PHONAK a lancé il y a quelques années un algoritme dédié aux surdités sévères à profondes : le bass boost. En complément du système de supercompression, il vient s’enclencher pour améliorer l’audibilité en milieu bruyant.

Une étude au sujet du bass boost mt en évidence une amélioration du seuil de compréhension en milieu bruyant pour les porteurs d’aides auditives dites POWER. En augmentant le niveau de sortie (+6 dB) des fréquences basses (<1KHz), le benchmark mené par PHONAK met en évidence une amélioration significative de la compréhension en milieu bruyant.

Fonctionnement du bassboost

Cette effet est permis par une augmentation de la sensation sonore dans les basses fréquences (ce qui correspond à la perception des premiers formants des voyelles).

A noter que Bassboost était une option qui existait sur les anciennes gammes d’appareils PHONAK. Couplé au Savia Art, on obtient un algoritme qui s’enclenche précisément dans les séquences bruyantes de la vie quotidienne des malentendants.

PHONAK explique, que cette option réservée aux patients les plus malentendants, est essentiel à plusieurs titres :

  • Les patients atteints de surdités sévères et plus ont une réserve cochléaire de pauvre qualité dans les hautes fréquences bien souvent. Bassboost ne fonctionnant que sur les fréquences les plus basses est un outil adapté.
  • Les patients atteints de perte auditive sévère compense la maigre qualité de leurs hautes fréquences par une amélioration significative de leur discrimination fréquentielle sur les basses fréquences. Une fois encore Bassboost en s’intéressant aux fréquences les plus basses est un outil idéal pour réhausser les fréquences des premiers formants vocaliques (turner et Cummings, 1999).

Comparaison entre plusieurs algorithmes et leur résultat en terme de SNR

Les chiffres sont probants. L’algoritme BASSBOOST améliore le SNR d’environ 1 dB SPL. Le SRT également tant en contours qu’en intras. Ce que je trouve rigolo qui est curieux, c’est que cette option soit débrayable sous iPFG, au regard de la qualité d’écoute obtenue.

A mon avis c’est une option à enclencher systématiquement en cas de surdités au moins sévères avec une dégradation des hautes fréquences.

En tout cas, ce système doit permettre aux porteurs d’anciens appareils auditifs de renouveler pour une vrai innovation en matière de compréhension dans le bruit.

1. Mariage à venir entre 2 acteurs de l’audioprothésie Mondiale :

Après le mariage avorté entre PHONAK & RESOUND, je pense que l’un de ces 2 grands acteurs se mariera avec un acteur plus petit (j’inclue dans ma liste le groupe WILLIAM DEMANT). La pépite Widex (des appareils de qualité mais une petite taille par rapport aux grands du marché) pourrait être absorbée soit cette année soit l’année prochaine.

2. Un leader asiatique sera présent un jour sur le marché ! (pourquoi pas l’Asie est à la mode et je me suis toujours demandé pourquoi les Japonnais n’étaient pas présents sur ce marché de l’électronique médicale).

Pourquoi pas cette année, tout le monde prédit que 2008 sera une année sur le fil du rasoir dans tous les domaines (voir les Echos et l’Expansion de ce mois)… Parions que celle-ci soit aussi celle de l’avénement de nouveaux acteurs. Audiologyonline nous permet de visualiser les nouveaux acteurs sur le marché Américain.

3. Les nouveaux « players » auront plus de mal que prévu sur le marché Français.

Même si de vastes opportunités s’ouvrent aux nouveaux entrants, le semi-fiasco enregistré par Ecoute Ecoute le prouve, il ne suffit pas d’avoir de l’argent, de casser les prix et d’être organisé. Stephen Douezy dans une publication pro pour franchisés déclare que l’activité d’audioprothèse met beaucoup de temps à démarrer. Il a raison, à ce jour autant les premières places en centre ville sont profitables à la majorité des enseignes classiques (banques-assurances, alimentaires, vêtements….) autant l’audioprothèse reste difficile à faire démarrer rapidement sans notoriété…. AUDIKA reste à ce jour LA marque de l’audioprothèse.

