Chers amis Audioprothésistes, lecteurs et lectrices (j’espère que nous sommes nombreux 😉),

Cela fait maintenant un peu plus de 2 ans que Xavier DELERCE et Sébastien GENY abritent mes parutions « LAFONIENNES » dans leur « blog-audioprothésiste ». Je les en remercie encore et toujours.

Je suis content de vous annoncer que je m’emploie à faire traduire en anglais les articles « LAFON…  » déjà parus.

Je vais commencer par la publication en anglais de « LAFON 41A… », image du « LAFON 41… » français.

J’espère ainsi faire (re)découvrir les dires du Professeur J.C. LAFON à l’étranger.

Et si cela pouvait donner « un coup de pouce » supplémentaire au site Internet de Xavier et Sébastien, j’en serais heureux.

Merci de votre fidélité.

 

Dear colleagues, friends and readers – hope we are many 😉 –

It’s been now more than two full years that Xavier DELERCE and Sébastien GENY are hosting my « LAFONISH » reviews on their website, helping me spread what I think should be a « must-know » in our line of work.

I’m very delighted to work with them and I deeply thanks them for their support.

I’m also glad to let you know that I’m going to get all the main (already published in french) J.C LAFON’s writings translated into english.

I will start publishing « LAFON 41A… » expecting to promote his forgotten « new » way of thinking toward the hearing process abroad.

Plus, if it could give an additionnal exposure to Xavier and Sébastien’s website, it would be the least of my payback !

Thank you for your time and fidelity.

All the best,

Jean-Yves MICHEL (JYM)

(translated from french by V.M.)

Pourquoi, pour cette personne, est-ce un mauvais pronostic pour la compréhension de la parole en milieu bruyant et en milieu calme ?

 

Le Professeur J.C. LAFON nous le dévoile lorsqu’il explique la genèse de la liste d’intégration : « … examinant de jeunes enfants, je me suis trouvé en présence d’une distorsion spatiale aggravée qui ne pouvait venir que d’une difficulté d’identification, l’audition tonale étant normale et l’oreille indemne de toute atteinte pathologique. Incidemment, j’ai remarqué que la présence de bruit faisait apparaître beaucoup plus facilement ces distorsions à forte intensité. Ce fait m’a paru intéressant ; il permettait en effet de faire la part de ce qui revenait à la cochlée et de ce qu’il fallait attribuer à des difficultés de discrimination. Il suffisait pour cela de faire une mesure comparative de deux éléments de liste sans bruit et de deux autres avec bruit. Les intensités étaient choisies de telle sorte que le bruit soit presque aussi fort que la parole, les deux mesures étant effectuées à la même intensité : les intensités acoustiques semblables supprimaient l’incidence des altération cochléaires puisque la mesure était comparative. J’avais choisi un niveau élevé, 90 dB, pour situer le message au dessus du seuil d’audition en cas de perte auditive. Cette mesure était donc applicable aussi bien au sujet sourd qu’à l’entendant »(1).

 

La liste de balayage du Professeur J.C. LAFON permet de savoir si l’intégration de la personne est efficiente ou déficiente. C’est important de le savoir. Le résultat attendu de l’appareillage auditif n’est pas le même dans l’un ou l’autre de ces deux cas.

 

La liste de balayage permet « … de savoir en très peu de temps si l’on doit s’orienter vers une atteinte cochléaire ou une perturbation de l’intégration auditive… Cette liste de balayage ne comprenant que 34 mots permet de savoir si un examen plus approfondi est nécessaire et s’il faut employer une liste cochléaire ou une liste d’intégration »(2).

