Real Men Don’t Click !*

Petite histoire: en 2007 (environ), j’ai participé avec quelques audios français à une réunion d’un fabricant américain. Le sujet de cette table ronde était le nouvel logiciel de ce fabricant qui rompait nettement avec la version précédente. Deux personnes étaient venues de la maison mère, dont le chef de projet « logiciel », spécialement pour nous demander à nous, petits « frenchies », ce que nous aimerions avoir dans un logiciel « idéal ». Là, grave erreur… 15 audios, 400 demandes ! Après deux heures de discussions, les deux informaticiens se sont fait rhabiller leur logiciel pour l’hiver. Très courtoises, ces deux personnes ont gentiment noté nos demandes, et le soft de ce fabricant, qui était déjà très bien, est resté proche de ce qu’il était, sauf gros oublis, réparés (du style: pas de label sur la zone fréquentielle en cours de modification).

En « off », c’est à dire après la réunion, ces deux personnes nous ont dit que peu de temps avant, elles avaient eu la même réunion avec des audios allemands. Ces audios s’étaient réunis entre eux, avaient discuté un moment, un « leader » était sorti du groupe et leur avait tendu un papier avec 15 propositions écrites. Fin de la réunion.

Ouai, mais eux, ils ont encore leur triple A !

Tout ça pourquoi ? car c’est devenu un argument commercial « fumeux » au sujet des logiciels de réglage: « Fait par des audios, pour des audios ». Ca fait deux ou trois fois que j’entends ce slogan qui a été lancé à l’origine par un fabricant. Ca veut dire quoi au juste ? « C’est le top, car c’est fait par des gens comme vous ! » ou « Si c’est merdique, ce n’est pas de notre faute; ça répond à vos demandes au niveau mondial ! ».

J’ai parfois l’impression d’être une « click machine » face à certains logiciels récents. Un blanc s’installe alors en cabine…

Pour exemple, mettons-nous dans la situation où vous voulez augmenter de 2dB (pas 3, ni 1 !) le niveau global d’une AA. Combien de clics, à partir du moment où vous cliquez sur la ligne Noah et le moment ou vous avez programmé l’appareil, vous faudra-t-il ?

  • STARKEY: 5 clics (pas trouvé mieux !!!)
  • WIDEX: 8 clics
  • UNITRON U-FIT: 9 clics
  • PHONAK i PFG: 9 clics
  • PHONAK TARGET: 14 clics (avec « l’alerte aux 132dB SPL » qu’il a fallu… cliquer !)

Pas eu le temps de tester SIEMENS, BERNAFON, OTICON. RESOUND, je suis preneur…

Bref, la prochaine fois, ne demandez pas leur avis aux audios !

* »Les vrais mecs ne cliquent pas ! »: expression pleine de testostérone utilisée en son temps dans le monde Unix (Linux, Mac/BSD, etc.). Par opposition aux Windowsiens, les « vrais mecs » du monde Unix ne cliquaient pas, ils « codaient » !

Comments (9)

  • Je ne suis pas audioprothésiste, mais un simple malentendant suivant des séances chez un audioprothésiste en vue d’un appareillage. Au fil des séances je m’aperçoit avec stupeur que la personne devant moi ne peut régler que l’amplification de bruit dépassant le 50db ! Je ne suis pas de votre métier, mais tout de même ingénieur, et à l’aide d’un sonomètre j’observe le signal émis par ma radio située près de mon poste de travail, 40 db. Je l’entends, mais cela ne m’empêche pas de mal entendre dans la vie courante. Avec les prothèses que l’on m’a prêtées, je n’entends pas mieux. Inutile de chercher trop loin la raison pour laquelle les français boudent les prothèses, ou les remisent une fois achetées. Vouloir améliorer l’audition avec un début d’amplification pour des son de niveau au moins supérieur à 50db, c’est comme vouloir pêcher des truites avec un hameçon destiné à la pêche au thon !

