LAFON 93 EN DIRECT DE 1994 (20)

Nous sommes fin mai 1994. Je suis tout heureux car j’ai réussi à obtenir du Professeur Jean-Claude LAFON qu’il intervienne durant deux jours au siège parisien de l’entreprise pour laquelle je travaille. Une petite dizaine d’Audioprothésistes est là pour l’écouter. J’enregistre ses paroles sur cassettes à bande magnétique. Ce que je vous propose en est une retranscription écrite, non in extenso car malheureusement certaines cassettes s’avéreront de mauvaise qualité et donc inaudibles à l’écoute. Je m’en veux encore !

Professeur Jean-Claude LAFON :

« Quand on a une impulsion très courte, à la sortie de la prothèse elle est dégradée (elle n’est plus très courte) pas toujours de la même façon dans le spectre. Je pense que cela sera un moyen ultérieurement d’avoir une certaine connaissance des prothèses de façon très rapide (le contenu de l’impulsion d’entrée doit être pratiquement un bruit blanc : tout le spectre y est ainsi représenté). On peut très bien, avec les logiciels, calculer « l’équation » de la prothèse. C’est du futur.

Etude sur le test phonétique du spectre moyen. Dominante à 500Hz / 60dBHL, 2000 / 40, 4000 / 30. Ce qui donne la puissance c’est le premier formant entre 250 et 800 Hz. Il y a 20 dB d’écart entre la zone du premier formant des voyelles et la zone du deuxième formant mais qui est occupé en grande partie par des consonnes. L’information est relativement peu dans la zone 500 Hz alors qu’on en a énormément dans la zone 2000 qui est moins puissante, d’où la tentation dans les prothèses de donner une courbe de réponse qui privilégie le 2000 par rapport au 500 de façon à réduire l’intensité des sons moins significatifs et de privilégier les sons significatifs. Cela a deux inconvénients : d’abord on déforme le rapport d’intelligibilité du spectre et on réduit les informations qui ne sont pas de la parole (qui se situent vers 250-500) mais qui peuvent être importantes pour la perception de l’environnement. Il est vrai que l’on réduit les bruits(ils sont souvent graves) donc cela permet de mieux faire émerger les traits pertinents de la parole. L’intelligibilité est meilleure mais c’est moins confortable. La « loi » des Belges doit être pondérée en fonction des niveaux du 500, 1000, 2000, 4000 de la courbe de réponse de la prothèse. Ca c’est le spectre moyen, il est faux dans la réalité car un « ch » à 2500 Hz est aussi puissant qu’une voyelle mais il se présente suffisamment rarement pour que quand on fait le spectre moyen il n’ait plus beaucoup d’importance. Le spectre moyen est un graphique faux sur le plan de l’intelligibilité ou de la représentation phonétique dans la mesure où il donne une valeur moyenne qui va dépendre essentiellement de la voix et très peu de la structure phonétique. Le « s » et le « ch » qui sont importants sont tout à fait négligés là-dedans puisque c’est statistique »

JYM

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