Je reste circonspect pour GRAND AUDITION qui jouit d’une image fort dans l’optique. Néanmoins, elle aura du mal à reproduite le « succès » des champs Elysées pour plusieurs raisons :

  • L’avenue des champs Elysées est unique
  • L’aspect somptueux du « pilote » reste difficile à reproduire (Cf ECOUTE ECOUTE avec le Faubourg Saint Honoré).
  • On sent un fléchissement dans la politique prix qui disparait du site internet. Ce qui me fait penser que GRAND AUDITION est un player plus redoutable que ECOUTE ECOUTE.

Bref, malgré les atouts de ces enseignes, le poids des actionnaires les obligent à trouver un angle d’attaque sur le marché qui reste difficile à trouver pour plusieurs raisons :

  • Un marché qui profite à la proximité
  • Un marché qui donne le bénéfice à des micro enseignes très réactives et qui ne bradent pas les prix mais qui mettent en avant une qualité de services raisonnables et non déraisonnables. Le tord des nouveaux entrants est de proposer des produits adaptés à un marché hautement concurrentiel. Ce qui n’est pas le cas… Un bon cas pour école de commerce.

On verra en 2009 ce que nous dit le marché !!!

Laissez vos prévisions en commentaires !

Les systèmes d’anti larsen actif sont désormais de série sur les aides auditives milieu de gamme. L’intuis Life du fabricant SIEMENS dispose d’un système sans calibration. En effet, aucun son n’est généré lors de la phase de programmation pour détecter le seuil d’apparition du Larsen. Les résultats sont assez intéressants pour un système qui détecte l’apparition d’un effet Larsen et qui le neutralise par opposition de phase.

Ingénieusement, CONNEXX, la plateforme de programmation développée par SIEMENS, propose un switch entre un anti Larsen Actif lent ou rapide. Philippe Lantin, chef de produit chez SIEMENS Audiologie, propose de passer en mode lent quand le système devient instable dans certains environnements. L’opposition de phase se met en place 1,5 secondes plus tard, ce qui empêche le déclenchement de l’anti Larsen.

Utilisateurs de AVENTA 2.4, je vous invite si vous ne le faites pas encore à entrer systématiquement vos valeurs calculées ou mesurées des Seuils subjectifs d’inconfort (SSI) de vos clients. En effet, je trouvais audiogram + « doux », au regard de ce que proposait NAL NL1 et DSL i/o. Lors d’un réglage, j’ai entré sous AURICAL un nouveau seuil d’inconfort et là ! Miracle, je m’aperçois que mon préréglage réagit correctement en surélevant les valeurs quand le SSI se situe à 100 dB. Resound doit calculer Audiogram + avec une valeur de SSI basse !

Donc entrez systématiquement vos SSI !

AVENTA - Audiogram +

Nous sommes vendredi, il est 18h30 et vous vous apprêtiez à fermer votre laboratoire pour le week-end… Eh bien non, c’est raté, une dame, affolée, arrive en trombe en demandant  « vous êtes fermé ? ». Son père, en maison de retraite, se plaint d’entendre moins bien avec son aide auditive. Il ne peut pas se déplacer, l’aide auditive a l’air en bon état. Quelle méthode objective utilisez-vous pour contrôler le bon fonctionnement de l’appareil ?

 

Je vous en détaille une, rapide, efficace et facile à mettre en place. Il suffit d’être équipé d’un coupleur AURICAL et de ses divers accessoires.

 

Après une rapide vérification des sorties micros et écouteur, connectez et détectez l’aide auditive sur le logiciel fabricant. Puis, placez votre aide auditive dans le box de mesure, le micro de référence doit être situé en face, à 2cm du micro de l’appareil. Vous pouvez fermer alors le caisson de façon étanche.