    • Bonjour Monsieur

      Intéressante remarque… A l’heure actuelle, comme vous avez pu peut-être le constater à la lecture de notre blog, les aides auditives actuelles présentent plusieurs « points d’enclenchements » (TK) de compressions, points au-delà desquels une « compression » du signal s’active (ou non).
      Les appareils actuels peuvent avoir un premier point d’expansion (début de l’amplification) compris entre 5dB SPL (si, si !) et 30dB SPL, puis un premier TK vers 45/50dB SPL, éventuellement un second vers 65, un troisième vers 80dB et enfin un système de limitation (AGCo ou réducteur de bruits impulsionnels en entrée) qui va être défini en fonction de votre inconfort qui aura été mesuré par l’audioprothésiste, s’il a correctement fait son travail…
      A chaque TK sera définie une compression (gain) correspondant à votre dynamique auditive, et calculée de telle sorte que la dynamique de la parole soit audible pour vous, mais sans dégradation par les compressions, du moins à voix faible (si votre audition le permet) et à voix « moyenne ».
      Le tout, vérifié et mesuré en in-vivo (une sonde dans l’oreille)…

      C’est le début d’une adaptation, qui devrait s’étaler sur 1 mois 1/2 environ avec allers et retours tous les 15 jours pour vérifier les résultats objectifs et subjectifs (sensations, tonale et vocale dans le silence, vocale dans le bruit, etc.) et affiner selon votre propre perception.
      En sachant bien sûr qu’une cellule absente ne se remplace pas. Charge au professionnel de vous donner une espérance réaliste en fonction du bilan pré-prothétique qui aura (bien sûr…) été fait de manière exhaustive.

      Vous ressentez manifestement un problème dans votre prise en charge. Alors insistez… ou changez de professionnel !

  • J’ai remis un « L », il va pouvoir s’envoler bientôt…
    J’ai fait récemment l’expérience d’un réglage in-vivo sur un A9+ (le top au niveau réglages tournevis): clic souris pour la mesure… on revient vers le patient avec son tournevis… on revient à l’ordi, re-mesure… on revient vers le patient, re-réglage… on revient à l’ordi… on revient au patient…
    Finalement, un semi-marathon par jour: un audio svelte, le poil luisant, en pleine forme quoi !

  • Très bien ce billet, merci Xavier. Je n’ai pas fais l’expérience du nombre de cLic (avec un L qui a disparu de ton titre) mais en revanche j’ai fait l’expérience du remplacement d’un appareil perdu par un apapreil identique chez Widex.

    Avant : on branche l’appareil, on clicque sur programmer, compass nous informe que le numéro de série a changé et propose soit de travailler avec les réglages de l’appareil qu’on vient de connecter soit avec les réglages en mémoire dans la fiche pateint. On choisit donc cette option et le tour est joué : le patient repart dépanné avec un apapreil et un réglage identique.

    Maintenant : on branche notre appareil communiquant le logiciel nous idt qu’il faut le deuxieme appareil pour l’appairage… on branche le deuxieme et là plus rien ne colle ! surtout si on n’a pas configuré le type d’écouteur et d’embout bien comme il fallait… on se retrouve avec un seul appareil, ou l’autre et des alertes sur l’appairage et des réglages impossibles à faire et des tests de larsen à reprendre pour décoincer le gain des sons faibles etc… etc… au final il faut recopier à la main et reprogrammer les deux !

    Autre situation ridicule : quand le patient vous dit « faites donc un copier-coller » lorsque vous passez d’un pile 10 au même appareil pile 312 ou vice-versa (pour des raison d’autonomie et d’esthétique) alors que ca fait une demi-heure que vous gallerez à recopier vos réglages en espérant qu’in vivo ca soit à nouveau pareil.

    Bref dans ces cas-là il vaudrait mieux repartir à 0 dès le début du rendez-vous.

    Le PLUS DEUX au tournevis c’était plus simple … quoique … ??

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