 

34 mots, en fait 17 prononcés sans bruit (élément A) puis 17 autres mots prononcés avec un bruit non masquant (élément B). En faisant la différence du nombre d’erreurs phonétiques entre ces deux listes (A -B), on trouve la part de l’intégration et seulement de celle-ci. Un abaque, fonction de l’âge de la personne, fonction du nombre d’erreurs phonétiques faites sur l’élément A et sur A-B, permet d’avoir une idée du niveau de l’atteinte cochléaire et/ou du trouble d’intégration. Pour plus de renseignements sur la liste de balayage, vous pouvez consulter les publications LAFON 12 et LAFON 13 que j’ai faites par le passé.

 

Réaliser une liste de balayage : cela prend 3 minutes ! Peu de temps, beaucoup d’enseignement. De suite après l’audiométrie tonale aux inserts (seuil aérien, intolérance, seuil osseux si besoin), j’émets la liste de balayage.

 

Admettons que, grâce à cette liste de balayage, on découvre que la personne sourde à appareiller souffre d’intégration, donc que neuro-physiologiquement à physio-psychologiquement elle a du mal à comprendre le message auditif qu’elle reçoit. Cela aide l’Audioprothésiste dans son choix de l’appareil auditif : il sait que ce n’est pas utile de rechercher l’appareil auditif du plus haut de gamme car les débruiteurs, même les plus efficaces, ne seront que d’un piètre secours. Vous pouvez ainsi mieux cerner l’appareil qui convient à chaque personne.

 

JYM

 

(1) Professeur J.C. LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » page 116-117.

 

(2) Professeur J.C. LAFON « le test phonétique et la mesure de l’audition » page 132.

 

Maintenant nous allons passer à l’audition que l’on connait bien, que l’on pratique tous les jours dans notre vie et notre profession : l’audition SECONDAIRE, c’est-à-dire l’audition de communication.

Faire un test d’audition, ce n’est pas se contenter de la seule audiométrie tonale. L’audiométrie tonale utilise des sons purs, l’oreille n’est pas un capteur de fréquence. On teste l’oreille comme ça, mais elle n’est pas faite pour ça. De plus, l’audiométrie tonale ne teste que la cochlée.

On laisse donc de côté tout ce qui se passe au niveau des voies auditives, des noyaux cochléaires au cortex auditif primaire en passant par : complexe olivaire supérieur / lemnisque latéral / colliculus inférieur / corps genouillé médian.

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Ne quittons pas l’audition PRIMAIRE sans apprécier ce que le Professeur J.C. LAFON disait en 1985 dans une émission télévisée (1). Je l’ai déjà évoqué dans « LAFON 23… », mais je ne m’en lasse pas ! 😉

Interrogé par une personne (que je nommerai Q comme questionneur), le Professeur J.C. LAFON (que je nommerai Pr) répond 

  • « Q : Dans l’oreille, il y a un organe qui renseigne sur la position qu’a le corps par rapport à l’espace ?
  • Pr : Oui, c’est très curieux. Ca a toujours posé un problème de savoir pourquoi l’appareil vestibulaire était à côté de l’appareil cochléaire, l’appareil de l’audition à côté de l’appareil de l’équilibre, avec les mêmes liquides, avec une pathologie semblable ; on a souvent surdité et vertiges, donc deux symptômes d’une même maladie si vous le voulez. Mais en fait ça se comprend très bien. Le vestibule est le système qui permet de savoir où l’on se situe, donc avec la gravité, la statique, et nous renseigne sur la dynamique, c’est-à-dire sur le mouvement ; les mouvements de la tête, les déplacements, etc…
  • Q : Plus ou moins rapides, plus ou moins lents.
  • Pr : Plus ou moins rapides… C’est-à-dire ça nous renseigne où nous sommes, nous, par rapport à l’environnement. Et l’oreille acoustique nous donne l’image de l’environnement et nous situe l’environnement par rapport à nous. Ce sont deux images parfaitement concordantes.
  • Q : Comment l’oreille peut-elle nous donner l’image de l’environnement par rapport à nous ?
  • Pr : En acoustique… Quand vous êtes dans une pièce, vous avez des réverbérations. Ces réverbérations vous renseignent sur le volume de la pièce, sur la nature des parois, sur l’existence d’ouvertures, sur des parois lisses, sur des parois protégées, etc… en acoustique. Elles vous renseignent donc sur le lieu où vous êtes dans son volume. Elles vous renseignent aussi sur la distance des choses, par l’écho. Vous savez, quand on est en montagne et qu’on fait « oh oh ! oh oh ! », on sait la distance par l’écart entre le son qu’on a produit et le son qu’on a entendu. » .

