Les chiffres ; les gros et les petits…

Une petite lecture du rapport de la DREES publié le mois dernier est assez instructive. Je vous conseille la première partie du rapport qui détaille bien la répartition des rôles entre régimes obligatoires et régimes complémentaires. Il s’agit d’un rapport de plus montrant l’aspect inégalitaire du développement des assurances maladies complémentaires. Mais c’est un sujet dont on reparlera… notamment avec la dérive vers le « managed-care »…

Une petite lecture du rapport de la DREES publié le mois dernier est assez instructive. Je vous conseille la première partie du rapport qui détaille bien la répartition des rôles entre régimes obligatoires et régimes complémentaires. Il s’agit d’un rapport de plus montrant l’aspect inégalitaire du développement des assurances maladies complémentaires. Mais c’est un sujet dont on reparlera… notamment avec la dérive vers le « managed-care »…

Ce qui m’a intéressé est la comparaison de quelques chiffres tout bêtes mais dont on n’a pas toujours les repères en mémoire.

Le PIB, retenu dans ce rapport, pour 2011 est de 1996,6 Md d’euros. La dépense totale de santé est quant à elle de 231 Md d’euros, cela comprend toutes les dépenses y compris les indemnités journalières, la prévention, la dépendance, le handicap, la recherche, la formation…

Si l’on se restreint à la Consommation des Soins et Biens Médicaux (CSBM) dont le total est de 180 Milliards d’euros (Md €), les « biens médicaux » ne représentent « que » 12,2 Md € dans lesquels se trouvent l’optique pour 5,3 Md €, « petit matériel et pansement » pour 4,6 Md € et enfin les « prothèses, orthèses et VHP » pour un montant de 2,3 Md €

Les aides auditives sont donc noyées dans ces chiffres mais l’estimation est simple : en prenant les chiffres du Snitem (450000 ACA) et un prix de vente moyen de 1400€ on arrive à un marché de 630 Millions d’euros ! M€

La sécurité sociale en prend à sa charge environ 100 M€ selon le rapport du CEPS de 2010 résumé sur le site du SNITEM, (lien ici). Une autre partie est financée par les FIPH et le plus gros par les ménages et les OCAM.

Ces rappels et actualisation de chiffres étant faits, venons-en aux comparaisons :

J’ai été surpris d’apprendre que les cures thermales dont le coût annuel est de 331 M € sont remboursées à 90% par la sécurité sociale. Tant mieux… ça évite à certains gestionnaires complémentaires de vouloir faire baisser la température de l’eau pour diminuer le reste à charge des patients.

Et puis d’autres chiffres m’ont étonné car je ne pensais pas que le ratio était aussi impressionnant. On apprend tout d’abord que la sécurité sociale (l’ensemble des régimes obligatoires, càd CPAM, MSA, RSI…) finance 135,8 Md € (75% de la CSBM) et que les OCAM n’en financent que 14% le reste étant à la charge des ménages (9,2%) et de l’état.

On lit ensuite que les coûts de gestion de la sécu sont de 7,2 Md € et on sait combien les organismes publics ont pu être critiqués pour leur mauvaise gestion, leurs fonctionnaires paresseux etc…  Mais, Oh surprise ! les coûts de gestion des OCAM sont de …. 7,6 Md € soit un peu plus que les régimes obligatoires alors qu’ils financent 5 fois moins de dépenses de santé.

Tout à coup je me suis souvenu de ce qu’on suggère, depuis quelques mois, par médias interposés, et en prenant le patient à témoin : « vous les professionnels de santé, êtes trop chers » « vous pouvez vendre la même chose, avec une prestation de la même qualité, moins chère » sous entendu « il y a des possibilités d’améliorer votre gestion pour faire baisser le reste à charge« .

