’individu, il se le construit, il lui est propre : on n’apprend pas le langage, on ne perçoit pas, on n’exprime pas le langage. Le centre du langage est à gauche car le cortex gauche est le centre de l’abstraction (comme les mathématiques, les musiciens professionnels). Les mécanismes de la langue servent au sujet à construire ses mécanismes de langage.

Les phonèmes sont des structures phonétiques élémentaires qui servent d’unité. Le phonème s’agence en mot qui s’agence en phrase avec des relations syntaxiques.

La parole est l’aspect concret du langage. L’idée que l’on se fait du langage c’est l’aspect abstrait du langage. On se fait une idée de l’image phonétique, c’est un ensemble de sons : dans le concret c’est l’expression phonétique (les transitions d’un point d’articulation à un autre), dans l’abstrait c’est la syllabe (qui appartient à la phonation, elle n’appartient pas à la langue) qui est une unité de phonation et accessoirement de langue. La syllabe est connue essentiellement par la construction auditive comme les mélodies et les prosodies. Le sourd est donc gêné pour distinguer une syllabe. La syllabe fait partie de l’élément non écrit de la langue comme la communication linguistique, les mélodies, les prosodies. Il fait parti en fait de la mélodie.

La syllabe est un élément de souffle. Elle est dictée par la nécessité de phonation. Dans une syllabe vous avez une ouverture(= aperture) et puis une fermeture. Le point culminant de la syllabe est en général une voyelle mais peut être une consonne (s de psit). C’est ça qui définit la syllabe »

JYM

 

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