JYM

(1) Cette vidéo se trouve encore sur le site de l’INA (Institut National de l’Audiovisuel), on peut la télécharger pour 2.99 euros. Le titre de l’émission est : ENTENDRE.

En guise de conclusion à propos de l’AUDITION PRIMAIRE :

« Nous rencontrons chez l’enfant sourd des difficultés qui induisent des troubles de comportement. Dès le premier âge l’enfant se situe dans un milieu frustrant par l’absence d’information sur une partie déterminante de la communication. D’un côté la parole et la voix ne lui parviennent pas, mais d’un autre côté tous les signes acoustiques du monde extérieur, ceux de l’espace qui l’entoure ont perdu toute acuité. Quand il vient à se déplacer au moment où il commence à marcher, l’espace où il évolue n’a pas d’existence acoustique. Contrairement à ce que l’on pense l’espace est très marqué de traits acoustiques. Nous vivons dans un monde acoustique. Nous apprécions la distance des objets, la profondeur du champ perceptif, le volume de l’environnement à l’oreille. L’œil apporte la perspective, l’oreille la direction, la profondeur. Pour l’enfant sourd, le monde est plat. L’œil lui apportera la perspective qui suppléera le manque acoustique à force d’apprentissage. En se heurtant aux personnes, aux objets, l’enfant apprend à mesurer ses pas pour connaître la distance, il prend conscience des réalités indirectement ne pouvant d’emblée les percevoir… … double handicap, celui qu’on connait de la relation verbale, et celui méconnu de la vie dans l’environnement plein d’embûches, où il est difficile d’en percevoir l’état, de s’y déplacer et encore plus d’en concevoir la réalité… »(1).

L’audioprothésiste, son expertise lui permettant d’appareiller l’enfant sourd, va permettre à cet enfant sourd de prendre conscience de la distance, du volume et par là-même de lui donner les meilleures conditions pour monter un langage de qualité.

JYM

(1) Professeur J.C. LAFON « handicap sensoriel et personnalité » Psychologie médicale 1989. 21. 13. page 1934/125.

Vous aviez peut être répondu, par l’intermédiaire de ce blog, au sondage réalisé l’année dernière par Mme Capucine MARMORAT qui faisait alors une collecte d’informations sur la pratique de la mesure in vivo en France dans le cadre de son mémoire de D.E. d’audioprothèse.

Certains d’entre-vous ont également répondu à un questionnaire plus poussé, et peut être aussi demandé à leurs patients leur ressenti sur la pratique de la MIV par leur audioprothésiste.

Je voulais donc revenir, avec Mme MARMORAT, sur les résultats de son mémoire sous la forme d’un « mini-débat ».

Vous pouvez si vous le souhaitez télécharger son travail très instructif.

« Entrevue » :

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Autant un écouteur vieillissant, un circuit défaillant, un bruit de fond quelconque sont faciles à détecter (BDF, distorsion harmonique ou d’intermodulation, etc.), autant la panne d’un microphone arrière est assez délicate à percevoir.

C’est pourtant une panne très handicapante pour le patient, car il n’y a plus de directivité dans le bruit, voire un déséquilibre D/G lorsque les appareils sont censés communiquer.

L’écoute de l’appareil ne donnera rien, et un test de directionalité au caisson n’est pas facile à mener : il faut avoir un caisson dédié, et le plus souvent, forcer l’appareil en directionnel par logiciel de programmation. Bref, il faut vraiment en vouloir…

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