Alors, je ne sais pas pourquoi mais j’ai eu une idée bizarre : je me suis dis : « vous les OCAM, vous pouvez aussi améliorer votre gestion et dégager un peu de marges de manoeuvre pour faire baisser le reste à charge.
Au fait c’est quoi le budget pub ? Peu importe, mettons que vous économisiez 5 à 10% de frais de gestion, allez disons 7,5%. Combien vous dégagez ? … je vous aide, je sais que -de tête- les gros chiffres c’est pas facile : vous récupérez environ 570 M €. Ah ben c’est drôle ça,…  ça couvre juste la totalité de la dépense d’aides auditives non financée par la sécu… »

Bon je sais, j’ai pensé à voix haute ce n’est pas raisonnable, c’est beaucoup vous suggérer, de baisser vos frais de 7,5% il vaut mieux qu’on baisse nos prix de 40% ça sera évidemment plus facile et plus crédible de la part du public.

… à moins de demander que ce risque soit couvert par quelqu’un qui sait mieux gérer et ne fait pas de pub’ , tiens la sécu par exemple…

 

B Jantzem

audioprothésiste indépendant et idéaliste.

 

 

PS : un petit bonus du rapport de la DREES, reproduction autorisée en citant la source :

 

Regardez bien la part de l’assurance privée, en noir, dans le financement des dépenses de santé dans l’OCDE. En premier : USA, en deuxième : Canada, en troisième : France.

Pour ce qui est du financement par les ménages en revanche ce sont les français qui sont dans les derniers, habitués à ce que la santé soit « gratuite ».

C’est un choix de société, il n’y a rien d’inéluctable.

Sébastien GENY

Audioprothésiste D.E. Ingénieur Santé ILIS fondateur du blog-audioprothesiste.fr formateur groupe ENTENDRE

4 thoughts on “Les chiffres ; les gros et les petits…

  1. Oui Oui Oui, la « complémentaire » gérée par la sécu… je me pose la question depuis … que j’ai une complémentaire en fait…
    Mais non, cela voudrait dire cotiser pour la sécu un poil plus et être correctement pris en charge… Boudioux mais c’est la porte ouverte aux chars de l’armée rouge ça !!!

    L’autre solution, et j’y pense de plus en plus, c’est l’auto gestion.

    Tous les ans je cotise pour 4 (dont 2 enfants en bas age) un peu plus de 1200 € (pour le mini : Ticket Modérateur et quelques broutilles en lunettes…)
    J’en « consomme » entre 400 et 500 € (mes remboursement mutuelle), la « meilleure » année 600 € (j’ai refait mes lunettes).
    Si tous les ans j’épargnais cet argent, je pourrai constituer un petit « capital » (rémunéré en plus) qui me permettrait d’optimiser mes remboursements non ?

    Nan, ne tenez pas compte de ce que j’écris… j’évacue ma « colère » contre les ocam et cette loi qui va passer… sans que l’unsaf ne soit montée aux créneaux d’après ce que j’ai pu lire comme l’ont fait les médecins et kiné (ce qui a porté ses fruit semble-t-il vu l’amendement…)… Nan, laissez tomber, je délire, je mélange tout…
    Je vais me coucher…

  2. surtout quand on voit les campagnes de pub, TV affichage mailing, courriers….
    les frais de pub doivent etre exorbitants, d’ou leur envie de ne pas divulguer leur marges colossales!!( cotisations importantes et qui augmentent et recherchent de rembourser le moins possible)

  3. Merci Brice pour ton éclairage.

    En écho surprenant avec ton article, l’article cité par Sébastien:
    http://www.acuite.fr/articles.asp?REF=7935

    C’est étrange cet empressement des mutuelles à ne pas vouloir communiquer sur leur frais généraux ! Dès que la mutualité française lève le petit doigt, l’état s’empresse de suivre, et cette mesure de transparence serait donc reportée à 2014. On est dans le désormais célèbre « Quand c’est flou, y’a un loup ! ».

    Mais également, une phrase qui prête à sourire ou à pleurer, c’est selon: « (…)les contraindra désormais à communiquer sur plusieurs composantes de leurs prix de revient, ce qui est inédit dans notre économie, et sera sans doute de nature à créer plus de confusion que de clarté(…) ».
    Ah ? on nous avait pourtant dit que la séparation, dans le devis normalisé, du prix de la prestation et de l’aide auditive permettrait au consommateur une meilleure lisibilité.
    Alors pour les organismes mutualistes ça ne marche pas comme ça ?

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:-)

lun Déc 10 , 2012
No comment... :-). Après l'EPU, ça résonne curieusement !<br /><br />