Pourquoi l'audiogramme tonal prothétique est "has been" pour l'évaluation des nouvelles aides auditives !

Les insuffisances du gain prothétique pour vérifier les appareillages sont évidentes et ce, à plusieurs titre :

  • Vétusteté du audiogramme tonal prothétique : cette technique date des débuts de l’audioprothèse. Et bien souvent, est comparé le seuil auditif au casque avec le seuil auditif en champs libre prothétique. Il est pourtant évident de comparer ce qui est comparable ! Néanmoins, cette méthode trouve sa place dans un contrôle biannuel de l’aide auditive, mais de là, à régler l’aide auditive sur cette simple technique qui indique le gain aux faibles niveaux d’entrée… Il y a un pas que je ne franchirais pas ! (à noter que pour les aides auditives entrée de gamme (bicanal sans traitement du signal; trimmer), cette technique est suffisante)
  • Le champs libre pose évidemment des problèmes quand on souhaite obtenir le gain à des niveaux d’entrée en deçà de 25/35 dB : en effet, la salle audiométrique se trouve souvent à ces niveaux de bruit. Autant dire qu’obtenir un seuil à 20 dB dans les basses fréquences est une gageure : et pourtant j’en ai vu des audiométries tonales prothétiques avec des seuils à 10/15 dB…
  • l’interprétation en HL est aisée, facile… mais ne retranscrit pas visuellement l’action de l’aide auditive. Dans un précédent billet, j’indiquais que j’avais eu les pires difficultés à passer cérébralement du mode HL au mode SPL. Bien m’en a prit ! Ce fût difficile, mais désormais je suis plus à l’aise avec un SPLogramme, technique mis en avant par Mr LE HER et les fondateurs de DSL.

Cette méthode ne procure pas d’informations satisfaisantes pour vérifier l’adaptation prothétique des aides auditives modernes. Elle n’offre aucune information sur le MPO, elle exige des réponses fiables et ne convient donc pas aux petits enfants et aux nourrissons. Elle n’est mesurée qu’à quelques fréquences discrètes (souvent aux fréquences suivantes 0.5, 1, 2 et 4 kHz et le pire sans distinction droite/gauche…). Bref, l’audioprothèsie moderne (débruiteurs, réhausseurs vocaux, anti-larsen, multi-canaux, microphones polydirectionnels) nous invite à nous poser les bonnes questions dans nos pratiques quotidiennes et en terme d’évaluation subjectif et objectif de l’appareillage auditif.audiogramme_tonalgraphique tiré d’un document PHONAK®

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