NAL NL2 vs NAL NL1 dans connexx pour un patient expérimenté : différence.

On commençait à bien le connaître ce bon vieux NAL NL1 (peu de gain à 250 Hz ; gain max entre 1 et 2 KHz ; peu de gain au delà de 4 KHz ; un ratio de compression entre 1.8 et 2.5 de moyenne) ! Depuis 1991/1992, il a supplanté toutes les autres méthodologies généralistes pour l’appareillage auditif de l’adulte.

Après quelques manipulations, je commence tout doucement à découvrir NAL NL2 qui brise certains dogmes établis par NAL NL1, en particulier le gain au delà de 3/4 KHz et le niveau de la compression du signal (en gros, NL1 n’a jamais été en faveur d’un gain substantielle quand la perte dépasse 65 dB au delà de 4 KHz).

Il est très important de manipuler NAL NL1 & NAL NL2 pour bien comprendre les différences. NAL NL2 étant multi-factorielles, il est important de bien renseigner le logiciel d’une part et de bien connaître la pondération apportée par chaque critère à la modification de la cible (prise en compte du niveau de perte auditive ; du SSI ; de l’âge ; du genre ; de l’expérience ; modèle de préfèrence de compression en fonction du niveau de la perte auditive ; de la présence de zones mortes ; des mesures OEAP et  PEA). Ainsi, les 2 méthodologies peuvent afficher un écart important en fonction des différents critères. Des généralités sont difficiles à définir, et l’élaboration de la cible varie selon chaque cas. Néanmoins, on peut évoquer que :

  • la sensation sonore perçue par le malentendant est moins importante avec NAL NL2, y compris en cas de renouvellement.
  • L’accélération du gain dans les hautes fréquences en cas de perte auditive importante et d’expérience de l’appareillage auditif (sauf en cas de zones mortes cochléaires).

Celles-ci sont faibles dans le cas de surdité légère à moyenne : un niveau de sortie équivalent à 50 dB d’entrée et une compression plus importante dans les hautes fréquences. Par contre, en cas de surdité importante et de renouvellement (>70 dB au delà de 2 KHz), les différences s’inversent : Le gain dans les hautes fréquences devient supérieurs, tout en étant jumelé à un ratio de compression important.

fig 1 : niveaux de sortie obtenus en suivant les courbes proposées par NAL/NL1 et NAL/NL2 sous connexx

Le critère « expérience antérieure d’une aide auditive » est évidemment l’élément qui modifie fortement le gain de l’appareil, ainsi que l’âge du patient.

Dans le cas précis, le seul petit regret est que je n’ai pas pu renseigner sous connexx si il y avait ou pas une zone inerte cochléaire. Le gain prescrit aurait alors grandement changé (Cf la figure 2).

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Comments (8)

  • Bonjour, je pense me mettre à la Nal NL2 tout du moins comparer à Nal Nl1. Cependant, j’ai un petit soucis pour régler les paramètres de réglages avec ma unity 2: on me parle de position de ref et on me demande de choisir entre head surface et champ calme, qu’est ce que cela signifie? J’ai tenté de joindre Siemens mais pas de réponse précise à ce jour de leur part.
    Merci de vos lumières.

  • Merci Sébastien pour cette analyse et ce comparatif NL1/NL2.
    On voit avec le temps que les excès ou insuffisances des uns et des autres (je parle de NAL et DSL) ont tendance à se gommer et donc à se rapprocher : là où NAL reprochait à DSL de donner trop d’amplification dans les aigus et trop de gain à bas niveaux, DSL à « répondu » (amélioré disent-ils…) avec DSL 5 et l’apparition d’une prescription « adulte », beaucoup plus réaliste sur le plan de la sonie ; là où l’on reprochait à NAL son peu d’informations à bas niveaux, trop de gain dans les médiums ou son manque de gain dans les aigus, ton illustration indique clairement que ceci a été pris en compte dans la version NL2.
    Par contre, opter pour l’une ou l’autre de ces formules de calcul « stars » relève (devrait relever) d’un choix réfléchi qui demande quelques arbitrages :
    *NAL NL se base tout d’abord sur une progression de sensation sonore normalisée ; certes normalisée sur une cohorte conséquente mais normalisée, c’est à dire qu’elle utilise un modèle qui n’est peut-être pas celui de notre patient. Et pour être abrupt, NAL NL2 n’a toujours que faire de notre mesure de SSI (inconfort), voir l’illustration ci jointe:
    http://www.blog-audioprothesiste.fr/wp-content/uploads/2010/06/NAL-NL2-sans-et-avec-UCL.jpg
    Donc NAL NL2 passera peut-être très bien 90% du temps, mais sur des dynamiques pincées, il aura problème, c’est quasiment certain.
    *NAL NL2 est une formule de prescription de gain d’insertion (là où DSL est une formule de prescription de niveaux de sortie au tympan). Est-ce un inconvénient ? Pas sûr, cela permet de prendre en compte, indirectement certes (puisque le gain d’insertion est calculé en fonction du niveau oreille nue), la résonance individuelle du conduit. Puisque tu as fait tes mesures avec Aurical, tu as dû remarquer que MADSEN utilise le REUR mesuré pour recalculer les cibles de GI. Cela permet également à NAL de s’affranchir de l’effet du transducteur de mesure (casque, inserts, champ libre…). Mais sur ce point, même si NAL s’en sort avec une prescription de GI, un seuil mesuré aux inserts chez un enfant aboutirait certainement à moins de gain d’insertion prescrit que si ce seuil avait été mesuré au casque.
    *A l’inverse, DSL s’intéresse à la puissance en dB SPL en fond de conduit et va donc s’intéresser au transducteur de mesure. Des prescriptions très différentes les unes des autres, pour un même seuil HL, seront donc proposées en fonction du transducteur utilisé. Pour quelqu’un qui voudrait travailler en in-vivo et visualiser la répartition de l’énergie vocale (crêtes et autres niveaux), l’utilisation du niveau de sortie (et donc du niveau de sortie au tympan) semble plus logique. C’est la force de DSL, sa complexité aussi, sa faiblesse peut-être (on peut critiquer certaines de ses transformations HL–>SPL).
    *Mais DSL, s’intéressant au niveau sonore « au tympan », ne prend pas en compte le conduit avant le tympan ( !), les gains étymotiques « déviants » ne seront pas pris en compte (pareil pour NAL), à l’audio de faire son boulot…
    *Enfin, DSL prend en compte l’inconfort individuel. Merci…
    *Après, vaut-il mieux utiliser une formule plus basée sur le confort (et gagner en efficacité par la suite) ou basée sur l’efficacité (mais devoir sous-corriger dans un premier temps) ?
    *Etc…, il y en aurait comme ça des dizaines.
    Donc on le voit, un choix définitif n’est pas évident entre forces et faiblesses de chacune, d’autant plus qu’elle se rapprochent au fil du temps. En plus elles offrent des options relevant presque du marketing pour se faire choisir (l’option « zones mortes » de NAL NL2 ou « cibles pour intelligibilité en milieux bruyants » de DSL 5.0 par exemple) ; je serais très curieux d’en savoir un peu plus sur le « marché » des formules de calcul…
    Et enfin, alors que l’on parle des mêmes oreilles d’un même patient, du même signal d’entrée (la parole), dans la même échelle sonore, avec calcul du meilleur SII dans les deux cas, je me demande souvent comment se fait-il que l’on obtienne des prescriptions de correction si différentes ? Le patient australien a t-il besoin d’une correction différente du patient américain ?

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