 

Sur votre logiciel fabricant, il vous faut trouver l’icône qui permet la mise FOG (Full On Gain) de votre ACA. En effet, chaque appareil est mis sur le marché avec une fiche technique détaillée, laquelle est établie avec ce paramètre précis : pour pouvoir comparer deux courbes, il faut au préalable avoir déterminé le même réglage d’appareil, on utilise donc le réglage FOG (appareil réglé au maximum, compressions off)

 

 

Une fois l’appareil réglé, ouvrez votre logiciel AURICAL HI-TEST, entrez les paramètres de la prothèse testée (BTE, ITE, pile, fréquence de référence…), sélectionnez le coté testé. Une message vous rappelle alors que l’appareil doit être mis au maximum pour ce test.

 

Vous pouvez alors lancer votre série de test :

         OSPL 90, le niveau de sortie maximum de votre ACA, et le niveau de sortie à la fréquence de référence

         Gain max. qui mesure le gain maximal que l’ACA puisse proposer, ainsi que le gain a la fréquence de référence

         Point d’articulation des compressions, c’est à dire à quel le niveau d’entrée le signal de sortie commence à être limité par l’ACA

         Dynamique AGC, on mesure le temps d’attaque et de retour des compressions.

 

 

Sur la deuxième page de votre HI-TEST, vous avez la possibilité de tracer une courbe de réponse en fréquence, calculer les distorsions harmoniques, mesurer la consommation de pile et estimer en dB le bruit de fond de l’ACA. Attention, cette série de tests s’effectue en mettant l’appareil au gain de référence, et non pas Full On Gain.

 

 

Bien évidemment, tous ces résultats sont à comparer avec la fiche technique des fabricants, disponibles souvent sur Internet (Phonak, Bernafon), intégrées dans les logiciels fabricants (Siemens), ou sur simple demande, par fax ou par courrier.

Même si la maladie de Ménière n’est pas la cause première des personnes consultant pour une aide auditives, cette pathologie se rencontre surtout dans ces formes binaurales ; formes où le patient est obligé de se tourner vers les prothèses auditives pour pouvoir conserver un lien social.

Une étude récente menée par Melle Véronique HOULLIER met en évidence les difficultés rencontrées par les « Ménièriques ». Elle met en évidence les points spécifiques de ce type d’appareillage :

  • appareillage quand les crises sont interrompues
  • usage systématique du potentiomètre pour pouvoir répondre aux fluctuations de l’audition inhérentes à cette maladie.
  • Gain dans les aigues relativement faibles afin d’éviter de générer des distorsions.
  • des facteurs de compression importants.

Je parlais dans mes pages du test de Hirsch, qui permet de tester l’amélioration de la compréhension dans le bruit chez le porteur d’aide(s) auditive(s). Pour mémoire, le test de Hirsch est un test de compréhension en champs libre en présence d’un son perturbant, ici un bruit blanc. Toute la problématique est que le bruit blanc ne reflète pas la réalité… Le professeur LORENZI a mis en évidence dans ces derniers travaux que la compréhension dans le bruit est basé sur l’analyse, par l’oreille, des composantes temporelles de la voix. Or les tests effectués en présence d’un bruit blanc sont pessimistes et biaisent la réalité sonore du patient dans le bruit.

L’usage de bruit composite type ICRA semble plus réaliste que le bruit blanc. Il existe plusieurs type d’ICRA à ce titre, nous vous recommandons l’usage des ICRA pulsés avec des périodes de 50 à 60 Hz.

L’audioprothésiste peut donc penser que le patient est plus gêné que prévu dans le bruit. A ce titre, le professeur LORENZI nous incite à tester nos patients à l’aide d’un bruit fluctuant. A noter, les audioprothésistes de l’enseigne ENTENDRE possède un logiciel ad hoc pour tester les patients dans de telles conditions, bravo à eux !

A ce sujet, j’ai lu dans le Nouvelle observateur au sujet du test du Professeur Lorenzi et du Docteur Garnier :

Bien avant que se manifestent de réels problèmes pour entendre, la difficulté à comprendre dans le bruit peut être le signe d’une baisse de l’audition, une surdité qualifiée de modérée, liée à des lésions de la cochlée, ce joli escargot situé dans l’oreille interne. D’origine génétique, virale ou traumatique, ces lésions surviennent à tous âges et pas seulement avec le vieillissement. C’est pourquoi le réseau national d’audioprothésistes Entendre propose gratuitement dans toutes ses enseignes de réaliser un test de sensibilisation pour évaluer sa capacité à entendre dans le bruit. Une version médicale du test est également mise à la disposition des ORL pour établir un diagnostic.

«Jusqu’à présent les tests d’intelligibilité dans le bruit disponibles chez les ORL utilisent un bruit stationnaire», explique Stéphane Garnier, audioprothésiste et psycho-acousticien, membre du réseau entendre. «Le nouveau test que nous avons élaboré utilise un bruit fluctuant, comme l’est le fond sonore d’un restaurant, et il permet d’identifier la cause de ces problèmes d’audition dans le bruit qui a été récemment découverte : l’incapacité de l’oreille à capter des fluctuations rapides du son».

Cette découverte a été réalisée par l’équipe du psycho-acousticien Christian Lorenzi, du Laboratoire Psychologie de la Perception (CNRS/ GRAEC*), avec lequel travaille Stéphane Garnier. Elle permet de comprendre pourquoi certaines personnes ont du mal à ‘’démasquer’’ la parole au milieu du brouhaha alors que, d’après l’audiogramme classique, réalisé dans le silence, elles ont une bonne audition.

«Grâce aux études récentes sur la cochlée, nous savons que l’oreille n’analyse pas seulement le son en fonction de sa fréquence mais aussi en fonction du temps», explique Christian Lorenzi. «Nous avons mis en évidence deux types d’informations décodées par l’oreille : l’enveloppe temporelle du signal, composée des fluctuations lentes, comme le rythme des syllabes, et la structure temporelle fine, qui est beaucoup plus rapide» **. Les chercheurs ont mis au point des vocodeurs permettant de ne conserver que l’enveloppe globale ou que la structure fine du signal. Ils ont fait écouter ces sons distordus à des volontaires (cf les trois sons à écouter).

«Nous avons constaté que les personnes qui ont une bonne audition comprennent les deux types de sons. En revanche les personnes atteintes de surdité cochléaire entendent bien l’enveloppe temporelle lente du signal mais ont du mal à comprendre la structure fine» relate Lorenzi.

Ces résultats coïncident avec ce que les scientifiques savent depuis longtemps sur l’écoute en milieu bruyant. Pour une oreille bien portante, un bruit de fond permanent du type machine qui ronronne non-stop est plus perturbant qu’un bruit fluctuant de conversations. Pourquoi ? Parce que ce brouhaha est entrecoupé de silences de quelques dizaines de millièmes de seconde que le système auditif sait repérer. «C’est ce que l’on appelle les vallées du bruit : l’oreille va pêcher le signal sonore qui l’intéresse dans ces vallées plus calmes», précise Christian Lorenzi.

D’où l’importance de la structure temporelle fine mise en évidence par les chercheurs et de la capacité de la cochlée à capter ces fluctuations rapides. Lorsque des lésions dégradent cette fonction, l’oreille ne peut plus pêcher les informations dans les vallées du bruit et la conversation au restaurant devient un souci.

« Les vocodeurs expérimentaux produisent des sons distordus inutilisables hors du laboratoire, explique Stéphane Garnier. Nous essayons de les améliorer. Cependant, la corrélation entre la perception de la structure fine du signal et la capacité à démasquer la parole est très forte. Nous pouvons donc déduire la première en mesurant la seconde». C’est ainsi que l’audioprothésiste a mis au point un nouveau test pour le réseau Entendre qui évalue la capacité de démasquage de la parole dans un bruit fluctuant. La version destinée aux ORL donne une évaluation chiffrée.

«Notre objectif est de permettre aux ORL de compléter leur diagnostic, précise Stéphane Garnier, et aux audioprothésistes de proposer des appareils mieux adaptés à ces problèmes d’audition». Le test de sensibilisation proposé dans le réseau Entendre n’est pas un diagnostic : seul le médecin ORL est habilité à le faire.

Cécile Dumas
Sciences et Avenir.com
(14/09/07)

* Groupement de Recherche en audiologie expérimentale et clinique.
** Ces travaux ont été publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, Lorenzi et alii, 5 décembre 2006.

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